Le kitesurf ne se résume pas à une simple activité de loisir ; c’est une discipline qui a bouleversé le monde des sports de glisse en quelques décennies seulement. Entre avancées technologiques majeures, pionniers visionnaires et quête perpétuelle des meilleurs spots, ce sport a su transformer une intuition technique en une pratique universelle. Cette exploration nous mène des côtes bretonnes, berceau de l’innovation, jusqu’aux lagunes cristallines du Nordeste brésilien, terre d'élection pour les passionnés de vent et d'eau.
Les racines technologiques : l’invention bretonne
Dire que le kitesurf est une invention 100% bretonne serait un peu exagéré, car le kitesurf trouve ses racines au travers de courants distincts, mais on peut dire que l’inventeur de l’aile de kite est breton. En effet, le kite à boudins gonflables utilisé aujourd’hui, et qui a permis l’essor du kitesurf, a été imaginé et développé par Bruno et Dominique Legaignoux, des bretons originaires du Finistère sud.
Bruno et Dominique Legaignoux ont créé une aile de traction en 2 lignes, disposant d’une structure rigide gonflable, capable de redécoller de l’eau. Mais le breton ne connaît pas de succès commercial, avec son concept qu’il a baptisé le « WIPICAT ». Son aile est peut-être trop technique aux yeux du public, et l’impossibilité de border ou choquer limite les performances, et l’accessibilité de son aile. Toutefois, Legaignoux s’obstine, convaincu par le potentiel de sa trouvaille. On l’aperçoit naviguer dans les baies de Douarnenez, Audierne et de Concarneau, sur diverses embarcations.
C’est à la fin des années 1990 que l’invention de Legaignoux va susciter un intérêt plus important, lorsque des professionnels des sports de glisse utilisent son aile pour se propulser sur un surf. Manu Bertin a effectivement importé le concept de l’aile gonflable à Hawaï, berceau de la glisse et du windsurf. Laird Hamilton, une légende qui incarne à lui seul le monde de la glisse aquatique, s’essaye à ce nouveau sport, alors baptisé « Flysurf ». De son côté, alors qu’il est de plus en plus sollicité, Legaignoux continue de faire évoluer son concept, l’aile n’est effectivement pas très performante pour remonter au vent, et surtout la configuration en 2 lignes limite son utilisation.
Le rôle des pionniers : la pédagogie par l’expérimentation
Le Kitesurf est une création collective qui doit beaucoup à de nombreux passionnés. Parmi eux, Laurent Ness a été le premier à enseigner le kite au monde. Dès la fondation de Kite Inside en 2018, Laurent reprend son travail de recherche. Le projet est alors ambitieux: diminuer puis supprimer la phase de descente de vent en école dès les premières bords.
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Ma contribution au développement du kitesurf et du kitefoil commence en 1992 et continue aujourd’hui. En 1994, j’ouvre mon magasin de cerfs-volants Axel’Air. Parallèlement, je fabrique mes propres cerfs-volants deltas de traction et j’affine ma pratique sur l’eau du surf tracté que je baptise alors Skite. Un néologisme créé à partir de « Skurfer » et de « kite ». En 1995, j’avais alors réussi à formaliser la théorie de la remontée au vent. Je connaissais maintenant tous les facteurs nécessaires pour remonter au vent mais j’étais alors toujours trop isolé dans ma pratique.
Tout s’accélère début 1997 car la première série de 50 ailes Wipika est construite par Neil Pryde qui veut bien faire un essai pour Bruno Legaignoux. Il est dorénavant possible pour le grand public d’apprendre le kitesurf sans être obligé de rentrer à la nage dès le premier crash du cerf-volant. En 1997, j’ouvre donc la première école mondiale de Kitesurf au sein de mon magasin Axel’Air. Les premières planches de série n’étaient pas encore disponibles, il faut composer avec les prototypes que j’ai sous la main. Les autres écoles apparaitront les années suivantes et le kitesurf sera accueilli par la Fédération de Vol Libre (FFVL) en 1998.
Le tournant médiatique et le développement industriel
À partir de 1998, les médias s’entichent du Kitesurf baptisé « Flysurf » par Manu Bertin. Celui-ci pensait que le terme Kitesurf serait confondu par les français avec le sport « Sky surf » (surf en chute libre). En Bretagne, la marque hawaïenne Naish qui s’est lancée dans la commercialisation d’équipement de kitesurf, organise sa première « Naish Wave Party », dans le Finistère nord, à Santec, sur le spot du Dossen.
Cet évènement va marquer les esprits, Robby Naish a fait le déplacement avec un team de riders. Sur le site du Dossen, 25000 personnes feront le déplacement, la prestation des kitesurfers du team Naish va complètement occulter celle des windsurfers présents, incapables de rivaliser d’un point de vue spectaculaire dans de telles conditions. Après l’évènement, les ailes de kitesurf à bordé/choqué de la marque Naish deviennent très convoitées. De son côté, Bruno Legaignoux a créé sa propre marque d’équipement baptisée « Wipika ». La marque connaît également un succès grandissant, et se partage la part du marché avec son concurrent « Naish ». Entre les années 2000 et 2004, le kitesurf va connaître un incroyable essor, notamment en Bretagne, où des écoles d’apprentissage de la nouvelle discipline voient le jour.
Le Brésil : terre promise du Kitesurf contemporain
Le Brésil, c’est une véritable terre de Kitesurf ! Authentique localité du Cearà, que j’ai eu la chance de découvrir à fond pendant 3 semaines, au sein du JAGUARIBE KITE, la fameuse école de Kaëlig Ziarkowski, labellisée OLK (One Launch Kiteboarding) par son ami et confrère, Philippe Ancelin. Transformée aujourd’hui en une nouvelle école : Le OLK Training Center, et son pendant pour l’hébergement : La One Lauch Kite House.
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Le spot offre une vaste étendue d’eau flat à marée basse - température 30°C svp ! Aucune mauvaise surprise de type présence de rochers - qui se trouvent uniquement vers la plage de Pontal. Et surtout, n’étant encore pas trop connu, le spot est peu fréquenté. A noter la présence d’un courant engendré par la Rio, plus ou moins présent selon les coefficients de marée, mais sans conséquence pour les planches, compte-tenu du peu de profondeur de l’eau. Pour se rendre du village de Pontal, où se trouvent la majorité des hébergements, les plus motivés privilégient le Downwind ; 30 minutes jusqu’à la plage de Pontal.
L’école est vraiment top : moniteurs de qualité, sympa, patients. On ne pousse pas à la consommation sur les cours. Le Jaguaribe Lodge, c’est un ensemble de 16 bungalows construits sur pilotis, entièrement ouverts sur la mer. Superbes bungalows localisés dans le quartier de la Pointe de Pontal do Maceió. Une succession de paysages tous plus beaux les uns que les autres, riches en couleur, grâce à la lumière exceptionnelle qu’il y a dans cette région du Brésil, et bien sûr par le vent léger mais constant qui caractérise tant cette destination.
Figures emblématiques et nouvelles générations
Parmi les visages qui marquent l’histoire récente du kitesurf français, le Biterrois Paul Serin (22 ans) est un familier de Leucate. Considéré comme le jeune prodige du kitesurf français, Paul est né en 1993 à Béziers dans une famille de passionnés des sports de glisse. Son père, passionné de planche à voile, et sa sœur, elle-même championne de kite, lui transmettent très jeune le virus et l’envie de tout essayer.
A neuf ans, il a choisi : ce sera le kitesurf, version freestyle. Talentueux autant que sympathique, il se fait rapidement remarquer et se lance dans le grand bain de la compétition à ses 13 ans à peine révolus. Champion d’Europe junior en 2010 puis champion de France junior l’année suivante, il confirme chez les seniors en décrochant coup sur coup, en 2013 et 2014, le titre de Champion de France de kitesurf freestyle. En 2015, il termine 9e au général du tour mondial et 3e au Xtren Air. Pour cette saison, il a comme objectif d’entrer dans le Top 5 mondial.
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