Guide complet de mise à l’eau pour dériveurs et petits voiliers

La pratique du dériveur, qu’il s’agisse d’un modèle solo, d’un skiff ou d’un voilier léger, exige une maîtrise particulière des manœuvres de mise à l’eau. Cette opération, bien que routinière pour les habitués, peut devenir une source de stress, surtout lorsque l'on navigue en solitaire et que l'assistance d'un tiers fait défaut. Que vous envisagiez de naviguer sur un étang calme, dans les bassins d'un club de voile ou en bord de mer, la sécurité et l'organisation sont les piliers d'une sortie réussie.

Les fondamentaux de la mise à l’eau en autonomie

Lorsque vous naviguez seul, la gestion de la mise à l'eau dépend étroitement de l'environnement. Sur un plan d'eau fermé, comme un lac ou un étang, la manœuvre est largement faisable si vous êtes sur un plan d'eau fermé, sans marée et sans grosse houle, en laissant la mise à l'eau pas loin. La difficulté croît significativement en milieu marin.

L’un des soucis majeurs en mer est celui des marées, qui peut empêcher de laisser la mise à l'eau sur place si c'est au remontant. Il est arrivé à certains pratiquants de voir leur matériel déplacé ou submergé par la houle, rendant la récupération impossible avant plusieurs heures. En cas de forte houle, il n'y a pas d'autre solution que le quidam sympathique qui vient tenir le bateau ou remonter la mise à l'eau. Pour pallier ces imprévus, l'embarquement en club de voile aide grandement, car ces structures offrent un cadre sécurisé, des cales dégagées et, parfois, des services de stockage pour les remorques.

Préparation et matériel : l'importance de l'équipement

Avant de prendre la route, il est essentiel de vérifier vos obligations administratives. Si votre bateau est transportable par la route, tracté derrière une voiture sur une remorque, vous pourrez effectuer la mise à l’eau et la sortie d’eau de votre bateau en totale autonomie et sans l’aide nécessaire d’un professionnel. Assurez-vous de posséder le permis adéquat en fonction du PTAC (Poids Total Autorisé en Charge) de l'ensemble véhicule et remorque.

Pour les bateaux d'occasion, le choix de la remorque est crucial :

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  • Bateaux de moins de 380 kg : Mieux vaut partir sur une remorque à structure articulée pour une mise à l'eau plus pratique sur des surfaces peu pentues (plages, berges, etc.).
  • Bateaux semi-rigides ou à coques dures de plus de 380 kg : Les remorques à timon fixe sont les plus adaptées.

Pour optimiser votre confort, certains accessoires peuvent transformer une corvée en manœuvre simple. Par exemple, l'usage d'une double roue avant permet d'éviter que la remorque ne s'enfonce dans le sable ou le gravier. De même, si vous devez manipuler votre bateau seul, l'utilisation de cordes fixées aux supports de rouleaux de la remorque, lestées par des défenses ou des bouteilles vides, sert d'aide au centrage lors de la remontée.

Techniques de manœuvre sur la cale

La manœuvre de marche arrière avec votre véhicule doit être effectuée de façon à ce que votre remorque soit bien au centre de la cale. Pensez bien à retirer la plaque d’immatriculation et la rampe de feux de circulation avant l'immersion. Pour protéger votre matériel, ne dépassez pas le niveau maximum de la jante de vos roues de remorque. Après un transport sur route, les roulements sont encore chauds, alors n’immergez pas les moyeux, car le contact entre l’eau de mer et la chaleur aspire l’eau à l’intérieur des roulements.

Si vous êtes seul, assurez-vous que le bateau soit bien amarré à un anneau sur les cales ou du quai par exemple. Pour les skiffs très légers, le coup du grappin est une bonne idée pour les dériveurs traditionnels, bien que cela soit plus difficile avec un skiff très toilé. Si vous utilisez une remorque équipée d'un chariot de mise à l'eau s'intégrant au châssis, la manœuvre est grandement simplifiée : il suffit de tirer sur la mise pour la faire glisser sur la remorque, évitant ainsi la galère de porter le bateau.

Astuces pour le grutage et les situations complexes

Parfois, la mise à l'eau nécessite l'usage d'une grue. Si elles ne déchirent pas vos mains, vous avez quelque chance de pouvoir utiliser les élingues sans risquer d’abîmer votre coque. En l'absence d'élingue, débrouillez-vous tout seul en prenant un simple bout de nylon ou tergal d'au moins 12 à 14 mm, plus pour épargner la coque que par crainte de rupture.

Il existe des variantes spectaculaires du grutage, comme l'embarquement sur un navire par le mécanisme précis de deux mâts de charge. Toutefois, méfiez-vous des ports où le grutage pourrait se faire bénévolement mais où le quai est toujours encombré ou la clé du cadenas introuvable. Dans ces cas, la dextérité du préposé pallie souvent aux faiblesses mécaniques.

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