Vous êtes amateur de croisière en bateau, et plus spécifiquement en catamaran, mais vous souffrez fréquemment d’un mal de mer incontrôlable ? Ou vous êtes sensible dès que le bateau tangue légèrement et vous souhaitez avoir les bons réflexes auprès de votre équipage ? Le mal de mer, connu médicalement sous le nom de « cinétose » ou « naupathie », est un trouble très répandu qui peut affecter quiconque prend la mer. Qu’il s’agisse d’un ferry pour vous rendre en Corse, d’un catamaran pour faire une virée entre marins, ou d’un navire de croisière pour une traversée, vous pourrez ressentir ce même mal de mer. C’est une réaction naturelle à un nouvel environnement en mouvement, mais il est loin d’être une expérience universelle. Beaucoup de nos passagers naviguent sans jamais ressentir la moindre gêne, mais on estime que 25 à 30% des touristes en moyenne sont sujets au mal de mer de manière assez occasionnelle. Même si ce n’est pas vous qui en souffrez directement, il est inévitable que vous soyez un jour appelé à soutenir l’un des membres de votre équipage éprouvant ce désagrément. La taille et la nature de votre embarcation peuvent jouer pour ou contre vous, car c'est toujours une question d'équilibre.
Comprendre les Mécanismes du Mal de Mer : Quand les Sens se Contredisent
Le mal de mer est fondamentalement causé par un désaccord entre les informations sensorielles perçues par votre corps. Ce phénomène est dû à un conflit entre les sens, à cause des mouvements contradictoires du corps et de la mer. Le mal de mer touche surtout quand les yeux et l’oreille interne n’envoient pas le même message au cerveau. Plus précisément, lorsque vous êtes à bord d’un bateau comme un catamaran, vos yeux peuvent voir un décor qui bouge peu, ou même une cabine statique, mais votre système vestibulaire dans l’oreille interne, responsable de votre sens de l’équilibre, ressent la houle et les mouvements de tangage, de roulis, de balancement ou de virage du navire.
Ce décalage sensoriel entre ce que vos yeux indiquent (le bateau ne bouge pas, ou peu) et ce que votre oreille interne perçoit (tout le contraire) est interprété de manière incohérente par le cerveau. En effet, ces mouvements sont ressentis plus rapidement par l’oreille interne que par les yeux et les muscles. Durant les premières heures ou les premiers jours de votre croisière, vous allez ressentir principalement une disjonction entre ce que vous voyez et ce que vous ressentez. Cette discordance crée une série de symptômes immédiats et désagréables, tels que la nausée, les sueurs froides et une fatigue intense. Pour les personnes sensibles, le résultat est bien souvent le déséquilibre, des maux de tête et des vomissements. Le cerveau humain s’adapte normalement à ce genre de discordance sensorielle avec le temps, ce qui explique pourquoi de nombreuses personnes s’acclimatent après quelques heures en mer. Heureusement, dans 90 % des cas, le corps s’habitue et le mal s’estompe naturellement. Pour les 10 % restants, des traitements médicamenteux ou de rééducation peuvent être envisagés. Il est important de noter que, qu'il s'agisse d'enfants, d'adultes, d'hommes ou de femmes, nous sommes tous égaux face à la cinétose maritime, même si certaines personnes seront plus sensibles que d'autres.
Les Symptômes et les Facteurs Aggravants du Mal de Mer
Nul besoin d'être médecin pour diagnostiquer un mal de mer, car ses symptômes sont généralement bien connus et très spécifiques. Outre la nausée, les sueurs froides, le déséquilibre, la fatigue, les maux de tête et les vomissements, les personnes atteintes peuvent également éprouver un mal-être généralisé. Il est même possible de s'habituer à cette sensation à la longue, mais certains passagers peuvent expérimenter ces effets, même après avoir quitté le navire. C'est ce qu'on appelle le mal de terre, une expérience curieuse que certains considèrent comme une belle manière de prolonger leurs vacances, bien qu'elle puisse être déstabilisante.
Plusieurs facteurs peuvent fortement favoriser ou aggraver le mal de mer. Le froid est une cause majeure ; lorsque l’on navigue en voilier ou en catamaran, le froid peut fortement favoriser le mal de mer. Il est donc primordial de vous tenir au chaud. De même, avoir l’estomac vide n’est jamais conseillé ; la faim est un déclencheur, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, il est essentiel de ne pas éviter de manger. La faim, au lieu de limiter les ballonnements, peut en réalité intensifier le malaise. À l'inverse, trop manger ou consommer des aliments riches, comme du fromage lourd, peut aussi être problématique, même si certains plaisantent en disant « Ce n’est pas le mal de mer, je pense que c’est le fromage » - alors que le bateau remonte au vent à 40 nœuds. La fatigue est également l’un des symptômes majeurs et un facteur aggravant du mal de mer. Être fatigué, ne pas avoir suffisamment dormi avant ou pendant la traversée, augmente la vulnérabilité.
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L’anxiété est la cause la plus fréquente du mal de mer que de nombreux navigateurs observent. Se sentir nerveux à l’idée d’une traversée ou craindre d’avoir le mal de mer est la meilleure façon de le ressentir. Le stress, la perte de calme et le fait de perdre ses moyens n'aident en rien à contrer le mal de mer. Une réaction émotionnelle, tout autant que physique, peut provoquer des vomissements. D'autres déclencheurs incluent le début d’une traversée par gros temps, les états de mer multidirectionnels, la déshydratation, la gueule de bois, l’effort excessif lors d’un changement de voile, ou même la trop grande chaleur. De manière surprenante et très désagréable, les autres personnes qui vomissent près de vous ou sur vous (oui, cela arrive) et les odeurs âcres, comme celles du bacon, du curry ou du diesel, peuvent également provoquer une réaction chez les personnes sensibles. Les boissons alcoolisées ou fumer de la nicotine provoquent un aggravament du mal de mer, il est donc impératif de les proscrire en mer.
Stratégies de Prévention et Remèdes Comportementaux
Pour lutter efficacement contre la naupathie et profiter pleinement de votre croisière, qu’elle soit à bord d’un catamaran ou d’un autre type de bateau, plusieurs stratégies peuvent être adoptées, avant et pendant la navigation.
Avant d'embarquer : une préparation essentielleAvant votre croisière, la préparation est clé. Il est fondamental de dormir correctement et d'arriver bien hydraté. Pensez à bien vous alimenter avec des aliments sains et équilibrés ; un petit-déjeuner léger et salé est recommandé. Il est important d’emmener avec vous des fruits, des biscuits ou des bonbons, afin de vous alimenter tout au long de votre croisière et de ne jamais avoir l’estomac vide. Les navigateurs expérimentés recommandent de manger de petites quantités régulièrement, privilégiant le pain, les gâteaux secs et les bananes. Il faudra aussi bien vous équiper et bien vous couvrir, car le froid est la première cause du mal de mer. Il vaut mieux que vous ayez trop chaud que l’inverse, quitte à enlever des couches au fur et à mesure de votre croisière. Il est également fortement conseillé pendant votre croisière de vous tenir au chaud. Enfin, évitez toutes montées d’angoisse ; posez-vous calmement avant de prendre vos décisions, ou faites-vous accompagner afin de ne pas prendre des décisions trop hâtives et augmenter votre stress.
Pendant la navigation : adopter les bons réflexesUne fois en mer, plusieurs actions peuvent significativement réduire le risque de mal de mer.
- Positionnement et regard : Si vous commencez à sentir des premiers vertiges, allez mettre votre nez dehors et placez-vous au centre du bateau, l’endroit le plus stable. Cela vous permettra de mieux subir les mouvements ainsi que les sillages durant la croisière. Rester autant que possible à l’extérieur du bateau pour respirer l’air frais et regarder l’horizon est un conseil basique mais très efficace. Asseyez-vous face à l’horizon, car regarder un bout de terre ou l'horizon peut vous aider, ce sont des points fixes et de bons référentiels pour votre corps. Évitez de regarder la mer de trop près, car vous risquez de renforcer cet état de désynchronisation entre la vue et l’oreille. Essayez de garder la tête bien droite et d’éviter un maximum de baisser la tête. Fixer l’horizon peut aider, mais retrouver un équilibre reste compliqué.
- Hydratation et alimentation : Il est également important de bien s’hydrater, afin de ne pas être déshydraté, surtout s’il y a de forts vents ou embruns marins. L’eau, c’est la vie ! Un geste très simple est de boire de micro-gorgées d'eau régulièrement. Grignoter des crackers salés ou des biscuits secs est également une bonne pratique ; le sucré seul peut aggraver la situation. Ayez toujours un snack léger et salé ainsi que de l'eau à portée de main. Proscrivez les boissons alcoolisées et évitez de fumer autant que possible.
- Repos et activité : Dormir, s’hydrater, manger léger sont les piliers de la prévention. Si vous n’êtes pas habitué à la navigation, nous vous recommandons de vous accorder quelques siestes pendant votre croisière. Bien dormir permet de limiter considérablement la nausée, avant et pendant la traversée. Cependant, bien que beaucoup tentent de pallier le mal de mer en dormant, il est souvent conseillé de combattre la fatigue en restant actif et en occupant l’esprit et le corps. En effet, il est reconnu que les personnes qui ont une activité à bord sont moins sujettes au mal de mer. La pire chose à faire serait de s’allonger à l’intérieur du bateau sans bouger.
- Respiration et mental : Respirez lentement et profondément. Évitez les montées d’angoisse. Il s’agit autant d’une maladie de l’esprit que du corps ; la peur ou l'anxiété peuvent grandement amplifier les sensations.
Solutions Naturelles et Alternatives Contre le Mal de Mer
Au-delà des remèdes comportementaux, il existe une multitude de petits remèdes officieux à adapter aux goûts de chacun, allant du jus de citron au chewing-gum, en passant par le gingembre. Chacun doit trouver ce qui l'aide à maîtriser son mal de mer, même si la solution est bizarre. Il n’y a pas de « bonnes » ou de « mauvaises » réponses, tant qu’elles n’impliquent pas de se blesser ou de se sentir coupable.
Remèdes alimentaires et à base de plantes :* Le gingembre : Il peut être très efficace pour prévenir et arrêter les nausées et les vomissements. Les gourmands opteront sans aucun doute pour les bonbons au gingembre. L’estragon ou encore le gingembre (encore lui) seraient aussi efficaces pour votre bien-être à bord.
- Le citron : Le jus de citron est souvent cité comme un remède. L'association de l'huile essentielle de menthe poivrée et de celle de citron serait parfaite pour éviter les nausées.
- La banane : Bon à savoir : la banane a le même goût dans un sens de passage, que dans l’autre…
- Pommes vertes et chips salées : Les pommes vertes sont réputées efficaces contre cette indisposition. Un de mes amis ne jure que par les chips au sel et au vinaigre.
Techniques d'acupression et d'acupuncture :* Le bracelet anti-mal de mer : L'acupression est une méthode qui consiste à exercer une pression sur le point P6, situé sur votre poignet. Ce bracelet, que l'on trouve en pharmacie, peut vous éviter d'avoir des nausées, et les retours sont plutôt bons. Si vous avez oublié votre trousse à pharmacie à bord, un geste d’acupuncture simple consiste à appuyer sur ce point P6, cela fonctionne très bien contre les nausées selon les adeptes de cette pratique, car il empêcherait les reflux au niveau de l’estomac, luttant ainsi contre les vomissements.
Astuces de grand-mère et innovations :* Le bouchon d’oreille : Il est préconisé d'en mettre un seul, dans l'oreille de votre choix. L'idée est de tromper votre cerveau en lui faisant croire à un dysfonctionnement de l'oreille interne, afin qu'il mise tout sur les yeux. Le souci de synchronisation n'existerait plus, tout comme le mal de mer.
- Un sparadrap sur le nombril : L'astuce est apparemment efficace pour le mal des transports en général.
- Les lunettes anti-mal de mer : Ces produits existent dans le commerce, que ce soit chez Decathlon ou ailleurs, et entendent bien conquérir les mers.
- Homéopathie : L’homéopathie propose également des solutions adaptées qui sont très répandues et offrent un large spectre d’action. La Cocculine pourrait soulager les maux liés au mouvement du bateau. Elle présente l'avantage de ne pas occasionner de somnolence (idéal donc pour un conducteur) et est disponible sans ordonnance en pharmacie. Elle est également idéale pour le mal de terre après le bateau.
Il est crucial de consommer ces remèdes avant que vous ne vous sentiez malade pour qu'ils soient pleinement efficaces.
Approches Médicales et Rééducation Vestibulaire
Pour ceux qui souffrent intensément ou fréquemment du mal de mer, la médecine offre également des solutions. Il existe des traitements très recommandés pour les plaisanciers occasionnels.
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Les médicaments :* La dernière des solutions pour lutter contre le mal de mer et pour profiter à fond de votre séjour est de venir avec les médicaments appropriés. Nous conseillons particulièrement les produits antihistaminiques ou antiémétiques.
- Des médicaments comme le Stugeron, le Kwells ou le Mercalm sont des options courantes.
- Les patchs à la scopolamine sont également une solution, disponibles dans certaines régions où c'est autorisé.
- Il est vital de consulter un professionnel de santé : pour les médicaments, renseignez-vous auprès de votre médecin traitant, car il ou elle est la seule personne à même de vous prescrire un traitement adapté selon votre profil. Demandez impérativement un avis médical si vous êtes enceinte, si vous avez un glaucome ou si vous suivez d'autres traitements en cours, car il existe des contre-indications. Votre pharmacien peut également vous conseiller et vous proposer un antihistaminique anti-nausée ou un patch à la scopolamine là où c’est autorisé.
- Cependant, il est important de noter que les antiémétiques, antihistaminiques et autres patchs sont à éviter pour les navigateurs réguliers à cause de leurs effets non désirés et nuisibles à la navigation des professionnels, notamment la somnolence ou d'autres altérations de la vigilance.
La kinésithérapie et la rééducation :* Certaines approches thérapeutiques peuvent aider à mieux gérer le mal de mer. Des kinésithérapeutes proposent des séances de 5 à 10 minutes contre le mal de mer, appelées kiné vestibulaire.
- Une technique réalisée par un ORL consiste à stimuler le mal de mer via des exercices optosymétriques, utilisant des boules à facettes comme dans les boîtes de nuit, sur des fauteuils rotatoires. Ces exercices visent à rééduquer le système vestibulaire et visuel pour qu'ils s'adaptent mieux aux mouvements.
- Des médecins de l’hôpital des armées de Brest proposent une rééducation optocinétique, une méthode qui a fait ses preuves dans l'entraînement des marins et des astronautes.
- En revanche, des innovations comme les lunettes avec de l’eau n’ont pas encore fait leurs preuves de manière concluante.
Le Rôle de l'Équipage et l'Environnement à Bord
Au-delà des remèdes personnels, l'environnement à bord et le soutien de l'équipage jouent un rôle crucial dans la gestion du mal de mer. Sur des bateaux comme le Providence, l'approche est holistique. L'objectif est de créer une connexion harmonieuse avec la mer. Les itinéraires sont soigneusement planifiés pour naviguer dans les zones les plus paisibles de la Méditerranée, où les eaux sont calmes et les vues spectaculaires, permettant ainsi aux passagers de se détendre et de profiter du voyage.
Une expérience de croisière adaptée :* L'expérience culinaire est également pensée pour le bien-être des passagers. La cuisine se concentre sur des aliments frais et légers, parfaitement adaptés à la vie en mer. Les menus sont conçus pour offrir une variété de saveurs tout en restant doux pour l'estomac, avec des fruits de mer frais, des salades croquantes, et des plats équilibrés.
- Une gamme d’activités est proposée pour enrichir l’expérience en mer, telles que des excursions pour explorer la faune marine, des ateliers sur la navigation et l’histoire maritime, ou simplement le plaisir de prendre le soleil sur le pont. Ces activités ne sont pas seulement divertissantes, mais elles contribuent également à occuper l’esprit et à maintenir le corps centré, ce qui peut aider à prévenir ou à minimiser les sensations de mal de mer.
Soutenir un membre d'équipage souffrant :Quand quelqu'un est en proie au mal de mer, l'accompagnement est essentiel. Un membre d’équipage souffrant du mal de mer peut se sentir seul et exclu, entendant le reste de l’équipage discuter, rire et s’amuser, alors qu’il est coincé sur sa couchette. Les bruits du bateau sont amplifiés en cabine - le claquement des vagues sur la coque, le grondement des treuils électriques et le battement des voiles - ce qui, sans contexte, peut être effrayant. La situation peut sembler bien pire qu’elle ne l’est, et l’on peut se mettre à imaginer tous les scénarios possibles. La personne peut se sentir inutile, de trop et gênée ; il est probable qu’elle ne se soit pas brossé les dents depuis quelques jours, qu’elle ne se soit pas lavé ou qu’elle n’ait même pas quitté sa couchette, et se sentira triste.
Voici comment apporter un soutien efficace :
- Faciliter la communication : Mettez en place un moyen pour le coéquipier de vous faire savoir qu’il a besoin d’aide, car il n’a probablement pas l’énergie nécessaire pour crier ou se lever du lit. Une radio VHF dans sa couchette, peut-être paramétrée sur un canal spécifique, ou un système de drapeaux, ou une cloche peuvent être des solutions.
- Présence et information : Lorsque vous allez le ou la voir, parlez doucement. Expliquez-lui ce qu’il se passe : où vous êtes, quel est le jeu de voiles, quel est le plan de navigation. Passez du temps avec la personne et ne vous contentez pas de visites fugaces pour cocher une case. Prévenez l’équipage, car il disposera souvent de sachets, de serviettes fraîches, et pourra aider au placement.
- Divertissement et réintégration : Divertissez la personne. Au fur et à mesure qu’elle se rétablit, réintégrez-la en douceur. Aidez la personne à se sentir membre de l’équipage dont elle voulait tant faire partie ces derniers jours. Confiez-lui des tâches qui lui permettent de se sentir utile, mais qui sont aussi accessibles à quelqu’un qui est encore probablement faible et lent, comme la navigation simple ou des tâches légères. À bord, rapprochez-vous de personnes non malades ; la posture et le partage de l'équilibre peuvent être très instructifs.
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