L'innovation au service de la mobilité douce : la révolution du moteur kayak Ozo

L'industrie nautique connaît une transformation profonde, portée par une exigence croissante de durabilité et d'efficacité énergétique. Au cœur de cette mutation, la société Ozo, dirigée par Jean-Pascal Plumier, s'impose comme un acteur incontournable du rétrofit et de l'électrification. Avec une équipe d'une vingtaine de collaborateurs et un chiffre d'affaires de 2,6 millions d'euros en 2021, cette entreprise basée dans les Bouches-du-Rhône ne se contente pas de suivre le mouvement : elle redéfinit les usages en mer grâce à une expertise technique pointue, notamment illustrée par son système de moteur pour kayak.

L'ADN d'Ozo : de l'électrification des vélos au nautisme

L'aventure Ozo trouve ses racines en 2010. Tout démarre en 2010 par l’électrification de vélos, en partant du constat qu’il était plus intéressant en termes de bilan carbone, de récupérer des vélos déjà existants et d’y apporter une assistance électrique, donc un moteur et une batterie pour les transformer en électrique afin de répondre aux nouveaux besoins d’usage de se déplacer à vélo électrique plutôt qu’en voiture ou autre. Cette approche, fondée sur le principe du rétrofit, est le socle sur lequel Jean-Pascal Plumier a bâti sa réputation.

Au fil des années, l'entreprise a prouvé sa capacité d'adaptation en dupliquant ce principe d’électrification de véhicules deux-roues sur d’autres applications. L'équipe a travaillé dans l’agriculture, sur de l’électrification de machines agricoles, outils de culture, tracteurs, pulvérisateurs électriques, mais aussi dans l’industrie pour la diminution de la pénibilité au travail, en ajoutant des roues motrices sur des chariots de production ou de logistique. Ce qui permet de diminuer l’effort des opérateurs qui tirent ou poussent des chariots tous les jours. C'est cette expertise polyvalente qui a naturellement conduit l'entreprise à s'intéresser au marché du nautisme.

La conception du moteur électrique pour kayak

Pour le kayak, la PME est partie de zéro. Les ingénieurs ont recréé un moteur entièrement qui se met en lieu et place de l’aileron d’origine et qui permet d’offrir une assistance électrique. Cette innovation répond à un besoin concret : celui des randonneurs nautiques. On prend le kayak le matin, il n’y a pas de vagues, pas de vent, tout se passe bien et puis l’après-midi, le temps change, on commence à en avoir plein les bras. Le moteur électrique permet de ne pas faire trop d’efforts en pagayant.

Le système est conçu pour être accessible et performant. Il se compose d'un moteur et d'une batterie, pour un coût de 850 euros, avec une option solaire pour 250 euros de plus. Petit, il consomme très peu et donc on peut rajouter un panneau solaire à l’arrière du kayak. C’est un petit panneau solaire de 50 watts qui va permettre de recharger la batterie pendant la sortie en mer et du coup, offrir une véritable autonomie, on peut partir faire de belles randonnées à la journée. Les kits sont idéals pour profiter des balades en mer sans effort à deux ou à trois sur le kayak.

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Une expertise industrielle ancrée localement

Si l’entreprise est à Venelles, Ozo fabrique depuis quelques années déjà ses batteries à Éguilles. La maîtrise de la chaîne de production est totale, avec une ligne de production de batteries multi-activités. On fabrique des batteries de vélo, pour des chariots de golf, les machines agricoles et du coup aussi pour des bateaux avec différentes technologies de batteries. Pour soutenir cette croissance, la superficie de la petite unité de production va passer de 200 à 1 200 m², avec l’acquisition d’un nouveau local.

L'engagement technologique se double d'une rigueur dans la conception des composants. Ozo propose des accessoires spécifiques pour garantir la durabilité et la sécurité du matériel : pièce de rechange d'origine conçue pour sécuriser le mécanisme de verrouillage ou de relevage de votre motorisation de kayak OZO, ou encore un support de fixation universel permettant d'installer un moteur électrique sur un kayak ou un Stand Up Paddle (SUP) équipé d'un rail ou d'une glissière aux normes européennes. Des éléments techniques comme le moyeu amovible pour accouplement élastique ou les moyeux pour poulie HTD de différentes dentures témoignent de la précision de l'ingénierie déployée.

L'économie circulaire comme moteur de changement

Toute la stratégie d'Ozo depuis 12 ans est orientée économie circulaire afin de répondre aux nouveaux usages, avec un bilan carbone le plus faible possible. On ne vend pas de vélo électrique clé en main, ni de kayak, encore moins de bateau clé en main, on vend un moteur et une batterie pour apporter une assistance électrique ou pour électrifier le véhicule. Cela permet de diminuer largement l’empreinte carbone.

Cette vision a été saluée par la fondation Solar Impulse, qui a labellisé Ozo en tant qu’une des entreprises les plus vertueuses du XXIe siècle, ou ayant la solution la plus vertueuse. Grosso modo, si je prends l’exemple du vélo, on a fait énormément d’études dessus. On divise par trois le bilan carbone. Cela va être encore plus, je pense, pour les bateaux parce que souvent les coques sont en plastique ou en polyester et ce sont des matériaux qui ne sont pas recyclables. Donc si on peut conserver cette coque et simplement y apporter un moteur électrique plutôt que de relancer la fabrication complète d’un navire, le bilan carbone est beaucoup plus faible et in fine on répond exactement aux mêmes besoins.

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