Le monde de la vitesse sur l'eau est un terrain de jeu où les limites sont constamment repoussées, alimenté par une soif insatiable d'innovation et de dépassement. Au cœur de cette quête se trouve Alexandre Caizergues, un nom synonyme de performance et de records en kitesurf. Kitesurfer français le plus titré, il est non seulement un recordman mondial de vitesse dans sa discipline, mais aussi le cerveau derrière un projet ambitieux visant à pulvériser le record absolu de vitesse à la voile sur l’eau. Ses réalisations passées et son engagement actuel avec la société Syroco illustrent une démarche où la passion pour l'adrénaline se conjugue avec une recherche technologique de pointe, dessinant les contours de l'architecture navale de demain.
Alexandre Caizergues : Un Maître Incontesté de la Vitesse en Kitesurf
Alexandre Caizergues, aujourd'hui âgé de 43 ans, s'est imposé comme une figure emblématique du kitesurf de vitesse. Ce kitesurfer français est le plus titré avec quatre titres de champion du monde en vitesse, un palmarès qui témoigne de son expertise et de sa détermination. Son parcours est jalonné de performances exceptionnelles qui ont marqué l'histoire de la discipline. Il fut notamment le premier à dépasser les 100 km/h sur l’eau, atteignant 54,10 nœuds en octobre 2010. Depuis lors, il a amélioré six fois le record du monde de vitesse en kitesurf.
La dernière fois qu'Alex Caizergues a inscrit son nom dans les annales, c'était le 13 novembre 2017, sur la base de vitesse de Salin-de-Giraud en Camargue. Ce jour-là, il a atteint la moyenne hallucinante de 56,62 nœuds sur 500 mètres, un record du monde de vitesse en Kitesurf sur cette distance. Quelques heures plus tard, le même jour, le 13 novembre 2017 à Salin-de-Giraud (Bouches-du-Rhône), le kitesurfeur français Alexandre Caizergues a battu le record du monde de vitesse en kite sur 501 mètres avec une moyenne de 57,97 nœuds (107,36 km/h). Ce record absolu de vitesse en kitesurf, qui battait son propre record de 56,62 nœuds (104,86 km/h), reste à ce jour le record du monde de vitesse en kitesurf.
Le spot de Salin-de-Giraud, un lieu mythique pour les runs de vitesse, est profondément lié à l'histoire personnelle d'Alexandre Caizergues. La base de vitesse y fut lancée avec son père Philippe, un pionnier des runs en windsurf à Port-Saint-Louis-du-Rhône au début des années 1980. Cette transmission de la passion pour la vitesse et l'eau est un élément clé de son parcours. Son savoir-faire sur l'eau est indéniable, il sait ce qu'aller très vite sur l’eau veut dire. Ce savoir-faire s’ajoute à un faire-savoir, Caizergues ayant mené à bien des études de marketing et ayant travaillé comme commercial avant de se lancer dans la compétition en kitesurf en 2005. À l'été 2017, à Oman, Alexandre Caizergues était sacré champion du monde de Kitespeed pour la quatrième fois, consolidant ainsi sa position de l'homme le plus rapide de la planète en kitesurf.
Pour Alexandre, la vitesse est une passion, une idée fixe : celle du kitesurfer français Alexandre Caizergues. Le cerf-volant tenu à bout de bras par des lignes, glisser sur l’eau, tracté par le vent, une planche aux pieds attachée par des straps, voilà son univers. Tandis que certains se livrent à des figures de freestyle, Alex Caizergues, lui, cherche la vitesse, repoussant ses propres limites physiques, mais aussi celles du matériel. Sa quête, ce sont les 60 nœuds de moyenne, 111 kilomètres heures sur une distance de 500 mètres. Il attend les bonnes conditions, le bon coup de vent, la grosse rafale sur le site de Salin-de-Giraud dans les Bouches-du-Rhône, l’endroit au monde idéal pour faire monter l’aiguille : une ligne d’eau qu’on appelle un stade de vitesse, de 30 centimètres de profondeur, hyper exposé aux caprices de la météo. A priori, Alex Caizergues ne tentera rien avant la fin de la semaine si le vent est trop faible pour l’instant, pas de quoi titiller cette barre des 60 nœuds.
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Le Défi du Record Absolu de Vitesse à la Voile : Une Frontière à Franchir
Au-delà de ses propres records en kitesurf, Alexandre Caizergues a toujours eu l'œil sur le record absolu de vitesse à la voile sur l’eau. Ce record, prestigieux et convoité, est homologué depuis 1972 par le World Sailing Speed Record Council et est partagé en 2 catégories : 500 mètres et mille marin (1852 mètres). Toutes les embarcations propulsées par le vent peuvent y prétendre.
Le record absolu de vitesse à la voile sur l’eau - 65,45 nœuds (121,21 km/h) - est détenu depuis le 24 novembre 2012 par Vestas Sailrocket 2 de l’Australien Paul Larsen qui l’avait établi à Walvis Bay en Namibie. Paul Larsen détient ce record dans les deux catégories, avec une vitesse sur l’eau enregistrée respectivement à 65,45 nœuds (121,1 km/h) sur 500 mètres et 55,32 nœuds sur 1 mille marin.
Alex Caizergues n'est pas étranger à ce défi. Quant au record absolu de vitesse à la voile, Alex Caizergues l’a amélioré deux fois avec son kite, en 2008 et 2010. Ces performances antérieures témoignent de sa capacité à innover et à rivaliser avec les engins les plus rapides propulsés par le vent. Les records ont toujours pris une grande place dans le petit monde du kitesurf, étant souvent source d’inspiration, de motivation et d’innovation pour beaucoup. Depuis sa création dans les années 70, le kite n’a fait qu’évoluer et les hommes portés par l’Océan et poussés par le vent n’ont alors eu de cesse d’en repousser les limites.
Le Projet Syroco : Au-delà de l'Exploit Sportif, une Révolution Technologique
Pour atteindre et dépasser ce record absolu, Alex Caizergues s'est lancé dans une entreprise d'une envergure sans précédent avec sa société Syroco. Spécialisée dans la modélisation digitale des navires, la société Syroco d’Alex Caizergues développe depuis 2019 son projet de Speed Craft pour pulvériser le record absolu de vitesse à la voile sur l’eau à plus de 150 km/h (plus de 80 nœuds).
Le projet Syroco n'est pas seulement une quête de vitesse, c'est aussi une démarche de recherche appliquée qui vise à l'optimisation de l’efficacité énergétique des navires et la réduction de leur impact écologique. La société a développé à cet effet une plateforme décisionnelle reposant sur les doubles numériques desdits navires. Le projet Speed Craft Syroco, qui a lui aussi son jumeau numérisé, s’inscrit pleinement dans cette démarche, au-delà de l’aspect purement sportif, non seulement pour toute la technologie développée en matière de modélisation digitale, afin de réussir ce pari, mais aussi quant à la manière de penser l’architecture navale de demain.
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L'engin Syroco est conçu pour des performances extrêmes, alliant hydrodynamisme et aérodynamisme épurés, indispensables pour dépasser 80 nœuds. Syroco sera constitué d’une nacelle légère, d’un foil et d’une aile de kite. Ces éléments sont reliés entre eux par des cordages fins - y compris la nacelle et le foil ! Un aspect révolutionnaire réside dans la conception du foil. Le prototype au tiers navigue depuis l’été 2021 et il a d’ores et déjà validé en réel la simulation numérique d’un foil qui n’est plus plan porteur mais rétenteur. Le rôle de ce foil n’est pas de faire décoller ladite nacelle mais de l’empêcher de déraper et de s’envoler littéralement. Les efforts sur le foil s’exercent dans le sens inverse par rapport à un foiler classique, mais les contraintes mécaniques n’en demeurent pas moins importantes. Cette image de synthèse montre que Syroco sera constitué d’une nacelle légère tractée par une aile de kite et d’un foil dont l’attache par filin n’apparaît pas ici. De même, la réduction maximale de la friction et de la traînée est recherchée, des éléments cruciaux pour atteindre des vitesses aussi élevées.
Près de vingt profils de “plans rétenteurs” - que l'on pourrait appeler ainsi par opposition aux plans porteurs - ont été testés en mer lors de runs permettant également de vérifier tous les systèmes embarqués, en particulier pour les réglages à distance du foil et de l’aile. La maquette au tiers navigue depuis l’été 2021 en rade de Marseille (la nacelle en carbone de ce prototype mesure 2,40 mètres de long contre 7,20 mètres pour l’engin à échelle 1). Grâce à des recherches poussées, notamment en matière de contrôle d’attitude, elle vole désormais de manière stable. La maquette prototype (2,40 mètres de long) est bardée de capteurs alimentant en données les ingénieurs de Syroco pour affiner la modélisation de l’engin qui sera piloté par Alex Caizergues.
La Course aux 80 Nœuds : Concurrence et Innovation
La quête des 80 nœuds ne passionne pas uniquement l'équipe de Syroco. Un autre projet d'envergure, le projet suisse SP80 de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), présente un concept assez proche. La construction du SP80 est déjà en cours (Persico, le chantier italien constructeur de SP80 est aussi l’un des fournisseurs officiels de Syroco), alors que Syroco pourrait n’être prêt qu’en 2023. La question demeure : qui de Syroco ou du SP80 sera le premier à franchir le mur des 80 nœuds ? La réponse devrait intervenir dans les prochains mois, promettant une compétition technologique et sportive fascinante.
L'utilité de ces tentatives de record va bien au-delà de l'exploit purement sportif. À quoi ça sert de descendre une piste de ski à 252 kilomètres heure ? De propulser un TGV à 575 kilomètres heure ? Un engin à quatre roues qui ne ressemble plus vraiment à une voiture à 1227 kilomètres heure ? Cela sert à dépasser les limites, à tester le matériel, à développer des technologies qui servent à l’industrie. Mais c’est d’abord une histoire de passion de la vitesse et d’adrénaline pour Alex Caizergues. C'est avant tout là une histoire de passion et d’envie de dépassement de soi et de repousser les limites technologiques d’un sport. Avec cette quête de vitesse et de record, on a inscrit le kitesurf comme l’un des engins les plus rapides sur l’eau et puis ensuite découlent des développements technologiques qui aujourd’hui peuvent profiter au transport maritime et à l’humanité.
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