L'expression française «mettre les voiles» est une image forte qui évoque immédiatement le monde de la navigation. Elle est couramment utilisée pour signifier partir rapidement ou quitter un endroit, mais son origine et sa signification sont profondément ancrées dans l'histoire maritime de la France.
Origines maritimes de l'expression
L'expression «mettre les voiles» tire ses racines du langage du monde maritime. Avant l'ère des moteurs et de la propulsion mécanique, les navires dépendaient principalement du vent pour se déplacer sur l'eau. Lorsqu'un navire était prêt à quitter un port ou à prendre la mer, l'équipage hissait les voiles pour capter le vent et propulser le navire. Les voiles étaient de vastes pièces de tissu fixées sur des mâts, et leur déploiement était une tâche exigeante et coordonnée.
Pour naviguer correctement, il faut déployer les voiles pour prendre le vent et ainsi donner de la vitesse à son embarcation. L'action de hisser les voiles était donc le signal du départ imminent.
Étymologie du mot «voile»
Étymologiquement, le terme "voile" vient du latin "volare", qui signifie "voler". Ce lien évoque l'idée de déplacement et de mouvement, semblable à celui des oiseaux. Dans le contexte maritime, les voiles permettent au navire de naviguer grâce à la force du vent.
Importance historique de la navigation
L'expression «mettre les voiles» rappelle l'importance historique de la navigation et des voiles dans la culture maritime de la France. La navigation a marqué l’Histoire de France. Ainsi que l’indique le Dictionnaire de l’Académie française, le terme «cabestan» est apparu au XIVe siècle. Probablement issu du provençal «cabestan», altération de «cabestran», remontant au latin «capistrum», qui désigne le «licou» (lien fait de corde), le «cabestan» fait partie de l’accastillage d’un bateau. Autrement dit, de l’ensemble des accessoires de pont qui servent aux manœuvres. Il s’agit d’un treuil à axe vertical destiné à enrouler le cordage, les amarres destinées à maintenir l’embarcation en place le long d’un quai, ou d’un autre navire.
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De nombreuses expressions françaises sont liées au domaine de la navigation. Quelques heures avant de prendre la mer, le capitaine veille aux derniers préparatifs liés à son embarcation. Il vérifie que le mât de son voilier ne part pas à bâbord (du néerlandais «bakboord»), c’est-à-dire sur la partie gauche du bateau, ou à tribord (du néerlandais «stierboord»), partie droite. Il s’assure de la fiabilité des filtres à gazole et à huile du moteur de son runabout et anticipe encore les conditions météorologiques auxquelles il sera confronté. «Avoir le vent en poupe», «être vent debout», «garder le cap».
Répartition géographique
Géographiquement, l'usage de cette expression est lié aux régions côtières où la navigation était une activité courante. Les ports de mer, en Europe notamment, ont vu émerger cette terminologie en raison de l'importance du commerce maritime et de l'exploration.
Évolution de la signification
Avec le temps, l'expression «mettre les voiles» a quitté les ports et les navires pour s'introduire dans le langage courant. Aujourd'hui, elle est utilisée pour décrire des situations où quelqu'un ou quelque chose part rapidement ou quitte un endroit. Cette expression est polyvalente et peut être employée dans divers contextes.
Sens figuré et utilisation moderne
L'expression "mettre les voiles" a pris une connotation figurée, désignant le fait de s'en aller ou de partir rapidement d'un endroit, en dehors du contexte maritime. Par exemple, on peut dire qu'une personne "met les voiles" pour signifier qu'elle quitte un endroit, qu'elle abandonne une situation ou qu'elle se lance dans une nouvelle aventure.
Le second sens, qui date de la fin du XVIIIe siècle, est une métaphore issue du premier : en effet, pour pouvoir s'en aller le plus vite possible, le bateau hisse toutes ses voiles, pas seulement son génois ou sa trinquette ; il met donc en œuvre tous les moyens dont il dispose pour arriver à son but. « Je m'assis sur un roc, près de la mer. «Vraiment elle met toutes voiles dehors pour plaire. Vois, vois ce sourire gracieux au moment où elle figure seule dans cette contredanse. Comment dit-on ailleurs ? full speed ahead! en avant, à toute vitesse! a todo vapor! à toute vapeur!
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Expressions apparentées
Plusieurs expressions françaises sont liées au monde de la voile et de la navigation, témoignant de l'influence de ce domaine sur la langue française :
- Avoir le vent en poupe : Avoir du succès, être favorisé par les circonstances. Quand on met les voiles, mieux vaut «avoir le vent en poupe». Pourquoi ? La poupe désigne l’arrière du bateau. Or, en navigation, si tu as du vent qui vient de l’arrière, c’est optimum : tu vas plus vite. Appliquée à la vie courante, l'expression «avoir le vent en poupe» veut dire avoir du succès ou être à la mode.
- Être vent debout : Faire face à des difficultés, à une opposition.
- Garder le cap : Maintenir sa direction, ne pas se laisser détourner de son objectif.
Il existe d’autres locutions :
- «Vire! «Bah! C’était la tempête; et toujours trop de toile! On serre les huniers, on cargue la grand’voile», écrivait le poète François Coppée. Là aussi emprunté au provençal «cargar», «charger», du latin tardif «carricare», «carguer» les voiles a pour sens figuré de «trousser» les voiles, soit les replier et les amarrer contre les vergues (des espars comme la bôme, balestron, le pic…) ou contre le mât à l’aide des cargues (cordage adéquat).
- À ne pas confondre avec le verbe «embraquer», qui signifie reprendre le mou d’un bout lorsque l’on ramène une voile plus près du bordé, de la coque du bateau, «embouquer», dérivé de «bouque» (qui dès le XVIIe siècle désignait un «détroit») signifie s’engager dans un canal, un détroit.
- Le «mascaret» (emprunté depuis le XVIe siècle au gascon signifiant «barbouillé») est une vague déferlante produite dans certains estuaires par la rencontre du courant descendant du fleuve et du flot montant de la mer. Se produisant à l’embouchure des fleuves, ce dernier peut être très dangereux. Ainsi que le rappelle le jeune auteur: «Qui dit grandes marées dit mascaret. […] “S’inquiéter des marées”, disait notre carte de 1947. “Veiller les navires et se conformer strictement aux règles de navigation”, disait-elle encore.
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