Guide complet : Leash 5ème ligne en kitesurf, fonctionnement et montage

Le monde du kitesurf a connu des évolutions techniques majeures pour accroître la sécurité et l’autonomie des pratiquants. Parmi ces innovations, l'intégration d'une 5ème ligne sur certaines ailes a marqué un tournant décisif. Ce dispositif, dont le brevet a été déposé par Michel Bousquet sous le numéro FR 2841213, offre une solution robuste pour le largage qui annule la puissance de l’aile. Au fil des années, ce système a été proposé en 2004 et aussi sous forme d'un kit à adapter sur une barre existante, comme le kit Bump and Jump distribué entre autre par flysurf.com.

Fonctionnement et mécanisme de la 5ème ligne

La 5ème ligne n'est pas seulement un ajout structurel ; elle agit comme un système de sécurité actif. Elle permet, en cas de besoin, de mettre l'aile en drapeau, ce qui neutralise instantanément sa traction. Pour que cela fonctionne bien, il faut bien gonfler le bord d'attaque pour que ça fonctionne bien, car le système ne marche bien qu'avec des ailes suffisamment rigides. Une aile souple ou sous-gonflée pourrait se déformer, rendant le largage moins efficace.

Il est nécessaire de prévoir une butée sur la 5ème ligne. Cette butée est cruciale car elle permet de définir la limite de tension du système. Il faut veiller à ce que ce réglage soit réajusté en fonction de la pression du boudin. Lors de l'installation, le réglage doit se faire sur une grande plage avec un peu de vent pour valider la tension correcte. Les manuels Wipika en ligne en donnent une bonne explication, et il est recommandé de s'y référer pour comprendre les nuances du montage, notamment lorsque le système devient le CLS (Central Line Safety).

Procédures de montage et adaptation sur l'aile

L'installation de la 5ème ligne demande de la précision, surtout si vous adaptez un kit sur une aile qui n'en était pas équipée à l'origine. Il y a plusieurs façons de procéder pour attacher la 5ème ligne. Une méthode courante consiste à découdre le renfort existant et à le coudre sur elle-même à travers le spi de l'aile. La question se pose souvent : où coudre les pattes ? L'emplacement idéal se situe entre la latte centrale et la latte suivante de l'aile.

Il est impératif de s'assurer que le montage est propre. Si vous ne placez pas la 5ème ligne au bon endroit, elle peut s'emmêler dans les rotations. Une fois en place, elle doit être indémêlable dans l'eau. Pour ceux qui cherchent des solutions plus universelles, des systèmes comme le Recon de Cabrinha existent, mais ils sont parfois plus faciles à adapter sur n'importe quelle aile que d'autres configurations propriétaires.

Lire aussi: Sécurité et leash de kitesurf

Optimisation de la barre et compatibilité des lignes

La compatibilité entre barres et ailes de kitesurf dépend de trois facteurs : les connectiques (boucle/noeud), la position du V (haut ou bas) et la longueur des lignes. Le choix le plus sûr reste une barre de la même marque que votre aile. Si vous changez de marque d'aile mais souhaitez garder votre barre, vous devez être vigilant.

  1. Le principe de la tête d'alouette est bien connu, mais les dispositions varient d'une marque à l'autre. Sur certaines marques, les avants ont une boucle et les arrières un noeud, ou inversement.
  2. La position du V est un aspect crucial pour la performance et la sécurité. Il existe deux configurations : la barre en Y (V haut) où le V est placé plus haut sur les lignes, et la barre en V (V bas) où il est placé plus bas.
  3. Malgré les efforts de standardisation, il peut y avoir des écarts allant jusqu'à 10 cm entre les lignes de marques différentes. Les barres en Y ont parfois des lignes avant légèrement plus longues.
  4. Les pigtails sont des adaptateurs indispensables pour résoudre les problèmes de connectiques et de longueur des lignes entre différentes marques. Ils permettent de connecter facilement des équipements incompatibles et d'ajuster la longueur des lignes pour une performance optimale.

Pour garantir la meilleure compatibilité, sécurité et performance, la solution idéale reste de choisir une barre de la même marque que votre aile. Des solutions modernes, comme la Click Bar de Duotone, sont livrées avec 6 pigtails de différentes longueurs, permettant un montage en 4 ou 5 lignes, avec une position du V réglable.

Gestion du matériel : le rôle du Kitecleat

Dans la gestion du matériel, le Kitecleat joue un rôle essentiel pour l'autonomie. Positionné en permanence soit sur vos lignes, soit sur votre harnais, boardshort ou sac d’aile, le Kitecleat vous accompagne naturellement dans vos navigations. Il est conçu pour être rapide et facile à utiliser. Il suffit de « sauvegarder » la bonne position des lignes avant de déconnecter son kite pour les retrouver dans le bon ordre à la session suivante.

Il assure le maintien en position des lignes lors de la déconnexion aile/barre. Vous devez vous assurer de ne pas passer de ligne du coté du chicken loop lorsque vous roulez ou déroulez celles-ci. Le Kitecleat a été conçu de manière à ce que le sable puisse aisément le traverser, particulièrement les modèles des versions V2 et V3. Il doit être solidement arrimé à ton harnais mais il doit être aussi aisé de l’attraper et de le libérer. Attention : dans tous les cas, l’élastique doit tirer le Kitecleat à l’intérieur de son « logement ». Si tel n’est pas le cas, il existe un risque de le perdre si celui-ci venait à sortir.

La ligne dyneema ou spectra n’a pas d’âme et a la particularité de s’écraser jusqu’à quelques dixièmes de millimètre sans dommage, quelque soit son diamètre initial (1.5 à 3mm pour les lignes et pré-lignes de kite). Prenez votre barre, positionnez vous quelques mètres derrière votre aile, déroulez quelques mètres de ligne avant de remettre en place un des élastiques de maintien. Tendez légèrement vos lignes et effectuez les éventuels tours de barre nécessaires avant de « déhooker » votre barre du harnais et de la poser au sol.

Lire aussi: Sécurité optimale avec un bon leash de surf

Réflexion pédagogique sur les accessoires de sécurité

Instructeur de kitesurf depuis plus de 15 ans, j’ai eu l’occasion d’enseigner sur différents spots à travers l’Europe. Au fil des années, j’ai constaté une constante : malgré les risques bien connus, certains pratiquants continuent d’utiliser un leash de planche en kitesurf. Cet article n’a pas vocation à répéter ce qui a déjà été dit ailleurs, mais plutôt à partager un retour d’expérience terrain (RETEX) pour proposer un regard pédagogique basé sur des années d’enseignement : comprendre les risques liés au leash de planche, et surtout présenter des solutions et alternatives plus sûres pour apprendre et progresser.

Le leash de planche est un moyen de rester connecté à la planche lors d’une chute. Souvent de type enrouleur, il offre une longueur de câble entre 3 et 5m. Le risque principal à l’utilisation d’un leash de planche, c’est le retour de la planche lors d’une chute par transfert d’énergie à la planche qui revient à son point de fixation. Lorsque la longueur du câble atteint son maximum, cela se traduit par un retour à l’envoyeur de la planche par effet de catapulte.

Les blessures qui en résultent sont souvent importantes, car une planche de kitesurf de type twintip est un objet fin, relativement lourd et affuté. D’autres perspectives sont à prévoir, lorsque le renvoi de la planche et de sa fixation vient se placer au niveau des lignes de l’aile et de la barre provoquant le fameux "death-loop". Il existe une compilation de sources fiables et études scientifiques documentant les blessures et risques liés au leash de planche, notamment les travaux de Nickel et al. (2004) et les analyses de traumatologie du Dr Ivan Prothoy et du Dr François Duchenne de la Motte, soulignant les collisions planche/kitesurfeur.

Alternatives au leash de planche et progression

Utiliser un leash de planche freine totalement la progression. Avec un leash, pas d’expérimentation, pas d’essais-erreurs, et surtout, on ne pratique plus la nage tractée. Le body-drag ou nage tractée vous permet de vous déplacer au vent et sous le vent lorsque l’on perd la planche. C’est un fondamental sans lequel un kitesurfeur ne peut pas être considéré comme autonome.

Pour devenir efficace en body-drag, il convient de respecter quelques principes :

Lire aussi: Leash de bodyboard : Installation étape par étape

  1. Choquer l’aile aux changements de directions : il est impératif de libérer la barre complètement lorsque l’on passe l’aile d’un côté à l’autre de la fenêtre de vent.
  2. Sur le flanc pas sur le ventre : il faut impérativement se positionner sur le flanc pour que l’eau prenne appui, le corps remplace la planche.
  3. Maîtriser l’angle de remontée : la remontée au vent s’effectue par un angle d’environ 15° à 30° max au vent par rapport aux lignes de votre kite.
  4. Confondre vitesse et précipitation : gardez un œil sur votre planche, respirez, et faites des bords suffisamment longs pour qu’ils soient efficaces.
  5. Entraînez-vous : profitez d’un spot calme, abandonnez votre planche à plusieurs reprises et retournez la chercher de plus en plus rapidement.

Si malgré tout, vous avez peur de perdre votre planche, un système Gojoe de la marque Ocean Rodeo est un accessoire fonctionnel pour rendre votre planche visible de loin et qui aide votre planche de kite à descendre au vent. C’est une bouée qui se positionne au niveau de la poignée de votre planche, facile à installer, pour à peu près le même prix qu’un leash enrouleur sauf que c’est totalement sans danger. Si vous êtes plutôt bricoleur, vous pouvez créer un système tout à fait similaire et à moindre coût avec par exemple une frite de piscine, un ballon dans un filet, ou un brassard de natation.

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