Nageur de Combat Marine: Entraînement et Excellence

Chaque année, de nombreux candidats aspirent à intégrer les unités d'élite des nageurs de combat de la marine. Cependant, seule une minorité parvient à franchir les étapes rigoureuses de sélection pour obtenir le prestigieux béret vert orné du badge commando marine. Ce symbole de vaillance et d'excellence se porte « couché à droite », avec le badge à gauche, une tradition héritée de la formation des commandos français en Écosse en 1942.

Prérequis et Sélection

Pour devenir commando marine, le volontariat est essentiel. Après une préparation et une présélection, la réussite du Stage Commando (STAC) est primordiale. Le STAC est ouvert à toutes les spécialités de la Marine, bien que de nombreux candidats soient issus des fusiliers marins. L'accès se fait après l'École de Maistrance pour les officiers mariniers, ou après une Formation Initiale Élémentaire (FIE) pour les quartiers-maîtres et matelots. Les femmes peuvent postuler au STAC, mais jusqu'à présent, aucune n'a réussi. Malgré cela, les unités de commandos marine comptent des femmes dans leurs rangs, occupant des postes tels que comptable-logisticien ou armurier, mais sans le brevet commando.

Avec la création récente des commandos Kieffer (2008) et Ponchardier (2015), le recrutement de spécialistes s'est élargi. Le stage commando se déroule à Lorient, au sein du département commandos de l'École des fusiliers marins, où les aptitudes physiques et psychologiques des candidats sont évaluées.

Structure et Déroulement du Stage Commando

Le STAC commence par une période d'évaluation de quatre semaines, durant laquelle les candidats sont soumis à des efforts physiques et à une pression psychologique intenses. Ceux qui sont retenus entament ensuite une formation élémentaire de huit semaines. Les épreuves sont variées : exercices physiques, parcours d'obstacles, tir, maniement d'explosifs, combat au corps à corps, exercices de franchissement, techniques de descente en rappel, nage, apnée, navigation et topographie.

Au bout de 12 semaines, les candidats qui réussissent l'ensemble des épreuves reçoivent leur brevet élémentaire commando, accompagné du béret vert. Ils deviennent alors opérateurs commando et rejoignent l'une des six unités basées à Lorient, chacune comptant environ 90 marins. Les commandos Jaubert et Trépel sont spécialisés en contre-terrorisme et libération d'otages (CTLO), tandis que les commandos de Penfentenyo et de Montfort disposent d'équipes spéciales de neutralisation et d'observation (ESNO). Le commando Kieffer utilise des technologies de pointe (informatique, drones), s'entraîne à la maîtrise des risques Nucléaires, Radiologiques, Biologiques et Chimiques (NRBC) et intègre des maîtres-chiens. Le commando Ponchardier est dédié à l'appui aux opérations spéciales.

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Basé à Toulon, le commando Hubert est expert en action sous-marine et en CTLO. Il recrute uniquement parmi les commandos déjà brevetés et exige le certificat de nageur de combat, délivré après une formation sélective de neuf mois à l'école de plongée de Saint-Mandrier.

Formation Continue et Spécialisation

Une fois le certificat commando obtenu, le perfectionnement permanent devient la règle. Le STAC n'est que le point de départ d'une formation continue tout au long de la carrière. Les jeunes commandos sont encouragés à acquérir de nouvelles aptitudes et à améliorer constamment leurs performances et connaissances. Ils peuvent se spécialiser en intégrant les groupes CTLO, les ESNO (tireur d'élite) ou en passant les sélections pour devenir nageurs de combat au sein du commando Hubert.

Au-delà des spécialisations, les commandos sont encouragés à se qualifier dans divers domaines tels que le parachutisme opérationnel ou le palmage, élargissant ainsi leurs compétences. Chaque unité commando suit un cycle opérationnel précis : tous les deux ans, l'ensemble du groupe effectue un Maintien en Condition Opérationnelle (MECO) de dix semaines, débutant par un travail individuel avant de s'étendre au collectif.

Le Redoutable Stage d'Évaluation Commando

Avant de réaliser leur rêve, les fusiliers-marins de l'école de Lorient doivent passer par une série d'épreuves redoutables. Par exemple, un jeudi de février, 65 candidats alignés doivent affronter une bise glaciale et l'épreuve la plus dure de leur vie. Pendant dix-sept jours, ce groupe hétérogène subit des épreuves physiques et mentales intenses, poussant leurs organismes et leurs nerfs à leurs limites.

La « prise en main » par les instructeurs est directe. Le premier-maître Rocky scrute les stagiaires avec un ton rude, éliminant rapidement ceux qui ne sont pas à leur place. Les épreuves initiales incluent grimper de corde avec un sac de 11 kg, pompes, tractions, abdominaux et course à pied avec sac. Le « 90 mètres porté », à réaliser en moins de 24 secondes avec une personne de son poids sur le dos, est particulièrement sélectif.

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Derrière leur austérité, les instructeurs, souvent des officiers-mariniers expérimentés, sont de véritables pédagogues. Ils partagent leur expérience du terrain, comme celle acquise en Afghanistan en 2006, pour enrichir l'instruction. L'objectif principal de l'évaluation est de sélectionner les marins aptes au métier de commando, en utilisant des méthodes similaires à celles employées depuis 1942.

Les parcours d'entraînement reproduisent fidèlement ceux des anciens commandos, testant la tonicité, l'appréhension du vide et le goût de l'effort des stagiaires. Les obstacles doivent être apprivoisés et domptés, chaque parcours accentuant la souffrance physique et réduisant l'effectif. Entre les parcours, des marches chronométrées avec sac et arme évaluent l'aptitude des candidats à poursuivre l'évaluation.

Endurance et Mental d'Acier

La première marche de 8 kilomètres avec un sac de 11 kg donne un aperçu rapide de la valeur physique de chacun, éliminant les plus faibles. Le lendemain, une marche de 15 kilomètres avec un sac de 15 kg est encore plus exigeante. Dès le quatrième jour, les instructeurs distinguent ceux qui ont une chance de réussir et ceux qui luttent uniquement pour l'honneur.

Clément, un second-maître atypique avec cinq ans d'expérience dans l'infanterie, illustre l'esprit commando. Malgré ses performances insuffisantes, il persiste, apprenant sur lui-même à chaque effort. Même avec des douleurs au dos et aux genoux, il continue, démontrant une détermination sans faille. Son nom sera finalement rayé de la liste, mais son esprit reste un exemple.

Le week-end apporte un répit relatif. Les stagiaires redécouvrent les joies simples : panser leurs plaies, manger, boire chaud et dormir. Cependant, la pression fantôme des instructeurs persiste, les empêchant de se déconnecter complètement du régime d'alerte. Pendant la semaine, les stagiaires n'ont pas plus de trois à six heures de sommeil par nuit, perdant leurs repères et dévoilant leur nature profonde.

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Résilience et Esprit d'Équipe

Tanguy, un jeune fusilier-marin, illustre la pression psychologique du stage. Le froid et la difficulté des épreuves le poussent à abandonner. Pour les autres, la course continue. La semaine reprend avec une course de 25 kilomètres, un semi-marathon avec un sac de 11 kg et une arme. Le médecin principal doit souvent intervenir pour empêcher les blessés de poursuivre, soulignant la dureté des épreuves.

L'après-midi, les parcours reprennent et le nombre de stagiaires diminue. Le commandement s'inquiète du faible taux de réussite et de l'impact sur le recrutement. Chouca, un breveté du stage précédent, témoigne de la transformation opérée par l'évaluation. Il décrit la proximité qu'il a développée avec les instructeurs, qui connaissent désormais ses qualités et son potentiel.

Chouca souligne l'importance du combat intérieur pour devenir commando. L'expérience de l'évaluation l'a profondément marqué, lui permettant de mieux se connaître et de développer une résilience à toute épreuve.

Le Cours de Nageur de Combat

Pour ceux qui aspirent à devenir nageurs de combat, la formation est encore plus exigeante. Ils ne sont qu'une poignée chaque année à obtenir cette certification, rejoignant alors le Commando Hubert, spécialisé dans les interventions sous-marines les plus sensibles. La plupart ont déjà une expérience de 5 à 7 ans au sein des commandos marine et sont devenus chefs d'équipe. D'autres, issus de l'Armée de terre, se destinent à une carrière dans la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure).

Tous sont certifiés Plongeurs de bord, ont moins de 30 ans et ont réussi un entretien psychologique rigoureux. Seule la moitié d'entre eux sont sélectionnés après deux semaines de présélections. Au programme de ces deux semaines : plongées à l'air et théorie, tests physiques et familiarisation avec le FROGS, un appareil respiratoire en circuit fermé à l'oxygène pur.

Chaque année, une douzaine de candidats sont choisis pour rejoindre l'École de plongée de Saint-Mandrier pour une formation de sept mois. La pression est constante et l'exclusion est possible à tout moment. Les premières semaines sont consacrées aux permis côtiers et hauturiers, avant d'entamer la phase technique en janvier.

Maîtrise Technique et Perfectionnement

La phase technique consiste à maîtriser l'équipement de plongée et l'armement. Les exercices de nuit et les sessions en bassin sont intensifs. En mars, la phase de perfectionnement commence, avec l'apprentissage de la planification d'attaques et l'amélioration de la vitesse de palmage et de l'angle de progression. Les élèves réalisent des scénarios dictés par les instructeurs, avant de passer à la phase PROAT (planification et réalisation de plans d'attaque en conditions réelles).

Les élèves apprennent à travailler en binômes, sanglés l'un à l'autre, multipliant les raids en kayak et les séances de palmage. Ils suivent également une formation à l'armée de terre pour maîtriser tous les types d'explosifs, avant de participer à un raid en kayak de 100 kilomètres.

Après cinq mois d'efforts constants, les phases de synthèse consistent en des simulations d'interventions, où les élèves doivent s'organiser pour accomplir leur mission sans aide extérieure. Ils se rendent également à Brest pour se confronter à des conditions météorologiques difficiles et des lieux inconnus.

Formation Complémentaire et Sécurité

Le cursus est complété par une formation de parachutiste et, pour certains, un stage d'évacuation d'hélicoptère. Les techniques de travaux sous-marins sont également abordées. La formation est difficile et la moitié des élèves ne la terminent pas. Les fautes de sécurité peuvent entraîner une exclusion, évaluée par un conseil d'instruction.

En général, les nageurs de combat restent quelques années au Commando Hubert, entre 6 et 10 ans. La capacité à se repérer de jour comme de nuit est essentielle. Un ancien élève témoigne de l'importance de la gestion du stress et de la maîtrise technique. La formation continue est primordiale, avec des certifications supplémentaires en contre-terrorisme et libération d'otages, et en parachutisme opérationnel.

Disponibilité et Sacrifice

Être opérationnel signifie être disponible en permanence, prêt à partir en moins d'une heure en cas d'alerte. Cela exige une famille capable de supporter cette situation. Pour ceux qui rêvent du Commando Hubert, il est essentiel de s'investir pleinement dans toutes les étapes de la formation et de ne pas oublier que seuls quelques-uns y parviendront.

L'endurance est primordiale, et les plongées se font toujours en binôme. Les nageurs de combat doivent s'orienter sans jamais refaire surface, en maîtrisant le temps et la profondeur d'immersion. Ils utilisent une planchette de navigation équipée d'un compas et d'un profondimètre, et naviguent sous la surface en retenant des dizaines de caps et de temps différents.

L'Attaque Subaquatique

L'attaque par nageur de combat démontre qu'un homme seul et audacieux peut neutraliser la plus robuste coque de guerre sous la ligne de flottaison. En France, ce type de combattant est apparu au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Enfin, les nageurs de combat reconditionnent leur matériel de plongée et leurs moyens d'infiltration sur une plage « amie », achevant ainsi leur mission.

Équipement Spécifique

Les nageurs de combat utilisent un équipement spécifique et sophistiqué pour mener à bien leurs missions. Parmi cet équipement, on trouve :

  • Combinaisons de plongée: Conçues pour assurer la furtivité et la protection thermique dans des conditions extrêmes. Souvent à 3 épaisseurs avec des manchons d'étanchéité.
  • Appareils respiratoires: Les nageurs de combat utilisent des appareils respiratoires à circuit fermé, tels que l'OXYGERS 57 et le F.R.O.G.S, qui permettent de minimiser les bulles et de rester discret sous l'eau. Ils utilisent également le DC-55 avec un mélange à 60% d'oxygène.
  • Explosifs: Les nageurs de combat sont formés à l'utilisation d'explosifs pour le sabotage et la destruction d'objectifs sous-marins. Ils utilisent des charges explosives variées, y compris des charges à ouverture automatique (charge et gaine EL 20).
  • Armement: Ils utilisent des armes adaptées aux environnements subaquatiques, y compris des armes avec un système électrique de mise à feu et des dards en tungstène.
  • Matériel de navigation: Les nageurs de combat utilisent des planchettes de navigation avec compas et profondimètre pour s'orienter sous l'eau. Ils doivent mémoriser des dizaines de caps et de temps différents pour naviguer avec précision.
  • Vêtements de protection: Ils portent des vêtements en KERMEL ininflammable de couleur bleu marine, fabriqués par la Société Squale.
  • Gilets de sauvetage: Les gilets sont gonflables à flottabilité positive permanente, résistants aux U.V. et à l'eau de mer.
  • Masques: Les masques sont en silicone avec des fixations renforcées. L'embouchure est également en silicone avec un tube en PVC.
  • Kayaks: Les kayaks sont utilisés pour l'infiltration discrète et sont démontables pour faciliter le transport.

Histoire et Origines

Les nageurs de combat ont une histoire riche qui remonte à l'Antiquité. Des unités militaires spécialisées utilisaient des plongeurs pour saboter les navires ennemis dès l'époque des Grecs et des Romains. Cependant, c'est au cours de la Seconde Guerre mondiale que cette spécialité militaire s'est véritablement développée. Les unités de nageurs de combat ont joué des rôles essentiels dans les débarquements et les sabotages maritimes. En France, les nageurs de combat ont fait leur apparition au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, évoluant à partir des SDECE (Colonel Morlane) et des commandos-marine.

Missions et Rôles

Les principales missions des nageurs de combat incluent le renseignement, le sabotage, l'infiltration, le sauvetage et la reconnaissance. Ces missions peuvent être menées dans divers environnements, y compris les eaux littorales et les fleuves. Les nageurs de combat sont souvent chargés de la destruction de navires, de structures et d'autres objectifs stratégiques sous-marins. Ils sont également impliqués dans des missions de contre-terrorisme maritime (CTM) et de libération d'otages.

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