Masques de Snorkeling, Coronavirus : Innovations, Risques et Directives de Protection Sanitaire

La période de crise sanitaire a mis en lumière une remarquable capacité d'adaptation et d'innovation, notamment dans le domaine des équipements de protection individuelle. Face à la pandémie de COVID-19, des solutions inattendues ont émergé, mobilisant divers acteurs, des "makers" aux institutions médicales et industrielles. L'un des exemples les plus frappants est la transformation rapide de masques de snorkeling intégraux, initialement conçus pour les fonds marins, en dispositifs de protection essentiels pour le personnel soignant, tout en soulevant des questions cruciales sur leur conception et les directives sanitaires générales.

L'Innovation Frugale Face à la Crise : La Transformation des Masques de Snorkeling pour les Soignants

La crise sanitaire a provoqué un élan d'inventivité, particulièrement visible au sein du mouvement Maker. Ce mouvement, fruit de la convergence entre la culture numérique du logiciel libre (open source) et des savoir-faire artisanaux plus traditionnels, se diffuse à l’échelle de la planète depuis une dizaine d’années. Le but des makers est de faire émerger, à partir d'objets élémentaires, des solutions inattendues, simples, pratiques et bon marché pour répondre à des enjeux écologiques ou économiques concrets. Dans cette situation de crise sanitaire, les makers se sont rapidement demandé quel rôle ils pouvaient jouer et comment ils pouvaient mettre à profit leurs connaissances et leurs savoir-faire.

L'histoire de la transformation du masque de snorkeling intégral en équipement de protection pour les soignants illustre parfaitement cette dynamique. Tout a commencé lorsque Manu Prakash, déjà connu pour son Foldscope (un microscope optique en papier, disponible pour moins d’un dollar, permettant de grossir jusqu’à 2000 fois, créé en 2012), a envoyé une photo de lui portant ce masque de plongée intégral, se demandant si l'on ne pouvait pas en faire quelque chose. Au même moment, les Italiens, confrontés à la pénurie de respirateurs dans les hôpitaux lombards, adaptaient déjà ce type de masque pour ventiler les patients en réanimation. L'entreprise Isinnova, spécialisée dans l’impression 3D, a ainsi proposé d’adapter le modèle Easybreath de Decathlon pour pallier cette pénurie. Cette idée, née au cœur de la Lombardie industrielle, région alors la plus touchée par la pandémie, a vu un médecin de Brescia, Renato Favero, se mettre en rapport avec Isinnova, qui s'était déjà signalée en produisant en urgence des valves pour appareils respiratoires. Le projet était plus ambitieux encore : il s’agissait d’adapter le masque de randonnée aquatique (snorkeling) Easybreath, commercialisé par Decathlon, pour en faire un appareil de fortune, palliant ainsi la pénurie générale de respirateurs. Conçue par les équipes de l’enseigne de distribution d’équipements sportifs à Hendaye, cette innovation permet de respirer dans le masque par le nez et la bouche. Cet article, vendu à moins de 30 euros, avait pour enjeu de sauver des vies.

En France, l'idée a pris forme entre San Francisco, le Finistère et Paris, bénéficiant des liens de longue date entre les initiateurs du projet. Colomban de Vargas, directeur d’Unité au CNRS et océanographe à la Station biologique de Roscoff, a souligné que l'idée de ce projet était de développer une océanographie frugale à l’aide de petits instruments scientifiques robustes et bon marché pour mesurer la vie dans les eaux des océans planétaires en mobilisant les citoyens des mers. Il se connaissait avec Thibaut Pollina, ingénieur en microscopie dans l’équipe de Manu Prakash, pour avoir mis au point les instruments d'une nouvelle Océanographie 3.0, frugale et participative, sur le pont arrière de Tara, au large de la Californie, en juillet 2018. Très rapidement, ils ont décidé de basculer toute leur énergie sur la conversion du masque EasyBreath qui, contrairement à ses nombreuses variations américaines, est standardisé.

Ils ont mobilisé chacun de leur côté des acteurs de leurs réseaux : côté breton, Thibaut Pollina a pris contact avec David Le Guen et Yves Quéré, makers finistériens, qui ont recruté le professeur Erwan L’her, chef du service de réanimation du CHRU de Brest. Colomban de Vargas, de son côté, a engagé l’entreprise Decathlon, qui leur a livré les plans du masque EasyBreath et leur a ouvert les portes du magasin de Brest. Il a aussi contacté Romain Troublé à Paris, directeur de la Fondation Tara Océan, qui s’est adressé, lui, au directeur général de l’entreprise Bic, François Clement-Grancourt. L’objectif était de réunir et de mobiliser à une échelle très réduite les acteurs nécessaires à l’accomplissement du projet.

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La collaboration a été fulgurante. Tous les soirs et pendant deux semaines, ils ont échangé sur des plateformes de communication collaborative. Colomban de Vargas a insisté sur l'étonnante rapidité des résultats : « Nous avons tous été stupéfaits par la rapidité par laquelle nous avons abouti aux premiers résultats. Ce management horizontal et ouvert, décloisonnant les mondes des makers, du médical et de l’industrie, nous a permis d’être extrêmement agiles. » De fait, il ne s'est écoulé que quinze jours entre les premiers plans 3D de l’adaptateur et la création par Bic du moule en aluminium permettant sa production industrielle. Thibaut Pollina a ajouté : « Dans l’usine de Redon en Bretagne, l’entreprise a coupé une de leur ligne de production de briquets pour préparer les moules. En 9 jours, ils ont relevé le challenge. » Pour ce projet inédit, toutes les étapes ont dû être menées de front.

L'ingénieur a indiqué : « On est parti de la sortie du tuba pour créer cet adaptateur standard. Il permet désormais de brancher et de fixer des objets, dont les filtres antibactériens et antiviraux déjà existants dans le milieu médical. » Cette initiative s'est constituée pour transformer en un temps record un masque de snorkeling intégral en masque de protection pour les soignants. Des fonds marins aux hôpitaux, il ne leur aura fallu que 17 jours. À ce jour, des milliers d’adaptateurs sont produits chaque jour à l’usine de Redon et sont livrés aux hôpitaux déjà équipés des masques offerts par Decathlon. De plus, près de 4 000 masques transformés seront distribués dans les centres hospitaliers de France qui en ont besoin. À destination exclusive des professionnels de réanimation qui disposent des moyens de décontamination et stérilisation, ce masque intégral, tout-en-un, réutilisable à volonté, leur permettra de combiner lunettes, visière et masque FFP2 qui venaient à manquer depuis quelques semaines. Colomban de Vargas a conclu sur les perspectives : « Nous commençons tout juste à fournir les hôpitaux qui le demandent sur la base d’un formulaire en ligne. Nous envisageons aussi de déployer ce dispositif, dans l’hémisphère Sud, où la pandémie démarre quelques semaines après l’Europe ou les États-Unis, avec l’hiver en ligne de mire. S’il y a une deuxième vague, nous serons prêts. »

Masques de Snorkeling Intégraux : Conception, Sécurité et Réinhalation du CO₂

L'utilisation de masques de snorkeling intégraux, qu'ils soient adaptés à des fins médicales ou pour leur usage récréatif initial, a souvent été sujette à controverse. Des gros titres sur de prétendus dangers, l'accumulation de CO₂ ou des problèmes respiratoires suscitent régulièrement l'inquiétude. La question décisive n'est donc pas de savoir si les masques de snorkeling intégraux sont dangereux en soi, mais plutôt de distinguer les conceptions sûres des autres. Les masques de snorkeling intégraux sont conçus pour le snorkeling à la surface de l'eau.

Le défi technique central des masques de snorkeling intégraux est la réinhalation du CO₂, aussi appelée respiration pendulaire. Cette problématique est liée à la conception du masque, et non à sa simple utilisation. Ce qui est décisif, ce n'est pas le design extérieur, mais la circulation de l'air intérieure. Avec le succès commercial de ces masques, de nombreux fabricants, en particulier d'Asie, se sont lancés sur le marché sans savoir-faire technique suffisant, menant à des conceptions potentiellement dangereuses. Les masques de snorkeling intégraux sont critiqués depuis des années pour ces raisons.

Un critère de sécurité central est le test selon des normes reconnues. Les différences entre les masques de snorkeling intégraux mal conçus et techniquement propres sont considérables. Des affirmations générales comme « les masques intégraux sont dangereux » sont trop simplistes. Par exemple, le Khroom Seaview Pro Plus dispose d'un système d'équilibrage de la pression intégré avec clapets nasaux, se distinguant comme le seul masque de snorkeling intégral sur le marché à proposer cette caractéristique. Qui tient compte de ces critères peut faire du snorkeling en toute sécurité et de manière détendue avec un masque de snorkeling intégral. Cette même vigilance sur la conception est d'autant plus cruciale lorsqu'il s'agit d'adapter ces masques pour un usage médical, où la sécurité respiratoire est d'une importance vitale.

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Le Rôle Crucial du Masque dans la Prévention de la COVID-19 : Recommandations Générales et Types de Masques

Au-delà des innovations spécifiques, le port du masque, à juste titre, est au cœur des préoccupations mondiales pour freiner la propagation de la COVID-19. Les connaissances et recommandations évoluent rapidement. L'efficacité du masque est confirmée par de récentes études, à commencer par celle d’une équipe canadienne diligentée par l’OMS, dont les conclusions ont été publiées au début du mois par la revue The Lancet. Les chercheurs notent également que la distanciation sociale réduit le risque d’infection, lequel chute de 12,8% à 2,6% selon que l’on se trouve à plus ou moins un mètre d’une personne atteinte de COVID-19. Pour établir ses nouvelles directives sur le port du masque, l'OMS a évalué l’ensemble des preuves disponibles, y compris ce type d’analyses systématiques approfondies.

L’agence sanitaire de l’ONU a actualisé ses orientations provisoires publiées le 6 avril en tenant compte de l’utilisation réelle du masque dans certains pays. L’évolution de la pandémie de COVID-19 s‘accompagne d’avancées dans la connaissance de la maladie et des moyens de s’en prémunir. La publication de ces nouvelles recommandations intervient au moment où le nombre des contaminations atteint des niveaux records, singulièrement dans les Amériques et en Asie du Sud. « Nous encourageons toutes les personnes qui manifestent dans le monde à le faire en toute sécurité », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, lors d’un point de presse virtuel.

Là où la transmission est généralisée, l’institution onusienne recommande désormais le port du masque « à toutes les personnes qui travaillent dans les secteurs des établissements de santé où des soins sont prodigués ». Si la région où ils opèrent est considérée comme une zone de transmission communautaire, l’OMS conseille aux agents de santé de porter en permanence un masque médical durant leur temps de travail, sauf quand ils se restaurent. De même, dans les situations où la distanciation physique n'est pas possible, l’agence recommande que les personnes âgées de 60 ans ou plus ou celles qui souffrent de pathologies préexistantes portent un masque médical. Les masques médicaux, ou « chirurgicaux », doivent être disponibles en priorité pour les soignants, souligne l’agence. La composition de ces masques médicaux répond, en revanche, à des normes reconnues, ce qui n’est pas nécessairement le cas des masques non médicaux, ou « en tissu », achetés dans le commerce ou fabriqués artisanalement.

Afin d’y voir plus clair sur l’efficacité des masques en tissu, dont il existe de multiples modèles, l’OMS s’est appuyée, dans le cadre de sa feuille de route de recherche et développement, sur les études menées par une équipe interdisciplinaire de l’Université de Stanford. Celui-ci, énonce l’OMS, doit comprendre une couche intérieure de matériau absorbant, tel que du coton, une couche intermédiaire de matériau non tissé, tel que du polypropylène, et une couche extérieure de matériau non absorbant, tel que du polyester ou un mélange de polyester. Les nouvelles directives précisent comment laver et entretenir un masque en tissu. Elles énumèrent également les précautions d’usage à prendre pour porter en toute sécurité une protection faciale, qu’elle soit médicale ou non. S’agissant des écrans faciaux, utilisés comme protection oculaire - en plus des masques médicaux - dans les établissements de santé, l’OMS constate qu’ils ne peuvent être considérés comme une barrière totalement efficace contre la propagation des gouttelettes respiratoires.

Le masque chirurgical est un dispositif médical couvrant la bouche, le nez et le menton, composé d’un filtre pour limiter la diffusion de microbes par voie aérienne. Il est utile si on est soi-même malade. Porter un masque permet d’éviter de diffuser le virus par voie aérienne. À NOTER : Les consignes de prévention du port du masque chirurgical peuvent être évaluées au cas par cas par votre médecin, selon votre situation. En cas de prescription d’un masque chirurgical par votre médecin, il est conseillé de se renseigner auprès de la pharmacie la plus proche au sujet des stocks disponibles, et de ne pas hésiter à multiplier les appels dans les pharmacies environnantes, certaines pouvant actuellement faire l’objet de rupture de stocks. En raison de l’humidité provoquée par la respiration, l’efficacité des masques chirurgicaux n’est garantie que 3 à 4 heures.

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Les masques FFP, signifiant « filtering face piece » ou « pièce faciale filtrante », sont quant à eux réservés aux professionnels qui prennent en charge et qui ont un contact direct et prolongé avec les personnes infectées. Concernant les masques FFP2, leur durée de protection varie entre 3 et 8 heures. Les changer régulièrement est donc indispensable.

Plus largement, l'utilisation de masques s’inscrit dans un ensemble complet de mesures de prévention et de contrôle des infections (PCI) susceptibles de limiter la propagation de certaines maladies virales respiratoires, dont la COVID-19. « Je ne saurais être plus clair : à lui seul, le masque ne protège pas de la COVID-19 », a insisté le Directeur général de l’OMS lors de la présentation de ces orientations actualisées. « Le masque ne remplace pas la distanciation physique, l’hygiène des mains et les autres mesures de santé publique. » Les équipements de protection individuelle (EPI), à commencer par les masques médicaux, n’en demeurent pas moins un rempart essentiel face au virus, notamment pour les professionnels de santé en première ligne. C’est pourquoi l’OMS maintient son effort d’approvisionnement en EPI partout dans le monde.

La COVID-19 peut se propager de différentes façons. La plupart du temps, elle se propage lorsque des gens sont en contact étroit avec des personnes infectées par le virus. Ces particules peuvent atterrir sur une autre personne, sur le sol ou sur des surfaces avoisinantes. Les personnes qui ont la COVID-19 peuvent transmettre le virus aux animaux lors de contacts étroits. À l'heure actuelle, rien n'indique que les aliments sont une source de transmission de la COVID-19. La vaccination est l'un des principaux moyens de se protéger contre les complications graves de la COVID-19. Il est important de garder sa vaccination à jour. Les mesures de protection individuelle sont des gestes efficaces que l'on peut poser tous les jours pour contribuer à la réduction du risque d'infection par la COVID-19 et de transmission de cette maladie.

Il est crucial de se tenir au courant de l'activité de la COVID-19 dans sa région. La COVID-19 continuera de se propager à différents degrés dans nos collectivités, et il y aura encore des éclosions. Nous savons que la COVID-19 se transmet le plus souvent quand les gens ont des contacts étroits avec des personnes infectées, surtout à l'intérieur. Des mesures de prévention de la transmission de la maladie peuvent être en place dans certains milieux à haut risque. Les recommandations peuvent varier selon le lieu public. Si l'on est une personne présentant un risque élevé, il est encore plus important de réduire son risque d'infection par le virus. De façon générale, il est important de consulter un professionnel de la santé ou de se rendre dans une clinique santé-voyage, de préférence environ 6 semaines avant un voyage, pour obtenir des conseils de santé personnalisés. Les personnes atteintes de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), de bronchite chronique et d’asthme sont plus à risque de complications de COVID-19 que la population générale. Fumer augmenterait également de 50% le risque de présenter une forme sévère du coronavirus. Les consignes de prévention à ce sujet sont réévaluées en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique et des recommandations de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) et du ministère des Solidarités et de la Santé.

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