Le monde de la natation offre deux parcours professionnels distincts mais intrinsèquement liés à l'eau : celui du nageur professionnel, dont la mission principale est de briller en compétition, et celui du maître-nageur sauveteur, garant de la sécurité et pédagogue des activités aquatiques. Si l'image du sportif de haut niveau est souvent associée à la gloire et à des revenus considérables, la réalité économique pour la majorité des athlètes est souvent plus complexe. De son côté, le maître-nageur sauveteur occupe un rôle vital, dont la rémunération, bien que plus stable, dépend de multiples facteurs tels que le statut, le lieu d'exercice et les responsabilités. Cet article se propose d'examiner en détail les différentes sources de revenus de ces professionnels de l'eau, les facteurs qui influencent leur rémunération et les perspectives d'évolution de carrière pour chacun d'eux, en s'appuyant sur les informations disponibles.
Parcours et Rémunération du Nageur Professionnel
Une Carrière Exigeante : De l'Apprentissage à l'Élite
Le parcours d'un nageur professionnel débute généralement dès le plus jeune âge par un apprentissage intensif de la natation. Cet engagement précoce est fondamental pour acquérir les bases techniques et physiques nécessaires. Le jeune nageur, une fois ses compétences avérées, a la possibilité d'intégrer des structures dédiées à la performance. C'est ainsi qu'au collège, il peut rejoindre une section Sport-Études spécifiquement orientée vers la natation. Dans ce cadre, il mène des études normales, tout en suivant des leçons régulières et en participant à des compétitions intensives. L'objectif est de constamment se dépasser et se motiver pour toujours progresser.
Cet apprentissage est rigoureux, incluant non seulement des séances de piscine en complément des cours classiques de natation, mais aussi des activités physiques annexes essentielles telles que la musculation, la course à pied, des exercices d'endurance et du cardio-training. Ce rythme soutenu est maintenu généralement deux à trois fois par semaine durant toute la scolarité de l'athlète, et ce, jusqu'à l'obtention du baccalauréat.
Au cours de ses études, et plus particulièrement lors de compétitions, l'enfant ou l'adolescent talentueux peut être repéré par un directeur technique sportif national, dont le rôle est précisément de dénicher de jeunes talents. Se distinguer aux yeux de ces personnalités influentes peut ouvrir les portes des pôles espoirs. En France, il existe 13 de ces pôles, situés au sein des centres de ressources, d'expertise et de performance sportive (CREPS). L'admission dans l'un de ces centres propulse l'enfant ou l'adolescent dans un tourbillon d'entraînements et de compétitions de plus en plus intensifs, le menant progressivement jusqu'au niveau national. Cela requiert, naturellement, une préparation physique d'une grande envergure. L'idéal pour ces jeunes athlètes est d'être de nouveau repéré et pris sous l'aile d'un entraîneur expérimenté si leur niveau et leurs aptitudes se révèlent excellemment prometteurs. Cet entraîneur réalisera avec le jeune nageur un travail continu et quotidien, visant à le guider vers ses premières récompenses et, in fine, vers les premières compétitions d'un niveau professionnel.
Après l'obtention du baccalauréat, le futur nageur professionnel peut choisir de poursuivre ses études à l'université, notamment en licence Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS). Ce cursus offre diverses spécialisations telles que l'éducation et la motricité, le management sportif, les activités physiques et les mouvements liés au handicap et aux personnes âgées, l'ergonomie ou encore l'entraînement sportif. Pour ceux qui aspirent à une professionnalisation plus rapide, la licence professionnelle STAPS représente une alternative. Par la suite, il est également possible pour le nageur professionnel d'approfondir ses connaissances en obtenant un master STAPS. Il est à noter que ces formations sont aussi accessibles en alternance, permettant ainsi au nageur de concilier études et perfectionnement de sa discipline.
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Pour exceller dans cette discipline de haut niveau, certaines qualités et compétences sont indispensables. Parmi les qualités nécessaires au jeune nageur pour toujours progresser, on retrouve une résistance élevée au stress, un sang-froid inébranlable, une détermination et une volonté fortes, un esprit compétitif aiguisé, ainsi qu'un perfectionnisme constant. Parallèlement, des compétences spécifiques sont requises pour réellement s'affirmer en tant que nageur professionnel, notamment la patience, des compétences relationnelles développées, un sens aigu de l'observation, et par-dessus tout, une excellente condition physique et nerveuse.
Les Sources de Revenus d'un Nageur Professionnel : Au-delà du Club
La perception populaire des revenus des athlètes de haut niveau ne correspond pas toujours à la réalité des nageurs professionnels. La plupart d'entre eux sont loin de gagner des salaires aussi élevés que ceux des joueurs de football, par exemple. Ils tirent principalement leurs revenus de contrats publicitaires et de primes de résultats, plutôt que de leur seul statut de nageur professionnel.
En tant que nageur professionnel en club, la rémunération de base peut être relativement modeste, ne dépassant parfois qu'une somme d'environ 2000 euros par mois. Ce montant, considéré comme un fixe, n'a rien d'affolant, même pour quelqu'un qui cumule les titres internationaux. Cependant, cette somme peut être complétée par d'autres sources de revenus, qui sont souvent prépondérantes.
Les primes de performance constituent une part significative des revenus d'un nageur de haut niveau. Chaque médaille d'or remportée peut ainsi rapporter de l'argent supplémentaire, provenant aussi bien de la Fédération internationale que de la Fédération Française. Par exemple, lors des championnats du monde à Fukuoka en 2023, tous les finalistes touchaient une prime : 20 000 dollars pour le champion du monde et 15 000 dollars pour le deuxième. Un record du monde battu était gratifié d'une prime supplémentaire de 30 000 dollars. Grâce à ses trois titres et un record du monde lors de cette édition, Léon Marchand a, par exemple, empoché 90 000 dollars. Lors des Jeux olympiques, l'enjeu financier est encore plus intéressant : l'État français verse 80 000 euros pour une médaille d'or, 40 000 euros pour l'argent et 20 000 euros pour le bronze. De plus, chaque médaille d’or rapportée par Florent Manaudou des championnats à Kazan, par exemple, lui a rapporté environ 30 000 euros, dont un tiers de la Fédération internationale et les deux autres tiers de la Fédération française. Léon Marchand, avec son exploit sur le 200 mètres 4 nages, décrochant un nouveau record du monde en 1 minute 52 secondes et 69 centièmes, soit une seconde et demie en dessous du précédent record, a pu empocher près de 30 000 dollars, soit 26 000 euros, un record qui lui permet de remporter une belle somme d’argent. Ces exploits aux JO de Paris 2024 lui avaient déjà permis de devenir demi-millionnaire, le jeune champion de natation aurait empoché près de 80 000 euros pour chaque médaille d’or remportée aux Jeux olympiques de Paris 2024. Il aurait déjà gagné près de 340 000 euros de salaire rien qu’avec ces succès olympiques, et en octobre 2024, il a concouru aux championnats du monde en Asie, ce qui lui a permis de remporter près de 150 000 euros de plus.
Les contrats publicitaires représentent la source de revenus la plus substantielle pour les nageurs professionnels, surtout s'ils "brillent de mille eaux dans le bassin". Plus un nageur est performant et médiatisé, plus il est susceptible d'attirer des sponsors. Les contrats publicitaires s’ajoutent aux primes de résultats. Par exemple, en 2012, après son titre de champion olympique, Florent Manaudou a vu ses revenus publicitaires passer de 20 000 euros par an à 142 000 euros. Camille Lacourt, autre figure emblématique de la natation française, toucherait environ 700 000 euros annuels grâce à ses différents contrats publicitaires. Yannick Agnel et Camille Muffat, six médailles olympiques à eux deux aux derniers JO de Londres, auraient touché 500 000 euros annuels (sponsors et autres revenus) selon une estimation du Figaro en 2012. Florent Manaudou, quant à lui, était estimé à 400 000 euros annuels. Un nageur qui gagne devient vite "bankable".
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Plusieurs facteurs peuvent influencer le salaire d'un nageur professionnel. Le niveau de compétition est primordial : les nageurs participant à des compétitions internationales telles que les Jeux olympiques ou les championnats du monde ont davantage de chances de percevoir des primes et d'attirer des sponsors. Le nombre de médailles et de titres remportés est également crucial, car les athlètes les plus titrés sont plus attractifs pour les sponsors et peuvent négocier des contrats plus lucratifs. La notoriété joue aussi un rôle prépondérant ; les nageurs ayant une forte visibilité, grâce à leurs performances sportives ou leur présence médiatique, sont plus susceptibles de signer des contrats publicitaires intéressants. Enfin, la discipline elle-même peut avoir un impact : certaines nages, comme le crawl ou le dos, sont plus populaires et attirent généralement davantage de sponsors que d'autres.
La Réalité Économique de la Natation de Haut Niveau en France
Malgré les exemples de revenus à six chiffres pour les stars, la réalité économique pour la majorité des nageurs est plus nuancée, voire difficile. La natation est l'un des sports les plus exigeants en termes d'entraînement. Une Camille Muffat, par exemple, s'entraînait six heures par jour, sept jours sur sept, s'autorisant à peine une sortie en jet-ski le dimanche pour se détendre. Une Laure Manaudou a commencé à nager 15 km tous les jours dès l'âge de 14 ans. Pourtant, comme le souligne le constat "la natation ne paie pas", la structure de ce sport fait qu'une poignée de champions concentre tous les gains, toutes les médailles et tous les sponsors. Sur les 47 nageurs présents à Londres, 36 gagnaient moins que le salaire minimum.
Ce phénomène est parfois qualifié de "syndrome du sport mineur". Loic Yviquel, co-président de l'agence SportlabGroup, analyse que "c'est un peu comme si vous compariez Usain Bolt et Michael Phelps. L'un est le meilleur dans une discipline où 200 pays participent aux championnats du monde, l'autre dans un sport moins universel. Ce qui fait une sacrée différence lors d'une année non-olympique." Cela explique pourquoi un athlète comme Christophe Lemaitre, bien que moins titré dans l'athlétisme que Muffat ou Agnel en natation, peut toucher des revenus similaires.
En France, il reste encore très difficile de vivre de la natation. Mary-Ambre Moluh, jeune talent de 18 ans, est catégorique : "Vivre de mon sport ? Là où en est la natation en France, ça me paraît impossible". L'économie de la natation repose sur plusieurs axes, mais l'argent ne coule pas à flot dans les clubs. Très peu de nageurs possèdent des contrats avec leur structure d’accueil, et ceux qui en ont un ne roulent pas sur l'or, avec environ 2 000 euros par mois en moyenne. Les Étoiles 92, qui s'appuient sur du mécénat privé, font figure d'exception. De moins en moins de clubs ont la volonté et la capacité financière d'aider les athlètes, ce qui pousse les nageurs qui ne montent pas sur des podiums mondiaux à devoir constamment trouver des solutions pour financer leur saison. C'est la situation d'Assia Touati, une nageuse ayant participé aux JO de Tokyo, qui a dû arrêter sa carrière à la fin de la saison faute de moyens suffisants. "Ce n’est pas un sport professionnel, je ne vis pas de la natation", lance-t-elle. À 28 ans, elle dépend encore de ses parents pour payer son loyer, une situation "assez dure mentalement". Son père, normalement à la retraite, continue de travailler pour l'aider à se loger, et elle n'a pas trouvé de sponsors malgré ses efforts.
Les pouvoirs publics tentent d'apporter un soutien, notamment depuis l'objectif des JO de Paris 2024. L'Agence nationale du sport finance certains athlètes via un programme visant à garantir un minimum de 40 000 euros par an pour les sportifs de haut niveau. Cependant, ce dispositif ne concerne qu'un cercle restreint d'environ 600 individus toutes disciplines confondues. Romain Barnier, manager général du CN Marseille et ex-nageur, confirme : "C’est une Fédération amateure, pas un sport pro. Peu d’athlètes gagnent de quoi vivre et s’entraîner. Je ne crois pas que la situation a fondamentalement changé par rapport à mon époque." Il ajoute que les clubs vivent dans une réalité économique difficile, avec des subventions publiques en baisse et un coût de la vie en augmentation. Les clubs de haut niveau peuvent trouver des financements pour des stages, et certains nageurs ont la possibilité d'aller à l'Insep, où les conditions d'entraînement sont excellentes. Mais pour commencer à gagner de l'argent, il faut remporter des courses et décrocher des primes.
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L'Évolution et la Reconversion Post-Carrière
L'évolution d'un nageur professionnel est étroitement liée à sa progression dans les compétitions : des épreuves régionales aux nationales, puis aux internationales, et enfin aux Jeux Olympiques. Le nombre de médailles rapportées est également un indicateur clé de cette évolution. Cependant, cette carrière sportive est souvent courte et les revenus, même pour les meilleurs, ne garantissent pas une sécurité financière à long terme.
Ainsi, tous les champions de natation, sans exception, doivent anticiper et réfléchir à une reconversion, car les revenus générés durant leur carrière ne suffisent généralement pas, contrairement à ceux de nombreux footballeurs ou basketteurs. Les plus grands noms de la natation ont tous développé des activités en dehors des bassins après leur carrière sportive.
Camille Lacourt, par exemple, s'est diversifié en tant que consultant et ambassadeur. Il anime des conférences en entreprise, où il établit des parallèles entre les exigences du sport de haut niveau et celles du monde de l'entreprise, abordant des thèmes tels que le travail, l'esprit d'équipe, l'échec et la réussite. Alain Bernard est devenu entrepreneur, consultant TV et maintient un contrat de partenariat avec EDF. Roxana Maracineanu s'est engagée en politique, Clément Lefert a trouvé sa voie dans la finance, et Grégory Mallet est en reconversion dans la préparation mentale. Hugues Duboscq, quant à lui, est devenu gendarme au Havre. Romain Barnier souligne que les médailles olympiques sont de véritables "ouvre-portes" pour la reconversion. Pour les autres, le monde "moderne", avec l'arrivée des agents qui peuvent aider à trouver des contrats d'image ou l'essor des réseaux sociaux qui permettent de se créer une communauté, offre des possibilités pour tenter de vivre (un peu) de son sport. Mewen Tomac, double champion d'Europe en petit bassin, estime avoir la chance de pouvoir vivre de son sport et dispose d'un contrat avec la Douane en CDD, ce qui lui assure un revenu fixe, mais son cas est rare.
Le Maître-Nageur Sauveteur : Un Métier de Sécurité et de Pédagogie
Le maître-nageur sauveteur (MNS) est un acteur indispensable des espaces aquatiques, dont le rôle dépasse largement la simple surveillance. Il est à la fois gardien de la sécurité, formateur et encadrant d'activités, assurant un service essentiel à la communauté.
Missions et Responsabilités Quotidiannes
En bord de plage ou de piscine, le maître-nageur sauveteur veille à la sécurité des baigneurs et porte secours à ceux en difficulté. Il est le seul qui ne s’amuse pas à la plage ou à la piscine, car il a pour mission de garantir la sécurité des baigneurs. Entre le poste de sécurité et le bord de la plage ou du bassin, il est prêt à intervenir si quelqu’un est en difficulté dans l’eau et, en cas de besoin, à apporter les premiers secours. Sa première mission est donc la surveillance des bassins ou des plages, veillant à ce qu'aucun nageur ne se retrouve en difficulté et intervenant immédiatement le cas échéant. Il sait garder son sang-froid et fait la distinction entre une vraie noyade et un simple amusement.
Au-delà de la surveillance, le maître-nageur peut également encadrer diverses activités aquatiques telles que la natation, l'aquagym, les bébés nageurs, etc. Il est chargé d'apprendre les techniques de nage à ses élèves et d'assurer le perfectionnement de la natation auprès de tous types de publics, selon ses qualifications.
Les qualités essentielles pour exercer ce métier sont une excellente condition physique, un sang-froid à toute épreuve et une grande réactivité. Ces compétences sont les maîtres-mots de la profession. Le maître-nageur doit également être patient et pédagogue, avoir le sens du contact, savoir gérer des sessions d'entraînement, être capable de rester de longues heures à surveiller un plan d'eau et, bien sûr, être un excellent nageur.
Les Voies d'Accès et la Formation
Pour exercer le métier de maître-nageur sauveteur, il existe des formations variées de tous niveaux. Le diplôme minimum pour la surveillance est généralement le BNSSA (Brevet National de Sécurité et de Sauvetage Aquatique). Cependant, le BNSSA ne permet pas d'encadrer les activités aquatiques.
Pour ceux qui souhaitent avoir une double compétence en surveillance et enseignement, le BPJEPS AAN (Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport, activités aquatiques et natation) est le diplôme de niveau BAC approprié. Il est délivré à l'issue d'une formation d'un à deux ans.
Au niveau BAC+2, le DEJEPS (Diplôme d’État de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport) permet d’enseigner et d’entraîner des nageurs de tous niveaux, y compris pour la compétition.
D'autres formations supérieures peuvent mener à des fonctions d'éducateur sportif avec une spécialisation en activités aquatiques, telles que :
- Le BPJEPS (Brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport), spécialiste éducateur sportif mention activités aquatiques et natation.
- Le DEJEPS (Diplôme d'État de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport), spécialité perfectionnement sportif mention natation course ou mention natation synchronisée.
- Le DESJEPS (Diplôme d'État supérieur de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport), spécialité performance sportive mention natation course ou mention natation synchronisée.
- Le DEUST (diplôme d'études universitaires scientifiques et techniques) animation et gestion des activités physiques et sportives ou culturelles.
- La Licence STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) entraînement sportif spécialité activités aquatiques et surveillance.
- La Licence professionnelle AGAPS (animation, gestion des activités physiques et sportives) parcours natation.
Pour exercer son métier, le maître-nageur doit être titulaire d'un certificat de spécialisation (CS) sauvetage et sécurité en milieu aquatique. De plus, tout au long de sa carrière, il doit repasser le CAEPMNS (Certificat d'aptitude à l'exercice de la profession de maître-nageur sauveteur) tous les cinq ans, garantissant ainsi qu'il est toujours apte au métier. Ces habilitations sont délivrées par la Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale (DRJSCS) dont dépend le candidat. Enfin, pour enseigner la natation aux scolaires, il est impératif d'être professeur d'éducation physique et sportive (EPS).
La Rémunération du Maître-Nageur Sauveteur : Des Variables Multiples
Il n'est pas facile d'évaluer le salaire d'un maître-nageur car cela dépend de nombreux critères tels que le diplôme, les responsabilités, les activités, mais aussi l'employeur. La rémunération dépend du statut, du lieu d’exercice et des responsabilités. Que vous travailliez dans le public ou le privé, les conditions seront bien évidemment très différentes.
Au début de sa carrière, le maître-nageur perçoit un salaire de base d'environ 1 458 euros brut par mois pour un débutant, ou environ 1 480 euros brut. Mais avec l’expérience, les responsabilités et l’ancienneté, il est possible de gagner beaucoup plus. Pour un maître-nageur sauveteur, la rémunération mensuelle peut se situer entre 1 450 et 2 300 euros. Le chef de bassin peut prétendre à un salaire compris entre 1 550 et 2 700 euros. En période estivale, pour de la surveillance de bassin, la rémunération démarre au SMIC (environ 1 550 euros), mais elle est souvent agrémentée d’un logement de fonction et des repas gratuits (dans un club de vacances, camping, etc.). Pour un emploi saisonnier de maître-nageur sauveteur, il faut compter environ 1 500 euros net par mois.
Le Maître-Nageur dans la Fonction Publique Territoriale
Dans la fonction publique, le maître-nageur occupe un poste de catégorie B. Son salaire augmente en fonction du grade et de l'échelon. Plus vous avez d’ancienneté et plus votre salaire est élevé. Vous pouvez aussi ajouter les indemnités et les éventuelles primes qui dépendent de votre lieu d’exercice ou de la taille de votre famille. Le maître-nageur peut augmenter ce revenu en passant des concours afin de changer de catégorie.
Les maîtres-nageurs peuvent avoir le statut de fonctionnaire en réussissant soit le concours d’éducateur territorial des activités physiques et sportives (ETAPS), de catégorie B, soit le concours de conseiller territorial des activités physiques et sportives (CTAPS), de catégorie A. La grande majorité des éducateurs territoriaux des activités physiques et sportives sont des maîtres-nageurs sauveteurs, environ 80%. Et 95% des maîtres-nageurs sont en catégorie B. Ils peuvent être fonctionnaires titulaires ou contractuels. La rémunération dépendra donc de l'échelon et du grade du maître-nageur.
La grille indiciaire du maître-nageur n'est pas la même selon son cadre d'emplois (éducateur territorial des activités physiques et sportives ou conseiller territorial des activités physiques et sportives), et elle évolue différemment. La grille indiciaire d’éducateur principal de deuxième classe concerne les maîtres-nageurs sauveteurs (MNS) les plus expérimentés. Ici, la rémunération sera comprise entre 1 850,97 euros brut et 2 653,38 euros brut. Enfin, la grille indiciaire pour l’éducateur sportif principal de première classe ne s’appliquera qu’au maître-nageur en fin de carrière, aux chefs de bassins ou directeurs de piscines. Pour ce grade, le traitement indiciaire est compris entre 1 954,34 euros et 2 914,29 euros (échelon 11).
Il existe également des maîtres-nageurs fonctionnaires de catégorie A, qui sont les conseillers territoriaux des activités physiques et sportives (CTAPS). Ces agents exercent leurs fonctions dans des communes de plus de 2 000 habitants et ont sous leur responsabilité une équipe de maîtres-nageurs. Pour un conseiller territorial des activités physiques et sportives (CTAPS), premier niveau en piscine municipale, la rémunération oscille entre 1 610 euros et 2 240 euros hors indemnités. Pour les CTAPS de catégorie A, leur rémunération débute à 1 944,50 euros brut et peut grimper pour le dernier échelon du dernier grade à 4 066 euros brut, un niveau réservé aux plus expérimentés et souvent en fin de carrière.
Les maîtres-nageurs fonctionnaires, qu'ils soient éducateurs ou conseillers des APS territoriaux, sont éligibles à plusieurs primes et indemnités. Ils sont placés sous le régime indemnitaire qui tient compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (Rifseep). Le versement de ces primes est à la discrétion de l'organe délibérant, comme les collectivités territoriales.
Le Maître-Nageur en Secteur Privé et les Revenus Complémentaires
Dans le privé, les conditions sont très différentes puisque cela dépend de l’employeur. C’est au maître-nageur de "vendre" ses compétences et son expérience afin d’obtenir le salaire qu'il souhaite. Le maître-nageur peut être salarié d’un club sportif ou d’une association, d’un centre de remise en forme ou d’une piscine municipale (il a alors le statut d’agent territorial de la fonction publique).
Dans le métier de maître-nageur, il est rare de se cantonner à 35 heures par semaine, et il est habituel de cumuler différents emplois ou fonctions pour arrondir ses fins de mois. Les cours particuliers de natation sont un bon complément de salaire, tout comme les cours d’aquagym ou d’aquajogging par exemple. Le maître-nageur peut dispenser des cours particuliers en parallèle de son emploi afin d'augmenter ses ressources. S'il est auto-entrepreneur, les tarifs pratiqués dépendent du maître-nageur lui-même et de l’activité. En moyenne, les services d'un maître-nageur auto-entrepreneur (surveillance ou leçons de natation, cours de sport) sont facturés entre 15 et 40 euros de l’heure. Dans certains cas, notamment pour des groupes plus importants, les tarifs les plus élevés peuvent parfois atteindre entre 60 et 100 euros de l’heure, même si cela reste rare.
Il est aussi possible de devenir chef de bassin ou directeur adjoint de piscine pour voir son salaire augmenter. Certains maîtres-nageurs cumulent avec des fonctions d’entraîneur et encadrent des groupes de compétition après leur journée de travail.
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