La pratique du kayak de mer exige une préparation minutieuse, où la maîtrise de la cartographie et la connaissance des points d'accès jouent un rôle déterminant pour la sécurité et le plaisir de la randonnée. Entre l'utilisation de supports physiques traditionnels et l'émergence d'outils numériques collaboratifs, le kayakiste dispose aujourd'hui d'un large éventail de solutions pour concevoir ses itinéraires.
Les supports cartographiques physiques : fiabilité et durabilité
Pour une navigation traditionnelle, les cartes NAVIKAYAK constituent une référence. Ces cartes sont issues des cartes SCAN Littoral ® de l'IGN, elles-mêmes fruit du partenariat entre le SHOM et l'IGN. Elles regroupent les informations de ces deux organismes sur un même support, offrant au pratiquant non seulement les données maritimes indispensables à la navigation, mais aussi des informations terrestres précieuses pour la suite des randonnées.
La conception de ces cartes est pensée pour l'environnement marin : elles sont résistantes à l'eau grâce à leur papier synthétique et leur format A3 leur permet de se glisser aisément sur le pont d'un kayak. Par ailleurs, ces cartes en papier synthétique peuvent aussi être utilisées pour des randonnées pédestres côtières mais aussi en VTT, par exemple pour suivre un GR le long des côtes.
Plus globalement, il existe de nombreuses cartes terrestres, dites cartes de randonnées ou cartes routières, et les cartes marines sont disponibles dans presque tous les pays. Il convient de distinguer les éditeurs d'État, comme le SHOM en France, des éditeurs privés. Tous deux proposent des cartes couvrant d'importants territoires avec des niveaux de détail variables. Chaque éditeur applique ses propres règles graphiques, proposant ainsi des rendus différents selon les usages.
Méthodologie de navigation et lecture de cartes
La planification d'un trajet nécessite de placer sur la carte le point de départ et le point d'arrivée. La mesure de la distance se fait à l'aide d'un compas pointe sèche, en prenant comme repère un ou plusieurs milles sur l'échelle des latitudes, située sur le bord gauche ou droite de la carte, à la hauteur du parcours prévu.
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Pour ceux qui souhaitent approfondir les données, le site institutionnel data.shom.fr, dans sa version “ordinateur”, propose une visualisation gratuite de données. Le menu liste les produits du SHOM qui s'affichent sous forme de couches superposables. Dans la partie “Cartographie”, la donnée “Assemblage des cartes marines” permet l'affichage des cartes marines classiques. En cliquant sur un point d'intérêt, une fenêtre s'ouvre pour afficher des informations supplémentaires, comme l'évolution temporelle des prévisions.
Solutions numériques et outils de planification électronique
De nombreux éditeurs proposent désormais des solutions de cartographie électronique, souvent couplées à un GPS, permettant d'afficher des cartes marines et terrestres avec une échelle variable (zoom électronique jusqu'au 1/25000 en général). Lorsqu'elles sont couplées au GPS, elles indiquent la position du navire en temps réel.
Parmi les ressources numériques disponibles :
- La visionneuse des cartes Navionics (Chart Viewer) est gratuite en ligne et permet de tracer manuellement une route pour préparer ses navigations.
- L’application Nav&Co permet un accès gratuit aux cartes marines du SHOM et le téléchargement de zones pour une utilisation hors connexion. Elle propose également une vue découverte avec des informations sur la faune, la flore, les zones protégées et les écosystèmes.
- Marine Traffic affiche en temps réel les positions des bateaux équipés d'AIS, ainsi que leur cap et vitesse, ce qui peut être utile lors de traversées où l'on risque de croiser des navires commerciaux.
Pour la météo, Météo France demeure la source officielle avec les bulletins de météo marine, complétée par des applications comme Windy, Windguru, Windfinder ou MeteoConsult. Les horaires de marées sont consultables sur le site maree.info du SHOM.
La logistique des points d'accès et mises à l'eau
La question du point de mise à l'eau est centrale pour tout kayakiste. Il n'est pas possible d'embarquer où bon semble. Il est donc nécessaire de bien repérer la rivière ou le fleuve. Le site kayakalo.fr effectue un travail remarquable pour recenser un maximum de cales de mise à l'eau, avec des photos, des localisations précises et des commentaires d'utilisateurs.
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L'expérience du terrain montre toutefois que les conditions d'accès peuvent varier rapidement :
- Contraintes tarifaires et logistiques : Au Quai de Grenville, le stationnement n'est plus gratuit (20$/jour), une mesure parfois perçue comme un filtre pour les touristes. Au Quai de Saint-Placide, des frais sont également appliqués. La Maison du Marais impose un coût de 6$ par embarcation, avec une option de carte plastifiée remboursable.
- Accessibilité physique : Certains sites voient leur accès se modifier, comme ce lieu condamné par des rochers obligeant un accès à pied. À l'inverse, le pont de la 116 propose une descente en gravier gratuite. La prudence est de mise sur certains sites : au Lac Pemichangan, le stationnement est limité et le niveau d'eau peut être très bas, révélant des rochers.
- Limitations saisonnières ou temporelles : La fermeture de barrières, comme au Marais du Nord à 17h, est parfois jugée restrictive. D'autres sites, comme la Plage Douglass, pratiquent une tarification dynamique selon l'heure d'arrivée.
- Vigilance sur les conditions naturelles : À Ulverton, il est parfois impossible de naviguer par manque d'eau, obligeant le portage ou le débarquement forcé. Le double portage à Mutton Bay permet, quant à lui, de naviguer sans s'exposer au large.
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