L'univers foisonnant de Kid Paddle, une série emblématique du paysage de la bande dessinée, continue de captiver un public vaste et diversifié avec ses aventures empreintes d'humour et de références à la culture populaire. L'album "Men In Blork", le quinzième tome de cette saga culte, s'inscrit pleinement dans cette tradition, offrant une nouvelle plongée dans le quotidien trépidant et souvent chaotique de son jeune héros. Créée par Midam, cette série est éditée par Glénat BD dans la collection Mad Fabrik et se destine à un public "Tout public", confirmant son accessibilité universelle. Au prix de 10.95€, cet opus, comme ses prédécesseurs, promet des moments de lecture divertissants, ancrés dans un genre d'humour qui a fait ses preuves. L'analyse des critiques de "Men In Blork" révèle un équilibre délicat entre la fidélité à une formule gagnante et des tentatives de renouvellement, tout en soulignant la persistance d'un univers riche et en constante expansion.
Un Quinzième Tome sous le Signe de l'Humour Trash et des Références Geek
"Men In Blork" plonge le lecteur dans une série de péripéties où la vie de Kid Paddle, le jeune gamer passionné de jeux vidéo et de monstres, n’est jamais sereine, mais toujours drôle. Cet album est rempli de gags savoureux qui jonglent habilement entre l'humour trash et les références geek, où le réel est dépeint comme étant aussi fou que le virtuel. Le synopsis de l'album détaille une série d'événements caractéristiques des aventures de Kid Paddle : des expériences scientifiques bizarres qui dégénèrent, des cauchemars à base de licornes en peluche, des tentatives de fraude au cinéma pour adultes, et des massacres de blorks dans une salle d’arcade où le gardien se montre aussi teigneux que son molosse. Toutes ces situations contribuent à la richesse narrative de cet opus, garantissant une lecture rythmée et pleine de rebondissements.
Kid Paddle, toujours adepte du gore, continue de mener la vie dure à son père et sa sœur, accumulant les bêtises avec sa bande d’amis dans ce tome divertissant. Le jeune gamer, avec sa passion inébranlable pour les jeux vidéo et les créatures monstrueuses, imagine son papa poule en super papa badass, le voyant tantôt maître d’arts martiaux, tantôt tueur à gages. D’ailleurs, le père de Kid fait des efforts notables pour susciter l’admiration de son fils, comme le geste quelque peu inhabituel d'avaler du fromage et de l’ail avant d’aller chez le dentiste, ajoutant une couche d'absurdité attendue à son personnage. Sa sœur, Carole, est également mise en avant, notamment alors qu'elle craque pour un garçon. Bien qu'elle ne s’entende toujours pas avec son frère, elle aussi rencontre des difficultés à assumer les postures ridicules de son père, particulièrement lorsqu'elle doit lui présenter son premier petit ami, ce qui génère des situations comiques et reconnaissables.
L'album intègre quelques histoires inédites qui viennent pimenter l’ensemble, à l'instar de celle de Marc Edouard, décrit comme le jardinier le plus flippant du monde. Pour le reste, le scénario des gags se confine aux vieilles recettes qui ont fait le succès de la bande dessinée, un aspect qui est à la fois une force et une potentielle faiblesse selon les perspectives. Parmi ces gags récurrents, on retrouve les expériences bizarres menées avec Big Bang, les tentatives incessantes et toujours infructueuses d’entrer au cinéma pour voir un film interdit aux moins de 18 ans avec Horace, et les parties de jeux vidéo sanglants, toujours sous l’œil vigilant de Mirador et de son chien. Ce cocktail détonant et toujours aussi efficace, bien que familier, constitue le cœur de l'humour de la série.
L'Art de Midam : Une Cohérence Graphique et Narrative
L'œuvre de Midam, à travers la série Kid Paddle, se distingue par une cohérence graphique et narrative remarquable. Le dessin, pour sa part, ne varie pas d’un pouce, conservant un style immédiatement reconnaissable qui a fait le succès de la série. Les personnages sont exagérés, frôlant la caricature, dont Marc Edouard le jardinier est un parfait exemple, illustrant cette approche visuelle distinctive. Les traits épais, les arrières-plans minimalistes et un univers très coloré sont les marques de fabrique de Midam, où fourmillent des monstres globuleux et des insectes répugnants, ajoutant à l'esthétique particulière de l'œuvre. Graphiquement, il n’y a pas grand chose à redire, le talent du dessinateur belge étant déterminant. Il lui permet de mettre en scène des corps coupés en deux d'une manière à la fois drôle et techniquement très réussie, une caractéristique appréciée par les lecteurs et les critiques.
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Midam ne cesse de se renouveler album après album, avec une efficacité assez déconcertante. L’auteur surfe depuis quinze albums avec aisance et une inventivité toujours présente sur les mêmes thématiques que sont les jeux vidéo, les monstres et autres blorks, ainsi que l’inébranlable envie d’aller au cinéma pour voir des films interdits aux moins de 18 ans. À chaque fois, il parvient à trouver un nouvel angle pour traiter ses sujets de prédilection, et le public rit toujours de bon cœur face à l’énième tentative d’arnaquer le guichetier pour accéder aux salles de cinéma. Cette capacité à maintenir l'intérêt tout en explorant des thèmes familiers est une preuve de la maîtrise narrative de l'auteur.
Les compagnons d’aventures de Kid Paddle, tous aussi barrés que le petit gamer lui-même, sont retrouvés avec toujours autant de plaisir. Horace, sa sœur Carole, son père - ce père si délicieusement déjanté -, le petit barbare et quelques blorks bien évidemment, chacun tient impeccablement sa place dans la mécanique des gags, qui font tous mouche, sans exception. Kid sait bien que venir à la salle de jeux avec Horace ne va pas augmenter ses chances de parvenir au bout d'une quelconque partie. Son copain est fan de Rikiki le petit canard, alors que Kid est plutôt amateur d'affrontements contre des mort-vivants avec des tronçonneuses. Mais ils y vont quand même, et quand ce n'est pas le jeu en lui-même qui sonne Game Over au bout de quelques secondes, c'est le patron du lieu qui les met dehors parce que son chien Radar s'est effondré dans une flaque de milkshake. Kid se venge un peu en faisant faire des cauchemars à sa sœur, grâce à la nouvelle déco de la porte de sa chambre. Ou bien il se prend à rêver que son père est un champion de tous les arts martiaux du monde, et s'engage dans un combat sans merci avec son voisin.
L'Hégémonie de Kid Paddle et l'Empire de Midam
Avec plus de 7 millions d’albums vendus et une série spin-off aussi culte que l’originale, Kid Paddle est tout simplement l’une des séries les plus populaires du paysage BD actuel. S’inscrivant dans la grande et belle tradition de la BD d’humour tout public, Midam y réussit le tour de force de conserver la sincérité des premiers albums tout en se renouvelant constamment. Avec ce quinzième tome, Kid Paddle rentre un peu plus dans la légende et assoit son hégémonie de jeune gamer dans le monde de la BD. L'univers, que dis-je, l’empire érigé par Midam et ses sbires, a pris et bien pris, et le chaudron est toujours à même de bouillonner.
Depuis 2014, Kid Paddle avait ralenti la cadence au profit de la décadence, bien orchestrée et ensanglantée, de sa créature, Le Petit Barbare, qui en a profité pour rattraper le temps perdu. En cette année 2017, Game Over, le spin-off, a dépassé la série-mère en nombre d’albums, et ce, malgré dix ans de moins que Kid Paddle, qui fêtera son quart de siècle en 2018. Cela témoigne de la force et de l'attrait continuel de l'univers créé par Midam. Le titre même de l'album, "Men in Blork", est forcément inspiré de deux chasseurs d’aliens aux lunettes noires devenus cultes. Midam et ses personnages auraient très bien pu aller à la chasse aux ET, mais il n’en est rien. Car aussi vrai que qui va à la chasse perd sa place, à la borne d’arcade, il y a déjà bien trop à faire sur cette terre de gamers.
À l’heure où l’on met des lunettes à smartphones sur le bout de notre nez pour se persuader qu’on peut se téléporter sur une île paradisiaque ou simuler une chute libre, on oublierait presque que Midam fut un sacré précurseur. Car y a-t-il arme plus fatale pour intégrer une dimension parallèle que le seul pouvoir de l’imagination ? La preuve, le temps a passé, ils y sont toujours, et s’ils ont bien tenté d’évoluer - s'ils s’y prennent comme ils tentent d’entrer au cinoche pour un film qui n’est pas de leur âge, on comprend que ça n’ait pas marché -, Kid et ses amis n’ont rien perdu de leur ferveur à dézinguer des Blorks, pitoyables joueurs qu’ils sont. En quinze tomes de Kid Paddle et seize de Game Over, nos zéros n’ont pas vraiment été flamboyants face aux créatures hideuses et bébêtes sorties de l’imagination sans fond de Midam. On pourrait presque compter sur les doigts de la main les méchants que cette bande de loosers a pu anéantir.
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Fidélité et Renouvellement : Le Défi Continu de l'Innovation
Chaque livraison de Kid Paddle est fidèle à la précédente et nous redonne une bonne dose de gags récurrents, de thèmes attendus, familiers mais réjouissants. Le plaisir de lecture est double lorsqu'on connaît l'univers du garçon à casquette et qu'on réalise que l'auteur ne semble jamais à court d'idées pour envoyer ses gamins se faire refouler devant un guichet de cinéma en tentant d'aller voir un film gore interdit aux moins de 18 ans. Cet aspect, bien qu'il témoigne de la constance de la série, soulève également la question du renouvellement. Le scénario des gags, tout en étant efficace, se confine à ses vieilles recettes, ce qui, après quinze tomes, pourrait gagner à se renouveler un peu, selon certaines critiques.
Cependant, Midam réinvente la mythologie de ses héros sans panne d’inspiration. Mieux, il établit un réel univers en expansion avec des licornes débiles, des petits garçons qui se transforment en Rikiki, cet imbécile de canard rose, et des monstres plus répugnants les uns que les autres. Midam n’est pas au bout de son trip de geek tout public, il développe des envies graphiques nouvelles, des expérimentations, comme des moustiques ou une planche "à l’œil", ce qui est apprécié. Cette capacité à injecter de la nouveauté tout en gardant les fondamentaux constitue la force majeure de l'auteur.
Les sessions dans la salle de jeux d'arcade, bien que désormais gentiment datées dans leur concept, restent des modèles de créativité. Elles aboutissent immanquablement à un personnage principal lamentablement écrasé, une constante qui participe à l'humour récurrent de la série. Le père de Kid, avec son allure improbable de maigrichon moustachu, est plus décalé que jamais, et les espoirs de son fils qui rêve de le voir accomplir des prodiges sont toujours systématiquement déçus. Midam reste totalement fidèle à la galerie de personnages qu'il a créée, chacun tenant impeccablement sa place dans la mécanique des gags.
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