Sécurité et navigation en float-tube : l’importance du gilet de sauvetage

Le gilet de sauvetage est-il obligatoire en float-tube ? Cette interrogation, fréquente chez les pratiquants, soulève des enjeux cruciaux qui dépassent le simple cadre de la législation. Si la réglementation nationale en matière de navigation en eaux intérieures présente des zones de flou concernant spécifiquement le float-tube, la prudence et la sécurité doivent rester la priorité absolue de chaque pêcheur.

La législation en vigueur et les spécificités locales

Précisons en préambule que les dernières réformes relatives aux équipements de sécurité en embarcation datent de 2016. L’arrêté du 10 février 2016, toujours en vigueur aujourd’hui pour les eaux intérieures, impose la présence de gilets de sauvetage dans une embarcation. Il n’oblige pas le port de cet équipement de manière continue. Il faut seulement en avoir un à disposition dans son bateau. C’est une obligation de le transporter, en fait. Cependant, certaines autorités locales adoptent des mesures plus strictes. La fédération de pêche de l’Aveyron a récemment rappelé que le port du gilet de sauvetage était obligatoire sur ses eaux. Il s’avère que c’est le préfet de ce département qui, il y a quelques années, a mentionné ce point dans les arrêtés concernant la navigation. Pour être en règle là-bas, il faut porter cet accessoire dès que l’on se trouve sur l’eau.

Le float-tube, enfin, souffre toujours d’un vide législatif. On ne sait pas trop où le positionner, et la preuve en est, l’arrêté de 2016 ne le vise pas. Néanmoins, aux yeux de la loi, le float-tube est considéré comme une embarcation rendant le port du gilet de sauvetage obligatoire. Peu importe que vous soyez champion du monde de votre village de natation, c’est obligatoire. En cas de non-respect, l’article R610-5 du Code pénal prévoit que le non-respect d’un arrêté est puni d’une contravention de 2e classe, soit la somme de 150 euros au plus. Mais aucun texte n’indique précisément la sanction prévue en cas d’absence de gilet dans une embarcation.

Comprendre les équipements individuels de flottaison (EIF)

La notion de « gilet de sauvetage » ne correspond pas à une réalité légale. Dans les textes n’existent que les équipements individuels de flottaison (EIF). Il existe deux types d’EIF : ceux destinés à maintenir la tête de l’utilisateur hors de l’eau, qu’il soit conscient ou non, et ceux conçus pour aider le porteur à rester en surface, qui relèvent de la catégorie des aides à la flottaison. L’indicateur du niveau de protection est chiffré en Newtons (N) : 50, 100, 150 et 275.

Un gilet « 50 Newtons » est une aide à la flottabilité. Mieux vaut être conscient avec lui. Un gilet « 100 Newtons » relève aussi de cette catégorie et, s’il est plus efficace que le modèle inférieur, il ne vous garantit toujours pas une position sur le dos. Les gilets 150 et 275 Newtons seront extrêmement efficaces et relèvent véritablement de la catégorie des gilets de sauvetage. Les catégories des EIF sont en réalité des normes ISO et EN. Ils doivent donc être logotés « CE » pour être valablement portés. Un équipement individuel de flottaison ne peut donc pas se bricoler, ce qui constitue le meilleur moyen pour se faire verbaliser.

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Choisir son équipement : mousse ou gonflable ?

Le choix entre un gilet en mousse et un modèle autogonflant dépend de vos priorités. Très personnellement, les modèles autogonflants sont recommandés, car le confort et la liberté de mouvements sont incomparables. Dans les gilets autogonflants, vous retrouvez deux familles : à déclenchement manuel ou à déclenchement automatique. Le système à déclenchement automatique utilise une cartouche de gaz qui se libère en cas de chute. Pour le float-tube, le modèle manuel est souvent plébiscité par les pêcheurs aguerris afin d’éviter un déclenchement inopiné au contact de l’eau lors de phases de pêche active.

Le système hydrostatique (ou Hammar) est un déclencheur onéreux mais ne craignant pas l’humidité, puisqu’il se sert de la pression de l’eau une fois immergé. Les systèmes UML, quant à eux, contiennent une cartouche hydrosoluble qui fond au contact de l’eau. Ces derniers sont sensibles à l’humidité et ne supportent pas le stockage dans des coffres humides de bateau. En moyenne, il convient de remplacer les systèmes de déclenchement tous les 3 ans ou selon la date préconisée sur le déclencheur.

Conseils pratiques et sécurité en action de pêche

Il est vivement conseillé de porter un pantalon de plongée ou des waders pour pratiquer le float-tube. Concernant ces derniers, un wader rempli d’eau ne vous entraînera pas au fond, mais il peut gêner vos mouvements. Il est essentiel de vérifier régulièrement l’état de votre gilet : usure des sangles, état des systèmes d’attaches, boucles en plastique qui peuvent se fragiliser avec le temps, et la tête de percussion.

Il est également recommandé d’avoir toujours sur soi un couteau, idéalement attaché, au cas où une sangle s’accrocherait. Sur l’eau, il faut toujours garder un œil autour de soi et s’adapter à la situation. Prendre en considération les autres usagers, la météo, le vent, les vagues et le courant est fondamental. Lorsque l’on est sur son float-tube, il faut être attentif aux fuites. Pour faire face à un imprévu, tel que le retournement, la collision avec un bateau ou un obstacle, ou une crevaison, votre gilet reste votre meilleur allié.

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