À seulement 17 ans, le Singapourien Max Maeder s'est déjà forgé un curriculum vitae étincelant dans le monde exigeant du kitefoil. En tant que double champion du monde et médaillé de bronze, il incarne l'esprit de "Trust Your Spark", et DBS est fier de compter Max comme son ambassadeur de marque. Ce jeune athlète, dont le kitefoiling fait ses débuts olympiques aux Jeux de Paris 2024, est une figure emblématique de la discipline. Dans une interview exclusive accordée à Olympics.com, Maeder exprime sa profonde gratitude d'avoir simplement l'opportunité de concourir aux Jeux. Son ascension fulgurante et sa philosophie unique en font un sujet d'admiration et d'étude, démontrant comment une passion précoce peut se transformer en une quête de maîtrise et d'excellence.
L'Ascension Fulgurante d'un Champion Précoce
Max Maeder, une sensation singapourienne du kitefoil, est déjà double champion du monde alors que la discipline s'apprête à faire son entrée olympique aux Jeux de Paris 2024. Né à Singapour en 2006, il a rapidement gravi les échelons pour s'imposer comme une force dominante. En mai, Maeder a remporté son deuxième championnat du monde consécutif, s'imposant face au numéro 1 mondial Riccardo Pianosi (ITA) pour décrocher l'or à Hyères, en France. Ce titre prestigieux a été accueilli avec une satisfaction égale à celle de son premier sacre mondial. Lors d'une interview avec le diffuseur de l'événement après la course, il a partagé son ressenti : "(Ça fait) tout aussi percutant que le premier (titre mondial)."
Sa domination est telle qu'un groupe de concurrents, lors de la Semaine olympique française de Hyères en avril, le décrivait avec un mélange d'admiration et de fatalisme. En observant les finalistes partir au large, l'un d'eux déclarait en riant : "Max va partir devant, il va gagner nettement, il va revenir à la plage en souriant et il va dire que c'était difficile, que ça ne s'est pas joué à grand-chose et qu'il a eu de la chance." Les choses se sont effectivement déroulées à peu près comme cela, et Maeder a ajouté la prestigieuse "SOF" à son copieux palmarès, lui qui est déjà champion d'Asie et double champion du monde alors qu'il n'a pas encore 18 ans. Derrière le charme et la politesse de l'adolescent se cache un compétiteur acharné qui donne le meilleur de lui-même. C'est cette combinaison de talent naturel, de travail acharné et d'une mentalité hors du commun qui lui a valu ce surnom de "imbattable" par certains. Pourtant, Maeder lui-même nuance cette perception, préférant souligner l'étroitesse des écarts et la constante menace de ses rivaux.
Racines et Découverte d'une Passion pour le Glissade
Max Maeder est né à Singapour d'une mère singapourienne et d'un père suisse, une dualité qui a marqué son parcours dès son plus jeune âge. Enfant, il a passé l'essentiel de sa vie entre Singapour, la Suisse en hiver et l'Indonésie, où sa famille a le privilège de diriger un hôtel et un centre de plongée sous-marine. Cette enfance nomade a fait de lui un citoyen du monde, "n'ayant pas vraiment de maison", et l'a habitué aux voyages constants. C'est en Indonésie que son père lui a fait découvrir le kitesurf à l'âge de six ans, une expérience fondatrice qui a rapidement évolué vers le kitefoil peu de temps après.
L'attrait initial pour ce sport, comme le révèle Maeder, était simple mais profond : "Quand j'ai commencé, c'était la sensation de glisser à la surface de l'eau." Cette expérience pure de la glisse s'est transformée en une passion dévorante et, ce qui semblait au début un rêve impossible, est devenu réalité : être champion du monde. Maeder est ce que l'on appelle un "foil native" : son premier cerf-volant à 6 ans était un cerf-volant à foil FLYSURFER, et dès l'âge de 11 ans, il participait déjà à sa première course professionnelle d'hydrofoil. Il est aussi à l'aise sur les îles tropicales que dans les montagnes enneigées et les villes d'Asie, une polyvalence qui témoigne de son environnement de vie unique. Son engagement à atteindre le sommet du sport de course de kite l'a amené à construire sa vie et son ééducation autour de cette ambition.
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Une Approche Unique de l'Éducation et de la Préparation Athlétique
L'itinéraire de Max Maeder se distingue non seulement par ses performances sportives, mais aussi par un choix éducatif singulier. Ses parents ont opté pour une éducation personnalisée, non traditionnelle. "Nous avons décidé de ne pas scolariser nos enfants", a expliqué Hwee Keng Maeder, la mère du jeune champion. Ce fut, selon elle, "le premier pas vers la possibilité d'avoir ce privilège de s'entraîner tout le temps." Cette décision audacieuse a permis à Max de dédier un temps considérable à sa passion, façonnant ainsi son emploi du temps autour des exigences de l'entraînement et de la compétition.
Max lui-même reconnaît les bénéfices de cette voie : "Je pense que cela m'a aidé de ne pas avoir une éducation traditionnelle." Cependant, cette liberté n'était pas synonyme d'oisiveté. Son père avait une exigence claire : "Il m'a dit 'si tu veux faire ce sport de façon professionnelle, avec les moyens que cela implique, tu vas devoir apprendre et faire ton éducation par toi-même'." La suite de son parcours a donc été marquée par l'indépendance, avec des voyages en solo dès l'âge de 13 ans, des parties d'échecs, et de longues séances d'entraînement. Maeder est fluent en chinois, anglais et allemand, et il adore la science et la philosophie. Il parle couramment l'anglais, l'allemand et le mandarin, et se débrouille en français et en croate, une polyglottie qui témoigne de son ouverture d'esprit et de sa capacité d'apprentissage autodidacte.
Sa préparation va bien au-delà de l'apprentissage linguistique. Le Singapourien s'entraîne notamment en Croatie, où il travaille avec Martin Dolenc, l'un de ses principaux rivaux. Ce type de collaboration, même entre concurrents, met en lumière son approche de la discipline et sa volonté constante de progresser. La précision, la pression et la passion alimentent sa quête d'excellence sur l'eau, comme le met en évidence son podcast "Game On!". Chaque épisode de cette série permet d'avoir un aperçu personnel du monde intense de la préparation pré-compétition de la sensation singapourienne du kitefoil et ambassadeur de la marque DBS. Du entraînement physique épuisant et du réglage méticuleux de l'équipement au conditionnement mental ultra-précis et à la récupération stratégique, chaque épisode plonge sous la surface pour révéler les facteurs essentiels à sa réussite.
La Philosophie d'un Champion : Pression, Privilège et Humilité
Malgré son jeune âge, Max Maeder parle avec une sagesse peu commune. Sa compréhension de la pression et de la performance est notable. "Je me mets beaucoup de pression," ajoute-t-il. "Si je ne réussis pas, je sais que je vais bouder. L'idée est donc de ne pas laisser cela arriver." Il considère cette pression non pas comme un fardeau, mais comme une force motrice, affirmant qu'il existe "de bonnes façons de gérer et d'utiliser la pression que l'on se met soi-même d'une bonne manière." Cette philosophie l'a aidé à triompher sur la scène continentale et mondiale pendant plusieurs années, et elle sera de nouveau mise à l'épreuve à Paris 2024.
Le succès de Maeder ne repose pas uniquement sur son talent et son travail, mais aussi sur un système de soutien inestimable. "Oui, j'ai travaillé, mais beaucoup d'autres aussi", reconnaît-il avec humilité. "Et je suppose que ce n'est que la base pour atteindre un certain niveau. Tout le monde a la discipline et la capacité de consacrer du temps et des efforts." Il souligne l'importance du soutien qu'il a reçu : "En tant qu'athlète à Singapour, on ne peut pas faire mieux en termes de soutien que ce que j'ai reçu du Singapore Sports Institute. Ils m'ont offert une plateforme stable pour m'entraîner et concourir." Il insiste cependant sur le fait que ce soutien n'est pas un acquis : "avant que tout ce soutien n'arrive, mes parents avaient la capacité de m'envoyer m'entraîner et concourir, ce qui n'est pas non plus un acquis."
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Pour Maeder, l'effort personnel, bien que significatif, pâlit face à la qualité du soutien qu'il a reçu. "À mon avis, l'effort que je fournis est insignifiant comparé à la qualité du soutien que j'ai reçu, c'est pourquoi je me sens si chanceux et si privilégié." Ce sentiment de privilège est un thème récurrent dans ses discours. Après sa victoire à Hyères, le très polyglotte Maeder est venu expliquer son étonnant parcours, lors d'une discussion où le mot "privilégié" est revenu très souvent. Cette reconnaissance de l'aide extérieure le pousse à ne pas craindre l'échec mais plutôt à embrasser la responsabilité qui accompagne sa position. "Mais je ne pense pas avoir le droit de craindre quoi que ce soit en raison de la position dans laquelle je me trouve."
Au-delà des médailles, Max Maeder porte une fierté profonde en représentant sa nation. "Vous ressentez une certaine fierté en allant aux Jeux olympiques, parce que vous êtes, en quelque sorte, le visage de votre nation. Vous êtes un représentant de votre culture." La responsabilité et la fierté qu'il ressent, avec les mots "Singapore Sailing" sur son maillot, sont un honneur. "Bien sûr, j'aimerais bien réussir, et je serais déçu si ce n'était pas le cas." Cependant, il garde les pieds sur terre concernant sa supposée avance sur les autres compétiteurs. Ariane Imbert, l'entraîneuse du Français Axel Mazella, un autre de ses concurrents, explique : "Clairement, il va un peu plus vite que les autres. On travaille là-dessus, mais c'est dur d'aller le chercher." Maeder répond avec humilité : "J'ai commencé ce sport très tôt, ça a été une chance. Je progressais au fur et à mesure et j'ai peut-être pu garder cette marge sur la vague de ceux qui ont ensuite commencé à s'améliorer. Mais je ne suis pas à ce point en avance sur les autres, voire pas du tout. En tous cas, je ne le crois pas. C'est très serré, ils sont juste là. Il suffit que je fasse une toute petite erreur et ils seront là." Cette lucidité face à la compétition est une marque de sa maturité.
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