La conception et la réalisation du gréement d'un voilier radiocommandé (RC) représentent un défi technique majeur pour tout modéliste. Le mât est l'épine dorsale de la propulsion ; il doit concilier légèreté, rigidité et résistance pour supporter les efforts dynamiques du vent. Qu'il s'agisse d'une maquette de bateau d'époque ou d'un voilier de classe M, la réflexion doit porter sur le matériau, la géométrie et les systèmes de réglages.
Rôles et contraintes du mât
Le mât est un élément fondamental du voilier. Il assure la stabilité du bateau lorsque les voiles sont levées et que le vent souffle. Il constitue également un point d'équilibre lors des manœuvres et empêche le gîte. Entre la force du vent, les voiles, les cordages et le bateau lui-même, il est soumis à une forte pression.
Le facteur le plus important d'un mât est sans aucun doute le matériau dont il est fait. Il doit s'agir d'un matériau solide qui ne se brisera pas en plein milieu de la navigation. Il doit également être rigide et empêcher le flambage pour maintenir l'étai stable. Pour rendre le mât plus aérodynamique, il est préférable qu'il soit ovale, une forme qui renforce le diamètre et augmente la résistance au vent.
Gréements et accessoires : les éléments clés
Le contrôle de la voilure dépend directement des accessoires fixés au mât :
- Pataras : Il retient la tête du mât en l'empêchant d'aller vers l'avant. La tension est réglable grâce à un mécanisme qui le maintient tendu vers l'arrière.
- Étai : Câble sur lequel vient se gréer (mettre en place, installer) le génois. Celui-ci empêche le mât de basculer vers l'arrière.
- Bastaques : Gréées sur des voiliers équipés d'un gréement fractionné, leur point d'ancrage se situe au niveau de l'étai afin de raidir celui-ci. La bastaque au vent est complètement tendue au moyen d'un palan et d'un winch afin de pouvoir prendre la tension au maximum, tandis que la bastaque sous le vent est complètement choquée (lâchée).
- Barres de flèches latérales : Utilisées lorsque le mât est équipé de bastaques ; le mât est souvent plus fin et entièrement réglable en dynamique.
Dans le cas des maquettes de navires anciens, on utilise des tréteaux : deux solides barres de bois fixées horizontalement à l'avant et à l'arrière de chaque côté de la tête de mât inférieure, pour soutenir le mât supérieur, les traverses inférieures et le sommet du mât. Pour un navire à deux mâts, à partir de la proue, on parle de mât avant et de mât principal. Pour un navire à trois mâts, en partant de la proue, ils sont appelés mât de misaine, mât principal et mât d'artimon. Reportez-vous aux plans de votre kit pour déterminer la taille et la longueur des chevilles pour chaque chantier. La bôme et la gaffe sont souvent effilées à une seule extrémité et fixées au mât par un étrier.
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Stratégies de construction pour la Classe M
En classe M, deux grandes familles s'affrontent : le balestron et le gréement classique.
Le choix du balestron est souvent privilégié pour la facilité de virement et la rapidité de changement de voile entre deux manches. Cependant, c'est sportif, surtout dans les surventes, car le bateau a tendance à "planter" si l'on ne maîtrise pas le réglage du treuil pour déventer.
Pour les gréements classiques, la jauge impose des règles précises : maximum 2,16 m au-dessus du pont, avec un ratio foc/GV supérieur à 20 % (généralement 38 %). Pour les diamètres des tubes, tout dépend du haubanage. Si vous n'utilisez pas de haubans, privilégiez des tubes à haute résistance (HR) en 12-10-8 mm. Si vous utilisez des haubans, le 12-10-8 mm suffit. Le montage se fait par manchonnage sur 5 cm au minimum, avec collage, perçage et ajout d'un jonc collé.
Méthode de fabrication d'une gorge de mât ronde
Il est possible de réaliser une gorge de mât ronde sans fraiseuse. Cette méthode permet d'obtenir un intérieur parfaitement cylindrique pour que le guindant de la voile coulisse de manière optimale :
- Définir la longueur et la largeur du mât, puis le couper en deux longueurs identiques.
- À l'aide d'une scie circulaire d'établi, réaliser une gorge sur les deux morceaux.
- Assembler les deux morceaux en insérant un tube d'aluminium ou de plastique à l'intérieur. L'utilisation de colles polyuréthane (PPU) expansives est recommandée pour remplir les vides entre le tube et le bois.
- Une fois l'ensemble sec, réaliser une fente à la scie avec une lame de 1 mm en coupant le bois et l'aluminium.
Pour les mâts ronds de type aurique, il est fréquent d'utiliser du touron en sapin de différents diamètres, disponible dans le commerce. Pour affiner les extrémités, une ponceuse à bande fixée dans l'étau permet d'obtenir une conicité régulière.
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