L'encadrement des activités physiques et sportives, en particulier celles se déroulant dans des environnements spécifiques comme l'espace aérien ou le milieu nautique, est strictement régi par le cadre législatif français. Le moniteur parachutiste, qu'il intervienne dans le cadre de la chute libre ou du parachutisme ascensionnel nautique (PAN), occupe une fonction centrale où la sécurité des pratiquants et des tiers constitue la priorité absolue. Cette profession, qui allie expertise technique, pédagogie et responsabilité légale, nécessite des qualifications d'État rigoureuses pour garantir une pratique encadrée et sécurisée.
Le rôle et les missions du moniteur de parachutisme
Le moniteur parachutiste encadre et anime l’apprentissage du saut en parachute. Son activité, placée sous l’autorité du directeur technique du centre de parachutisme, consiste à délivrer une formation sportive au saut en parachute ou à faire découvrir cette activité riche en sensations fortes dans le cadre d’un baptême de saut en parachute. Après s’être assuré que les conditions météorologiques et le matériel permettent un saut en chute libre et un atterrissage en toute sécurité, le moniteur parachutiste délivre un briefing à l’élève parachutiste avant le saut.
Il peut ensuite mettre en œuvre l’apprentissage du saut en parachute au moyen de trois techniques différentes : la méthode traditionnelle, qui commence par des sauts en ouverture du parachute automatique, avant que l’élève soit autorisé à ouvrir son parachute en ouverture manuelle en sautant de plus en plus haut ; la progression accompagnée en chute, où l’élève est accompagné de deux moniteurs, puis d’un seul moniteur, qui corrigent sa position pendant la chute ; et le saut en tandem, où l’élève saute accroché à un moniteur. À l’issue de chaque saut, le moniteur parachutiste effectue un bilan avec son élève, qui peut revenir avec son instructeur sur les points à améliorer.
En ce qui concerne le domaine nautique, le moniteur de parachutisme ascensionnel nautique est un animateur sportif dont la mission principale est de faire découvrir et de promouvoir la pratique du parachute ascensionnel nautique. Cette activité consiste à réaliser un vol ascensionnel sous une voilure hémisphérique, en étant tracté soit par un bateau de type ski nautique, soit par un bateau plate-forme avec une longueur de corde de traction variable. Le candidat à la formation Parachutisme Ascensionnel Nautique sera capable d'installer et vérifier le parachute, d'équiper le pratiquant, de donner des consignes de sécurité, de coordonner son action avec celle du moniteur (pilote tracteur), de gérer le décollage du pratiquant, et dans le cas du bateau plate-forme, de gonfler le parachute et de récupérer le pratiquant à la fin du vol.
Cadre réglementaire et qualifications professionnelles
L’art. L212-1 (c. sport) précise que seuls peuvent, contre rémunération, enseigner, animer ou encadrer une activité physique ou sportive ou entraîner ses pratiquants les titulaires d'un diplôme, titre à finalité professionnelle ou certificat de qualification. Ces qualifications doivent garantir la compétence de leur titulaire en matière de sécurité des pratiquants et des tiers dans l'activité considérée et doivent être enregistrées au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).
Lire aussi: Aqualung : Caractéristiques du parachute expliquées
Pour le parachutisme professionnel exerçant à titre rémunéré, le candidat doit être titulaire du BPJEPS (brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation et du sport) mention "parachutisme". Cette qualification de niveau bac, délivrée par le ministère des Sports, peut se préparer dans une ou plusieurs des trois options suivantes : la progression traditionnelle, la progression accompagnée en chute, ou le saut en tandem. Il s’agit d’une formation en alternance, avec une formation théorique en centre de formation et un stage pratique en structure de parachutisme.
Concernant spécifiquement le Parachutisme Ascensionnel Nautique (PAN), depuis le 9 juillet 2002, l’enseignement, l’encadrement ou l’animation de cette activité contre rémunération est couvert par un diplôme d’État. Classé dans le groupe G des différents supports de la mention plurivalente de la Spécialité « Activités Nautiques », le PAN doit être obligatoirement combiné à un autre support pour constituer un Brevet Professionnel. La formation est construite en alternance et comprend des unités capitalisables (UC) alliant formation en centre et expérience en entreprise. Le titulaire du BPJEPS mention « PAN et Engins tractés » possède des prérogatives étendues : il encadre les activités de parachutisme ascensionnel nautique avec des voilures hémisphériques à tuyères, dans tous les modes de pratique, pour tout public et sur tous milieux, ainsi que la pratique d'engins flottants tractés sur l'eau comme les bouées, le ski bus ou le fly fish.
Exigences d'entrée en formation et tests de sélection
L’accès à ces formations est conditionné par le respect de prérequis stricts. Pour le BPJEPS de parachutisme, il faut être un parachutiste aguerri. L’inscription est soumise à une condition d’expérience d’au moins trois années de pratique en continu du parachutisme. Il faut aussi avoir déjà effectué 500 sauts au minimum pour l’option « méthode traditionnelle » et 1 000 sauts au minimum pour les options « progression accompagnée en chute » et « saut en tandem », dont 100 sauts au cours des 12 mois précédents. Les candidats doivent également satisfaire à des tests techniques et de sécurité très exigeants.
Pour le Parachutisme Ascensionnel Nautique, les exigences préalables sont tout aussi précises :
- Être titulaire d’une attestation de réussite à la formation initiale ou continue relative à l’unité d’enseignement « Premiers Secours Citoyen » ou une formation équivalente.
- Être âgé de 18 ans minimum à l'entrée en formation.
- Être titulaire du Permis mer côtier ou de l’option « Côtière » du permis de conduire les bateaux de plaisance à moteur.
- Fournir un certificat médical de non contre-indication à la pratique et à l’encadrement des activités de Parachutisme Ascensionnel Nautique de moins de 3 mois.
- Fournir une attestation de 100 mètres nage libre, départ plongé et récupération d’un objet immergé à deux mètres de profondeur.
- Avoir réussi le test de pilotage d’un bateau à moteur, de type ski nautique utilisé dans le mode de pratique « départ plage ».
- Avoir réussi le test technique de Parachutisme Ascensionnel Nautique.
Déclaration d'activité et obligations professionnelles
Toute personne souhaitant exercer la profession de moniteur de parachutisme, régie par l'article L. 212-1 du Code du sport, doit déclarer son activité au préfet du département du lieu où elle compte exercer à titre principal. Cette déclaration déclenche l'obtention d'une carte professionnelle. L'éducateur exerçant son activité sans s'être déclaré commet une infraction réprimée par l'article L. 212-12 du Code du sport d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.
Lire aussi: Choisir son équipement de vol rando
En ce qui concerne les ressortissants de l'UE ou de l'EEE, des dispositifs de reconnaissance de qualifications professionnelles existent. Si une différence substantielle est constatée entre la qualification du requérant et celle requise en France, le préfet peut exiger une mesure de compensation, telle qu'une épreuve d'aptitude. Le recours au service SOLVIT est possible pour trouver une solution à un différend opposant un ressortissant de l'UE à l'administration d'un autre État membre. Au-delà des impératifs réglementaires, l’encadrement d’activités physiques sportives est soumis à l’obligation générale de sécurité de l'article L421-3 du Code de la consommation.
#
Lire aussi: Utilisation et avantages du parachute militaire