Le Martin-Pêcheur d'Europe (Alcedo atthis), espèce type de la famille des Alcedinidae, s'impose comme une figure emblématique de nos écosystèmes aquatiques. Ce prédateur redoutable est connu pour sa rapidité lors de ses parties de chasse. Pouvant voler jusqu'à 45 km/h, et atteignant parfois 80 km/h en pointe, il file telle une flèche pour attraper sa nourriture. Le Martin-pêcheur d'Europe bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire. Il est donc interdit de le détruire, le mutiler, le capturer ou l'enlever, de le perturber intentionnellement ou de le naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids, et de détruire, altérer ou dégrader son milieu.
Morphologie et Adaptations Physiologiques
Le Martin-pêcheur mesure environ 16 cm, pour une envergure de 25 à 28 cm et un poids de 30 à 44 grammes. Sa silhouette typique est aisément reconnaissable, avec son corps compact, sa queue et ses pattes réduites, sa grosse tête posée sur un cou très court et prolongé par un solide bec pointu. Le dessus de sa tête, ainsi que son dos et sa queue sont bleu-vert, foncé ou brillant selon les endroits. Ses joues, comme sa poitrine et son ventre, sont roux-orangé vif. Ses pattes sont rouges. Le bec du mâle est entièrement noir tandis que les deux tiers de la mandibule inférieure sont rose chez la femelle. Les jeunes arborent un plumage plus terne.
La rétine du martin-pêcheur est équipée de deux fovéas, ces zones ultrasensibles qui n’existent qu’en un exemplaire dans chacun de nos yeux. L’une d’entre elles est surtout utilisée pour repérer les proies. Puis, par un infime mouvement de tête, le martin-pêcheur focalise l’image sur la seconde fovéa située dans son champ de vision binoculaire. Il parvient ainsi à calculer précisément la position et la distance de sa cible. De plus, les cellules sensibles de sa rétine sont gorgées de gouttelettes d’huile pigmentée qui améliorent la perception des contrastes.
Mécanique du Vol et Aérodynamique
L'aérodynamique désigne la science s’intéressant à la compréhension et l'analyse des écoulements d'air autour d'un corps. Le Martin-pêcheur est un exemple fascinant d'adaptation : un corps très aérodynamique offre très peu de résistance à l'air. L'hydrodynamique de l'oiseau se traduit par un corps compact et des pattes de petite taille. Les ailes courtes assurent un meilleur appui sur l'eau. L'imperméabilité du plumage et l'isolation thermique sont garanties par des plumes courtes et denses.
C'est le principe de la super-hydrophobie, un phénomène physique de super-glissement entre un liquide et une surface solide, qui permet à l'oiseau de pénétrer dans l'eau avec une efficacité redoutable. Lors de son entrée dans l'eau, l'onde de choc provoquée est vraiment infime ; son bec ne provoque aucune éclaboussure malgré sa vitesse élevée, ce qui prouve que son aérodynamique est tout à fait exceptionnelle.
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Stratégies de Chasse Technique
Le martin-pêcheur repère généralement sa proie depuis un perchoir. Il plonge ensuite en piquée et percute violemment la surface de l'eau. Ses yeux voient tout ou presque, mais à l’instant où il transperce la surface de l’eau, le martin-pêcheur les protège en fermant une paupière spéciale : la membrane nictitante. Impossible de corriger sa trajectoire au dernier moment, il faut anticiper et frapper juste. Voilà pourquoi c’est en eaux très peu profondes que l'oiseau est le plus performant.
Il est rare que le martin-pêcheur plonge à plus de 25 cm de profondeur. A peine a-t-il attrapé sa proie que son plumage gorgé d’air aspire l’oiseau vers le haut, facilitant sa remontée grâce à la poussée d'Archimède. S'il part d'un support trop proche de la surface, il doit d'abord s'éjecter vers le haut avant de se retourner pour plonger. Mais il peut aussi faire de longues séquences de vol stationnaire avant de plonger.
Régime Alimentaire et Comportement Alimentaire
Le Martin-pêcheur se nourrit principalement de petits poissons (quatre à sept cm) et de petits animaux aquatiques (insectes notonectes, crustacés gammares et batraciens). Il en consomme environ 20 grammes par jour, soit une dizaine de poissons. L'oiseau la saisit dans son bec puissant, ressort de l’eau puis l’emporte rapidement vers son perchoir, où il l’assomme en la frappant vigoureusement contre une branche.
L’une des caractéristiques les plus intéressantes du martin-pêcheur est sa technique de pêche pour l'ingestion. Lorsqu'il attrape un poisson, il l'avale tête la première, facilitant ainsi l'ingestion dans le sens des écailles. Après digestion, il rejette par la bouche une pelote de réjection constituée des arêtes des derniers poissons digérés. Lorsqu'il nourrit ses jeunes, il inverse cette méthode pour que la tête entre dans le bec des petits. L'adulte rentre alors dans le couloir de sa niche et sert celui des petits qui attend son tour dans un mouvement de « noria » bien régulé au fond de la cavité. En période de nourrissage, un adulte peut capturer jusqu'à 70 ou 80 poissons dans la journée.
Territorialité et Habitat
Très territorial et protecteur, le martin-pêcheur défend jalousement son secteur, consistant généralement en une portion de rivière d’environ un kilomètre de long. L'oiseau est un indicateur de la santé de l'écosystème aquatique. En s’attaquant aux poissons, il contribue à la biodiversité des cours d’eau en veillant à ce qu’aucune espèce ne prenne le dessus sur une autre.
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Le couple nicheur est généralement uni pendant toute la période de reproduction. Son habitat se situe alors dans les pentes escarpées et meubles, pentes dans lesquelles il est facile de creuser un terrier pour la nidification. Le mâle creuse un terrier, puis mâle et femelle se séduisent dans une parade amoureuse bruyante. Les premières pontes apparaissent dès le début de la seconde quinzaine de mars. Les jeunes demeurent ensuite au nid durant environ un mois avant leur envol. Quelques jours après leur premier envol, les jeunes sont instamment priés de quitter le territoire parental, car la tolérance des adultes à leur égard est d'autant plus brève qu'une autre nichée se prépare.
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