La pratique du catamaran de sport, support dynamique par excellence, réserve des sensations uniques dès lors que l’on s’affranchit de la navigation statique pour basculer dans le monde de la haute performance. Vaguement intimidante, la position de l’équipier au trapèze peut faire hésiter certains à s’essayer à des supports un peu punchy… Il n’y a pourtant pas de quoi fouetter un chat. Cette technique, bien que spectaculaire, repose sur des principes physiques simples, une gestuelle précise et un équipement rigoureusement entretenu pour garantir sécurité et efficacité.
Les fondements physiques du trapèze
Le trapèze, c’est une histoire de couple de rappel augmenté. Le concept est élémentaire : l’intégralité du corps de l’équipier (et éventuellement du barreur) est déporté à l’extérieur du bateau, à l’horizontal au-dessus de l’eau. Les pieds du trapéziste sont sur le liston et il est retenu par un câble fixé au mât. Cette technique permet de tenir des dériveurs de plus en plus puissants… Et provoque des sensations assez surprenantes !
Dans une série comme le 470, le barreur est au rappel et l'équipier monte au trapèze dès que le vent forcit ; ce dernier se charge en même temps des écoutes de foc et de spi. En Nacra 17, les rôles évoluent encore : barreur et équipier sont tous deux au trapèze et il revient à l'équipier de contrôler la gîte. Afin de diminuer le couple de rappel lors de rafales ou dans les passages délicats, il rentre un peu en pliant les jambes pour ajuster l'assiette du catamaran.
Anatomie du système de trapèze
L'installation technique comprend plusieurs éléments distincts, essentiels au bon fonctionnement du dispositif. Les câbles de trapèze, à dénombrer par paire, un sur chaque bord, possèdent un usage propre et doivent être différenciés des haubans. Ils se fixent de part et d’autre du mât et chacun se termine par une cuillère, ou double cuillère, dans laquelle l'équipier vient se crocheter. Un palan est souvent intégré au câble pour ajuster la hauteur, tandis qu'un sandow ou élastique assure le rappel du câble au niveau du liston pour éviter qu’il ne traîne dans l’eau.
Pour manipuler ce système, la poignée de trapèze est indispensable. Il existe des modèles en deux parties démontables, comme les produits Optiparts EX3045, permettant de poser une poignée sans changer le câble, ou encore les poignées Ronstan RF5122R-2 équipées d'un grip vertical. Pour maintenir ces systèmes en place, on utilise des butées de trapèze, comme les modèles proposés par Nacra Sailing, ou des boules d'arrêt de 18 mm de type Viadana.
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La gestuelle : technique de sortie et maintien
La mise en place du trapéziste suit un protocole rigoureux. Pour sortir, on se place accroupi sur le liston au vent et on se crochète. On saisit la poignée d'une main, on se tend en poussant sur la jambe avant tout en s’équilibrant de la main opposée. Une fois tendu, on lâche la poignée. Grâce au palan, on peut se descendre plus ou moins, en fonction de son confort, de la force du vent et de la hauteur des vagues.
Garder de la mobilité au niveau du buste est important, que ce soit pour observer le plan d’eau ou travailler la conduite en bougeant pour accompagner le bateau. Pour proposer le meilleur couple de rappel, il faut se grandir au maximum. À l'inverse, pour rentrer du trapèze, on saisit sa poignée, on plie la jambe avant et on se laisse glisser à l’intérieur du bateau.
Le niveau de maîtrise ultime, souvent observé en 49er, consiste à sortir du virement et se jeter au trapèze à la seule force du bras, pour ne se crocheter qu’après coup. De même, tendre le bras au trapèze permet de déporter du poids plus à l'extérieur encore, donc d'augmenter le couple de rappel, mais cette position n'est pas aisée à tenir durablement.
Exigences physiques et ergonomie
Le trapèze, c’est technique, avant tout. Cela réclame donc de l’agilité, un peu d’explosivité aux virements de bord dans la brise, du dynamisme, une certaine coordination… Et une bonne dissociation entre le bas et le haut du corps. Contrairement à une idée reçue, musculairement, cela ne sollicite guère les jambes. Le dos et les abdos souffrent davantage, surtout si la ceinture de trapèze est mal ajustée.
Lorsque votre dériveur déjauge, il devient capital d’équilibrer votre bateau, et pour cela, rien de tel qu’une ceinture de trapèze. Aussi appelé harnais de trapèze, cet équipement se doit absolument d’être résistant et confortable. La principale différence entre l’entrée et le haut de gamme réside dans le confort général lorsque vous vous déportez à l’horizontale au-dessus de l’eau. Le confort se joue essentiellement au niveau de la taille, des fesses et du dos. Une assise renforcée en kevlar permet d’apporter un meilleur soutien mais aussi une meilleure résistance à l’abrasion. Pour les longues navigations, il est recommandé d'opter pour une ceinture de trapèze avec des renforts au niveau des épaules. Cherchez en priorité des modèles équipés de renforts aux endroits stratégiques : plus la surface du harnais qui portera votre poids est grande, plus le confort en position couchée sera optimal.
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