L'histoire inspirante de Pierre Rabine, un jeune nageur handisport originaire de Vendée, démontre qu'aucun obstacle n'est trop grand pour être surmonté. Son parcours, marqué par une tragédie personnelle, une détermination inébranlable et un objectif clair, fait de lui une figure emblématique de la résilience et de l'espoir.
Un destin basculé
Né le 29 avril 1999 à Nantes et ayant grandi à Carquefou, Pierre Rabine n'était pas particulièrement intéressé par les études. À 19 ans, alors qu'il travaille comme intérimaire sur un chantier, un accident tragique va bouleverser sa vie. Un grutier lève sa grue trop haut, celle-ci touche des câbles à haute tension, créant un arc électrique. Pierre est touché. "J’aurais dû mourir", lâche-t-il, témoignant de l'ampleur de sa tragédie.
Plongé dans le coma, les médecins prennent la décision, tous les deux ou trois jours, de l'amputer d'un membre. Il perdra les deux jambes, puis les deux bras. Après deux semaines de coma, Pierre se réveille, confronté à une nouvelle réalité.
La natation, une renaissance
Très vite, les bienfaits de la natation se font ressentir. Cette révélation marque un tournant dans sa vie. Pierre Rabine s'entraîne plus de vingt heures par semaine, montrant une détermination d'acier. Six jours par semaine, c'est un ou deux entraînements de natation, plus un entraînement de musculation.
Son coach depuis septembre 2022, Joseph Brunel, souligne : "Il est rigoureux, courageux et humble." Ces qualités, associées à un travail acharné, lui permettent de progresser constamment et de repousser ses limites.
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Objectif Jeux Paralympiques de Paris 2024
Malgré les défis, Pierre a clairement défini son objectif : participer aux Jeux Paralympiques de 2024 à Paris. Cette ambition est le moteur de son engagement et de ses sacrifices. "Chaque épreuve est là pour nous faire progresser", affirme-t-il, faisant de cette philosophie son mantra.
Les Jeux Olympiques d'été 2024 de Paris ont été l'un des événements les plus mémorables de l'année. Ils se sont déroulés du vendredi 26 juillet au dimanche 11 août, 200 nations et des milliers d'athlètes se sont affrontés pour obtenir les médailles d'or, d'argent et de bronze dans 35 sports dont le football, le tennis, la natation, le basket-ball, le judo, la voile, le cyclisme, le handball, la gymnastique et l'athlétisme. Les JO de Paris 2024 ont attiré des touristes du monde entier.
Pierre Rabine, une source d'inspiration
Pierre Rabine incarne la résilience et l'espoir. Sa capacité à surmonter des épreuves extraordinaires et à poursuivre ses rêves en dépit de son handicap fait de lui une source d'inspiration pour tous. Son histoire témoigne de la force de l'esprit humain et de la capacité de chacun à se dépasser.
Il rejoint ainsi le panthéon des athlètes handisport français qui, à l'image de Théo Curin et Philippe Croizon, ont su transformer leur handicap en force et en source d'inspiration.
Théo Curin : un modèle de persévérance
Théo Curin est un véritable ambassadeur du mouvement paralympique et pour lui “tout est possible”! Amputé des 4 membres à l’âge de 6 ans suite à une méningite foudroyante, Théo se met à la natation. Sa rencontre avec Philippe Croizon va être déterminante pour la suite de sa carrière.
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En 2016, il participe à ses premiers Jeux Paralympiques, à Rio, à l’âge de 16 ans seulement. En 2021, il renonce à participer aux Jeux Paralympiques de Tokyo pour se lancer un défi hors du commun : la traversée du lac Titicaca à la nage ! Puis, seulement un an après, Théo se lance dans un second défi extrême : être le premier nageur en situation de handicap à participer au mythique marathon aquatique de Santa Fe-Coronda.
Interrogé sur son parcours scolaire et sportif, Théo Curin confie : "J'ai dû redoubler le CP après ma maladie et les amputations de mes membres. Je n'ai retrouvé les bancs de l’école qu'en CE1. Plus tard, je me suis tourné vers un bac ST2S, passé en 2 ans pour pouvoir mener en parallèle ma carrière d’athlète de haut niveau. Phobique de l’eau au début, j'étais un peu comme 'un cachalot échoué sur la plage'. En plus de mes capacités physiques et mentales, ma rencontre avec Philippe Croizon, un autre nageur quadri-amputé, a été déterminante. J'ai acquis le goût de l’eau, du sport et de l’effort en gommant ma différence : j’ai les mêmes sensations que les valides, je me déplace et je flotte comme eux. Premiers cours individuels puis collectifs, premières compétitions… J'ai ensuite enchaîné les performances - championnats du monde, Jeux paralympiques, Half Ironman -, et les défis extrêmes : la traversée du lac Titicaca et la Santa Fe-Coronda, un marathon aquatique de 57 km. Cela a attiré l’œil des médias, de marques et du grand public. Depuis, tout s’est accéléré."
Au-delà de ses performances sportives, Théo Curin est également un homme engagé. "Après mon bac, j'ai préféré apprendre de manière autodidacte plutôt que de poursuivre des études. Parce que pour moi, l’école de la vie est une des meilleures. Les personnes avec qui je travaille le savent et m’épaulent. C’est passionnant pour moi et gratifiant pour eux de transmettre leur savoir-faire. Aujourd’hui, je vis de mes multiples passions. Je ne saurais pas dire quel est vraiment mon métier car j’ai différentes casquettes : je fais des conférences, des chroniques radio et télé, je suis acteur débutant, ambassadeur de marques… Je mène des missions sur des événements, comme récemment, l’animation de la cérémonie d’ouverture des Abilympics, des olympiades des métiers qui promeuvent les compétences professionnelles et s'adressent aussi aux personnes en situation de handicap."
Son message est clair : "Il faut faire de sa différence une force ! C'est bien que mon histoire touche les gens, qu'elle les pousse à se remettre en question, mais sans donner de leçon. Il peut vous arriver n’importe quoi, on a tous la capacité de rebondir. Si j’ai réussi, vous aussi. Je ne suis pas un super-héros : quand tu n’as pas le choix, tu te bats et tu trouves des ressources insoupçonnées en toi. Bien sûr, je rends hommage à tous ceux et celles qui m’ont accompagné : parents, sœur, grands-parents, amis, infirmière, aide-soignant, entraîneur… Car ma traversée n’a pas été solitaire, elle s'est nourrie de ces rencontres et de moments de vie tout simples : un aller-retour en balançoire, un baiser à l’école, des pâtes à la bolognaise ! (Rires.) Il y a un milliard de choses à vivre. Comme tout le monde, parfois cela ne va pas et mon handicap peut vraiment m’énerver : douleur, inconfort…. Et puis il y a les exigences du sport de haut niveau : préparation, stress d’avant compétition… En s’entourant de ses proches, en croyant très fort en ses projets et en ses rêves, on peut surmonter les difficultés et atteindre de grandes victoires, sur soi, sur la maladie et sur le monde."
Théo Curin est un exemple de la manière dont il est possible de transformer un handicap en une force et de vivre pleinement sa vie. Il est un modèle pour tous ceux qui sont confrontés à des difficultés.
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Philippe Croizon : l'incarnation du dépassement de soi
Philippe Croizon, aujourd'hui installé en Charente-Maritime, a perdu ses bras et ses jambes en 1994 suite à une électrocution. Depuis, il a réalisé de nombreux exploits sportifs, dont la traversée de la Manche à la nage et le Rallye Dakar.
Son dernier ouvrage, "Tout est possible ? A vous de jouer…", est un concentré d'optimisme et de partage. "Dans chaque chapitre il y a un conseil pour dire comment moi j'ai réussi"Le livre qui est construit en 13 chapitres, revient sur les grands défis de Philippe Croizon depuis son accident en 1994."On est tous victime de quelque chose'' témoigne Philippe qui souhaite encourager les lecteurs à prendre leur destin en main. "Ecoutez votre instinct" dit l'auteur qui parle de son livre comme "d'un concentré d'optimisme et de partage".
Philippe Croizon est un exemple de la manière dont il est possible de se dépasser et de réaliser ses rêves, même dans les circonstances les plus difficiles.