Gabriel dos Santos Araujo : Un géant brésilien de la natation paralympique

Surnommé affectueusement « Gabrielzinho », le « petit Gabriel », le Brésilien Gabriel dos Santos Araujo, malgré sa taille de 1,21 m, est une figure emblématique et un géant de la natation paralympique. Sa détermination et son talent exceptionnel ont fait de lui une source d'inspiration pour beaucoup, tant au Brésil qu'à travers le monde.

Un triomphe aux Jeux paralympiques de Paris

Aux Jeux paralympiques de Paris, Gabriel dos Santos Araujo a réalisé une performance remarquable. Le lundi, il a décroché la médaille d’or sur 200 m nage libre en catégorie S2, ajoutant ainsi un troisième titre à sa collection depuis le début des Jeux. Déjà détenteur du meilleur temps des séries, l’athlète de 22 ans a dominé la finale, bouclant la distance en 3 min 58 sec 92/100, avec une avance de plus de 15 secondes sur le Russe Vladimir Danilenko, concourant sous bannière neutre. Dès son entrée dans l’eau, Gabriel a pris les devants, creusant son avance sous les encouragements du public de La Défense Arena.

« Je suis venu à Paris pour chercher trois médailles d’or et j’ai accompli cet objectif, alors je suis très heureux », a commenté le nageur, exprimant sa joie et sa satisfaction après sa course.

Porte-drapeau du Brésil lors de la cérémonie d’ouverture, Gabriel avait déjà remporté une première médaille d’or jeudi sur 100 m dos, ouvrant le compteur de son pays, et une deuxième samedi en finale du 50 m dos.

Parcours et Débuts

Gabriel dos Santos Araujo a découvert très tôt le plaisir de l’eau. Sa mère, Ineida Magda dos Santos, enseignante à la retraite, raconte : « Comme on voulait qu’il ait une enfance normale, on l’amenait dans un club où il y avait une piscine. À quatre ou cinq ans, il savait déjà nager, même s’il n’avait pas de bras. »

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Atteint de phocomélie, une malformation due à l’arrêt du développement d’un ou de plusieurs membres durant la grossesse, Gabriel n'a pas laissé son handicap le définir. Il a découvert la compétition à l’adolescence, lorsqu’un enseignant l’a inscrit à 13 ans à un tournoi scolaire sans en avertir ses parents. « Il a gagné cinq médailles. Depuis, il ne s’est plus arrêté », a relaté sa mère.

La technique du dauphin

Pour compenser son handicap, Gabriel a développé une technique de nage unique. Il ondule dans l’eau comme un dauphin, utilisant des mouvements de bassin pour se propulser. Cette technique a été perfectionnée avec son entraîneur, Fabio Pereira Antunes. Le para-sportif s’entraîne six fois par semaine dans la piscine de Juiz de Fora, ville de l’État du Minas Gerais, au sud-est du Brésil. En plus de ses entraînements dans l’eau, il effectue des exercices de musculation pour renforcer ses lombaires, ses abdominaux et son plancher pelvien.

Porte-drapeau du Brésil

Le nageur charismatique, fort de ses deux médailles d’or et une d’argent remportées aux Jeux de Tokyo, a été désigné porte-drapeau du Brésil pour les Jeux paralympiques de Paris. « La cérémonie d’ouverture est un moment unique dans la vie d’un athlète », a commenté Gabriel lors d’une conférence de presse. « J’ai donc été très honoré de pouvoir, pour mes deuxièmes Jeux paralympiques, à un si jeune âge, réaliser ce grand exploit, que plusieurs athlètes, de grands athlètes brésiliens, ont eu le privilège d’accomplir. »

Une danse de la victoire

À l’instar d’Usain Bolt, Gabriel célèbre ses victoires avec un geste signature : une danse sur le podium. Ce rituel, initié lors des Jeux paralympiques de Tokyo, s’est renouvelé à Paris avec une nouvelle chorégraphie dévoilée lors de sa première victoire.

Une star des réseaux sociaux

En dehors des bassins, Gabriel soigne sa popularité sur Instagram, où il compte près de 250 000 abonnés. Il y partage son quotidien de sportif et interagit avec ses fans. Il utilise ses orteils pour naviguer sur l’écran de son téléphone et pour jouer à des jeux vidéo, une autre de ses passions.

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La phocomélie : Comprendre le handicap de Gabriel

Gabriel dos Santos Araujo est atteint de phocomélie, une malformation congénitale rare caractérisée par un raccourcissement extrême des membres. Dans les cas les plus sévères, les mains et les pieds semblent émerger directement du tronc. Le terme « phocomélie » vient du grec « phôke » (phoque) et « mêlos » (membre).

Causes de la phocomélie

Deux causes principales sont identifiées :

  • Facteur héréditaire : Une anomalie chromosomique peut être à l’origine de cette malformation. Selon l’Organisation nationale des maladies rares aux États-Unis, un nombre impair de copies de chromosomes empêche la correspondance et la jonction des paires, entraînant des malformations.
  • Exposition au thalidomide : Cette malformation a connu un essor mondial dans les années 1950, lorsque le thalidomide, un sédatif léger prescrit aux femmes enceintes pour soulager les nausées et l’insomnie, a causé de sévères anomalies fœtales.

Autres symptômes

Outre le raccourcissement des membres, la phocomélie peut s’accompagner de déficiences mentales, d’une longueur du cou plus courte, d’une encéphalocèle, de vomissements, de migraines et d’une augmentation de la pression intracrânienne due à un excès de liquide céphalo-rachidien.

Prise en charge

La principale approche thérapeutique consiste en l’utilisation de prothèses pour les membres manquants ou malformés. Les prothèses modernes sont conçues pour offrir un confort optimal et un aspect naturel.

« J’ai dominé la course, j’ai tué le match ! »

Après avoir remporté la médaille d'or du 100m dos aux Jeux paralympiques de Paris 2024, Gabriel dos Santos Araujo a savouré sa victoire. Au terme d'une course dominée de bout en bout, le nageur brésilien s'est imposé en 1:53.67 devant le Russe Vladimir Danilenko (2:01.34) et le Chilien Alberto Abarza Diaz (2:01.97).

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"J'ai dominé la course, j'ai tué le match!", a déclaré Gabrielzinho avec enthousiasme. "J'ai encore du mal à réaliser. C'était la course parfaite, qui couronne tous mes efforts. Une sur trois!", a-t-il ajouté, en rappelant qu'il vise l'or sur deux autres épreuves.

Un exemple de dépassement de soi

Atteint de phocomélie, Gabriel Araujo est né sans bras et avec de courtes jambes. Dans l’eau, il ondule comme un dauphin et dit lui-même s’y sentir mieux que sur terre. Renata Guerra, qui pratique la nage en eaux libre depuis 2010, est particulièrement touchée par la performance de Gabriel car elle est elle-même handicapée. « Il utilise ce qu’on appelle le « core » : les muscles de l’abdomen et de la poitrine. Et il est incroyable, c’est vraiment un exemple. Parce que chaque athlète doit se dépasser, mais lui a le handicap à dépasser en plus, et c’est très difficile d’être un athlète au Brésil. C’est une icône du sport. »

Andrea Orlandi, professeur d’éducation physique, regrette que la pratique de handisport soit si peu démocratisée au Brésil. « Tout est plus difficile. Avoir des professionnels formés, des sponsors, la diffusion en elle-même des sports paralympiques… tout est plus compliqué… sans compter la natation en soi ».

Gabrielzinho est originaire de l’état du Minas Gérais, tout comme Larissa Oliveira, ancienne nageuse olympique. « La compétition paralympique est encore plus dure… Et je sais combien il faut lutter pour être un athlète de haut niveau, un athlète professionnel au Brésil. Je suis super fan de lui, je suis sûre qu’il nous ramènera trois médailles d’or, je vais bien le supporter », indique-t-elle.

Carinho : Une histoire d’amour

Lors d’un entretien, Gabrielzinho utilise à dessein le mot « Carinho ». Giovanna, l’attachée de presse du comité brésilien, explique qu’il s’agit de chaleur, d’affection et d’amour. Au bassin de Paris La Défense Arena, Gabrielzinho est l’athlète étranger le plus adoré, et il le rend bien avec des sourires, des tours d’honneur et des danses improvisées.

Objectifs atteints et futurs défis

Après avoir décroché sa troisième médaille d’or à Paris, sur 200 m nage libre catégorie S2, Gabriel a commenté : « Je suis venu à Paris pour chercher trois médailles d’or et j’ai accompli cet objectif, alors je suis très heureux. »

À Tokyo, en 2021, il avait remporté deux médailles d’or et une en argent.

Lors des Jeux de Paris, il s’alignera sur une dernière course, où il affrontera des nageurs classés S3, soit avec des handicaps un peu moins lourds que le sien.

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