Baron Noir : Plongée Immersive au Cœur des Méandres de la Politique Française

La série télévisée française "Baron Noir", créée par Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon, est une œuvre qui se distingue par son approche singulière et sa grande part documentaire de la vie politique. Décrite comme une plongée des Soprano dans le bain politique, elle ne fait pas mystère de son ambition de révéler les coulisses du pouvoir. Traitant des thèmes intemporels de la trahison, de la corruption, du pouvoir et de la manipulation politique, la série s'articule autour de l'épopée politique et judiciaire de Philippe Rickwaert. Cette création originale est réalisée par Ziad Doueiri, Antoine Chevrollier et Thomas Bourguignon, et a été saluée pour ses qualités narratives et son réalisme saisissant. Eric Benzekri, pour avoir milité de nombreuses années et avoir travaillé dans le milieu politique, a voulu donner à son scénario le plus de densité possible. Cette collaboration entre les créateurs et Canal Plus a abouti à un véritable tour de force, un thriller politique passionnant et brillant qui n'a rien à envier à la brillantissime série "House of Cards". Une immersion totale dans la vie politique, de plus en plus passionnante au fur et à mesure des trois saisons, est offerte au spectateur. Les plus grandes qualités de cette série résident dans les dialogues, le rythme, l'exactitude des références politiques et la crédibilité de tout ce qui se passe. Le casting solide qui soutient cette entreprise contribue également à sa réussite, avec des acteurs qui livrent de véritables numéros d'artistes, campant des personnages avec une forte identité qui se mettent à vraiment exister. Franchement excellente série, terriblement dense et quelle interprétation, il est facile d'imaginer que c'est un miroir de la vérité.

Philippe Rickwaert : Le Stratège Volcanique au Cœur de l'Action

Au centre de "Baron Noir" se trouve Philippe Rickwaert, incarné par Kad Merad. Cet homme politique, membre du Parti socialiste (PS), député du Nord et maire de Dunkerque, est porté par une irrépressible soif de revanche sociale. Défini par son engagement politique, le député-maire Rickwaert est un self-made man qui ne conçoit pas sa vie en dehors du parti ou du combat politique. Personnage volcanique et sanguin, il a un but et il avance à tout prix, ne lâchant jamais rien, ni personne. Son parcours est celui d'une ascension semée d'embûches, où la trahison initiale forge sa détermination. En effet, lors de l'entre-deux tours de l'élection présidentielle, il voit son avenir politique s'effondrer lorsque son mentor, le candidat de gauche Francis Laugier, le sacrifie pour sauver son élection. Cette décision, Laugier n'est pas prêt de lui pardonner. Déterminé à se réinventer une carrière, Philippe va utiliser élections et temps forts politiques pour s'imposer pas à pas contre celui qui l'a trahi et ainsi obtenir le surnom de « baron noir ». Son opposition à Laugier est aussi celle entre deux styles : l’homme du pays, Rickwaert, attaché à sa ville, à sa région et aux hommes qui, de tout temps, ont lutté à ses côtés. Il n’envisage pas que qui que ce soit puisse réagir autrement, contrairement à l’homme de Paris, Laugier, habitué aux ors des cabinets parisiens et à leur rhétorique spécifique, qui ne vise et n’envisage que les plus hautes sphères. Son influence et sa résilience sont telles qu'en avril 2024, Kad Merad reprend le rôle de Philippe Rickwaert dans l'ultime épisode de la série "La Fièvre", nouvelle création de Ziad Doueiri, et par la suite, Canal+ confirme une suite commune aux deux séries.

Genèse d'une Intrigue : La Chute et la Soif de Revanche

L'intrigue complexe de "Baron Noir" prend racine dans un moment politique majeur : le débat de l’entre-deux tours de l'élection présidentielle française. C'est à ce moment crucial que l’avenir des deux candidats à la présidentielle se joue. En France, la campagne présidentielle bat son plein, avec le second tour qui s'annonce. Francis Laugier, candidat du Parti socialiste (PS), doit affronter au second tour Jean-Marc Auzanet (UMP), le président sortant. Le soir du débat du second tour, Philippe Rickwaert, l'un de ses plus fidèles alliés et conseillers, apprend d'une source policière qu'une perquisition de la brigade financière doit avoir lieu le lendemain matin au siège de l'Office HLM de Dunkerque. Rickwaert, alors député-maire de Dunkerque et promis à la direction du PS, se trouve face à un problème de trou dans la trésorerie. Il part immédiatement dans sa circonscription et retrouve Joël Donfront, trésorier de l'office. Ensemble, ils se mettent à la recherche d'argent liquide et détruisent les ordinateurs avant l'arrivée de la police. Philippe Rickwaert demande à Joël d'en prendre la responsabilité, tout en garantissant à Laugier qu'il n'y a aucun problème, et lui demande de prendre toute la responsabilité de l'affaire, au nom de la cause. Mais Joël choisit alors de se suicider le matin. Pour sauver sa peau, Laugier sacrifie celle de Rickwaert. Francis Laugier, officiellement investi Président de la République, voit désormais en Rickwaert un danger, dû aux affaires qui rôdent toujours autour de lui. Le nouveau président préfère lâcher Rickwaert en rase campagne et envisage même de donner la 13e circonscription aux Verts à la suite de sa décision de ne nommer aucun écologiste dans son gouvernement, ce qui lui permettrait de rallier ce parti et d'écarter Rickwaert qui vise la direction du PS. Face à cette trahison et cette mise à l'écart, Philippe Rickwaert, avec l'aide des syndicats de l'usine Clamex, fait croire que les sommes manquantes ont été prélevées pour financer des mouvements ouvriers, posant ainsi les bases de sa quête de vengeance et de sa reconquête du pouvoir.

L'Échiquier Politique et ses Personnages Clés

L'univers de "Baron Noir" est peuplé de figures politiques marquantes qui animent les intrigues et les confrontations. Niels Arestrup, dans le rôle de Francis Laugier, campe un personnage froid, calculateur, impérial et cinglant, faisant irrésistiblement songer à Mitterrand. Il incarne l'homme de Paris, habitué aux ors des cabinets parisiens et à leur rhétorique spécifique, qui ne vise et n’envisage que les plus hautes sphères. Son opposition avec Rickwaert est centrale et structure une grande partie du récit.

Amélie Dorendeu, interprétée par Anna Mouglalis, est une autre figure pivot de la série. Proche conseillère de Laugier au début, elle va progressivement s'allier à Rickwaert, entamant une liaison avec lui. Cette alliance nouvelle avec la plus proche conseillère de son ennemi est un tournant stratégique majeur pour Rickwaert. Il se sacrifiera même en se livrant à la justice pour faire tomber Laugier et permettre à Dorendeu de remporter la présidentielle. Cependant, leur relation est loin d'être simple, car par la suite, alors qu'il se bat avec la justice, il est trahi par Dorendeu qui se détourne de la ligne politique de Rickwaert.

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Autour de ce trio central gravitent de nombreux autres personnages qui enrichissent la complexité du récit. Jean-Marc Auzanet, président sortant de l'UMP, est l'adversaire de Laugier au second tour, incarnant une droite politique avec laquelle Rickwaert devra souvent composer. Daniel Kahlenberg, d'abord rival de Laugier, se retrouvera plus tard Premier ministre et même allié de Rickwaert. Alain Chistera, ancien Premier secrétaire du PS, puis Premier ministre sous Dorendeu, est un maillon important de l'appareil partisan. Lionel Chalon représente le Front national (FN), figurant comme un adversaire récurrent dans les élections. Michel Vidal, chef de la gauche radicale, est un partenaire potentiel ou un concurrent selon les conjonctures politiques. Gérard Balleroy, un ami de Rickwaert, lui apporte une aide parfois douteuse mais décisive. Véronique Bosso, quant à elle, vise la succession de Rickwaert à la mairie de Dunkerque, créant de nouvelles tensions locales. Martin Borde, secrétaire général de l'Élysée, incarne l'influence des cabinets ministériels. Enfin, Christophe Mercier, un vidéaste antisystème, émerge comme une nouvelle force perturbatrice sur la scène politique, prônant le tirage au sort comme mode de désignation des représentants politiques. La galerie de portraits est complétée par Cyril Balsan, l'ancien protégé de Rickwaert, que ce dernier soutiendra dans son combat pour réformer le système éducatif.

Les Saisons du Pouvoir : Chroniques des Intrigues et des Machinations

Saison 1 : La Chute et la Renaissance d'un Baron

La première saison de "Baron Noir" plonge le spectateur au cœur de l'intrigue qui va définir la trajectoire de Philippe Rickwaert. Tout commence avec le débat de l’entre-deux tours et l'affaire de l'Office HLM de Dunkerque, où Rickwaert est soupçonné d'avoir mis en place un système de financement illicite de la campagne de Laugier. Le suicide de Joël Donfront, que Rickwaert avait poussé à prendre la responsabilité de l'affaire, est un événement fondateur qui scelle le sort de sa relation avec Laugier. Ce dernier, élu président, préfère lâcher Rickwaert en rase campagne. Rickwaert, avec l'aide des syndicats de l'usine Clamex, parvient à faire croire que les sommes manquantes ont été prélevées pour financer des mouvements ouvriers, une manœuvre habile pour masquer l'étendue du scandale.

Malgré les tentatives de Francis Laugier de l'écarter, notamment en envisageant de donner la 13e circonscription aux Verts, Rickwaert parvient à être élu, grâce notamment à l'aide de son ami Gérard Balleroy, qui n'hésite pas à renverser des urnes dans un bureau de vote hostile à Rickwaert. Le poste de premier secrétaire du PS devenant vacant à la suite de l'accident du titulaire Alain Chistera, Rickwaert veut y installer Daniel Kahlenberg, le rival de Laugier. Mais Laugier, pour contrecarrer ses plans, demande à Amélie Dorendeu, qui n'a jamais été élue, de prendre la tête du parti. Rickwaert, découvrant que Dorendeu n'a pas suffisamment d'ancienneté au PS pour se présenter, se voit contraint d'agir sous la menace du secrétaire général de l'Élysée, Martin Borde, qui annulerait l'aide à l'usine Clamex si Dorendeu échoue. Rickwaert rallie alors le PS à Amélie Dorendeu qui est élue Première secrétaire. Les premiers épisodes de "Baron Noir" offraient un feuilleton intense tendant vers la série bouclée où à chaque épisode, une entrave politico-judiciaire se trouve résolue et toujours conclue par le terrifiant gimmick musical caractéristique. Cependant, les derniers épisodes quant à eux perdent ce schéma et le réalisateur Ziad Doueiri nous embarque au plus près de l’inévitable descente aux enfers dont aucun ne sortira indemne.

Saison 2 : L'Ascension Ministérielle et la Chute du Président

La deuxième saison marque un tournant pour Philippe Rickwaert. Après plusieurs tentatives de déstabilisation du pouvoir, Rickwaert se rapproche d'Amélie Dorendeu, avec laquelle il entame une liaison et pousse Laugier à organiser un remaniement ministériel. Malgré les tensions entre ce dernier et son ennemi politique, Rickwaert est intégré dans la nouvelle équipe gouvernementale en tant que ministre du Travail sous le gouvernement du Premier ministre socialiste Daniel Kahlenberg. Il est toujours l'amant d'Amélie Dorendeu.

L'intrigue s'épaissit avec le dossier de l'Éducation nationale, où Philippe Rickwaert soutient le mouvement de lycéens professionnels qui souhaite des quotas de places en IUT. Pour saborder ce mouvement, des membres des jeunes socialistes s'infiltrent à l'assemblée des lycéens et arrangent le vote pour saper l'organisation d'une manifestation d'ampleur. À l'Assemblée nationale, Philippe Rickwaert, vêtu d'un bleu de travail, interroge le gouvernement sur les quotas. Laurent Mirmont, le Premier ministre, s'y oppose fermement, au nom du mérite républicain et parle de « faute morale ». Pour mettre un terme aux mouvements lycéens, le gouvernement, en accord avec le patronat, propose une revalorisation des stages des lycéens professionnels. Philippe Rickwaert envoie Mehdi Fatani, le leader des lycéens, négocier avec Jean-Marc Auzanet le refus du patronat, mais la droite veut qu'il s'engage avec elle aux élections européennes. La CGPME s'oppose à la revalorisation des stages. Francis Laugier décide donc d'accorder les quotas demandés mais Laurent Mirmont y reste fermement opposé et démissionne. Dans son départ, il prend des mesures pour faire tomber Gérard Balleroy. Daniel Kahlenberg est nommé Premier ministre et Philippe Rickwaert ministre du Travail.

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Les affaires continuent de rattraper les personnages. Gérard Balleroy est mis en examen pour emplois fictifs. Véronique Bosso, qui se destine à succéder à Philippe Rickwaert à la mairie de Dunkerque, veut porter plainte contre lui. Rickwaert veut alors faire échouer Bosso en forçant une élection municipale partielle et en faisant se présenter son frère contre elle. Dans le climat des « affaires » et avec l'ambition de Bruno Rickwaert qui a refusé la fusion des listes électorales au second tour, Les Républicains remportent la mairie de Dunkerque.

Sur le plan européen, la France a dépassé son déficit autorisé par les traités européens et doit payer une amende. Francis Laugier refuse et, avec l'aide de Rickwaert, met au point une stratégie : tenter de convaincre les autres pays européens d'une renégociation des traités afin d'instaurer une harmonisation fiscale. Cependant, l'affaire du piano-forte, où Francis Laugier confie à Philippe Rickwaert la vente de son piano-forte qui justifierait la somme versée à son ex-femme lors de leur divorce, vient compliquer la situation. Vulnérable de par la découverte de Mediapart, Laugier est poussé par Rickwaert à engager la bataille européenne en refusant les sanctions avant que Mediapart ne paralyse son action et fasse passer les révélations comme une tentative de déstabilisation. Sentant le vent tourner, Balleroy négocie ses informations avec les Républicains. Daniel Kahlenberg demande la démission de Philippe Rickwaert, mais Francis Laugier refuse dans un premier temps, craignant de nouvelles révélations et restant focalisé sur la renégociation des traités européens. Il finit par « accepter la démission » de Rickwaert, contraint par Laugier en échange d'une aide à Véronique Bosso en dénonçant au Conseil constitutionnel la déstabilisation d'Auzanet pour voler la mairie de Dunkerque.

L'histoire du piano-forte s'avère fausse. Après en avoir obtenu la preuve, Auzanet et la droite veulent viser Laugier plutôt que Rickwaert et lancent une procédure de destitution du président de la République, soutenue par Amélie Dorendeu et Laurent Mirmont. Véronique Bosso dit ce qu'elle sait à la police et Gérard Balleroy est arrêté. La procédure de destitution échoue et Dorendeu comprend aussitôt que Mirmont est revenu vers le Président. Mirmont a conclu un accord avec Laugier : en échange de son opposition à la procédure de destitution, Laugier annoncerait ne pas être candidat pour un second mandat et désignerait Mirmont comme candidat naturel. Amélie, en désaccord, quitte le Président. L'accord européen échoue à cause des affaires autour de Laugier qui, acculé, démissionne. Rickwaert parle lui aussi à la police et est écroué. Amélie Dorendeu est candidate à la présidence, son amant continuant à la conseiller depuis sa cellule. Boudard propose que la droite arrange une libération rapide en échange d'informations sur la campagne de Dorendeu. Philippe Rickwaert est libéré sous caution après deux mois de prison, et il est assigné à résidence dans un studio du XIXe arrondissement. Il est resté le conseiller de l'ombre d'Amélie Dorendeu, qualifiée pour le second tour de l'élection présidentielle avec Lionel Chalon, le candidat du Front national. Pour Rickwaert, la victoire est assurée mais afin d'avoir la majorité aux élections législatives qui vont suivre, il lui conseille de se rapprocher de Michel Vidal, le candidat de gauche radicale. À sa surprise, elle refuse et décide de faire campagne seule. Le soutien de Jean-Marc Auzanet, suivi d'une vidéo virale mettant en évidence la similarité de leurs programmes, la plombe dans les sondages et Dorendeu reconsidère l'offre. Rickwaert, qui sent qu'elle est conseillée par un autre, lui suggère d'aller maintenant sur le terrain du FN. Le tournage de la deuxième saison de la série portée par Kad Merad et Anna Mouglalis a été entamé par Canal+. Les 8 nouveaux épisodes de cette création originale ont été mis en boîte d’ici au mois d’octobre entre Bordeaux, Dunkerque et Paris, pour une diffusion en 2018. Cette saison a été un pur régal.

Saison 3 : La Conquête de l'Élysée et le Destin du Baron

La troisième saison dépeint la bataille finale de Philippe Rickwaert pour le pouvoir. Rickwaert est libéré de prison entre les deux tours de l'élection présidentielle et, aussitôt sorti, et ce malgré son contrôle judiciaire, il s'implique pour assurer la victoire d'Amélie Dorendeu, candidate du PS, qualifiée pour le second tour face à Lionel Chalon, le président du Front national (FN). Aux élections législatives qui suivent l'élection présidentielle, Laugier ayant prononcé la dissolution de l'Assemblée nationale avant de démissionner, le Parti socialiste n'obtient qu'une majorité relative. Le gouvernement nommé par Dorendeu et dirigé par le Premier ministre Alain Chistera, ancien Premier secrétaire du PS, doit tenter d'adopter ses textes en recherchant le soutien de la gauche radicale de Vidal ou des centristes de Thorigny, d'autant que la présidente, conseillée par Rickwaert, refuse d'utiliser l'article 49 alinéa 3 de la Constitution. Dorendeu remanie le gouvernement un an et demi après son élection et charge Thorigny de mettre en place le nouveau gouvernement. Rickwaert va donc être contraint de lutter sur tous les fronts, devant à la fois préparer son procès et se réconcilier avec sa fille, Salomé Rickwaert, tout en tentant de réunifier la gauche dans l'espoir de réorienter la présidente, et de soutenir son ancien protégé, Cyril Balsan, dans son combat pour réformer le système éducatif.

Alors que la gauche se divise et que le Parti socialiste se retrouve en pleine crise, la présidente Dorendeu organise une scission et fonde un nouveau parti : La France unie, rassemblant un certain nombre d'anciens élus du PS, des LR ainsi que des centristes. Après avoir dissous l'Assemblée nationale, le parti de Dorendeu obtient la majorité lors des élections législatives et maintient donc le gouvernement de Thorigny, malgré les tensions entre celui-ci et la présidente. M. Rickwaert se décide à sortir de l'ombre et, alors que sa peine d'inéligibilité s'achève, il vise la prochaine élection présidentielle. Amélie Dorendeu, dont le bilan à mi-mandat est mitigé, lance ses dernières réformes tout en surveillant les manœuvres de Chalon et en observant l'ascension de l'ancien Baron noir. En comprenant qu'il ne pourra pas se faire élire tant que son image est associée au PS, Rickwaert se résout à quitter le parti et à rejoindre le mouvement de Vidal et déboulonner son chef de l'intérieur en jouant sur son ego pour le pousser à l'erreur.

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Bloquée par l'Union des Centristes de Thorigny et Vidal qui semble pouvoir accéder au second tour face à Chalon, Dorendeu décide d'engager une grande révision de la Constitution visant à supprimer son article 6 sur le mode d'élection du Président de la République (suffrage universel direct). Le projet devra être approuvé par référendum après la courte victoire du vote au Parlement du fait du refus de la droite de Boudard, qui démissionne de l'Intérieur. Le référendum voit l'avènement de Christophe Mercier, un vidéaste antisystème opposé au référendum et prônant le tirage au sort comme mode de désignation des représentants politiques. Rickwaert saisit l'occasion par une manœuvre visant à favoriser l'abstention en véritable ennemi du « oui » de Dorendeu, qu'il défend lors d'un débat contre Mercier. La tactique est payante car le « oui », loin dans les sondages, réussira à obtenir 49 % des suffrages contre 51 % pour le « non ».

Alors qu'il se brouille avec Vidal, il tente d'unir la gauche en mettant en scène son mariage avec Naïma en invitant tous les dirigeants de gauche, y compris Kahlenberg et Vidal. De son côté, Dorendeu, malgré un bilan mitigé, annonce qu'elle sera candidate à sa réélection. Au même moment, Mercier crée la polémique en appelant ses partisans à remettre en cause le système politique actuel tout en mettant en avant le tirage au sort à la place des élections. Après avoir échoué à unir la gauche, Rickwaert renonce à se présenter à la présidentielle. Lors du premier tour, Dorendeu se qualifie face à Mercier, tandis que les candidats de gauche finissent loin derrière (13 % pour Vidal, 5 % pour Kahlenberg et 9 % pour les écologistes).

Mais alors que Dorendeu contacte Rickwaert afin de le désigner comme son prochain Premier ministre après sa réélection, le projet secret de Françallemagne est révélé à la presse, ce qui provoque un scandale, avec le partage du siège permanent français au conseil de sécurité des Nations Unies. Discréditée, Dorendeu renonce à la présidentielle et est déclarée comme inapte par le Conseil constitutionnel après une nouvelle manœuvre imaginée par Rickwaert. Désormais, toute la gauche est unie derrière Rickwaert, y compris Vidal qui fait campagne pour ce dernier aux côtés de Kahlenberg. Devancé par Mercier, Chalon persiste tout de même à se présenter une nouvelle fois à la présidence. Durant l'entre-deux-tours, Rickwaert discrédite la candidature de Mercier tout en se faisant discrètement conseiller par Dorendeu, tenue à l'écart à cause de son impopularité. Au second tour, il est élu président de la République avec un peu plus de 50 % des voix, couronnant ainsi son épopée politique et judiciaire.

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