Le kayak cross fait son apparition olympique à l’occasion des Jeux de Paris cet été. Créé pour redynamiser le canoë-kayak, il a rapidement trouvé son public grâce à son côté spectaculaire. Le kayak-cross fait partie des petits nouveaux lors de ces Jeux olympiques de Paris. À la différence du slalom, où les bateaux s’élancent les uns à la suite des autres à la recherche d’un chronomètre avec le moins de fautes possible, le kayak cross place quatre bateaux simultanément sur le bassin d’eaux vives. Au top départ, elle s’abaisse et les quatre pagayeurs doivent arriver en premier en bas du bassin en franchissant sur leur chemin des portes de slalom revisitées et en réalisant un esquimautage complet dans une zone définie.
Cette discipline se distingue par son intensité et son format de confrontation directe, rompant avec la tradition des courses contre la montre individuelles.
Le format de la compétition olympique
Les compétitions de kayak cross se déroulent sur deux jours. Le premier est consacré aux chronos individuels. Chacun leur tour, les pagayeurs descendent le bassin en franchissant les portes et en réalisant leur esquimautage, dans le but de réaliser le meilleur temps.
La compétition se déroule ensuite sous un format de tableau avec des « têtes de série ». On dispute les 16es de finale, puis les 8es, etc… À chaque course, les deux premiers bateaux (sur 4) passent au tour suivant. Les éliminatoires auront lieu dimanche 4 août de 15 h 30 à 17 h 30 sur le bassin de Vaires-sur-Marne, à l’est de Paris. Les phases finales, elles, se dérouleront lundi 5 août de 15 h 30 à 17 h 30.
Spécificités du matériel et réglementation technique
Le matériel utilisé par les pagayeurs est bien différent du slalom. Les bateaux sont différents, d’abord. « Ceux du cross sont beaucoup plus lourds : 18 kg, alors que pour le slalom c’est 9 kg, détaille la Bretonne Léna Quémerais. Ils sont en plastique (format Paname) alors que les autres sont en carbone, donc ils sont beaucoup plus lourds et difficiles à tracter.
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Les règles officielles du kayak cross sont édictées au sein du chapitre 16 du règlement des compétitions de slalom de canoë de la Fédération Internationale de Canoë (ICF). Ces règles imposent des standards stricts pour les embarcations et les pagaies :
- Seuls les bateaux produits en série et librement disponibles à l'achat sur le marché libre sont autorisés.
- La longueur maximale des bateaux est fixée à 2,75 mètres.
- Le poids minimal de l'embarcation doit être de 18 kg.
- La pagaie ne doit présenter aucun bord tranchant sur sa pale. Les pales avec des embouts métalliques sont interdites.
- Les bords de la pagaie doivent présenter une épaisseur minimale de 5 mm (avec un rayon de 2,5 mm).
Équipement de protection et contrôle de conformité
Lors des compétitions de l'ICF (niveaux 1 à 3), les athlètes doivent porter des vêtements appropriés, incluant un haut à manches longues pendant la course. Des équipements de protection supplémentaires sont autorisés, tels que des protections latérales, des protège-dents ou des protections pour les coudes.
La conformité du matériel fait l'objet d'une surveillance stricte avant et après les épreuves :
- Si l'équipement d'un athlète ne respecte pas les exigences alors que le contrôle d'équipement d'avant-course est actif, l'athlète ne sera pas autorisé à prendre le départ et recevra le code DNS (Did Not Start).
- Si l'équipement d'un athlète ne respecte pas les exigences alors que le contrôle d'équipement d'après-course est actif, il recevra le code DSQ (Disqualification).
Conception du parcours et règles de franchissement des portes
Le tracé de la phase d'élimination doit comporter quatre à six portes de descente (aval) et, dans la mesure du possible, deux paires de portes de remontée (amont). Les deux paires de portes de remontée doivent être disposées de manière à permettre à l'athlète de choisir de négocier la remontée soit par la droite, soit par la gauche. Le parcours de la phase d'élimination doit également contenir une zone de retournement (roll zone) marquée et/ou une barrière de retournement (roll barrier). Lorsqu'elle est utilisée en combinaison avec la zone de retournement, la barrière doit être installée à l'intérieur de cette zone.
Pour qu'une porte soit considérée comme correctement franchie, plusieurs conditions doivent être réunies :
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- La tête entière et les deux épaules de l'athlète doivent franchir la ligne de la porte en respectant le bon côté de la porte et le plan du parcours.
- Une partie du bateau doit franchir la ligne de la porte au même instant où la tête entière franchit cette ligne.
- Toutes les portes doivent être franchies conformément à la direction établie par la carte du parcours.
Les athlètes sont autorisés à toucher les portes avec n'importe quelle partie de leur corps ou de leur équipement. Cependant, ils ne sont autorisés à toucher les portes avec leur main que si cette main tient leur pagaie. Il est interdit de déplacer les portes avec une partie du corps ou de l'équipement dans un but déloyal (entraînant des inconvénients pour un autre athlète). Pour la zone de retournement, le bateau doit effectuer un esquimautage complet à 360 degrés dans la zone délimitée. Concernant la barrière de retournement, le bateau doit réaliser un tour complet de 360 degrés, et à un moment donné, le bateau doit se trouver à l'envers sous la barrière.
Règles de contact et mesures de sécurité
Bien que le kayak cross soit une discipline de confrontation directe où le contact entre bateaux est autorisé, des limites strictes sont établies pour garantir la sécurité des concurrentes :
- Le contact de kayak à kayak est autorisé.
- Les athlètes sont autorisées à passer leur bras ou leur pagaie au-dessus d'une autre athlète, établissant ainsi un bref contact avec le corps de cette dernière.
- Il est interdit de tendre délibérément le bras pour retenir ou bloquer une autre athlète avec la main, le bras ou la pagaie.
- Les coups de pagaie intentionnels portés sur le corps d'une autre athlète sont interdits.
- Les contacts dangereux avec la tête ou le corps d'une autre athlète pouvant entraîner des blessures corporelles sont interdits.
- Une athlète ayant une pagaie cassée doit se retirer en arrière et/ou terminer le parcours seule. L'extrémité cassée de la pagaie est considérée comme dangereuse.
Les pénalités en kayak cross sont principalement basées sur le temps. Une pénalité de temps est ajoutée pour chaque touche de porte (généralement 2 secondes), ce qui peut facilement faire perdre la tête à un pagayeur dans une course au rythme aussi soutenu. Selon les pays ou les compétitions, des variations internationales peuvent exister. Par exemple, les événements européens ont tendance à mettre l'accent sur des pénalités strictes pour les infractions aux portes, tandis que d'autres événements internationaux peuvent se montrer plus indulgents pour les touches mineures.
Comparatif avec les autres disciplines du kayak
Le kayak cross propose une expérience très différente des autres pratiques de la discipline :
- Kayak cross vs Slalom : Bien que le kayak cross et le slalom se déroulent tous deux sur des parcours d'eaux vives et impliquent la navigation à travers des portes, la différence clé réside dans le fait que le kayak cross est une course en confrontation directe avec plusieurs pagayeurs sur le parcours en même temps. Le slalom, en revanche, est un contre-la-montre où chaque pagayeur court seul.
- Kayak cross vs Freestyle : Le kayak freestyle consiste à réaliser des figures et des manœuvres sur des vagues ou des rouleaux de rivière. Il est jugé sur le style, la technique et la difficulté. Le kayak cross, au contraire, est uniquement axé sur la vitesse et la stratégie, les compétitrices cherchant à franchir la ligne d'arrivée en premier tout en évitant les obstacles et les portes.
- Kayak cross vs Randonnée (Touring) : Le kayak de randonnée est une pratique de loisir, souvent sur de longues distances, où les pagayeurs parcourent de grands espaces sur des lacs, des rivières calmes ou en mer. Le kayak cross est quant à lui un sprint court et chargé d'adrénaline.
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