Le surf français traverse une période de transformation profonde, portée par une génération d'athlètes décomplexés et un encadrement technique de haut niveau. Au cœur de cette dynamique se trouve une figure emblématique : Joan Duru. Pur landais, originaire d’Ondres, Duru a su transformer son expérience acquise sur le circuit mondial en une expertise de coaching précieuse pour la nouvelle garde tricolore. Son parcours, depuis ses débuts précoces sur la plage d’Ondres jusqu’à sa mission actuelle au sein de la Fédération Française de Surf, illustre une transition réussie vers un rôle de mentor stratégique.
L’ancrage landais : un socle technique et humain
Joan Duru apprend à surfer dès l’âge de 7 ans avec son père, sur la plage d’Ondres d’où il est originaire. Il rejoint le Hossegor Surf Club vers 10 ans où il s’entraîne et commence la compétition. Repéré très tôt, il intègre l’équipe de France en minime et devient champion d’Europe à 12 ans. Il est à peine majeur quand il élimine Kelly Slater lors de la compétition du QuikPro d’Hossegor en 2008. À force d’entraînement et d’abnégation, il intègre le Top 50 mondial en 2014 et entre dans le circuit très fermé des 30 meilleurs surfeurs du monde en 2017 (Championship Tour).
Pour Duru, le lien avec ses racines reste essentiel. Interrogé sur ce qui lui manque le plus des Landes lorsqu'il parcourt le globe, il confie : « Pour être honnête, pas grand-chose. C’est toujours un plaisir et une chance de partir visiter les plus beaux spots de surf du globe. Mais c’est toujours bon de rentrer à la maison pour retrouver la famille et les potes. Et puis il faut bien reconnaître que c’est dans les Landes que nous avons les meilleures vagues du monde !!! ». Lorsqu'il revient chez lui, les rituels sont simples : retrouver la gastronomie locale, notamment un magret de canard au Poukyness sur l’Avenue de la plage à Ondres, ou partager un demi avec les copains au Café de Paris à Hossegor.
La maîtrise technique des vagues exigeantes : leçons du Quemao Class
L'expertise de Joan Duru s'est forgée sur des vagues techniques et périlleuses, comme en témoigne son récit mémorable lors du Quemao Class fin 2023. Lors du deuxième tour, dans des conditions solides de 3-4 mètres avec un vent offshore soutenu, Duru a su faire preuve d'une lecture de vague exceptionnelle. Utilisant une planche 6’6, il a dû naviguer dans un « bowl » complexe, préférant se positionner au large avec une planche plus longue pour atteindre des zones de take-off engagées.
Cette expérience souligne la technicité du surf de haut niveau : « C’est une vague technique, il y a deux vagues : une vague à marée haute qui peut être plus longue et une à marée basse avec un bowl. Tu peux vite te retrouver devant le tube car elle est assez parfaite, c’est un vrai bowl donc si tu ne pars pas bien à contre-pic, tu n’es pas dedans ». Pour Duru, le facteur risque est omniprésent, mais l'adrénaline permet de focaliser l'esprit. Cette capacité à analyser le placement, la gestion du matériel et la lecture des conditions est devenue le pilier de sa philosophie de coaching actuelle.
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Une dynamique collective portée par la Fédération Française de Surf
La saison 2025-2026 restera gravée comme un moment historique pour le surf français, marqué par le doublé inédit de Kauli Vaast et Tya Zebrowski, qui ont dominé le circuit qualificatif des Challenger Series. Cette réussite est le fruit d'un encadrement structuré par la Fédération Française de Surf. Joan Duru, devenu entraîneur national, a accompagné cette progression en instaurant un climat de confiance et de travail rigoureux.
Le rôle de l'entraîneur dépasse la simple technique. Comme le souligne Duru : « En compétition, mon rôle est de leur rendre la vie la plus simple possible : les rassurer, leur dire quelle planche prendre, quel spot surfer. Je dois connaître leurs planches par cœur, le spot par cœur, les marées, les changements de conditions. Je passe donc énormément de temps à la plage ». Cette approche, couplée à une collaboration étroite avec Jérémy Florès, permet aux athlètes de se focaliser exclusivement sur leur performance, dans un sport où la pression psychologique est intense.
L'émergence de talents précoces : Tya Zebrowski et Kauli Vaast
L'éclosion de Tya Zebrowski, qui a remporté le circuit à seulement 15 ans, est qualifiée par Duru de phénoménale : « Tya est un phénomène. C’est la personne que j’ai vue surfer le mieux, hommes et femmes confondus. C’est la plus douée, la plus talentueuse, et en plus c’est une énorme travailleuse ». La méthode de travail avec une telle athlète repose sur un apprentissage progressif, où l'on ne surcharge pas l'esprit de l'athlète tout en exploitant son potentiel brut.
Concernant Kauli Vaast, auréolé de son titre olympique, Duru souligne son intelligence de situation et sa discipline : « Ce qui m’a le plus impressionné chez Kauli, c’est son attitude à l’entraînement. Il écoute et il applique exactement ce qu’on lui dit. C’est assez hallucinant ». Cette génération ne se contente plus de participer ; elle ambitionne désormais les titres mondiaux. Cette confiance renouvelée est le résultat de décennies de travail initiées par des pionniers comme Jérémy Florès et Michel Bourez, qui ont ouvert la voie et montré aux jeunes Français qu'ils possèdent le même niveau que les meilleures nations mondiales.
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