Il existe quatre nages de base reconnues dans le monde de la natation de compétition. Chacune a sa propre cadence, son propre timing et sa propre technique à maîtriser. Que ce soit entre les lignes d’eau d’une piscine olympique ou face aux éléments en milieu naturel, la natation de compétition est une discipline de précision et d’endurance. Pour les clubs, les entraîneurs et les organisateurs, maîtriser les règles de chaque nage, les distances officielles et les exigences en matériel homologué est la clé d’épreuves bien conduites. Les quatre styles de nage sont mécaniquement différents, chacun ayant son propre style et ses propres techniques. Elles sont aussi uniques que les nageurs qui les pratiquent. Elles inspirent et renforcent les athlètes de manière unique. Notre équipe est composée d’athlètes qui privilégient différentes nages, à des niveaux allant de l’élite au loisir. L’évolution des nages se fait d’abord dans un souci de sécurité, de façon à conserver la tête hors de l’eau. Puis les nages évoluent dans un but de performance. Les nageurs et leurs entraîneurs, encore aujourd’hui, cherchent les solutions les plus rapides pour répondre aux exigences du règlement dans les 4 nages.
La Brasse : racines historiques et complexité technique
La brasse est la nage la plus ancienne d’après des dessins rupestres de l’âge de pierre découverts dans le sud-ouest de l’Égypte. Ces dessins montrent des personnages en train de nager, dont les jambes imitent celles des grenouilles. Aujourd’hui encore, le coup de pied de la brasse est appelé "coup de pied de la grenouille". La Brasse est une nage occidentale et son origine remonte à l’Antiquité. Certains témoignages persistent de cette période. Elle émane d’une visée utilitaire, inspiré avant tout par l’instinct de conservation. A la fin du XIXe siècle, la Brasse était la seule technique réellement pratiquée. Le 25 août 1875, le capitaine anglais Matthew Webb participe largement à construire la réputation de la brasse comme nage d’endurance en traversant le premier le chenal de la Manche à la nage, en 21 heures et 45 minutes.
La brasse est également la nage la plus lente, et de loin. En même temps, c’est souvent la nage la plus couramment apprise par les nageurs débutants et les nageurs de loisir, car elle permet de modifier la position de la tête du nageur, qui peut rester hors de l’eau plutôt que sous l’eau. Elle est souvent difficile à apprendre en raison de la complexité et de l’importance de la synchronisation associée à la réussite de cette nage. La brasse commence face au fond de la piscine, les bras du nageur se déplaçant simultanément sous la surface de l’eau en formant un demi-cercle et se rejoignant au centre de la poitrine pour atteindre l’avant et commencer la brasse suivante. Le coup de pied est unique en ce sens que les jambes se séparent, se plient au niveau des genoux et des hanches pour ensuite se déplacer avant de se réunir et de recommencer le cycle. La synchronisation est essentielle à la réussite d’un mouvement vers l’avant dans cette nage.
Sur le plan de l’évolution technique, la brasse « Anglaise » se nageait sur le côté avec les bras alternés. Très vite, on abandonne la Brasse anglaise à quatre temps en faveur de la Brasse allemande à trois temps, beaucoup plus efficace. La française Cartonnet, elle, ramène les mains hors de l’eau vers 1935, dans le but de limiter les résistances. Les nageurs sortent tellement de l’eau, qu’ils n’y mettent même plus la tête ! Aux JO de Rome, les chronos de l’américaine Jastremski descendent grâce à une technique coudes hauts, genoux serrés. On passe alors d’un coup de pied qui ne propulse guère qu’avec la plante de pied, à un véritable ciseau avec les jambes en « W » (les talons sont plus écartés que les genoux). La propulsion se fait alors par l’intérieur des pieds et les tibias. À Munich, en 1972, les nageurs de l’ex-URSS introduisent un style ondulé en brasse. L’immersion totale de la tête est autorisée en brasse en 1986. La brasse est la nage la plus technique sur le plan réglementaire. Elle exige une symétrie absolue des mouvements de bras et de jambes. Après chaque départ et virage, une seule traction complète en immersion (le « pull-out ») est autorisée, suivie d’un mouvement de jambes avant le retour en surface.
Le Crawl (Nage libre) : l’efficacité hydrodynamique
La nage libre est la nage la plus répandue chez les nageurs et les triathlètes de tous âges et de tous niveaux. C’est la plus rapide des quatre nages et elle met l’accent sur une forte traction et une bonne glisse, ce qui la rend plus efficace sur le plan énergétique que les autres nages. En compétition, la nage libre est la nage qui comporte le plus grand nombre d’épreuves, allant de 50 mètres ou yards jusqu’à 1500 mètres ou 1650 yards. La nage libre s’effectue avec le nageur tourné vers le bas, parallèlement à l’eau. Il crée ensuite un élan vers l’avant en alternant des "cercles" de traction et de récupération avec les bras. Simultanément, les pieds doivent s’engager dans un battement de jambes régulier. Le battement de jambes est le "moteur" de la nage, avec les orteils pointés et les jambes droites qui montent et descendent en alternance régulière.
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La FINA ne réglemente pas le Crawl mais la nage libre. Au XIXe siècle, les marins reviennent des Antilles, de Somalie, des Îles Pacifique, avec de nouvelles techniques, empruntées aux populations indigènes. Vers 1880, Trudgen, après avoir observé les amérindiens, repositionne le nageur en nage ventrale pour permettre un retour alternatif des deux bras hors de l’eau. Le « trudgeon » est alors adopté, car bien plus rapide que « l’over arm stroke » sur les courses de vitesse. En 1902, Richard Cavill bat le record du monde du 100 yards en nageant l’épreuve de bout en bout en crawl. La technique du crawl est alors à la fois la plus rapide des nages et celle qui offre le meilleur rendement. En 1922, sous la barre mythique de la minute au 100 mètres nage libre, Johnny Weissmuller confirme la suprématie du crawl. Parallèlement, le corps ne doit plus rester à plat mais osciller autour de l’axe horizontal pour permettre l’augmentation de la longueur des trajets et par conséquence l’amplitude de nage ou la distance parcourue par cycle de nage. Récemment, depuis les années 2000, le traditionnel « S » du trajet du bras sous-marin, est parfois abandonné en crawl. La respiration, qui doit correspondre à la cadence de la nage, est un élément essentiel de cette nage. Lorsqu’un bras remonte et contourne la surface de l’eau, vous devez respirer du même côté que le bras qui est hors de l’eau.
Le Dos crawlé : la seule nage sur le dos
La nage sur le dos est unique car c’est la seule des quatre nages de compétition qui se fait sur le dos du nageur, face au plafond. C’est la deuxième nage à être pratiquée en compétition après la nage libre, et elle a été pratiquée pour la première fois aux Jeux olympiques de Paris en 1900. La nage sur le dos implique des mouvements similaires à ceux de la nage libre, mais en se tournant vers l’extérieur de l’eau plutôt que vers l’intérieur. Techniquement, la base de la nage sur le dos est la flottaison. À partir de là, les bras du nageur doivent ressembler à ceux de la nage libre, avec des mouvements circulaires en alternant les bras. Les jambes s’engagent dans un battement de jambes, comme en nage libre. La position du corps est importante, car elle permet de s’assurer que la tête est au-dessus de la surface, que les hanches ne s’enfoncent pas et que les jambes sont proches l’une de l’autre et se déplacent avec la cadence de la nage pour créer un battement de jambes puissant.
En 1907, la première épreuve de Dos apparaît aux championnats de France ; la technique utilisée est alors celle du « Dos brassé ». Aux jeux olympiques de Stockholm en 1912, un nageur américain utilise une technique dorsale fortement inspirée du « Trudgen » ; le « Dos trudgen ». Le battement de jambes arrive au cours des années 20, notamment sous l’influence des nageurs japonais : c’est le « Dos crawlé » connu actuellement. Les évolutions suivantes concerneront les oscillations (les épaules roulent sur l’eau pour rechercher des appuis plus profonds), et les virages. En 1991, on laisse la possibilité de toucher le mur avec n’importe quelle partie du corps. Et, en 1994, on autorise le passage sur le ventre avant le déclenchement de la rotation. La culbute actuelle est alors inventée : « le roll over turn ». Le Dos est la seule nage dont le départ s’effectue depuis l’eau, les mains agrippées à la barre de départ dos fixée sous le plot. Un excellent gainage est indispensable pour éviter le « lacet » (déviation latérale de la trajectoire).
Le Papillon : la discipline de l’ondulation et de la puissance
Le papillon est souvent considéré comme le plus difficile des quatre styles de nage. Il est avancé parce que la technique n’est pas facilement surmontée par la force et qu’il nécessite beaucoup d’entraînement pour travailler la synchronisation, la position et d’autres aspects techniques. Le papillon est souvent la deuxième nage la plus rapide et la dernière à avoir été ajoutée aux compétitions de natation. Pour nager le papillon, le nageur commence à l’horizontale, face contre terre, et tire simultanément sur l’eau pour se propulser vers l’avant, puis il sort de l’eau et revient vers l’avant pour continuer à nager. En déplaçant les bras au-dessus de l’eau, la tête peut être soulevée pour respirer. Les jambes exécutent simultanément un battement de jambes de dauphin en ondulant à partir du tronc et en propulsant le nageur vers l’avant.
Le papillon est apparu grâce au manque de précision du règlement de la Brasse. Certains nageurs s’inspirent du « trudgeon » pour inventer l’ancêtre du papillon. En 1926, lors d’une course de brasse, l’Allemand Erich Rademacher termine l’épreuve en ramenant ses bras au-dessus de l’eau pour toucher le mur plus rapidement que ses adversaires. En 1953, on sépare nettement la Brasse et le Papillon. En brasse, le retour de bras se fait obligatoirement sous la surface de l’eau, les mains ne peuvent dépasser la ligne des hanches. Aux JO de Rome, en 1960, Counsilman nagera en papillon avec 2 ondulations par mouvement de bras. Le Papillon est la nage la plus athlétique. Elle exige une coordination parfaite entre la traction des bras et l’ondulation du corps, sollicitant massivement les épaules, la sangle abdominale et les hanches.
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Les épreuves de 4 nages : le défi de la polyvalence
La discipline du 4 nages en natation est une course où les quatre différents styles de nage (papillon, dos, brasse et nage libre) sont utilisés. La course peut se disputer par un seul nageur, ou par quatre nageurs en relais. Dans l’épreuve du 4 nages individuel, l’ordre imposé est : Papillon → Dos → Brasse → Crawl. En relais 4 nages, l’ordre devient Dos → Brasse → Papillon → Crawl (le nageur de dos bénéficie d’un départ dans l’eau). La principale particularité technique du 4 nages réside dans le virage effectué lors de la transition entre deux nages. Il s’agit d’une part de se mettre dans les meilleures conditions pour la nage suivante, mais aussi de respecter entièrement le règlement de la nage en question, sous peine de disqualification. À la fin du papillon, les mains doivent toucher le mur en même temps, puis doivent quitter le mur par l’arrière pour la partie en dos.
La plupart des nageurs plient les genoux sous le corps après avoir touché le mur, et ensuite se lancent sur le dos. Durant la rotation, les bras sont placés assez près du corps, les mains se trouvant à quelques centimètres devant la poitrine. Cela permet de réduire le moment d’inertie du corps et donc de tourner plus vite. La partie en dos doit se terminer en touchant le mur tout en restant sur le dos. La nage suivante étant la brasse, le nageur doit quitter le mur sur le ventre. La plupart des nageurs réalisent donc un virage ouvert, en amenant simplement les pieds contre le mur. La section en brasse doit se terminer comme celle en papillon : les deux mains doivent toucher le mur en même temps. Un virage en brasse classique est ensuite effectué, et la dernière partie peut commencer : la nage libre. En 4 nages, la nage libre signifie n’importe quelle nage avec la restriction qu’elle ne doit pas être le dos, le papillon, ou la brasse.
Physiologie et prévention des blessures par la diversité des nages
La natation est reconnue comme un excellent sport car il n’est pas traumatisant pour le corps. Mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas se blesser en nageant. Les nageurs, répétant régulièrement les mêmes gestes, sont tout aussi concernés que les autres sportifs par des blessures « d’usure ». Chacune des 4 nages a ses propres caractéristiques. Les mouvements peuvent se ressembler, mais ils sont tous différents. Ils sollicitent donc les muscles différemment. En effet, si l’on nage toujours la même chose, on fait travailler les mêmes muscles en permanence. A trop les solliciter, ils peuvent se fatiguer. De plus, certains muscles vont se développer plus vite tandis que d’autres seront moins forts. Cela peut mener à des déséquilibres et provoquer des blessures.
Mais en pensant régulièrement à nager les 4 nages à l’entraînement, on répartit les efforts sur différents muscles et on entretient un certain équilibre. Ainsi par exemple en crawl, la traction fait travailler entre autres les biceps et le retour de bras est une période de repos pour ces muscles, les omoplates prenant en charge le mouvement. Sur le dos, la poussée sollicite le triceps et l’épaule porte le retour du bras. En brasse, les avants bras sont davantage utilisés. Le développement homogène des muscles permet de protéger les articulations. Il évite des tensions causées par des déséquilibres musculaires. Nager les 4 nages permet de leur faire faire des mouvements différents. Les bras ne passent pas à la même hauteur en crawl et en papillon. L’inclinaison du bras par rapport à l’épaule n’est pas du tout la même. L’articulation ne bouge pas de la même façon. De plus, chaque nage demande un certain degré de souplesse sur des articulations différentes.
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