Le piranha, à l'instar du requin, est un poisson qui suscite la crainte. Films et jeux vidéo le présentent souvent comme un prédateur redoutable pour l'homme, suggérant qu'une chute dans l'eau infestée de piranhas équivaudrait à une mort certaine, déchiqueté sans pitié. Bien que ces poissons soient équipés de dents acérées comme des rasoirs, et que le piranha noir possède la mâchoire la plus puissante du règne animal, la réalité de leur dangerosité est bien plus nuancée.
La genèse du mythe
Le mythe du piranha a pris racine en 1913 lors d'une partie de chasse au Brésil avec Théodore Roosevelt, ancien président des États-Unis. Pour impressionner leur hôte, les Brésiliens avaient placé des piranhas dans un bassin isolé, sans autre poisson, afin de les affamer. Ils y lâchèrent ensuite une vache vivante. La scène fut saisissante : en quelques instants, il ne restait plus que la carcasse de l'animal. Roosevelt, stupéfait, relata cette histoire à son retour au pays. Il est essentiel de souligner les conditions très particulières de cet événement : les piranhas étaient affamés et piégés, une situation de survie qui aurait pu inciter n'importe quel animal à un comportement similaire.
Le comportement normal des piranhas
Dans des conditions normales, les piranhas ne s'attaquent pas à l'homme, sauf peut-être en cas de menace directe. Il est tout à fait possible de nager avec eux sans danger, car ils se contentent généralement d'ignorer les humains. En plus de 100 ans, aucun décès humain causé par des piranhas n'a été officiellement recensé.
L'incident de Santa Cruz da Conceição
Au début des années 2000, à Santa Cruz da Conceição, des piranhas mouchetés ont commencé à mordre des baigneurs. Sur 2000 personnes, 38 ont été mordues, principalement au talon. Les piranhas se contentaient de chiper un petit morceau de chair avant de s'éloigner. Des scientifiques ont étudié ce phénomène et ont conclu qu'il était dû à une combinaison de facteurs exceptionnels : un bassin artificiel, une population de piranhas en surnombre et des ressources alimentaires insuffisantes. Ces conditions avaient affamé les piranhas, les poussant à attaquer, comme lors de l'épisode de la vache de Roosevelt. Il n'y a eu aucun décès.
Témoignages et réalité amazonienne
Une expérience en Amazonie offre un contrepoint intéressant. Une personne ayant vécu au bord du Maroni s'y baignait quotidiennement avec des enfants, tandis que d'autres pêchaient, souvent des piranhas. Jamais personne n'a été blessé. Cela confirme qu'il n'est pas dangereux de nager avec les piranhas dans des conditions normales.
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Cependant, un autre témoignage relate une mésaventure : un homme pêchant l'aïmara dans une crique a été mordu à la cuisse par des piranhas, mécontents d'être dérangés pendant leur repas matinal. Cet incident souligne l'importance de la prudence et du respect de l'environnement des piranhas.
Le P. Piraya : une espèce à part
Le P. piraya, une espèce de piranha que l'on ne trouve que dans le Rio San Francisco, est relativement rare. La région étant en partie contrôlée par des milices surveillant les plantations de coca, peu de pêcheurs s'y aventurent. En captivité, cette espèce dépasse rarement 35 cm, contrairement aux spécimens sauvages qui peuvent atteindre plus de 45 cm. La croissance du P. piraya est rapide jusqu'à environ 15 cm, puis ralentit. La reproduction en aquarium est problématique, car les femelles sont souvent tuées par les mâles. Le P. piraya est considéré comme l'espèce du genre Pygocentrus la plus agressive après le caribe. Les adultes ont tendance à éliminer certains de leurs congénères, souvent des femelles gravides. Pour maintenir un groupe d'adultes, un aquarium d'au moins 1000 litres est nécessaire, avec 200 litres par individu.
Les dangers aquatiques : une perspective globale
Il est essentiel de replacer le risque lié aux piranhas dans un contexte plus large des dangers potentiels rencontrés lors de voyages et d'activités aquatiques. Parmi les autres menaces, on peut citer :
- Les requins : Bien que les attaques soient rares, elles restent une préoccupation pour les nageurs et les plongeurs.
- Les méduses : Certaines, comme la méduse-boîte, sont extrêmement venimeuses.
- Le poisson-pierre : Ce poisson, expert en camouflage, possède des épines dorsales reliées à une glande à venin, rendant sa piqûre très douloureuse et potentiellement dangereuse.
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