Les Avirons, un Territoire Insulaire entre Tradition et Dynamiques Modernes : Le Rôle Central de sa Mairie

La commune des Avirons, une ville française nichée dans le département de La Réunion, se distingue par son identité unique et son évolution constante. Peuplée par les Avironnais et les Avironnaises, cette collectivité du littoral offre un cadre de vie où se rencontrent histoire, géographie particulière et aspirations contemporaines. Au cœur de son administration et de son développement, la mairie des Avirons joue un rôle pivot, sous la direction de son maire actuel, M. Eric Ferrère, et de son équipe. Comprendre le fonctionnement de cette institution, c'est appréhender les enjeux et les services qui façonnent le quotidien des habitants de ce territoire insulaire.

Présentation Générale de la Commune des Avirons

Située sur l'île de La Réunion, la commune des Avirons s'étend sur une superficie de 26,3 km². Lors du dernier recensement de la population datant de 2022, elle comptait 11 440 habitants, affichant une densité de 438,2 habitants par km². Cette croissance démographique est notable, puisque la commune a connu une nette hausse de 60,7% de sa population par rapport à 1999, témoignant de son attractivité et de son développement. La commune est classée dans la catégorie des ceintures urbaines, avec 96,40 % de ses habitants vivant dans une zone de peuplement intermédiaire, ce qui reflète une répartition particulière de sa population sur le territoire. La population totale de la commune, authentifiée par décret du 31 décembre 2024, est de 11 445 habitants pour l'année 2022. L'évolution démographique de la commune, telle que documentée par les recensements, montre une augmentation progressive depuis 1954, passant de 3 560 habitants à plus de 11 000 en 2022, ce qui impacte directement les modes de scrutins et le calcul de certaines taxes locales.

Géographiquement, Les Avirons est entourée par les communes de Saint-Leu, L'Étang-Salé et Cilaos. Elle est positionnée à 18 km au nord-ouest de Saint-Pierre, la plus grande ville des environs, et est située à une altitude de 268 mètres. Ses coordonnées géographiques précises sont une latitude de 21° 13' 60'' sud et une longitude de 55° 19' 60'' est. Le territoire des Avirons présente une configuration unique, s'étirant de sa minuscule façade maritime jusqu'au rempart de Cilaos, surplombant la forêt du Tévelave. Cette diversité paysagère est également soulignée par son appartenance au massif de La Réunion, ce qui l'assujettit aux dispositions agricoles et d'urbanisme de la loi Montagne. Par ailleurs, étant une commune riveraine de la mer, elle relève aussi de la loi Littoral, des cadres législatifs qui influencent fortement l'aménagement de son territoire et la préservation de son environnement naturel.

L'occupation des sols sur la commune, selon les données CLC 2018, se répartit en 15,71 % de territoires artificialisés (soit 412,63 ha), 31,02 % de territoires agricoles (soit 815,01 ha), 53,19 % de forêts et milieux semi-naturels (soit 1 397,43 ha) et une infime part de 0,07 % de surfaces en eau (soit 1,95 ha). La commune est divisée en quatre quartiers distincts : le Grand Quartier 1 - La Ville-Bois de Nèfles-Le Ruisseau, le Grand Quartier 1 - La Ville-Ravine Sèche, le Grand Quartier 2 - Le Tévelave, et le Grand Quartier 2 - Forêt des Hauts du Tévelave. Au-delà de l'agglomération du centre-ville et du littoral, la commune comprend ainsi deux écarts principaux : le village du Tévelave, perché à 950 mètres d'altitude, et le village de la Ravine Sèche à l'Est, en limite de l'Étang-Salé.

Histoire et Évolution Administrative des Avirons

L'histoire des Avirons est riche et marquée par plusieurs étapes significatives. Avant 1700, le Sud de l'île était initialement un « quartier réservé », strictement interdit à la colonisation, ce qui en a préservé un certain temps le caractère sauvage. La région commence à se peupler vers 1719, lorsque les premiers colons s'installent près de la ravine Sèche. Cette installation fut facilitée lorsque Desforges-Boucher, garde-magasin de la Compagnie des Indes, obtint la concession du Gol, ouvrant ainsi la voie à l'établissement humain.

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Jusqu'en 1894, le territoire des Avirons constituait une section administrative de Saint-Louis. À cette époque, le territoire était plus étendu qu'il ne l'est actuellement, s'étendant jusqu'aux abords de la gare routière de l'Étang-Salé-les-Bains. Il est intéressant de noter que son littoral a ensuite rétréci sans raison apparente, modifiant ainsi sa configuration géographique. La création officielle de la commune, le 28 janvier 1894, représente un tournant majeur. À cette date, la population des Avirons choisit pour la première fois son conseil municipal, composé de 21 membres, marquant son autonomie administrative. En février 1894, Antoine Hibon fut nommé maire, devenant ainsi le premier maire de la commune des Avirons. L'histoire locale reste également marquée par des figures emblématiques, telle que celle du Père Martin, nommé curé des Avirons le 22 avril 1879, dont l'influence a profondément imprégné la vie de la communauté. Aucun changement de nom de la commune n'est mentionné dans le fichier de nommage officiel qui les recense depuis l'année 1943.

Le Fonctionnement de la Mairie et ses Services Essentiels

La mairie des Avirons, située au 61 avenue du Général-de-Gaulle, 97425 Les Avirons, constitue le centre névralgique de l'administration communale. Elle est ouverte du Lundi au Jeudi de 08h00 à 12h00 et de 12h45 à 16h00, et le Vendredi de 08h00 à 12h00 et de 13h00 à 15h00, offrant ainsi une accessibilité régulière à ses habitants pour toutes les démarches administratives courantes.

Les services de la mairie sont chargés de l'accomplissement d'un large éventail de procédures essentielles à la vie des citoyens. Parmi celles-ci, la délivrance des actes d'état-civil, incluant les actes de naissance, de mariage et de décès qui concernent des événements survenus sur la commune des Avirons, est un service fondamental. Ces documents sont délivrés gratuitement par le service d'état-civil de la mairie, facilitant ainsi l'accès des administrés à des papiers essentiels pour leur vie personnelle et administrative.

En outre, la mairie est compétente pour les démarches relatives à l'obtention d'une carte nationale d'identité (CNI) et d'un passeport. La délivrance des cartes nationales d'identité est gratuite, sauf en cas de perte ou de vol, tandis que celle des passeports biométriques ou d'urgence nécessite le paiement d'un timbre fiscal. Il est important de noter que l'obtention de ces documents d'identité implique de se rendre en personne dans une mairie dotée d'un dispositif de recueil de données biométriques, notamment pour la prise d'empreintes digitales, un service que propose la mairie des Avirons.

Un autre pan important des services municipaux concerne l'urbanisme. La consultation des documents d'urbanisme en vigueur sur un secteur donné, tels que le Plan Local d'Urbanisme (PLU), le Plan d'Occupation des Sols (POS), la carte communale ou le Règlement National d'Urbanisme (RNU) selon les communes, est gratuite. De même, l'instruction d'une demande de certificat d'urbanisme, permettant de s'assurer de la faisabilité d'un projet de construction ou d'aménagement, est également gratuite. Pour ce faire, il suffit de contacter le service urbanisme de la mairie de la commune des Avirons, qui accompagnera les particuliers et les professionnels dans leurs projets.

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Il est néanmoins crucial de distinguer les compétences de la mairie de celles d'autres administrations. En effet, les mairies ne sont pas compétentes pour délivrer de nombreux documents tels que les permis de conduire, les certificats d'immatriculation (communément appelés cartes grises), les certificats de non gage, les vignettes Crit'Air, les extraits de casier judiciaire ou encore les extraits Kbis et les plans ou extraits de matrice cadastrale. Pour ces démarches, les citoyens doivent se tourner vers les services de l'État ou d'autres organismes spécifiques.

Organisation Territoriale et Intercommunale

La commune des Avirons ne fonctionne pas en vase clos, mais s'inscrit dans une organisation territoriale plus vaste. Elle fait notamment partie de la Communauté intercommunale des Villes solidaires (CIVIS), un Établissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI) à fiscalité propre dont le code est 249740077. Cette intercommunalité regroupe six communes, et sa raison d'être est de mutualiser la gestion de certains secteurs clés, tels que l'approvisionnement en eau potable ou la collecte des ordures, permettant ainsi une meilleure efficience des services publics à l'échelle d'un bassin de vie. Cette approche de coopération est essentielle pour le développement harmonieux du territoire et l'optimisation des ressources.

Au-delà de cette structure intercommunale, la commune des Avirons est également intégrée dans les circonscriptions administratives du canton de L'Étang-Salé, de l'arrondissement de Saint-Pierre, du département de La Réunion, et de la région La Réunion. Ces différentes strates administratives déterminent l'organisation des pouvoirs publics et l'accès à une multitude de services gérés par l'État ou par les collectivités territoriales de niveaux supérieurs.

La Fiscalité Locale : Un Élément Clé du Fonctionnement Communal

La gestion financière de la commune des Avirons, comme celle de toute collectivité locale, repose en partie sur la collecte de taxes locales auprès des particuliers et des entreprises. Ces impôts, dont les taux directs peuvent être fixés par le vote du conseil municipal, sont essentiels pour financer le fonctionnement des services publics et les investissements locaux.

Les Avirons se distingue par une réputation où les impôts locaux sont les moins chers de La Réunion, un avantage non négligeable pour ses habitants et ses entreprises. Parmi les principales taxes locales figure la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB), due par l'ensemble des propriétaires et des usufruitiers au 1er janvier de l'année d'imposition, sauf cas d'exonération. Il en va de même pour la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB).

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Concernant la taxe d'habitation, acquittée par l'occupant du bien immobilier au 1er janvier de l'année imposée, il est important de noter qu'en 2023, toutes les résidences principales en ont été exclues après un dégrèvement progressif. Cependant, elle reste due pour les résidences secondaires. Sa collecte était couplée à celle de la contribution à l'audiovisuel public jusqu'à la suppression de cette dernière en 2022. Enfin, la cotisation foncière des entreprises (CFE), l'une des deux composantes de la contribution économique territoriale, est due par les entreprises pour chacun de leurs biens soumis à la taxe foncière, sauf ceux concernés par une exonération spécifique.

Les taux directs pour 2024, à titre indicatif, sont les suivants : la taxe sur le foncier bâti est de 29,55 %, la taxe sur le foncier non bâti atteint 38,27 %, et la taxe d'habitation est fixée à 12,83 %. Pour la cotisation foncière des entreprises, aucun taux n'est spécifié, ce qui peut indiquer une fiscalité particulièrement avantageuse pour les activités économiques. Il est à souligner que ces taux sont indicatifs et peuvent fluctuer annuellement, certaines communes étant susceptibles de voter des hausses significatives en fonction de leurs besoins et de leur politique budgétaire.

Le Maire Actuel et les Enjeux de la Gouvernance Municipale

À la tête de la commune des Avirons se trouve M. Eric Ferrère, l'actuel maire, âgé de 62 ans, qui a pris ses fonctions le 22 mars 2026. Son élection remonte au 15 mars 2026, et il est également un élu communautaire, ce qui lui confère une double responsabilité au sein de la commune et de l'intercommunalité. Le conseil municipal est composé de 32 conseillers, incluant plusieurs adjoints qui le secondent dans ses missions. Parmi eux figure M. Léon Alphonse Hoarau, le 1er adjoint au Maire, Mme Céline Sanch, 2ème adjointe, M. Jean Daniel Dennemont, 3ème adjoint, Mme Marie Hélène Ricquebourg, 4ème adjointe, M. Fabrice Maximin Payet, 5ème adjoint, Mme Marie Suzie Fredelisy, 6ème adjointe, M. Frédo Georges Ferrere, 7ème adjoint, Mme Lydia Marie Audrey Deveaux, 8ème adjointe, et M. Luc Pierrot Cantina, 9ème adjoint au Maire, tous élus depuis le 15 mars 2026. L'ancien maire, M. Michel Dennemont (77 ans), qui a dirigé la commune de 1987 à 2017, fait également partie de ce conseil, apportant son expérience au sein de l'assemblée municipale. D'autres élus, tels que M. Jean Hugues Lesquelin, Mme Nadia Roche Lesquelin et Mme Céline Sanch, ont également un statut d'élu communautaire.

M. Eric Ferrère se targue d'avoir impulsé une dynamique d'investissement significative au cours de son mandat, mentionnant que les réalisations ont dépassé les 60 millions d'euros, alors que les six années précédentes n'avaient vu qu'environ 25 millions d'euros d'investissements. Cette augmentation substantielle a été menée sans augmenter les impôts locaux, un point qu'il met en avant comme une réussite de sa gestion. Il estime ne pas avoir à rougir de son bilan et manifeste la volonté de continuer sur sa lancée, conservant d'ailleurs le même slogan qu'en 2020 : « Avançons ».

Cependant, ces choix et cette approche ne font pas l'unanimité au sein de la population et de l'échiquier politique local. Le manque de concertation avec la population est un point régulièrement soulevé par ses adversaires. Lors des élections municipales, quatre candidats étaient sur la ligne de départ : le maire sortant Eric Ferrère, son ancienne adjointe Nadia Roche-Lesquelin, la nouvelle venue Marie-Claude Zettor et l’outsider Dominique Vendome.

Nadia Roche Lesquelin, ancienne adjointe au maire passée dans l'opposition et aujourd'hui sa principale adversaire, déplore un « manque de dialogue et de transparence » et affirme que de nombreux habitants et agents communaux souffrent d'une « gouvernance trop verticale ». Sa vision politique s'articule autour de la nécessité de « préserver le cadre de vie, mieux relier les quartiers » et surtout de « remettre l’humain au cœur des décisions ». Marie Claude Zettor, une autre candidate, estime que les logements devraient se développer dans l’ensemble des quartiers et non être concentrés « comme cela a été le cas dans le quartier du Ruisseau », et surtout qu'ils devraient être accompagnés d’équipements et de services. Dominique Vendome, quant à lui, réclame également une plus grande concertation avec la population, bien que son influence électorale ait été plus limitée lors des précédentes élections.

Un des sujets majeurs qui s'invite dans la campagne et les débats locaux est la question du logement social et de la densification. Les Avirons font partie des communes à l’amende pour avoir un des plus bas taux de logements sociaux. Cette situation découle d'un choix de l’ancien maire, Michel Dennemont, qui a dirigé la commune de 1987 à 2017, dans l'objectif de préserver le cadre et la qualité de vie de sa commune. Face à cette réalité, plusieurs opérations ont été programmées, incluant environ 200 logements en résidences pour personnes âgées et un Ehpad de 107 chambres. Au total, plus de 550 logements (Ehpad et RPA compris), dont certains ont déjà été livrés, vont ainsi sortir de terre d’ici 2028, notamment face à l’église du centre-ville et chemin Bateau. Pour Nadia Lesquelin, il faut « stopper la densification subie », tandis que Marie Claude Zettor met l'accent sur une répartition équilibrée et l'accompagnement des nouveaux logements par des infrastructures adéquates. Ces débats soulignent la tension entre la nécessité de répondre aux besoins de logement et la volonté de conserver un environnement de qualité.

Sur le plan économique, Les Avirons présente des activités principales concentrées dans les secteurs des services, puis du commerce. Cependant, la commune fait face à un certain nombre de défis, notamment une agriculture en déclin et un tourisme encore peu développé. Certains habitants relèvent que la commune est « un peu ennuyeuse parfois » et aimeraient un centre-ville plus dynamique, évoquant la fermeture de commerces. Il reste ainsi encore beaucoup à faire pour le développement économique de cette commune, malgré sa réputation d'être un endroit où il fait bon vivre et où les impôts locaux sont parmi les plus bas de La Réunion.

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