Le modélisme naval est une discipline fascinante qui conjugue patience, précision artisanale et connaissances techniques. Qu’il s’agisse de construire une réplique historique statique ou un modèle radiocommandé capable de naviguer sur l'eau, la réussite d'un projet repose sur la compréhension approfondie de chaque composant et des matériaux utilisés.
Les Matériaux : Choisir le bon bois pour chaque usage
La sélection du bois est la première étape cruciale pour garantir la durabilité et l’esthétique de votre maquette.
- Le tilleul : Bois tendre, blanc résistant, à fibres longues et veinures peu apparentes. Le tilleul se travaille facilement sans produire d’éclats, ce qui en fait un matériau de choix pour les structures de base.
- Le poirier : Bois de dureté moyenne, teinte brun clair à brun moyen et légèrement rougeâtre. Structure à fibres courtes, légèrement veinée. Le poirier se travaille facilement et il se prête bien à la sculpture, car il produit peu d’éclats.
- Le buis : Bois dur, jaunâtre, de structure fine, à faibles veinures, très résistant. Idéal pour le travail des parties de petite dimension et notamment pour les ouvrages sculptés, les poulies, les caps-de-mouton, les cosses et parties similaires, ainsi que pour les couples visibles, les bordages et autres revêtements.
- Le bois tendre (générique) : De teinte blanche, poreux, fragile. Facile à travailler, il est souvent utilisé pour des prototypes ou des structures internes.
- Le contre-plaqué : Formé de plusieurs feuillures de bois assemblées par collage perpendiculairement entre elles. On peut le scier, le percer, y planter des clous sans difficulté. Le contre-plaqué n’a pas une belle apparence, c’est pourquoi on ne l’utilisera que dans les parties de la construction non visibles de l’extérieur.
- Bois dur (autre) : De teinte allant du clair au brun gris, à fibres courtes, veines apparentes.
Accastillage : L’âme du navire
C’est dans les détails que se joue la différence entre une simple maquette et une œuvre d’art. L’accastillage regroupe toutes les pièces qui permettent au navire de fonctionner, de manœuvrer et de communiquer.
- Le gréement et les manœuvres : Le cordage sert à amarrer un bateau à quai, à un autre bateau ou à un coffre. Les haubans, les galhaubans et les étais sont tous raidis avec des caps-de-mouton. Au Moyen-Âge, il existait déjà des moques qui étaient assez voisines des caps-de-mouton. Jusque vers 1800, elles empruntèrent la forme d’un cœur, puis elles devinrent rondes pour la plupart.
- Les pièces de pont : La borne est un court poteau ou tête d’épontille dressée sur le pont d’un bateau, sur laquelle on tourne les amarres. Les bittes de mâts étaient installées au pied du grand mât, du mât de misaine et plus rarement du mât d’artimon. Les écubiers, conduits traversant une partie de la coque près de l’étrave, servent au passage des chaînes de mouillage.
- Les systèmes de force : Le cabestan est un gros treuil à axe de rotation vertical. Le cabestan se composait d’un axe dénommé mèche ou arbre, autour duquel s’appliquaient des membrures, appelées taquets, qui devaient éviter le dérapage du cordage. Le guindeau, quant à lui, est utilisé sur les petits bâtiments et se compose d’un tambour de section hexagonale.
- La navigation : Le gouvernail est l’instrument accessoire de navigation le plus important. La barre est la pièce de bois ou de métal de forme allongée, faisant partie du gouvernail et servant à commander le safran. Le tangon est un espar monté à peu près perpendiculairement au mât, permettant d’écarter au vent le point d’amure d’un foc ou d’un spinnaker.
- Éléments historiques et décoratifs : Le bateau était personnifié par la figure de proue, et par sa cloche qui en était la voix. Pendant longtemps, la cloche de bord fut décorée avec un soin particulier. Les sabords s’encastraient dans la muraille du bateau par une ouverture quadrangulaire, formant le cadre du sabord. Ils étaient fermés par des mantelets.
Motorisation et radiocommande : La vie en mouvement
Pour ceux qui souhaitent faire naviguer leurs maquettes, le passage à la radiocommande (RC) demande une rigueur digne d'un électrotechnicien.
- Les principes de la motorisation : Avant de procéder à l’installation du moteur électrique, bouchez toutes les aérations. Démontez l’arbre d’hélice du tube d’étambot pour le nettoyer et le graisser. Pour raccorder le moteur à l’arbre d’hélice, il faut réaliser un support moteur en prenant soin de l’incliner dans le même angle que le tube d’étambot.
- Thermique ou électrique : Le bateau RC électrique avec un moteur brushless navigue à une vitesse de 45 à 80 km/h, tandis qu'un moteur thermique navigue de 25 à 40 km/h. Pour les modèles de petite taille, le moteur électrique est préférable. Les moteurs "brushed" produisent des parasites et nécessitent un antiparasitage à l'aide de condensateurs.
- La radio-commande : L’utilisation de la fréquence 2,4Ghz est recommandée car elle supprime toute possibilité d’interférence. L’émetteur envoie les ordres, le récepteur les reçoit et les transmet aux asservissements (servos).
- Servo-moteurs : On distingue le servo à bras, idéal pour la direction, et le servo-treuil, qui enroule ou déroule un filin pour manœuvrer les voiles.
La construction d’une coque RC
Le moulage d'une coque est une opération minutieuse. Elle consiste à utiliser des bandes de tissus et de la résine. Il faut déposer les bandes de tissus pour qu’elles s’imprègnent de la résine appliquée au pinceau ou au rouleau dans le moule. L’utilisation d’un débulleur est nécessaire pour chasser les bulles d’air. Le moule doit sécher toute la nuit avant de procéder au démoulage.
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