Julien Leleu, un athlète dont l'engagement total et la détermination ne connaissent pas de demi-mesure, a tracé un chemin remarquable, passant des terrains de football juniors du Paris Saint-Germain aux championnats du monde de kitesurf. Ce Parisien, animé par une passion dévorante pour tout ce qu'il entreprend, incarne la persévérance et la quête constante d'excellence, même face aux plus grands défis. Sa carrière est une démonstration éloquente de la manière dont la "folie" et l'extrémisme dans l'action peuvent mener à des réussites sportives et professionnelles exceptionnelles.
Des Terrains du PSG aux Premières Glisses sur l'Eau
Né à Paris et ayant grandi entre Marseille, Montpellier et Lille, Julien Leleu a commencé son parcours sportif dès son plus jeune âge sur les pelouses. « Je suis passionné de sport de haut niveau depuis tout jeune, j’ai d’abord joué au PSG jusqu’à mes 16 ans », se remémore-t-il. Il a en effet évolué au sein de l'équipe junior du Paris Saint-Germain Football Club (PSG) pendant quatre années, une expérience qui a forgé sa discipline et son esprit de compétition.
Parallèlement à sa carrière footballistique, le kitesurf a fait son apparition dans sa vie, grâce à une influence familiale majeure. « Mon père me conduisait à la plage pour le regarder faire du kitesurf », raconte-t-il, évoquant une scène récurrente de son enfance où il observait son père pratiquer le kitesurf ou la planche à voile depuis la voiture. Son père, toujours passionné par les sports nautiques, avait commencé le kitesurf à une époque où le sport était en pleine croissance et particulièrement dangereux, avec des lignes à deux guides, sans sécurité et de nombreux accidents. C'est en le voyant que la passion de Julien pour ce sport a commencé à germer.
Julien Leleu a commencé à pratiquer le kitesurf à l'âge de douze ans. Cependant, son engagement envers le football limitait sa capacité à s'adonner pleinement à cette nouvelle passion. À seize ans, une décision majeure allait redéfinir son avenir : il a choisi d'abandonner ses rêves de devenir footballeur professionnel pour se consacrer entièrement au kitesurf. « Lorsque j’ai intégré le premier centre de formation de Kitesurf d’Europe que ma carrière s’est lancée », précise-t-il. Il a déménagé dans le nord de la France avec son père, où il a découvert une communauté de kitesurf "grande et folle", comparable à la 'Dirty Habits Crew' en Afrique du Sud. Là-bas, ils pratiquent ensemble aussi souvent que possible, quelles que soient les conditions météorologiques, se motivant mutuellement pour exceller.
Durant ses études universitaires, Julien a pu bénéficier d'aménagements lui permettant de manquer des cours occasionnellement pour s'entraîner, une opportunité qu'il a pleinement saisie. Ses parents lui avaient clairement fait savoir qu'il pouvait faire ce qu'il voulait de sa vie, tant qu'il réussissait bien à ses examens. Une fois son Bachelor's Degree obtenu, et avec d'excellentes notes, il a déménagé à Tarifa, en Espagne, un lieu qui allait devenir son point d'ancrage pour explorer le monde et approfondir sa carrière dans le kitesurf.
Lire aussi: Votre projet piscine à Rodez : Julien Piscine
L'Ascension Fulgurante dans le Kitesurf Professionnel
L'installation à Tarifa à l'âge de 18 ans a marqué le véritable décollage de sa carrière professionnelle. « A l’âge de 18 ans, je suis parti vivre en Espagne à Tarifa et c’est là que je suis basé depuis », confirme-t-il. Les résultats n'ont pas tardé à suivre. En 2013, il s'est distingué en décrochant la troisième place au Championnat de France de kitesurf, annonçant ainsi son potentiel sur la scène nationale. L'année suivante, en 2014, il a intégré le top neuf du circuit mondial, participant aux championnats de la Professional Kiteboarding Riders Association (PKRA) et du Virgin Kitesurf World Championship. Ces premières performances ont démontré une progression rapide et une capacité à rivaliser avec l'élite mondiale du kitesurf.
« Pour moi, il y a toujours eu une phrase qui a guidé ma vie : 'Choisissez un travail que vous aimez, et vous n'aurez jamais à travailler de votre vie' », explique Julien. Cette philosophie a été le moteur de son engagement inébranlable. Il décrit son approche comme étant "extrême dans tout ce qu'il fait". « Si je commence à faire quelque chose, je le fais entièrement, ou je ne le fais pas. C'est la même chose avec les affaires, les fêtes, tout », affirme-t-il. Cette intensité se retrouve également dans son entraînement : « Si je commence à m'entraîner, je m'entraîne beaucoup ».
C'est à Tarifa, en 2015, qu'il a réalisé sa meilleure performance en championnat du monde freestyle, atteignant la 7ème place, tout en terminant 2ème du championnat de France la même année. Atteindre le top dix mondial a représenté un accomplissement significatif pour Julien, d'autant plus qu'il estime avoir commencé le kitesurf plus tard que d'autres athlètes de son niveau. Pour lui, la simple capacité à rattraper tout le temps qu'il avait "perdu" à se consacrer au football fut une victoire en soi.
Durant cette période d'ascension, Julien Leleu a commencé à voyager à travers le monde, produisant du contenu marketing pour diverses marques, œuvrant à la fois devant et derrière la caméra, et combinant ses activités avec quelques séances de coaching. Ces expériences de coaching, dit-il, sont des "expériences humaines uniques". Il a également rejoint et co-fondé Light Bros, un projet qui témoigne de son intérêt croissant pour la production audiovisuelle, en collaborant avec Forest Bakker pendant quatre ans sur de nombreux projets.
Les Épreuves : Blessures et Résilience Inébranlable
La trajectoire ascendante de Julien Leleu a été brutalement interrompue par de graves blessures, mais sa détermination à revenir plus fort a toujours prévalu. En 2015, alors qu'il réalisait sa meilleure saison et accumulait les points sur le circuit mondial, il a subi une blessure majeure au genou. « Mais c’est aussi là que je me blesse gravement le genou », confie-t-il, faisant référence à l'année 2015 à Tarifa. L'accident est survenu de manière inattendue, lors d'une compétition de kite loop en Coupe du Monde, alors qu'il était en excellente position. Il a déchiré son ligament croisé antérieur (ACL), ses ligaments latéraux et médiaux du ménisque, a eu une contusion de la fibula et une fracture du plateau tibial.
Lire aussi: Julien Piscine Gaillac : Détails et évaluation
Les médecins, peu optimistes quant à un retour au niveau, lui avaient initialement dit qu'il ne pourrait probablement plus concourir ou rider au même niveau. Cette nouvelle l'a profondément affecté, mais elle a également ravivé en lui une farouche détermination. « Tout ce que cela a fait, c'est me motiver à prouver le contraire ! », déclare-t-il avec conviction. Il a cherché un deuxième avis médical et a rencontré un autre chirurgien, lui affirmant qu'il ferait tout ce qu'il faudrait pour retrouver l'eau. Cela a impliqué seize mois de rééducation intensive, un programme qu'il a suivi scrupuleusement au Cap Breton, un centre de réadaptation réputé pour les athlètes de haut niveau. Être entouré de nombreux professionnels du sport dans des situations similaires a été très encourageant.
De cette épreuve, il a tiré des leçons fondamentales : « J'ai vraiment appris que lorsque vous atteignez le fond, vous devez rester positif, méditer et utiliser le fond pour rebondir encore plus haut qu'avant ! » Après cette longue période d'inactivité, Julien Leleu est revenu à la compétition, et son retour est sans aucun doute l'une de ses plus grandes réalisations sportives à ce jour. Il est « de retour et plus fort qu'avant ».
Mais la vie de sportif de haut niveau réserve parfois d'autres défis. En octobre 2019, alors qu'il se préparait pour disputer le prestigieux Red Bull King of the Air, un événement qui exige une maîtrise technique et physique exceptionnelle, il a été victime d'un nouvel accident. « J’ai eu un accident pendant une tempête et me suis cassé une vertèbre dorsale », relate-t-il, soulignant la nature imprévisible et risquée de son sport.
Fort de ces expériences, Julien Leleu partage des conseils précieux pour la prévention des blessures. Il estime que dans son cas, même avec la meilleure préparation, certaines blessures étaient inévitables. Cependant, il recommande une excellente condition physique, qui ne se limite pas à la musculation, mais inclut également le travail de l'équilibre. La clé réside dans la proprioception, la flexibilité et le renforcement musculaire. Il conseille également de s'entraîner avec un professionnel qui connaît bien le sport et ses exigences physiques, jusqu'à ce que l'on comprenne son propre corps et que l'on apprenne les routines d'entraînement les plus efficaces. Une observation étonnante qu'il partage est que « le plus drôle avec le kitesurf, c'est que plus vous vous blessez, plus vous comprenez votre corps et moins vous subissez de blessures par la suite ! ». Il insiste aussi sur l'importance de rester hydraté et de bien se nourrir.
Une Vision Carrière Polyvalente : Rider, Vidéaste, Entrepreneur
La philosophie de Julien Leleu, "Choisissez un travail que vous aimez, et vous n'aurez jamais à travailler de votre vie", ne se limite pas à sa pratique du kitesurf, mais s'étend à une approche plus large de sa carrière, qui intègre également la création de contenu visuel et l'entrepreneuriat. Il aime le kitesurf et les sensations qu'il procure, mais il apprécie également "utiliser son cerveau" et ne pas se contenter de "déchirer sur l'eau".
Lire aussi: Retour sur la performance de Nada Surf
Il reconnaît les limites d'une carrière de kitesurfeur professionnel, notamment en ce qui concerne la durabilité financière et les impacts des blessures. « C'est génial d'être un kitesurfeur professionnel, mais après ? Que se passe-t-il quand vous avez la trentaine (surtout pour les kitesurfeurs freestyle) et que vous avez eu tellement de blessures que vous ne pouvez plus concourir ? », s'interroge-t-il. Il met en lumière le besoin d'un plan de carrière au-delà de la compétition, surtout quand on a voyagé dans les plus beaux endroits du monde pour des compétitions et des séances photo, avant de devoir "revenir à la réalité" et avoir un emploi régulier. Sans un plan de secours, ce serait "se tirer une balle dans le pied". En effet, les kitesurfeurs professionnels ne gagnent pas suffisamment d'argent pour vivre confortablement éternellement.
C'est pourquoi, créer des vidéos et prendre des photos est devenu une passion qu'il a transformée en profession. Il a débuté en réalisant des contenus amusants avec son groupe d'amis, principalement des vidéos brutes et humoristiques de leurs exploits. Plus tard, il a déménagé à Tarifa et a collaboré avec Forest Bakker pendant quatre ans sur de nombreux projets, sous le nom de l'entreprise Light Bros. Il a également passé du temps chez Oliver Umpierre en Uruguay, qui couvrait ses frais de voyage en échange de ses performances en kitesurf sur le spot local de Punta del Este et de son travail pour la société d'Oliver, Studio Roff. Ce fut une excellente opportunité pour lui d'acquérir de l'expérience, combinant entraînement, tournage et kitesurf lors des jours sans projet.
Par la suite, il a décidé qu'il était temps de créer sa propre entreprise. Son ami Soufiane l'a approché pour former High Light Productions. Julien exprime un grand respect pour Soufiane, qui le motive constamment à donner le meilleur de lui-même. Aujourd'hui, il travaille avec RRD en tant que rider, contribuant au développement de leurs produits et participant à leur stratégie marketing et à la production de vidéos. Il estime avoir trouvé l'équilibre parfait entre le riding et le montage/tournage.
Inspirations, Mentors et l'Esprit de la Communauté
Au-delà de ses propres réalisations, Julien Leleu s'est toujours appuyé sur des figures inspirantes et des mentors, tout en cultivant un lien fort avec la communauté du kitesurf. Son beau-père a joué un rôle déterminant dans son parcours. Ancien entraîneur de l'équipe de tennis française aux Jeux Olympiques de Sydney, il est toujours resté "au courant des choses" et lui a prodigué de précieux conseils. Il était là pour lui faire savoir s'il était sur la bonne voie ou s'il allait "un peu trop loin", le poussant et croyant toujours en lui. Ses parents, sa mère et son père, l'ont également beaucoup soutenu, mais son beau-père avait "la clé" pour l'aider à y arriver. Julien devait faire le travail, mais son beau-père connaissait le chemin.
En termes d'inspirations sportives, ses héros sont nombreux et variés. En football, il cite Zinédine Zidane, pour son élégance et sa vision du jeu. En tennis, c'est Roger Federer qui l'inspire par sa longévité et sa maîtrise. Dans le monde du kitesurf, plusieurs noms résonnent, notamment Alberto Rondina et Aaron Hadlow, qui ont été des exemples. Il ne cherche pas à suivre exactement le même chemin, mais leur parcours est une source d'inspiration. Ruben Lenten, un autre rider, l'inspire particulièrement par sa philosophie de vie : il sait "embrasser la vie", apprécie ses sessions et partage une joie contagieuse.
La communauté du kitesurf est un aspect essentiel de la vie de Julien Leleu. Il aime toutes les compétitions de kite, car, dit-il, « nous sommes comme une petite famille et c'est différent de tout autre sport ». Contrairement au football où la compétition entre joueurs est souvent intense, dans le kitesurf, bien que la rivalité existe, les riders restent amis, se tapant dans les mains avant et après les épreuves.
L'événement Kite-Tech à Dakhla, au Sahara Occidental, en est une illustration parfaite. Il l'a trouvé "intéressant, sans aucun doute". C'est un lieu où des entrepreneurs et des startups se réunissent autour de leur passion commune pour le kitesurf. Pour Julien, ce n'est pas seulement un sport, c'est une rencontre où les gens échangent leurs idées, leurs points de vue et leurs affaires. C'est "très intéressant de voir comment le sport crée beaucoup d'interaction". Il aime aussi partager des sessions avec ses "bons amis" comme Carlito Ferreira, Alex Vliege, Liam Whaley, Oswald Smith, et bien sûr, ses "Français" comme Val et Seb Garat, Antoine Fermon et le reste de la "tribu".
Les Spots Préférés et l'Équipement Idéal
Julien Leleu a eu l'occasion de parcourir le monde grâce au kitesurf et a découvert des destinations qui sont devenues des lieux emblématiques pour sa pratique et son travail. Tarifa, en Espagne, reste sa base depuis l'âge de 18 ans.
Cependant, Le Cap, en Afrique du Sud, occupe une place spéciale dans son cœur et sa carrière. Il y a passé de nombreux hivers, considérant la ville comme le "deuxième quartier général" de RRD. La plupart des tournages et du développement de produits RRD y ont lieu en raison de ses conditions rudes, qui en font l'endroit idéal pour tester et filmer de nouveaux équipements. À la fin de l'année précédente, il y a passé deux mois et demi, dirigeant et filmant toutes les vidéos de produits RRD pour l'équipement de 2018. Le Cap est une ville "diverse et unique", et ses spots de kitesurf sont "idylliques pour filmer". On y trouve des vagues, des spots de flat pour le freestyle, des vents violents pour les "proper big air mega loops", le tout agrémenté de "fêtes incroyables et de musique géniale". Il s'interroge : "Qu'est-ce qu'il n'y a pas à aimer ?". Il a même invité son père à le visiter au Cap pour son anniversaire, un moyen de lui rendre la pareille après toutes ces années où son père lui offrait des kites.
En ce qui concerne son équipement, Julien Leleu adapte ses choix aux conditions. Pour un "paradis du freestyle", il opterait pour sa JUICE v5 de 140 x 42,5 et son Obsession. Si les conditions sont plus tempétueuses, il continuerait probablement à utiliser sa JUICE tout en bouclant avec la Passion MK10 pour des "loops à portance maximale". Il décrit la Passion comme un kite "facile à rider" mais qui offre "la haute performance dont vous avez besoin, si vous le demandez". Dans tous les cas, il utilise toujours ses boots, ne se servant des straps et des pads que pour les tournages ou pour le plaisir.
#