Jincheng Guo : Biographie du phénomène de la para-natation chinois

La torpille chinoise Jincheng Guo a marqué les esprits lors des Jeux paralympiques de Paris 2024. Le nageur chinois de 23 ans a impressionné la piscine de Paris La Défense Arena à deux reprises. Il y a d'abord eu son triomphe en finale du 50 m nage libre de la catégorie S5 (coordination modérément limitée, mouvement du milieu du tronc et des jambes très limité ou absence de membres). Jincheng Guo a battu son propre record du monde pour filer vers l'or en 29,33 secondes.

Un style de nage invraisemblable

Le public français découvrait alors le style invraisemblable d’un nageur au crâne rasé, sans bras (et sans lunettes), à la coulée de 13 secondes, fendant l’eau en ondulant de manière prodigieuse. Avec une seule respiration sur l’intégralité de son 50 m, le jeune Chinois est devenu le phénomène des épreuves de para natation de ces Jeux.

Multiples médailles à Paris

La tendance s’est confirmée lorsqu’il a terrassé la concurrence sur 50 m papillon pour remporter sa sixième médaille à Paris, dont quatre titres, avec ces deux ultimes courses ainsi que les relais 4x50 m nage libre mixte et 4x50 m 4 nages 20 points mixte. On a eu droit à un nouveau récital en papillon, avec un temps canon de 30,28 s constituant là aussi un record du monde.

Grâce à une force exceptionnelle dégagée par ses jambes, le roi de l’apnée s’est contenté d’une seule respiration sur le 50 m pap, avant de toucher le bord du bassin avec son crâne pour valider son nouvel exploit.

Parcours et Débuts

Pour conter l'ascension supersonique du « poisson volant », retour à Shaoxing, sa terre natale, 200 kilomètres au sud de Shanghai et près de 5 millions d'habitants. « La terre du poisson et du riz, s'amuse Jiang. La ville est aussi entourée de rivières. » Amputée à 4 ans puis touchée par une surcroissance osseuse dans le moignon de son bras, la future championne paralympique n'est revenue qu'à 9 ans dans les bassins. « J'avais toujours aimé jouer dans l'eau, je m'y sentais libre. Mais après l'amputation, c'était devenu extrêmement difficile de contrôler mon corps et de trouver de l'équilibre en nageant », se souvient-elle. Contrainte de se réinventer dans le bassin, Jiang a aussi dû affronter l'intolérance au sein même de la piscine.

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Dès qu'elle a choisi la natation, sa mère l'a toujours encouragée. Sans son soutien, elle ne serait jamais devenue une athlète paralympique. Elle pense que c'était en 2017, ses performances ont très vite progressé et elle a compris qu'elle avait du potentiel. L'idée de faire les Jeux a commencé à grandir en elle comme une petite graine.

Palmarès et Reconnaissance

Alors qu'elle n'a fêté ses 20 ans qu'en novembre, au retour des Jeux, Jiang compte déjà neuf médailles d'or paralympiques et sept mondiales empilées à la maison. Avec, au-delà des titres, l'envie de faire évoluer le regard sur le handicap.

Elle veut dire à toutes les personnes atteintes de handicap que vous avez des rêves et que tant que vous essayez de les accomplir, vous pouvez aussi briller. Selon un recensement de 2012, 85 millions de personnes vivaient avec un handicap dans le deuxième pays le plus peuplé de la planète. Quand elle a commencé le sport, elle a elle-même été inspirée par les parathlètes et elle a compris que les possibilités, pour nous, étaient infinies. Maintenant qu'elle entend beaucoup de gens dire qu'elle est devenue un modèle pour eux, elle le prend comme une responsabilité, une mission. Au-delà de s'entraîner, au-delà d'obtenir de bons résultats, elle doit leur transmettre de la force.

Yuyan Jiang avec son trophée de Championne des championnes monde en para-sport. Déjà trois titres mondiaux à 14 ans et demi « Elle domine largement sa catégorie depuis plusieurs années déjà. C'est aussi la force de la Chine d'avoir trouvé de très bons nageurs et nageuses dans les catégories aux handicaps assez lourds (de S1 à S7). Sept médailles d'or, c'est exceptionnel : à elle seule, elle est devant beaucoup de nations dont la nôtre », relève Guillaume Domingo, manager de l'équipe de France de para-natation, montée deux fois sur la plus haute marche du podium à Paris (Ugo Didier sur 400 m S9 et Émeline Pierre sur 100 m S10).

Perspectives d'Avenir

Nostalgique de Paris et d'une Arena souvent pleine (16 000 spectateurs) - « cette atmosphère me manque déjà » - la jeune nageuse sera attendue comme une mégastar aux Mondiaux de Singapour (21-27 septembre 2025), organisés pour la première fois dans le même bassin que les Mondiaux valides (11 juillet - 3 août 2025). Sans se projeter, pour l'instant sur les Jeux 2028 à Los Angeles (USA). Elle ne veut pas se fixer d'objectifs trop lointains, explique Jiang, logiquement appelée à porter le drapeau chinois, le 7 septembre dernier, lors de la cérémonie de clôture au Stade de France. La porte-drapeau américaine Ellie Marks, sa dauphine sur quatre courses, a résumé pour le site SwimSwam la trajectoire du « poisson volant » : « Elle revient de loin ». Et ça ne fait que commencer.

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