Le cancer du palais est une affection qui touche la cavité buccale, plus précisément le palais ou la voûte palatine, dans sa partie la plus avancée, appelée le palais dur. Cette tumeur agressive, plus fréquente chez les hommes que chez les femmes, peut être causée par le tabac et l'alcool. Généralement, ce type de cancer survient chez les personnes âgées de plus de 50 ans.
Causes du cancer du palais
Les principales causes du cancer du palais sont le tabac et l'alcool. Le cancer correspond à la multiplication de cellules anormales dans ces régions, jusqu’à formation d’une tumeur qui devient visible et palpable. Le cancer du palais touche huit hommes pour une femme avec un âge moyen entre 50 et 70 ans.
Symptômes du cancer du palais
Au tout début de la maladie, les symptômes du cancer du palais peuvent être absents, et la découverte à l'intérieur de la bouche d'une petite lésion peut en être le seul signe physique. Si elle n'est pas traitée, la tumeur va augmenter de taille, toucher les structures voisines (gencives, joues, etc.) et s'infiltrer en profondeur en détruisant l'os du palais. Le cancer du palais se manifestera notamment par des lésions et des douleurs locales.
Diagnostic du cancer du palais
Le diagnostic du cancer du palais s'établit sur la base des informations fournies par le patient et après examen des signes cliniques. Un dentiste peut déceler des lésions du palais suspectes, particulièrement dans un contexte d'éthylo-tabagisme. Pour confirmer le diagnostic de cancer du palais, il est nécessaire de réaliser un prélèvement de la lésion : il s'agit d'une biopsie, à réaliser sous anesthésie locale, voire générale. Il faut également effectuer un examen clinique ORL.
La tumeur est souvent visible lors d’un simple examen clinique qui est réalisé en consultation. Il consiste en un examen minutieux de la cavité buccale et de l’oropharynx : une nasofibroscopie (petit fibroscope souple qui l’on passe par une narine) permettant d’explorer les fosses nasales et le pharyngo-larynx (la gorge). Un scanner du cou et des poumons (cervico-thoracique), avec injection d’iode est systématiquement demandé.
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Traitements du cancer du palais
Globalement, le traitement dépendra de la taille de la tumeur et des résultats de son bilan d'extension. Les patients pourront avoir "une chirurgie consistant à retirer largement le cancer avec, en fonction de la taille, une reconstruction qui peut être réalisée dans le même temps", détaille Agnès Dupret-Bories, qui ajoute : "on retire souvent pendant cette chirurgie les ganglions contenus dans le tissu gras du cou. Il s'agit d'un curage cervical." Le traitement peut être complété, en fonction des résultats de l'analyse de la tumeur et des ganglions, par une radiothérapie ou une radio-chimio-thérapie. Pour les patients ne pouvant pas être opérés, le traitement consistera directement à une radio(chimio)thérapie.
Trois traitements peuvent être utilisés : la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. Parfois un seul traitement est suffisant. Parfois les 3 sont utilisés successivement ou en même temps. La chirurgie consiste en l’ablation de la tumeur et des ganglions du cou (curage ganglionnaire). L’ablation de la tumeur peut se faire soit en passant par la bouche, si sa taille et sa localisation le permettent, soit par le cou et parfois en passant a travers la mandibule (machoire). Il est possible pour certaines tumeurs d’en réaliser l’ablation au laser ou au robot en passant par la bouche. Lorsque la taille de la tumeur est importante, son ablation peut entrainer des séquelles esthétiques mais aussi sur la déglutition et l’élocution. C'est pour limiter au maximum ces séquelles que la majorité des équipes proposent une reconstruction de la région qui a été enlevée. Cette reconstruction se fait actuellement au mieux grâce à des techniques de chirurgie reconstructrice et de microchirurgie.
Après le traitement, le patient va bénéficier d’une surveillance en consultation ORL tous les 2 mois, la première année, puis tous les 3 mois pendant 2 ans, puis tous les 4 mois jusqu’à 5 ans. Ensuite la surveillance s’effectuera tous les 6 mois.
Pronostic du cancer du palais
Si le cancer du palais est diagnostiqué à un stade précoce, le pronostic est très bon avec plus de 80% de chance de survie 5 ans après. "Malheureusement, comme pour tous les cancers ORL, il est souvent diagnostiqué à un stade avancé. Il nécessite alors une chirurgie plus mutilante et avec une survie moins bonne, d'environ 50% de survie 5 ans après le diagnostic", continue Agnès Dupret-Bories.
Prévention du cancer du palais
Il est généralement possible d'éviter les cancers du palais en cessant la consommation de tabac et d'alcool.
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Tumeurs bénignes de la cavité buccale
Une tumeur bénigne de la cavité buccale est une masse non cancéreuse qui ne se propage pas vers d’autres parties du corps (pas de métastases) et qui ne met habituellement pas la vie en danger. Une affection bénigne est une maladie qui n’est pas cancéreuse. L’hyperplasie est caractérisée par un plus grand nombre de cellules normales. Elle résulte habituellement d’une irritation ou d’une blessure du tissu de la cavité buccale. La formation de masses bénignes dans la bouche est très courante à cause de l’hyperplasie. La muqueuse de la bouche, en dehors de l’épithélium de la langue, est, dans sa constitution, très proche de la peau. Cette atteinte, bien que le plus souvent bénigne, peut constituer un « terrain » propice à une éventuelle dégénérescence en tumeur maligne.
Examen de la cavité buccale
Très méthodique, l’inspection examine chaque région de la cavité buccale de l’extérieur vers l’intérieur même si la lésion apparaît au premier coup d’œil. Une attention toute particulière est portée sur les replis entre la joue et les gencives ainsi qu’au niveau des commissures des lèvres. L’examen de la muqueuse du palais est facilité par l’emploi du miroir de bouche.
Examen des glandes salivaires
Les glandes salivaires sont au nombre de SIX dites « principales » : deux glandes parotidiennes (situées en avant de l’oreille), deux glandes sous mandibulaires (situées sous la mâchoire)et deux glandes sub linguales (sous la langue). Leur examen clinique est effectué par un palpé endo et exo buccal.
Examen clinique général
L’examen clinique explore la totalité du revêtement cutané, cuir chevelu compris. Les fonctions neurologiques, les structures osseuses ainsi que les orifices naturels (narines et oreilles) sont également examinés. Ce bilan clinique et para clinique permet le plus souvent d’établir un diagnostic.
Autres lésions buccales bénignes
Aphtes
Lésions buccales bénignes, elles sont un motif fréquent de consultation. Leur mécanisme d’apparition correspond à une atteinte des vaisseaux de la muqueuse. Il s’agit d’une ulcération douloureuse de la muqueuse de taille variable, de localisation unique ou multiples et siégeant préférentiellement au niveau de la lèvre inférieure, des joues et de la pointe de la langue.
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Candidose buccale
Elle est le résultat de la colonisation, en masse, de la bouche par un champignon dont la présence y est naturelle : Candida Albicans. Dans la majorité des cas le diagnostic est essentiellement clinique et un traitement approprié est efficace assez rapidement.
Lichen plan buccal
Il atteint de façon prépondérante les femmes et peut se localiser au niveau de la muqueuse buccal comme au niveau de la peau. Pour compliquer cette description, il faut noter que l’aspect de ce lichen peut être tout autre. Le traitement est ESSENTIELLEMENT MEDICAL, basé sur « l’activité » de ce lichen qui peut être variable dans le temps et dans son intensité.
Pigmentation de la muqueuse buccale
La couleur de la muqueuse normale est due à la présence de mélanine (protéine sécrétée par les cellules de l’épithélium et de couleur brune) et d’hémoglobine (de couleur rouge). Aussi, la découverte d’une, ou de plusieurs, plages brunes, bleutées voire noirâtres DOIT faire l’objet d’une consultation spécialisée. Comme toujours l’examen clinique de la cavité buccale mais aussi de la peau et des phanères (ongles) est effectué. Les causes d’apparition d’une ou plusieurs plages hyper pigmentées sont diverses et variées.
Hyposialie
Egalement appelée xérostomie, elle est due à un déficit quantitatif ou qualitatif de la sécrétion de salive. Candidoses buccales récidivantes (cf. La biopsie des glandes salivaires accessoires (acte peut douloureux et effectué en consultation) réservée au diagnostic de maladie plus générale (cf. L’examen clinique , associé aux tests décrits, permet, de façon générale, d’affirmer le syndrome de bouche sèche. Cependant d’autres pathologies nécessitent la mise en œuvre d’examens (imagerie, biologie, biopsie) plus sophistiqués pour en faire le diagnostic et doivent faire l’objet d’un traitement approprié.