Aérodynamique appliquée et navigation hauturière : de la polyvalence de l'hydravion Skipper aux réalités des opérations de surveillance maritime en haute mer

Conception technique et caractéristiques de vol de l'aéronef Skipper

L'aéromodélisme moderne repousse constamment les limites de la polyvalence et de l'accessibilité grâce à des innovations de conception et à des matériaux composites de pointe. Probablement l'avion le plus polyvalent de tous les temps … Capable de décoller et d'atterrir sur à peu près n'importe quelle surface, y compris l'eau, la glace, la neige, l'herbe et plus encore, le Skipper est un modèle vraiment polyvalent. Cette flexibilité opérationnelle repose sur une architecture minutieusement étudiée qui combine les caractéristiques d'un avion terrestre classique et celles d'un hydravion à coque. Construit à partir de mousse EPO basse densité, ce modèle est très léger tout en conservant un haut niveau de durabilité. La mousse d'oléfine expansée (EPO) offre en effet une excellente résistance aux impacts et une mémoire de forme remarquable, ce qui est indispensable lors des atterrissages répétés sur des surfaces rugueuses comme l'herbe haute ou la glace vive. Pour soutenir les contraintes structurelles subies par la voilure lors des manœuvres acrobatiques ou des décollages sur l'eau, les moitiés d'aile sont reliées à des longerons en fibre de carbone jumelés offrant une excellente rigidité. Cette rigidité accrue prévient la déformation des ailes sous forte charge aérodynamique, maintenant ainsi une trajectoire de vol stable et prévisible.

Le fuselage du Skipper est moulé en forme de "bateau volant" lui permettant de décoller, atterrir et naviguer facilement sur l'eau. Cette géométrie spécifique minimise la traînée hydrodynamique tout en favorisant un déjaugeage rapide grâce à un redan judicieusement positionné sous la coque. Pour simplifier l'accès à cette technologie, le Skipper se présente sous la forme Plug and Fly (PNF), ce qui signifie que le système d'alimentation sans balais et tous les servos sont préinstallés, vous devrez simplement ajouter votre propre système radio 4CH et une batterie LiPo 3S. Le système d'alimentation sans balai de 40 A préinstallé fournit beaucoup de puissance, exactement ce dont vous avez besoin pour sortir des décollages d'eau ou d'herbe. Cette abondance de puissance ajoute au facteur de plaisir dans les airs, offrant des performances verticales illimitées. L'assemblage est un jeu d'enfant ne nécessitant que le collage du stabilisateur horizontal. Cependant, pour garantir la longévité de l'appareil, certaines précautions de montage sont indispensables. Remarque: il est important de bien nettoyer et de préparer la surface en mousse de ce modèle avant d'utiliser le ruban adhésif pour faire adhérer les ascenseurs aux ailes. Assurez-vous également que la température de la pièce / de l'atelier est suffisante pour favoriser une bonne adhérence. Voir le manuel mis à jour sous l'onglet "Fichiers". Une fois ces étapes de préparation rigoureusement suivies, l'aéronef est prêt à évoluer dans divers environnements avec une fiabilité remarquable.

Dynamique de l'interaction entre aéronefs et environnement aquatique

Opérer un aéronef à proximité ou au contact de l'eau implique une compréhension fine de la mécanique des fluides et des forces hydrodynamiques. Contrairement au vol terrestre où le train d'atterrissage subit des forces de friction relativement simples, un fuselage en forme de bateau volant doit composer avec la tension superficielle de l'eau et la traînée hydrodynamique qui augmente de manière exponentielle avec la vitesse. Lors de la phase de déjaugeage, l'aéronef doit passer d'un mode de déplacement archimédien (où il flotte grâce au volume d'eau déplacé) à un mode de planification hydrodynamique (où il glisse sur la surface). Le redan du fuselage joue ici un rôle crucial en introduisant de l'air sous la coque arrière, rompant ainsi l'effet de ventouse de l'eau qui, autrement, empêcherait l'appareil de s'envoler. La puissance délivrée par le moteur sans balais (brushless) couplé à un contrôleur de vitesse (ESC) de 40 ampères est dimensionnée pour surmonter cette résistance initiale rapide, permettant d'atteindre la vitesse de sustentation aérodynamique minimale en quelques mètres seulement.

Sur les surfaces gelées comme la glace ou la neige, les coefficients de friction sont nettement plus faibles, mais les irrégularités de la surface peuvent transmettre des vibrations importantes à la structure en mousse EPO. C'est ici que les longerons en fibre de carbone jumelés révèlent leur importance, en absorbant et en répartissant les contraintes de torsion sur l'ensemble de la cellule de l'avion. En l'air, le modèle se comporte comme un avion de sport performant, tirant profit de la densité de l'air frais au-dessus des plans d'eau pour optimiser le rendement de son hélice. Pour le pilote, le passage d'une surface solide à une surface liquide requiert une gestion précise des gaz et de la gouverne de profondeur pour éviter que le nez de l'appareil ne s'enfonce dans l'eau lors des phases de transition, un phénomène bien connu des concepteurs d'hydravions réels et de modèles réduits.

L'incident de l'Innova group - XLG sur la Transat Café L'Or

Les interactions entre le monde de l'aviation et celui de la voile ne se limitent pas aux modèles réduits évoluant sur des plans d'eau calmes. En haute mer, les trajectoires des aéronefs de surveillance et des voiliers de course se croisent parfois, donnant lieu à des situations complexes et sujettes à controverse. Si les skippers Caroline Dieu et Jérôme Délire ont dénoncé le passage d’un avion pour expliquer la casse sur leur Class40 mardi sur la Transat Café L’Or, le Falcon 50 en question appartient à la Marine nationale et, comme le rapporte Le Télégramme ce vendredi, sa version des événements diffère de celle du couple belge. Leur vidéo a fait le tour des réseaux sociaux. C’est en larmes et encore sous le choc que Caroline Dieu et Jérôme Délire ont raconté leur mésaventure survenue mardi dans le golfe de Gascogne lors de leur 3e journée en mer sur la Transat Café L’Or. Le duo belge à bord de Group XLG a vu le spi (voile hissée à l’avant du bateau) de leur Class40 déchiré après le passage d’un avion. S’ils ont pu limiter la casse et poursuivre leur route en direction de la Martinique, they ont exprimé leur colère dans une vidéo.

Lire aussi: Plongez dans l'univers de Mega Mindy en jetski

L'impact émotionnel et technique de cet incident a été immédiat pour l'équipage, confronté à la perte d'une voile cruciale pour la performance du voilier dans les allures portantes. "Notre spi est en lambeaux, tout ça parce que quelqu'un dans un avion privé a voulu faire une belle photo de notre bateau", a pesté Caroline Dieu. Et son compagnon d’exprimer lui aussi sa "colère": "La vraie question maintenant, c'est sans spi médium, je ne sais pas comment on va rallier l'Espagne. (…) Putain de merde…" À froid, le Belge est revenu jeudi sur cet épisode peu banal: "On ne l’a pas vu arriver de loin mais l’avion est passé vraiment rase-motte", a raconté le skipper à France Info. "C’était un avion du style Falcon 50 ou jet privé. Il est passé tellement proche qu’il a couché le bateau presque instantanément. La pression était tellement forte que la voile est tombée dans l’eau. Il est passé sur super vite, super fort. Il a fait trois passages." Pour prendre une photo, vraiment? "Non absolument pas mais on dit ça car s’il a fait plusieurs passages c’est clairement parce qu’il voulait nous identifier pour une raison ou une autre", corrige Jérôme Délire. "On n'a eu aucun contact radio parce qu’on était occupé à résoudre notre problème. On ne sait même pas si l’avion est entré en contact avec nous." C’est en pleurs que les deux skippers belges, qui sont également en couple dans la vie, ont témoigné de leur mésaventure survenue sur la 17è édition de la Transat Café l’Or, dont le départ a été donné dimanche 26 octobre du Havre. Après avoir récupéré la voile totalement déchirée et prise dans les appendices du voilier, le duo a pu poursuivre sa route avec un gréement de fortune et va tenter de rejoindre le reste de la flotte des Class40 en escale à la Corogne depuis mercredi. "D'habitude, on garde nos émotions pour nous. Mais là, c’était compliqué. Jérôme Delire et Caroline Dieu ont raconté, en larmes, ce qui s'est passé dans une vidéo postée ce mercredi : leur bateau Class40 a été endommagé par un avion, lors de la Transat Café l'Or. L'appareil a déchiré l'une de leurs voiles. "C'est un fait rarissime", confie le directeur de la course.

Procédures opérationnelles standard et surveillance par la Marine nationale

La surveillance des espaces maritimes sous souveraineté ou responsabilité française requiert l'engagement constant de moyens aériens et navals, notamment dans des zones à fort trafic ou soumises à des conditions météorologiques difficiles comme le golfe de Gascogne. Ce vendredi, on en sait un peu plus sur ce mystérieux avion. Comme le rapporte Le Télégramme, il s’agissait bien d’un Falcon 50 de la Marine nationale dont la mission est de surveiller et de porter assistance aux navires en difficultés. Selon le service d‘informations et de relations publiques des armées (Sirpa), l’avion a bien survolé le bateau de Caroline Dieu et Jérôme Délire mais c’est après avoir détecté un écho radar sans signature AIS (un système d’identification automatique). Le système d'identification automatique (AIS) est un équipement obligatoire ou fortement recommandé en course, permettant aux autres navires et aux centres de secours de connaître en temps réel la position, la vitesse et la route d'un navire. L'absence de ce signal génère une incertitude que les forces armées doivent lever dans le cadre de leurs missions de sécurité nationale et de sauvegarde de la vie humaine en mer.

La Marine nationale dément, selon une information révélée par la Télégramme, que nous a confirmé le Service d'informations et de relations publiques des armées, le Sirpa. Elle explique qu'il s'agissait d'un de leur Falcon 50 : " il effectuait une mission de surveillance", mercredi 29 octobre, et de secours "si besoin, aux navires en difficulté". "Une mission quasi quotidienne", ajoute le Sirpa. Mercredi midi, l'équipage du Falcon 50 a détecté un écho radar sans signal AIS, c'est-à-dire sans signature. Il identifie le voilier des skippers belges. L’équipage du Falcon 50 voit alors le voilier gîter de plus en plus : "il partait au lof emporté par son spi" selon le Sirpa. Le Falcon 50 a effectué un deuxième passage au-dessus du voilier pour s’assurer que l’équipage n’avait pas besoin d’assistance. Il a ensuite repris son vol. La trajectoire exacte de l'appareil et son identification font cependant l'objet de détails techniques croisés. En consultant le site flightradar, 20 Minutes a pu déterminer que le seul avion ayant eu une trajectoire correspondant à celle décrite par les skippers était un Falcon 10 MER immatriculé F-YDAI basé à Landivisiau et appartenant à la marine nationale. Il avait décollé peu après 8 heures ce jour-là, et avait opéré plusieurs boucles au-dessus du secteur où se trouvait le Class40 des Belges. La mission s’était terminée vers 10 heures. La Marine nationale explique qu'il s'agissait bien d'un Falcon 50, au-dessus du Class 40 Innovad Group - XLG, de Jérôme Délire et Caroline Dieu mercredi. Il était là pour effectuer "une mission de surveillance", et pour "porter assistance, si besoin, aux navires en difficulty". Selon le Télégramme, la marine nationale a confirmé le survol, justifiant la mission par la détection d’un écho radar sans signature AIS. Sauf que la marine conteste la version des skippers, lesquels affirmaient que l’avion les avait frôlés. Le Falcon serait passé à « 200 m de distance en latéral » comme le veut la procédure insiste la marine nationale.

Analyse des turbulences aérodynamiques et de la stabilité des voiliers

La confrontation entre un aéronef volant à basse altitude et un voilier de course moderne sous spinnaker soulève des questions physiques et aérodynamiques complexes. Un spinnaker de Class40 est une immense voile de nylon extrêmement sensible aux variations du flux d'air. Le passage d'un avion à réaction de plusieurs tonnes à proximité peut générer des turbulences de sillage (wingtip vortices) et un souffle moteur non négligeable, bien que la distance réglementaire de 200 mètres soit conçue pour atténuer ces effets. Les skippers et la Marine nationale proposent deux lectures distinctes du même enchaînement d'événements. Un "avion de tourisme" s'est-il approché de trop près "pour faire de belles photos" du bateau de Jérôme Delire et de Caroline Dieu, engagé sur la Transat Café l'Or ? La Marine nationale ne l'entend pas de cette oreille. Les deux skippers avaient publié mercredi une vidéo, en larmes, après que leur voile a été déchirée par un avion, passé trop près, selon eux.

Dans un communiqué que nous a transmis ce vendredi la Marine nationale, l'institution dément la version des deux skippers : il s'agissait plutôt d'un Falcon 50, un avion de 18 mètres de long destiné à la surveillance maritime, qui effectuait, justement, ce mercredi, "une mission de surveillance", pour "porter assistance, si besoin, aux navires en difficulté". Ces avions "ont l'habitude de s’approcher des voiliers de plaisance ou de course au large […] et sont très familiers de ces vecteurs dont ils respectent les contraintes", assure encore la Marine nationale. Après avoir détecté la présence de ce bateau sans son AIS, pour Automatic Identification System, un système d'identification automatique, et qui partait "au lof", "emporté par son spi", l'avion décide de s'approcher. En termes terriens, le bateau se penchait fortement vers l'eau, emporté par une voile prenant le vent. L'avion survole le bateau puis repasse une seconde fois, "à 200 mètres du bateau", "voulant vérifier que l’équipage a retrouvé une situation stable". "Constatant que la situation est rétablie et que le voilier n’a pas besoin d’assistance, l’aéronef reprend sa mission", détaille encore la Marine nationale, qui assure que "la procédure et la cinématique suivie sont conformes aux pratiques opérationnelles réglementaires". "Le voilier est donc parti au lof avant le passage de l'avion", conclut la Marine nationale dans son communiqué.

Lire aussi: Stand Up Paddle, kayak et voile sur l'île d'Oléron

L'analyse aérodynamique montre qu'un départ au lof peut survenir de manière autonome lorsqu'un voilier subit une survente ou une mauvaise coordination dans les réglages de voilure, en particulier sous spinnaker dans une mer formée. A 12h12, le Falcon 50 s’est donc rapproché du voilier, passant à 200 mètres de distance en latérale, selon la procédure opérationnelle standard. L’équipage du Falcon 50 a vu "le voilier qui gîtait de plus en plus, il partait au lof emporté par son spi (changer de direction en fonction du vent)", indique le Sirpa qui confirme aussi un 2e passage, à nouveau à 200m du bateau. L’avion de la Marine nationale constate alors que la situation is rétablie. "Le voilier is donc parti au lof avant le passage de l’avion", conclut-elle dans son communiqué. L’incident est survenu, mercredi matin, alors que l’Innova group - XLG venait de passer la pointe bretonne et s’était engagé dans le Golfe de Gascogne. Selon le service d’information des armées au Télégramme, le Class 40 était déjà en mauvaise posture « avant le passage de l’avion ». L’équipage de l’avion aurait remarqué que le bateau « gîtait de plus en plus », autrement dit qu’il s’inclinait sur le côté, « emporté par son spi ». Le bateau belge était donc en légère difficulté avant même le passage de l'avion. Mais la perte de leur voile est-elle due au souffle de l'avion ? Deux versions se font face, sans forcément se contredire. Mais voilà une publicité involontaire et inattendue pour ce duo belge, antépénultième au classement des Class40 sur cette Transat, qui se retrouve avec la Marine nationale sur le dos. Ils accusent un avion d'avoir déchiré leur voile en les survolant de trop près. La voile d’un monocoque de deux skippers belges de la transatlantique s’est déchirée à cause d’un avion alors qu’ils naviguaient dans le golfe de Gascogne. Deux skippers en larmes, une voile déchiquetée et une fin de course menacée. Dans une vidéo, les skippers belges expliquent en pleurs qu’une de leur voile s’est déchirée parce qu’un avion s’est approché trop près de leur monocoque alors qu’ils naviguaient dans le golfe de Gascogne. « D’habitude, on garde nos émotions pour nous, mais là on ne peut plus. Notre spi [NDLR : la voile hissée à l’avant du bateau] est en lambeau, tout ça parce que quelqu’un, dans un avion privé, a voulu faire une belle photo de notre bateau. » « La rafale nous a fait partir au tas [NDLR : quand le voilier perd le contrôle de sa direction]. Le spi s’est retrouvé sous la quille et le voici en lambeaux. […] Sans spi médium, je ne sais pas comment on va rallier l’Espagne. C’est un désastre ! » poursuit son binôme, Jérôme Délire. « Avec la force du souffle, le bateau s’est couché instantanément, en une demi-seconde », a raconté ce jeudi dans un contact vidéo le skipper belge, selon qui l’avion a effectué trois passages au-dessus du voilier. « Nous ne l’avons pas vu arriver, ça va tellement vite, on l’a vu au dernier moment. Je ne suis pas un expert de l’aviation mais c’était un avion du style Falcon 50, un jet privé », affirme-t-il. L’avion n’a toujours pas été identifié. Il n’y aura de toute façon pas de suite, les deux skippers ayant affirmé, dans la foulée de l’événement, qu’ils n’avaient pas l’intention de déposer plainte.

Lire aussi: Accidents Aériens et Sports à Risque

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *