Biarritz, berceau du surf en Europe, résonne encore aujourd'hui du nom de Jo Moraiz, figure emblématique qui a marqué l'histoire de ce sport en France. Son héritage perdure à travers l'école de surf qu'il a fondée en 1966, une institution qui continue d'initier des générations aux plaisirs de la glisse. Récemment, Valérie Moraiz, sa fille, a publié un livre hommage intitulé « Jo papa surfeur », ravivant le souvenir de ce « Tonton surfeur » mythique.
L'Éclosion du Surf à Biarritz: Une Aventure Américaine
L'histoire du surf à Biarritz commence en 1957 avec Peter Viertel, un scénariste américain venu tourner un film dans la région. Découvrant les vagues de la Côte des Basques, il se fait envoyer des planches de Californie et initie les locaux à ce sport inconnu. Jo Moraiz, avec ses amis, est immédiatement séduit. « Viertel leur a laissé deux planches avant de repartir, et ça a été le commencement », raconte Christophe, le fils de Jo Moraiz, qui a repris l'école de surf familiale.
Jo Moraiz: Un Visionnaire Obstiné
Si Viertel a planté la graine, c'est Jo Moraiz qui a fait germer le surf à Biarritz. « Mais papa, lui, avait vu les choses en grand », souligne Valérie. Malgré le scepticisme de son entourage, Jo Moraiz, décrit comme « têtu et obstiné », persévère. En 1965, il ouvre un surf shop, important des vêtements et articles de surf de Californie, où il se rend régulièrement pour écumer les salons spécialisés. Puis, en 1966, il se lance dans l'aventure de l'école de surf, la première du genre en Europe.
La Méthode Moraiz: Un Enseignement Novateur
Jo Moraiz élabore une méthode d'enseignement inspirée de ses observations en Californie. Décomposée en cinq mouvements, elle est conçue pour être facile à assimiler. « Elle a l'avantage d'être facile à assimiler », commente Christophe, qui utilise toujours la même méthode aujourd'hui. Cette approche pédagogique a même inspiré le brevet d'État de surf, créé en 1981.
Plus qu'un Surfeur, une Figure Inspirante
Jo Moraiz devient rapidement une icône, un pionnier respecté. Son école attire des élèves de tous âges et de tous horizons. Malgré le succès, il reste humble et simple. « Pour autant, le succès ne lui est jamais monté à la tête », témoigne Valérie. Il transmet à ses enfants l'amour de la nature et les valeurs du sport.
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Un Basque Enraciné dans sa Ville
Arrivé en France pendant la guerre civile espagnole, Jo Moraiz a gardé un fort attachement à ses racines basques. Il parlait couramment le basque, mais n'a pas cherché à le transmettre à ses enfants, sa mère étant originaire d'Amiens. Cependant, il leur a transmis bien d'autres choses, notamment un amour profond pour Biarritz, où il se baladait souvent en solex avec sa planche sous le bras. « Lorsque je me balade à Biarritz, les gens me parlent systématiquement de papa. Il est toujours bien vivant dans les esprits », confie Valérie.
L'Héritage Continué par Christophe Moraiz
Aujourd'hui, c'est Christophe Moraiz qui perpétue l'œuvre de son père. Fidèle à l'esprit de Jo, il insuffle une énergie nouvelle à l'école tout en conservant les valeurs qui ont fait son succès. L'école de surf Jo Moraiz reste une institution incontournable à Biarritz, un lieu où l'on transmet la passion du surf de génération en génération.
L'Aventure du Surf en France : Des Débuts Discrets à l'Essor Olympique
L'histoire du surf en France, bien que souvent associée à Biarritz, a des racines plus complexes et des évolutions surprenantes. Des tentatives isolées aux Pays-Bas dans les années 1930 à la jambe cassée de Pedro Martins de Lima au Portugal en 1953, l'émergence du surf en France est un récit d'ingéniosité, de passion et de rencontres fortuites.
Les Premiers Pas Discrets (1956-1960)
Si l'on considère généralement 1957 comme l'année de référence, les prémices du surf en France remontent à septembre 1956. Peter Viertel et Georges Hennebutte sont parmi les premiers à dompter les vagues de la Côte des Basques. Cependant, ces débuts restent discrets, loin des projecteurs californiens et australiens. Une poignée d'amoureux de l'océan rivalisent d'ingéniosité pour compenser leur manque d'expérience et de matériel.
Avant l'arrivée des planches de surf, les Biarrots avaient déjà apprivoisé les vagues à travers la pêche à la baleine et les bains de mer. Le "planky", une planchette recourbée, permettait d'améliorer la glisse sur les vagues. En 1952, Jacky Rott, inspiré par un documentaire sur Pearl Harbor, tente de construire une planche, mais sans succès.
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L'arrivée de Peter Viertel à Biarritz pour le tournage du film "Le Soleil se lève aussi" marque un tournant. Richard Zanuck, surfeur californien, fait venir sa planche, mais c'est Viertel, novice en la matière, qui tente l'expérience. Après quelques tentatives infructueuses, il laisse sa planche aux jeunes locaux.
L'Émergence d'une Communauté et des Innovations (1958-1960)
Georges Hennebutte répare la planche de Viertel et met au point une planche gonflable. Jacky Rott fabrique des répliques en balsa, tandis que Michel Barland conçoit son propre "bidet flottant". La première marque de planches en France, Barland-Rott, voit le jour.
En septembre 1959, le premier surf club français, le Waïkiki Surf-Club, est fondé par les figures du moment : Lamarque, Barland, Plumcocq et Etchepare. C'est à cette époque qu'Hennebutte invente la "chevillère", ancêtre du leash moderne.
L'Âge d'Or des "Tontons Surfers" (Années 1960)
Les années 1960 sont souvent considérées comme l'âge d'or des "Tontons Surfers". Jo Moraiz ouvre la première école de surf en France en 1966 et crée un surf shop. Les compétitions se multiplient, et les surfeurs français se font connaître à l'étranger.
La Fédération Française de Surf : Un Cadre pour le Développement (1964)
En 1964, la Fédération Française de Surfriding est créée sous l'impulsion de Guy Petit, maire de Biarritz. L'objectif est de réunir les différentes "tribus" de plages et de structurer le développement du surf en France.
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Des Années 1970 à l'Ère Moderne : Professionnalisation et Reconnaissance Olympique
Les années 1970 sont marquées par l'influence des surfeurs tahitiens et le développement de la Fédération Française de Surf. Le skateboard fait son apparition, et la Fédération devient la Fédération Française de Surf et Skate.
Les années 1980 voient l'émergence de talents comme Tom Curren et la professionnalisation du surf avec la création du Brevet d'État de surf. La Fédération est reconnue par le Comité National Olympique et Sportif Français en 1989.
Aujourd'hui, le surf est un sport olympique, et la France est une nation reconnue dans le monde du surf. L'histoire de Jo Moraiz et des pionniers de Biarritz continue d'inspirer les générations actuelles de surfeurs.
Biarritz: Plus qu'une Ville, un Art de Vivre Surf
Biarritz, au-delà de son statut de berceau du surf en Europe, est une ville où la culture surf est profondément ancrée dans l'art de vivre. Des silhouettes en néoprène traversant la ville avec une planche sous le bras aux combinaisons séchant aux balcons de l'hôtel du Palais, le surf fait partie intégrante du paysage biarrrot.
Une Ville qui Vit au Rythme des Vagues
Biarritz vit au rythme du swell, le moment où se forment les meilleures vagues. Les surfeurs locaux scrutent l'océan dès le saut du lit et organisent leur journée en fonction des marées. Même ceux qui ne pratiquent pas le surf sont imprégnés de cette culture décontractée et de ce rapport privilégié à l'océan.
La Côte des Basques: Un Lieu Mythique
La Côte des Basques est le spot le plus connu de Biarritz, un lieu où l'on admire les "chevaliers de la houle" dompter les vagues. La Grande Plage, quant à elle, est réputée pour son surf physique et radical.
Les Écoles de Surf: Une Tradition Bien Établie
Chaque spot de Biarritz a ses écoles de surf. L'école de Jo Moraiz, fondée en 1966, est la plus ancienne de France. Aujourd'hui dirigée par son fils Christophe, elle continue d'initier des générations aux plaisirs de la glisse.
La Surf Attitude: Copains, Partage et Bonne Chère
La surf attitude à Biarritz, c'est aussi les copains, le partage et la bonne chère. Les familles se retrouvent dans les guinguettes de plage pour l'apéritif, et les pique-niques s'improvisent sur les rochers. Le marché de Biarritz est un lieu de rencontre incontournable, où l'on fait ses courses avant de boire un café dans un bistro alentour.
Biarritz, un "Malibu à la Sauce Euskadi"
Pauline Ado décrit Biarritz comme un "Malibu à la sauce Euskadi". La ville a su conserver son identité basque tout en adoptant la cool attitude du surf.