Les girafes savent-elles nager ? Mythes et réalités

Personne n'a jamais vu une girafe nager. Cela signifie-t-il qu'elles en sont incapables ? Selon les paléontologues Donald Henderson du Royal Tyrrell Museum au Canada et Darren Naish de l'Université de Portsmouth au Royaume-Uni, une telle conclusion serait hâtive.

Modélisation et simulation de la nage d'une girafe

À partir de photos d'animaux d'Afrique de l'Est, ils ont modélisé une girafe sur ordinateur et simulé son comportement dans une eau montante. Les scientifiques Darren Naish, paléozoologiste à l’université de Portsmouth et Donald Hendersen, spécialiste en biomécanique du Royal Tyrrell Museum, ont créé une girafe et une piscine en 3D sur ordinateur pour réaliser l’expérience. Leur but : jeter la girafe virtuelle dans la piscine virtuelle et voir comment l’animal s’en sort.

Le Dr. Henderson a ainsi créé une girafe virtuelle en 3D, qui a été plongée dans une piscine, elle aussi virtuelle. Pour ce faire, les deux scientifiques ont dû prendre en considération le poids de l’animal, sa taille, sa masse, la capacité des poumons et le centre de gravité.

Flottaison et défis morphologiques

Les calculs ont montré que la girafe serait capable de flotter à une profondeur minimale de 2,8 m et ainsi de traverser des eaux peu profondes. À partir de 2,8 mètres de profondeur, l'animal flotte. Ensuite, certes l'animal est gauche, ses hanches se retrouvent au-dessus de ses épaules, mais il ne se noie pas. Si elle le voulait, la girafe pourrait nager.

Toutefois, la forme de l’animal voudrait que celui-ci ne soit capable de flotter que dans une position particulière. En effet, ses longs membres l’attirant vers le fond, la girafe devrait maintenir son cou presque à l’horizontale et la tête quasi sous l’eau. Comme elle doit aussi relever la tête pour respirer, elle se retrouve dans une posture tout à fait improbable qui l’empêche de synchroniser mouvements de pattes et mouvements de tête comme sur la terre ferme.

Lire aussi: Capacités aquatiques de la girafe : une étude approfondie

Analyse de la morphologie de la girafe

La girafe est, de loin, le plus grand des mammifères terrestres. Du haut de la tête jusqu’au bout des pattes, en passant par son très long cou à sept vertèbres, la girafe avoisine les six mètres et pèse presque une tonne. Elle tire son nom scientifique, Giraffa camelopardalis, de ses taches léopard qui lui servent de camouflage.

En plus de sa taille impressionnante, la girafe possède un cœur de 10 kilogrammes et une langue bleue de 70 centimètres, très utile pour attraper les feuilles en haut des arbres.

La modélisation 3D de Naish et Henderson montre que la girafe a déjà besoin de 2,80 mètres de profondeur minimum pour pouvoir flotter sous l’effet de la poussée d’Archimède, mais sa morphologie la handicape grandement. À cause de ses pattes avant et de ses épaules très lourdes, son centre de gravité n’est pas idéalement placé et la girafe serait entraînée vers l’avant avec les hanches relevées au fil de l’eau. Obligée de garder la tête hors de l’eau pour respirer, elle se retrouverait alors dans une position semi-horizontale très peu confortable et pas du tout pratique pour nager. En résumé, même si la girafe flotte, elle serait bien en peine de nager adroitement. Mieux vaut pour elle qu’elle reste où elle a patte.

Capacités de nage et habitat naturel

Bien qu’il soit rare de voir des girafes nager, elles en sont physiquement capables. La morphologie unique de ces animaux, avec leur long cou et leurs longues pattes, ne les favorise pas pour la nage, et contrairement à d’autres animaux, elles n’ont pas une grande flottabilité.

Dans leur habitat naturel de la savane, elles n’ont que rarement besoin de nager. Les occasions où les girafes doivent nager sont rares, et généralement, elles évitent l’eau profonde.

Lire aussi: Éléphants et milieux aquatiques

Locomotion terrestre des girafes

La locomotion des girafes est un aspect fascinant de leur biologie. Leur façon de marcher et de courir est adaptée à leur vie dans les savanes ouvertes, où la vitesse et l’efficacité sont essentielles pour échapper aux prédateurs et parcourir de longues distances à la recherche de nourriture.

Lorsqu’elles marchent, les girafes utilisent une démarche appelée « pacing », qui implique de bouger simultanément les deux pattes du même côté du corps. Cette façon de marcher confère aux mammifères au long cou une grande stabilité, ce qui est crucial étant donné leur centre de gravité élevé. En marchant, elles maintiennent une vitesse modérée, adaptée à leur grande taille et à la longueur de leurs pattes.

Les girafes peuvent courir à des vitesses allant jusqu’à 50-60 km/h. Lorsqu’elles courent, elles adoptent une démarche différente de leur marche habituelle. Au lieu du « pacing » (mouvement simultané des pattes du même côté du corps), elles passent à une démarche où les pattes avant et arrière s’alternent, similaire à un galop. Pendant la course, les mouvements sont fluides et synchronisés, et la queue et le cou jouent un rôle important dans l’équilibre. Bien que les girafes soient grandes et rapides, elles sont aussi, de manière surprenante, très agiles. Malgré leur vitesse, elles ne sont pas conçues pour de longues courses à haute vitesse.

En raison de leur grande taille et de leur morphologie unique, les girafes ne sont pas des sauteurs naturels. Bien qu’elles évitent de sauter, elles peuvent franchir de petits obstacles si nécessaire. Dans leur habitat naturel, il y a peu de nécessité pour ces grands animaux de sauter.

Aptitudes de nage chez les autres animaux

En principe, tous les animaux savent nager. En tout cas, tous les animaux peuvent flotter grâce à leur capacité pulmonaire qui agit comme une bouée. Leur habileté à la nage dépend cependant de leur morphologie comme pour la girafe et de leur habitat naturel. Les animaux vivant en zones humides comme les marécages ou les forêts tropicales n’ont aucun problème à aller dans l’eau et à se déplacer d’une rive à l’eau. Qu’il s’agisse de félins, comme les tigres ou les jaguars, de grands mammifères, comme les chevaux ou les éléphants, ou bien de reptiles, comme les serpents ou les lézards, la plupart des animaux n’ont aucun problème pour nager. À l’exception des grands singes comme les orangs-outans dont les longs membres antérieurs sont plus un handicap pour nager qu’une aide précieuse.

Lire aussi: Approche gourmande et raisonnée de l'alimentation des kakous

Les oiseaux sont avantagés par leur os creux et leurs plumes hydrofuges qui piègent l’air. L’homme atteint 8 km/h… mais sur 50 m seulement. Sur 64 km ; soit la traversée de la Manche, il n’atteint « que » 3,4 km/h. Cela paraît peu à côté des 50 km/h de moyenne du requin mako. Si vous vous posez la question du poisson reconnu comme le plus rapide : il s’agit du voilier cosmopolite. Capable d’atteindre les 110 km/h en vitesse de pointe, il n’a rien à envier au guépard et autres « flèches animales ».

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *