Le concept d'un journal intime tenu par un animal offre une perspective unique et souvent pleine d'humour sur le monde des humains et les dynamiques complexes qui régissent la cohabitation inter-espèces. Au cœur de cette approche, le "Journal d'un chat assassin" d'Anne Fine se distingue comme une œuvre emblématique, présentant le point de vue d'un félin nommé Tuffy. Ce roman, publié en 1997, utilise l’anthropomorphisme afin de prêter des caractéristiques humaines à Tuffy, un chat, qui est le narrateur de ce court roman, et dont les actions sont souvent mal interprétées par sa famille humaine. L'exploration de ce journal intime permet de sonder les pensées profondes, les stratagèmes élaborés et les aventures inattendues d'un chat qui, de son point de vue, n'est rien d'autre qu'un prisonnier astucieux et un observateur aiguisé des comportements humains.
La Perception Féline de la "Captivité" Domestique
Le récit commence par la description d'une existence que le chat perçoit comme une véritable "captivité". Dès le 983ème jour de cette réclusion, le ton est donné : "Mes ravisseurs continuent à me provoquer avec de bizarres petits objets pendouillant au bout d’une ficelle." Cette phrase illustre parfaitement l'incompréhension fondamentale entre les espèces, où ce qui est un jeu innocent pour l'humain est une provocation calculée pour le félin. Le régime alimentaire est également une source de frustration intense pour le narrateur : "Ils se gavent de viande fraîche au dîner pendant qu’ils me forcent à manger des céréales déshydratées." Face à cette "injustice", le chat s'accroche à l'espoir d'une évasion et trouve une "maigre satisfaction" dans "la destruction d’un meuble" de temps à autre. L'agenda des jours à venir est déjà établi : "Demain, je mangerai peut-être une autre plante d’appartement."
Les tentatives du chat pour retrouver sa "liberté" ou du moins pour affirmer sa domination prennent diverses formes, souvent inattendues et humoristiques pour le lecteur. Au Jour n° 987, il relate une "tentative d’assassiner mes ravisseurs, en me glissant dans leurs pieds pendant qu’ils marchaient," une stratégie qui "a presque réussi." La répétition est déjà envisagée, mais avec une touche de malice supplémentaire : "Il faudra que j’essaie encore depuis le haut des escaliers." L'art de la manipulation est également maîtrisé : "Dans l’espoir d’induire dégoût et répulsion chez ces oppresseurs, je me suis encore forcé à vomir sur leur fauteuil préféré." Et là encore, un plan d'action est établi pour le futur : "Il faudra que je recommence sur leur lit."
L'apport de "trophées" de chasse est un autre point de friction majeur entre Tuffy et ses propriétaires, et un excellent exemple des malentendus entre humains et animaux. Au Jour n° 999, le chat décrit un événement clé : "J’ai décapité une souris et leur ai apporté le corps, afin de leur faire comprendre ce dont je suis capable." La réaction humaine est cependant à l'opposé de ce qu'il attendait : "Mais ils se sont juste extasiés et se sont répandus en paroles onctueuses et condescendantes, me disant à quel point j’étais un bon petit chat. Hmmm… Ça ne fonctionne pas conformément au plan." Ce moment souligne l'absurdité des situations et la difficulté du chat à comprendre pourquoi ses actions naturelles, celles d'un prédateur, sont perçues si différemment. Le livre met en lumière les malentendus entre humains et animaux, et ses actions, naturelles pour un chat, sont perçues comme cruelles par sa famille.
La vie en captivité est jalonnée de ce que le chat appelle des "supplices". Au Jour n° 1681, il rapporte un événement traumatisant : "Leur sadisme à mon égard n’a pas de limites. Sans aucune raison, j’ai été choisi pour le supplice de l’eau." Le liquide utilisé est particulièrement abhorré : "Cette fois, le liquide contenait une substance chimique mousseuse et piquante appelée shampooing. Quel cerveau malade a bien pu inventer un tel liquide ?" Cette description ajoute une couche d'humour noir à la perception du monde par le félin.
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Les observations du chat sur son environnement et ses "co-prisonniers" sont également précieuses. Au Jour n° 1718, une "réunion de malfaiteurs" est organisée, et le chat est "placé à l’isolement pendant l’événement." Cependant, il parvient à collecter des informations cruciales, sentant "l’odeur nauséabonde de ces tubes de verre qu’ils appellent bière." Plus important, il découvre la raison de sa réclusion : "mon pouvoir allergisant. Il va falloir que j’apprenne de quoi il s’agit pour que je puisse l’utiliser à mon avantage." Cette capacité d'analyse et de planification stratégique est une caractéristique constante du narrateur félin. Les "autres prisonniers" ne sont pas épargnés par son jugement acéré : "Le chien est relâché tous les jours et semble anormalement heureux de revenir. C’est visiblement un attardé mental." L'oiseau, quant à lui, est considéré comme un "informateur" qui "leur parle constamment," et "rapporte mes moindres mouvements." La menace est claire, même si temporisée : "Tant qu’il restera dans cette pièce de métal, sa sécurité est assurée. Mais je peux attendre. Ce n’est qu’une question de temps…" Au Jour n° 1820, "L’oiseau informateur chante trop fort. Je suis à deux griffes d’une exécution sommaire. Mais je dois me contenir… pour l’instant." Finalement, la "Mission accomplie. L’oiseau informateur a baissé sa garde. Un jour, il sera à ma merci," est annoncée au Jour n° 1895.
Le chat continue d'affiner ses techniques pour perturber ses "ravisseurs". Au Jour n° 1760, une "Nouvelle tentative d’évasion" est mise en œuvre : "J’ai gratté la porte avec insistance pendant 10 minutes, feignant un besoin urgent de sortir. Ils ont ouvert… mais je suis resté assis là, les regardant fixement. Leur frustration grandit. Parfait." L'escalier devient un terrain de jeu stratégique, comme en témoigne le Jour n° 1783 : "J’ai trouvé un nouvel endroit stratégique pour dormir : en plein milieu de l’escalier. L’humain a trébuché ce matin. Encore un peu d’entraînement, et je pourrai enfin m’en débarrasser définitivement." Au Jour n° 1805, l'escalade d'une étagère offre une nouvelle opportunité de domination : "J’ai fait semblant de réfléchir, puis j’ai lentement poussé un bibelot dans le vide. L’impact sonore était satisfaisant. Ma domination s’accentue." Les expériences sociales se poursuivent, démontrant une forme de contrôle psychologique sur les humains. Au Jour n° 1837, l'effet de la fixation d'un mur dans le vide est observé : "Les humains semblent troublés, jetant des regards inquiets derrière eux. Je contrôle leurs esprits… Bientôt, ils flancheront…" Au Jour n° 1852, un nouveau test est réalisé : "J’ai fixé l’humain dans les yeux pendant cinq longues minutes sans cligner. Il a fini par détourner le regard, mal à l’aise. Encore une victoire pour moi." Même les caresses humaines sont sujettes à l'analyse et à la riposte : au Jour n° 1867, "L’humain a tenté de me caresser alors que je ne l’avais pas expressément autorisé. J’ai d’abord ronronné pour lui donner un faux espoir… puis j’ai planté mes griffes dans sa main sans prévenir. Il doit comprendre que je décide." Enfin, au Jour n° 1880, le plaisir du désordre est souligné : "J’ai renversé ma gamelle d’eau, juste pour observer la panique humaine face au liquide envahissant leur sol. L’expérience fut enrichissante. Demain, j’attaque leur verre d’eau sur la table de nuit."
L'Échappée Maritime : Du Logement Terrestre au Bateau-Logement
La vie "domestique" du chat prend un tournant radical et inattendu. Le récit bascule vers une série d'événements déroutants qui mènent à une nouvelle forme d'existence. Le chat rapporte : "Il n’y a plus de lit dans l’appartement. Il se passe un truc louche…" Cette observation marque le début d'une phase de transition. La confusion s'installe avec le placement dans une "boîte de transport au milieu d’une voiture surchargée." Le sentiment d'injustice est palpable : "Mais qu’est-ce qui leur prend encore?!" Après un trajet de près de cinquante minutes, le chat se retrouve seul : "ils décident d’aller se balader sur l’autoroute et me laissent à l’intérieur de la voiture. Il pleut, il fait nuit, et je n’ai même pas de croquettes. Il n’y a vraiment plus de respect." L'épisode suivant est encore plus étrange : "Après une éternité, je me mets à voler! Littéralement. Ça a duré 20 minutes environ." Puis, les humains refont surface, discutant de "dépanneuse, de garagiste, de taxi, d’affaires pour la nuit…" Le chat, dépassé par les événements, conserve sa ligne de conduite : "Je ne comprends rien et je m’en fous. Tout ce que je veux, c’est manger et leur marcher dessus alors qu’ils s’endorment."
Finalement, après avoir enduré la pluie, le chat est conduit dans ce que les humains appellent "un bateau." C'est un nouveau chapitre qui commence, marqué par une tentative de reprendre le contrôle : "J’ai décidé d’arrêter de bouder. Ce n’est pas de ma faute si ces humains sont fous…" Le "repérage" est la première étape pour s'approprier ce nouvel espace : "Je pars en repérage et fais le tour du pont pour la première fois." Après quelques jours d'ermitage, l'exploration reprend : "Je retourne faire le tour du pont. Ça va, les humains ont choisi une « maison » sympa." Le bateau offre de nouvelles opportunités pour le confort et l'amusement félin : "Je me découvre. Je m’affale entre le taud de descente et le chariot de grand voile comme ils l’appellent. Toutes ces ficelles (« bouts » pour les puristes), c’est vraiment bien pensé pour un chat…" Le chat trouve même un nouvel espace pour l'exercice : "D’ailleurs, ça manque un peu d’espace pour faire du sport ici, mais j’ai trouvé un endroit parfait: je me suis mis à plat ventre et je fais des tractions à l’horizontal sur le chariot de grand voile."
L'extension du territoire ne se limite pas au bateau. Le chat étend sa "zone de repérage" au-delà : "Je fais une ronde sur le ponton pour la première fois. Et remonter à bord est plus simple que prévu. Je suis le roi des pontons!" Le sentiment d'aventure est palpable : "Je suis allé loiiiiiiiiin de ma nouvelle maison dis donc!" L'humain n°2 le suit, mais l'expérience est tout de même jugée "cool," jusqu'à l'arrivée d'une figure moins agréable : "Jusqu’au moment où un gars qui ne respire pas la joie de vivre est arrivé." La traque continue avec l'apparition d'un nouvel objectif de chasse : "Il y a une mouette en bout du quai qui revient tous les jours. Je l’ai repérée grâce à mes rondes de sécurité." La stratégie pour la capturer est déjà en gestation : "Toute la nuit, j’ai réfléchi à un stratagème pour la ramener à mes humains pour qu’on en fasse un barbecue. Maintenant que je suis sur le catway, ça paraît évident! Le chemin est tout tracé… Je m’approche, je vois ses plumes, je m’élance… En fait non!" L'attrait pour le farniente prend le dessus : "Aujourd’hui, c’est séance de bronzage dans le cockpit."
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Cependant, le chat ne perd pas de vue son objectif de "rappeler qui est le maître ici." Le départ en navigation des humains alors qu'il "voulait dormir" est une provocation intolérable : "Ils sont vraiment chiants parfois." La vengeance est immédiate et efficace : "J’ai trouvé! J’ai fait pipi dans leur lit. La tête qu’ils ont fait quand ils ont trouvé ma flaque!!" Cette action a des conséquences directes sur les humains : "L’humain n°2 campe maintenant, elle a dû ramener un matelas pour le mettre dans la cabine arrière et ça n’a pas l’air confortable." Le mystère de l'eau est également résolu, en partie : "L’eau a disparu! J’ai fait plusieurs rondes pour m’en assurer et ce que je peux confirmer aujourd’hui, c’est : 1) on est toujours dans le bateau ; 2) les humains sont toujours là ; 3) il n’y a plus d’eau autour du bateau ; et 4) je suis vraiment haut par rapport au sol." Face à ces changements, un "plan Prison Break" est élaboré : "empêcher les humains de dormir correctement, faire en sorte qu’ils soient fatigués et aient moins de réflexes, puis m’échapper en mode Prison Break." La recherche du "spot parfait" est lancée, explorant le "dessous du lavabo de la salle d’eau" et le "creux que je vois dans le plafond de la cabine." Finalement, "une trappe sous le lit des humains semble idéale !"
La "phase 2 de mon plan Prison Break" se déroule initialement bien. Le chat se montre confiant : "Les humains étaient souvent à l’extérieur et ne faisaient pas vraiment attention à moi. Je faisais le beau quand je les voyais pour gagner leur confiance et ça a marché !" Il parvient à "sortir dans le cockpit puis à descendre l’échelle pour retrouver le sol et la liberté sans qu’ils ne se rendent compte de quoi que ce soit." Cependant, la liberté est de courte durée : "Quand j’ai remarqué les grilles qui entouraient l’endroit où se trouve le bateau, j’étais tellement frustré que j’ai crié." La réaction humaine est une fois de plus erronée : "les humains ont cru qu’il fallait me sauver et me remettre dans le cockpit… Ils pensent que j’ai pleuré parce que j’avais peur. Déjà, je ne pleure pas. Puis je n’ai jamais peur." Les humains s'adaptent, rendant le plan obsolète : "Les humains retirent l’échelle quand ils travaillent sous le bateau maintenant. Je pense qu’il est temps d’abandonner le plan Prison Break…" Les nuisances continuent : "Si ça continue comme ça, je ne vais plus avoir d’endroit où faire tranquillement la sieste. Les humains mettent des pots et des outils partout. Tous les spots au soleil sont pris…" Le chat envisage alors la vengeance. L'agitation matinale est perçue comme un signe : "Les humains préparent un truc, j’en suis sûr!" Le "vol" reprend, et les "deux autres humains" envahissent "MA cabine." Le chat exprime clairement son mécontentement : "De quel droit? Je n’ai rien approuvé moi."
"Journal d'un Chat Assassin" : L'Œuvre et son Contexte Littéraire
Ce journal intime ne se contente pas d'être une suite d'anecdotes félines ; il s'inscrit dans le cadre plus large d'une œuvre littéraire reconnue. Le "Journal d'un chat assassin" d'Anne Fine, auteure britannique également connue pour son roman "Madame Doubtfire", est un roman humoristique de littérature jeunesse. Elle utilise l’anthropomorphisme afin de prêter des caractéristiques humaines à Tuffy, un chat, qui est le narrateur de ce court roman. Ce livre, publié en 1997, est présenté sous forme de journal intime, un texte personnel qui relate les pensées, sentiments et actions de l’auteur. Le choix de ce genre littéraire permet au lecteur de se concentrer sur le point de vue unique du narrateur, et pas n’importe lequel : un chat. Cette narration à la première personne rend le récit plus réaliste en permettant au lecteur de s’identifier au personnage.
L'œuvre est destinée aux enfants âgés de 7 à 10 ans, et a été rédigée pour être agréable à lire, avec une typographie large et un vocabulaire simple. Le style est caractérisé par un langage courant et familier, ce qui permet à l'enfant de s'identifier et de se projeter du point de vue du chat. Le ton humoristique du récit souligne l'absurdité des situations rencontrées par le chat et sa famille humaine. Tuffy, le chat assassin, raconte sa vie auprès de sa famille d’humains. Ces derniers l’accusent d’avoir tué des souris, des oiseaux… bref d’avoir fait son boulot de chat ! Il fait de son mieux pour leur faire plaisir, et il ne comprend pas pourquoi on lui reproche justement ses gestes d’affections! C'est un roman bourré d'humour. Le côté "journal intime" donne une dynamique au texte et les intonations du chat donnent vie à son récit.
Tuffy, le Narrateur Malentendu : Instincts Félins et Perceptions Humaines
Le personnage central est Tuffy, un chat face aux réprimandes de ses propriétaires. C’est un passionné de chasse, heureux d’amener ses « trophées » : oiseau, souris et lapin. L'œuvre clarifie un point essentiel pour la compréhension de Tuffy : l’oiseau est le seul animal qu’il ait véritablement tué. Il a trouvé la souris et le lapin, Thumper, déjà morts. Cette distinction est cruciale car elle révèle une nuance dans le comportement de Tuffy que ses humains ne perçoivent pas. Pour la souris, le lecteur est mis au courant dès le début, mais pour Thumper, le chat se cache bien de le dire. Ceci illustre le côté espiègle et malicieux de ce chat, dépeint de manière amusante par l’auteure. L'œuvre commence par une phrase choc qui résume parfaitement la perspective de Tuffy : "C’est ça, c’est ça. Allez-y, pendez-moi. J’ai tué un oiseau. C’est que je suis un chat, moi. En fait, c’est mon boulot de rôder dans le jardin à la recherche de ces petites créatures." Plus tard, il y a l’histoire de la souris, puis celle du lapin, qui lui vaut l’accusation de “lapincide avec préméditation”, alors que Tuffy n’est pas responsable de sa mort.
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Les attentes différentes entre les deux espèces entraînent des quiproquos comiques, comme le fait de demander à un chat de ne pas tuer alors qu’il dispose d’un instinct naturel de chasse. Tuffy ne comprend pas pourquoi ses gestes d’affection, tels que ramener une proie, sont si mal reçus par sa famille. Il pense qu'il n’aurait peut-être pas dû amener sa proie sur le tapis de la maison, mais cela ne change pas sa perception de son rôle.
Les Personnages Humains et la Dynamique Inter-espèces
Autour de Tuffy gravitent des personnages humains dont les réactions et perceptions forment le cœur du conflit humoristique. Ellie est la propriétaire de Tuffy. C’est une petite fille dotée d’une grande sensibilité et d’une naïveté charmante. Durant ce court roman, elle est très peinée de l’instinct de chasse naturel de son compagnon. Elle tente de faire en sorte qu’il arrête de tuer. Lorsqu'il rapporte un oiseau mort, Ellie est "très bouleversée, a énormément pleuré et la serrait très fort." La famille organise même un "petit enterrement" pour l'oiseau. De même, lorsqu'il ramène la souris, Ellie "a sangloté comme avec l’oiseau et elle lui a demandé de ne plus recommencer."
Les parents d’Ellie, quant à eux, habitent dans une petite maison située dans un quartier résidentiel. Ils sont très frustrés par le comportement de leur chat et n’hésitent pas à lui crier dessus. Ils en viennent même à espérer qu’il se perde ou qu’il trouve la mort, une attitude qui dénote une certaine lassitude et un manque d'empathie envers la nature de l'animal. Leur image sociale étant importante à leurs yeux, ils vont jusqu’à dissimuler le « meurtre » de leur animal à leur voisine et tentent de l’éviter pour ne pas avoir à affronter la réalité. Cela est particulièrement frappant lorsqu'ils découvrent le cadavre de Thumper, le lapin des voisins. Tuffy explique à quel point il a eu du mal à faire passer sa nouvelle victime, un lapin, dans la chatière. Il a été grondé une nouvelle fois, d’autant plus que ce lapin était bien connu de la famille. Il s’agissait de Thumper, le lapin appartenant aux voisins. Tuffy assiste au toilettage complet de son « ancien camarade. » Tuffy ne l’avait jamais vu aussi beau de son vivant. Après l’avoir lavé, la mère d’Ellie demande quelque chose à son mari. Tuffy ne comprend pas ce qu’ils souhaitent faire avec ce lapin mort. Au beau milieu de la nuit, le père d’Ellie est sorti avec le lapin. Tuffy ne comprenait pas ce qu’il se passait. Il a été puni et on lui a demandé de rester dans la maison. Néanmoins, il a réussi à se faufiler. Ses amis chats lui expliquent que le père d’Ellie était venu reposer Thumper, le lapin, sur le lit de paille dans son enclos. Celui-ci était si bien pomponné qu’on aurait pu croire qu’il était mort durant son sommeil. En s’apercevant que Tuffy est sorti, le père d’Ellie rouspète. Pour être sûr que son chat n’apporte plus d’animal à la maison, le père d’Ellie a cloué la chatière de sorte à ce qu’elle ne s’ouvre que de l’intérieur. Il lui fait comprendre qu’à présent, il devra attendre qu’on lui ouvre la porte. Il lui fait bien comprendre qu’il lui arrivera des malheurs s’il retrouve une bête morte sur le paillasson.
La visite chez le vétérinaire est une autre scène clé des malentendus. Tuffy n’aime pas les samedis matin qu’il décrit comme étant très agité. Ellie est en train de graver une pierre tombale pour Thumper, tandis que son père veut emmener Tuffy chez le vétérinaire en évitant la voisine. Croyant que son père est malintentionné, Ellie s’oppose à l’idée d’envoyer Tuffy chez le vétérinaire, mais son père finit par sortir le chat du placard. Lorsqu’il s’est présenté à la dame à la réception, en vue d’une vaccination anti-grippe, Tuffy lui a craché dessus depuis sa cage. Celle-ci a mentionné qu’il fallait le « manipuler avec précaution ». Il ne voit pas en quoi il serait plus dangereux qu’un autre animal. S’ennuyant dans la salle d’attente, il taquine les animaux depuis sa cage. Il a sifflé et grogné sur le terrier des Fisher et a craché sur le dos de la maîtresse du chien. Mme Fischer demande à Ellie de faire quelque chose pour empêcher son chat de terroriser les autres animaux. Ellie prend la défense de Tuffy. Avec le vétérinaire, Tuffy s’est montré agressif et il a causé beaucoup de dégâts. Lorsqu’ils ont retrouvé la mère d’Ellie, son mari a voulu dénoncer le chat pour expliquer pourquoi il avait pris du retard, mais il a choisi de ne pas le faire.
Le rebondissement final autour de Thumper est révélateur de la psychologie humaine dans le roman. Le père et la mère d’Ellie tombent sur la voisine qu’ils ne peuvent pas éviter. Ellie fait tomber les boîtes de conserve pour chats. En allant les ramasser, elle s’aperçoit qu’il y a des morceaux de lapin, elle se remet à pleurer. La voisine leur fait part d’une histoire incroyable. Ils avaient enterré leur lapin Thumper qui était mort de vieillesse. Toutefois, il a disparu de sa tombe. Elle l’a retrouvé dans son clapier, bien toiletté. La famille se demande si Tuffy n’est pas allé le déterrer. Contre toute attente, Tuffy n’a pas tué Thumper. Ellie estime que son chat est innocent. Selon elle, le terrier des Fisher a dû déterrer l’animal mort et Tuffy, s’est montré héroïque en permettant au lapin d’être enterré dignement à nouveau. Cette conclusion remet en question toutes les accusations initiales et met en lumière l'innocence du chat et la tendance des humains à tirer des conclusions hâtives.