L'invention du bateau à voile : une histoire maritime

La voile, transformée en plaisance ou yachting, a toujours été une aventure de marins aux quatre coins du monde, sur les mers et les océans, un monde de passionnés. L'histoire du bateau à voile, de son invention à son utilisation moderne, est riche et complexe, mêlant innovation technique, développement commercial et explorations audacieuses.

Les origines primitives

La navigation ne date pas d’hier. Les premières traces de navigation pourraient être datées à 130 000 ans avant notre ère. C’est à l’occasion d’une expédition archéologique visant à prouver la présence de l’Homme sur l’île de Crète dès le Mésolithique (à partir de 13 000 à 10 000 ans avant notre ère) que des chercheurs ont fait la découverte d’outils datant du Paléolithique Moyen (entre -350 000 et -100 000). Une surprise qui laisse à penser que l’Homme aurait réussi à traverser la Méditerranée bien plus tôt qu’on ne le croyait. Il est néanmoins difficile de savoir si cet exploit peut être attribué à Homo Sapiens, car sa présence en Europe à cette période est encore controversée (crâne d’Apidima 1).

L'invention du bateau remonte à plusieurs milliers d'années, et correspond au besoin que l'homme a très tôt eu de pouvoir se déplacer sur l'eau, qu'il s'agisse de rivière ou de mer. Les bateaux ont accompagné l’homme dans son évolution. Les premiers bateaux ont été construits au Néolithique, à partir de troncs d'arbre évidés à l'aide d'outils en pierre, il y a environ 10 000 ans. Ces premiers bateaux avaient une fonction simple : se déplacer sur l'eau, essentiellement pour la chasse et la pêche. On a par exemple retrouvé à Noyen-sur-Seine une pirogue monoxyle, fabriquée dans un tronc de pin sylvestre et conservée sur une longueur de plus de 4 mètres, datée du mésolithique (-7000 av. JC), et actuellement visible au musée de Nemours[1]. Deux autres pirogues, disposées côte-à-côte et en excellent état, ont également été découvertes en amont de Paris, à Nandy, et sont datées de 7245-6710 av J.C. pour la plus ancienne, 7040-6620 av J.C. pour l'autre, ce qui en ferait a priori les plus vieux bateaux découverts sur le plan mondial.

Le plus ancien bateau jamais découvert a été trouvé en France, dans la ville de Nandy. Il s’agit d’une pirogue monoxyle datant de 7245-6710 av. J.-C (fin du Mésolithique), retrouvée aux côtés d’une autre pirogue presque aussi ancienne. En Egypte comme en Mésopotamie, les premières traces de navigations datent du Mésolithique et si elles indiquent l’utilisation de pirogues monoxyles comme en Europe, on identifie également l’apparition de radeaux.

Dès la préhistoire, l'Homme construisit des embarcations fluviales : pirogues creusées dans un tronc d'arbre, canoës en peau ou encore radeaux de roseaux. Ces frêles esquifs furent les ancêtres des navires que construisirent les peuples méditerranéens à partir de 2500 av. J.-C. Construite à partir d'un tronc d'arbre évidé, la pirogue allie maniabilité et rapidité de déplacement.

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Mais très vite, l'homme constate que ce moyen de locomotion offre d'immenses opportunités, tant pour la pêche que pour l'exploration, pour faire du commerce aussi bien que pour faire la guerre. Les plus anciennes pirogues monoxyles découvertes lors de recherches archéologiques sont la plupart du temps taillées dans des arbres résineux, à l'aide de simples outils en pierre. Leur forme, dérivée d'un tronc, est très allongée (jusqu'à plus de 8 m) et étroite (en général de 50 à 60 cm, espace suffisant pour asseoir le navigateur). L'extérieur est en général circulaire, les extrémités sont en cuillère. On trouve sur certaines de premières adaptations destinées à renforcer l'ensemble de l'intérieur. Dans les vagues, l'eau a tendance à envahir l'embarcation. Il y a environ 5 000 ans, des constructeurs, tant en Égypte que ceux vivant au bord de la rivière Åmose au Danemark commencent à creuser une rangée de trous, le long du bord supérieur de leurs pirogues, puis à l'aide de cordes en tendons ou en fibres végétales, ils " cousent " sur les flancs de la pirogue une planche portant des trous en position concordante. Ils inventent ainsi le bordage cousu, qui permettra progressivement d'augmenter la taille des embarcations. Ce bordage, en surélevant les bords, protège des entrées d'eau, mais permet du même coup d'augmenter significativement la capacité de charge de l'embarcation.

L'invention de la voile

On ne sait pas précisément quand la voile a été utilisée pour la première fois. Avant, pour se déplacer avec leur bateau, les navigateurs utilisaient des pagaies. Ou encore, on faisait du halage. Puis les hommes constatent qu’en utilisant une toile ou une peau de bête, ils peuvent exploiter le vent. La plus ancienne représentation d’un bateau à voile est retrouvée dans la région de l’actuel Koweït. Elle est datée de la fin du 5e millénaire avant notre ère. À cette époque, des routes commerciales sur des grands fleuves comme le Tigre et l’Euphrate apparaissent. Avant le 5ème millénaire, l’histoire de la voile reste un mystère.

Parallèlement, les premiers navigateurs constatent qu'en déployant une peau de bête ou une toile végétale tressée, tendue au bout d'une perche plus ou moins verticale fixée au fond de l'embarcation, ils peuvent utiliser la force de propulsion du vent : la voile est née.

Les égyptiens auraient été les premiers à comprendre que le vent peut être utilisé pour propulser leurs embarcations. A la même période, les navigateurs développent des bordages cousus sur le flanc des pirogues pour stabiliser l’embarcation et empêcher l’eau de rentrer par les côtés. Ces bordages permettaient aussi d’agrandir considérablement la taille des navires et par la même occasion, leur capacité de charge. La plus ancienne représentation d’un voilier est donc égyptienne et date d’environ 5 000 av. J.-C. On y découvre un grand navire comportant un mât, une grande voile carrée, mais aussi de nombreux rameurs. Les bateaux devaient être construit avec du papyrus, des roseaux et de la corde de chanvre.

Dés 3000 ans avant Jésus-Christ l’utilisation de la voile est assez répandue dans le monde. Grâce à des pirogues à bordage cousu et en transportant jusqu’à 50 passagers. Il n’y a pas de traces précise des bateaux qui ont permis de traverser. C’était vraisemblablement de grands catamarans formés de deux grandes pirogues solidaires. Les voiliers apparaissent de plus en plus sur les cours d’eau et les mers. Les égyptiens utilisent leur voilier en papyrus pour se déplacer le long du Nil. Celui-ci coule du sud au nord. Idéal pour descendre le fleuve et les vents soufflent la majeure partie de l’année du nord au sud. Au début la construction des barques et l’utilisation de la voile sont faites pour les travaux des champs.

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Les premiers voiliers ne savent utiliser le vent que lorsqu'il vient de l'arrière, dans les autres cas, la rame reste indispensable. Mais les meilleurs navigateurs apprennent vite à domestiquer ce vent indispensable.

Vers 1900 avant JC, les échanges maritimes deviennent si importants en Égypte qu'un canal est construit pour relier le Nil et la mer rouge. Le commerce les amenant à affronter la mer, ils vont devoir consolider leurs bateaux pour faire face aux vagues et aux vents forts. Cela va se faire en remplaçant le papyrus par des planches de bois et en ajoutant des haubans qui retiennent le mât vers l’arrière. Les voiliers serviront aussi à l’exploration.

Les développements dans l'Antiquité

Pendant un long moment, l’idée de pouvoir avancer contre le vent avec les voiles paraît incongrue et pendant des dizaines de siècles, les navires auront des voiles carrées. Les bateaux à voiles carrées égyptiens ne pouvaient se rapprocher qu’à environ 150 degrés du lit du vent. La coque va profiter de nouvelles améliorations notamment par les phéniciens. Les puissances ont vite compris que pour asseoir sa domination sur les autres il faut des navires de guerre.

À Gizeh (Égypte), des ouvriers construisent un navire qui s'apparente au modèle en papyrus conçu par les Égyptiens au IIe millénaire av. J.-C. Les premiers navires égyptiens avaient une charpente et un bordé en bois. Ils étaient suffisamment vastes pour transporter 20 rameurs, ainsi que plusieurs têtes de bétail, ou un poids équivalent de marchandises. D'après les peintures égyptiennes de cette époque, on constate que ces galères étaient équipées de deux mâts, reliés à leur sommet, auxquels on suspendait des voiles. Plus tard, on ne conserva qu'un seul mât, au sommet duquel les voiles étaient hissées au moyen de poulies.

Au 6e siècle avant jésus-christ de violentes batailles maritimes ont lieu comme la bataille de Salamine qui opposa les grecs et les perses. Longue d’environ 36 m et large d’environ 6 m, la trière est plus rapide plus maniable et plus solide que les précédents navires de guerre. La forme de sa coque plate s’enfonçait peu profondément dans l’eau. La trière était donc idéale par temps calme mais très peu stables dans les tempêtes. Ainsi avant la bataille de Salamine les Perses auraient perdu un tiers de leur flotte dans une tempête. Même si la trière possède un gouvernail, les marins utilisent encore beaucoup les rames pour se diriger.

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S'inspirant des techniques égyptiennes, les Phéniciens et les Grecs achèvent progressivement de maîtriser la navigation en mer à bord des trières, explorent puis colonisent toute la Méditerranée à bord de leurs navires. Ptolémée Ier fait construire pour guider les marins le Phare d'Alexandrie. Mais la plupart du temps, ceux-ci font du cabotage, et ne s'aventurent que rarement hors de vue des côtes. Leurs navires ont principalement une fonction de commerce et de transport de personnes, bien qu'ils ne dédaignent pas les utiliser parfois pour faire la guerre.

Vers 340 avant J.-C., un scientifique et explorateur grec de Massalia, Pythéas, franchit à bord de son navire les colonnes d'Hercule (détroit de Gibraltar), remonte les côtes de la Gaule, accoste en Bretagne (l'actuelle Angleterre), passe les îles Orcades et, poussant plus au nord, atteint un pays nommé Thulé qu'il ne peut dépasser, bloqué par la banquise. Pythéas rapporte de son voyage la preuve de la rotondité de la terre, ce que la majorité des astronomes de l'époque supputent. Ses mesures de latitude, à l'aide d'un gnomon, sont d'une précision étonnante pour l'époque. Aristote l'a démontré indirectement à la fin du VIe siècle av. J.-C.

De forme ventrue, les "bateaux ronds" phéniciens étaient mieux adaptés au commerce que l'étroite galère. Les chantiers navals les plus illustres de l'Antiquité furent ceux des Phéniciens, grands navigateurs de la Méditerranée. Au cours du IIe millénaire av. J.-C., ce peuple construisit des navires de guerre, ainsi que des embarcations marchandes capables de transporter de lourdes charges. Ces dernières présentaient des formes ventrues et avaient l'allure de "bateaux ronds". Elles étaient propulsées grâce à leurs voiles, les avirons n'étant utilisés qu'au voisinage des ports. Ces navires de commerce offraient un volume de chargement beaucoup plus important que celui des étroites galères.

Les navires nordiques et les galères romaines

Les navires nordiques étaient des bâtiments de haute mer très performants, propulsés à la fois par des avirons et par des voiles. Ils furent construits en Scandinavie à partir du IXe siècle par les Vikings. Les plus célèbres d'entre eux, les drakkars, atteignant une vingtaine de mètres de long, disposaient d'une quinzaine de paires d'avirons. Ils se composaient de lattes de pin ou de chêne, reliées par des rivets de bronze. C'est à bord de ces bateaux de guerre que les Vikings entreprirent des raids fructueux sur les côtes de l'Europe occidentale. Le knarr, plus petit et plus massif que le drakkar, servait essentiellement au transport : il fut utilisé par les Vikings dans leurs expéditions vers le Groenland et l'Islande. C'était un navire à voiles, mais équipé d'avirons d'appoint.

Les galères romaines possédaient une coque renforcée qui les protégeait du feu et des projectiles. Les Romains utilisaient également des galères pour le commerce. Les Romains construisirent divers types de navires de guerre au cours de la période où ils exercèrent leur hégémonie sur la Méditerranée, notamment des galères dotées de passerelles pour se jeter à l'abordage des bâtiments ennemis ou équipées de catapultes. Leurs navires de commerce mesuraient environ 50 m de long et 15 m de large. On pense que des bâtiments de dimensions supérieures furent construits afin de transporter des obélisques d'Égypte jusqu'à Rome. Ces grands navires de commerce étaient munis de voiles carrées disposées sur trois mâts.

Les évolutions techniques et la navigation au long cours

Le gouvernail d’étambot, proche de ce qu’on a aujourd’hui n’est développé qu’au XIème siècle en Baltique et en Perse. Il arrive en occident qu’à partir du 13ème siècle. Les navires vont continuer de grandir et les gouvernails vont donc profiter de nombreuses améliorations pour pouvoir démultiplier la force du timonier. Les vikings sont les premiers occidentaux à découvrir l’Amérique vers l’an 1000. Les allers-retours vers l’Amérique ne vont se multiplier qu’après la re découverte par Christophe Colomb. C’est un navire plus maniable avec des voiles triangulaires qui permettent une meilleure orientation par rapport au vent. La Caravelle peut louvoyer , elle conserve des voiles carrées pour les autres allures.

Le gouvernail d'étambot arrive en Europe à la fin du 1er millénaire, là encore via les Arabes. D'abord manœuvré à la main avec une simple barre, il se voit rapidement assisté par un jeu de poulies et de cordages afin de démultiplier la force du barreur, puis sur les plus gros navires par une " manuelle ", système de démultiplication mécanique à levier de l'effort sur la barre.

Nombre d'inventions ont permis de faire évoluer les bateaux. Mais quelques unes ont été décisives, permettant un bon technologique offrant de nouvelles opportunités dans les capacités des bateaux, et motivant par effet d'entrainement de nombreuses autres améliorations. Avant l'introduction de la boussole, la navigation en mer se fait principalement par la navigation célestielle (le terme " célestiel " faisant référence à l'approche divine de l'astronomie). les Arabes peuvent généralement compter sur un ciel clair pour naviguer dans le golfe Persique et l'océan Indien.

Pour le moment, rien ne permet de savoir si la transmission s'est produite dans un contexte maritime ou par une route terrestre, par des astronomes et des géographes utilisant la boussole pour déterminer le méridien. Le mot boussole vient de l'italien bussola (petite boîte). En navigation maritime, équipée d'une ligne de foi (repère parallèle à l'axe du navire donnant la direction suivie), elle est appelée compas. L'instrument est ensuite amélioré en compas magnétique. Il garde les caractéristiques d'une boussole, dotée d'une aiguille aimantée sur une rose montée, et inclut un système à cardan pour compenser les effets de tangage et de roulis du navire.

Au 12ème siècle, les voiliers changent et sont en mesure de s’aventurer en haute mer. Inventée par les Portugais, la caravelle est un voilier à hauts bords créé pour les longs voyages des explorateurs. Ce type de navire est équipé de plusieurs formes de voiles : celles en forme de triangle captent la direction du vent, tandis que le vent arrière propulse le bateau grâce aux voiles carrées.

En Asie, les premiers bateaux capables d’affronter la mer et d’ouvrir des routes maritimes n’apparaîtront qu’au VIIIe siècle après Jésus-Christ. Au xvème siècle la flotte chinoise ouvre des routes commerciales jusqu’en Afrique grâce à la jonque . Ce bateau est très différents des voiliers occidentaux. La jonque possède des voiles lattées qui permettent de faciliter la manœuvre de réduction de voilure en cas de gros vent. es lattes permettent aussi de rigidifier la voile. La jonque possède plusieurs compartiments étanches qui l’empêchent de couler entièrement en cas de voies d’eau ainsi qu’un gouvernail.

L'ère des explorations et les navires emblématiques

Au XVIe siècle, l'usage du franc-bord et des sabords se généralise sur les galions, qui, bien que mieux adaptés aux missions militaires, conservent encore un usage polyvalent. Ces sabords incitent à une autre innovation, celle des ponts multiples, qui permettent d'augmenter le nombre de sabords et donc la puissance de feu.

Christophe Colomb quitta l'Espagne aux commandes d'une flotte comprenant trois caravelles. Se dirigeant vers l'ouest, les trois vaisseaux atteignirent les îles de la mer des Antilles en cinq semaines et demie. Leur aspect exact n'est pas connu, mais la Santa Maria (au centre), le plus grand, devait mesurer entre 25 et 27 m de long. La caravelle était un vaisseau utilisé par le Portugal et l'Espagne, relativement petit et de faible tonnage. Elle possédait une large étrave et un château arrière haut et étroit. Elle était dotée de trois ou quatre mâts gréés de voiles latines (voiles triangulaires), excepté le mât de misaine qui portait une voile carrée.

La Santa Maria est l'un de ceux à avoir effectué la traversée de l'Espagne au "Nouveau monde". Il fait partie des trois navires que l'on attribue à Christophe Colomb : le Santa Maria était le plus grand de la flotte, la Pinta était le plus rapide et la Niña était le plus petit.

Au XVIIe siècle, des hollandais décident de faire du bateau à voile pour le plaisir. La plaisance va donner un second souffle à la voile. Maintenant les voiliers de plaisance s’uniformisent car les modèles sont produits en série. Les courses de bateaux permettent de continuer à progresser et améliorer les performances des bateaux.

Les convois espagnols ramenant l'or du Nouveau Monde devaient se protéger des attaques des pirates. Les navires à voile sont menés par un équipage commandé par un capitaine.

Les clippers et le déclin de la voile commerciale

Bateau rapide et puissant, le clipper fut principalement utilisé au XIXe siècle pour le transport des marchandises. Durant les trois siècles qui suivirent les expéditions de Christophe Colomb, peu de modifications furent apportées aux navires à voiles, mise à part une augmentation progressive de leurs dimensions. C'est au cours de la guerre anglo-américaine que le trois-mâts, appelé clipper, et né quelques années auparavant, acquit une renommée internationale en raison de sa rapidité. Il y fut particulièrement efficace comme forceur de blocus. Très rapides et tenant remarquablement la mer, les clippers excellaient dans le commerce de longue distance. Ainsi, ils assurèrent le commerce du thé entre la Chine et l'Angleterre. Certains modèles de clippers battirent des records de vitesse au cours du XIXe siècle.

A la tête du Flying Cloud se trouvait Eleanor Creesy, une des premières femmes à être navigatrice (une chose peu répandue lors du lancement du Flying Cloud en 1851). Ce navire est également connu en ce qu'il a établi le record du monde de la traversée la plus rapide entre New York et San Francisco en 89 jours et 8 heures, record détenu pendant plus de 100 ans !

Malgré l'avènement progressif des bateaux à vapeur, on continua à construire des bateaux à voiles qui tentèrent de rivaliser avec les cargos. Pour proposer des prix plus avantageux sur le fret que ceux qui étaient pratiqués par leurs concurrents, les constructeurs durent augmenter les tonnages de ces voiliers. Ceux-ci, souvent en acier, étaient dotés de quatre ou cinq mâts et transportaient généralement du charbon, des céréales ou des minerais.

Les navires à voile ont été progressivement remplacés au cours des XIXe et XXe siècles pour la navigation de commerce par les navires à vapeur, puis par les navires à propulsion diesel.

La voile de plaisance et l'avenir de la voile

Au début du XXIe siècle, ce type d'utilisation tend à disparaître et semble réservé aux pays les moins développés industriellement. Au début du XXIe siècle, dans un contexte où les préoccupations écologiques prennent de plus en plus d'importance et où le prix du carburant augmente sans cesse, il y a un regain d'intérêt pour le transport à la voile comme l'illustre l'initiative de la Compagnie de transport maritime à la voile. La société SkySails a également développé une alternative : l'installation d'une voile en forme de cerf-volant qui permet de réduire la consommation de carburant.

Le mot voile vient du latin velum qui désignait un tissu permettant de protéger du soleil ou de réduire la hauteur d’un local. Pas grand chose à voir avec le monde marin à priori. Le mot bateau vient des vikings. Dans leur langue, ils appelaient leurs bateaux bàtur. Dès la fin du VIIIe siècle, les vikings ont attaqué les pays européens notamment l’Angleterre et la France. La langue anglo normande s’est alors inspiré de ce mot pour donner « bat ». Le terme est ensuite attesté pour la première fois en vieux français en 1138 sous la forme « batel » qui deviendra bateau par la suite. D’autres mots seront utilisés au cours de l’histoire pour désigner différents types de bateaux.

On ne sait pas exactement qui sont les premiers à avoir utilisé une voile, cependant, les Egyptiens ont été les premiers à laisser des documents sur leurs navires. Les bateaux à voile sont toujours très utilisés aujourd’hui, même s’ils n’ont plus la même finalité. Pourtant, ils auraient plus de 5000 ans. Les bateaux à voile plus moderne, tels que nous les connaissons dans les films ou même actuellement, sont nés au 17ème siècle. Ils ont émergé en Europe du Nord, avec un mot pour définir ce type de navigation, le yachting, un terme dérivé du néérlandais jaght que l’on peut traduire par « chasser ». Mais en 1651, Charles II d’Angleterre a découvert cette activité lors de son exil aux Pays-Bas.

Les voiliers restent utilisés dans des compétitions sportives et pour de la navigation de plaisance ; et même pour le transport et la pêche dans de nombreux pays en voie de développement (Madagascar, Tanzanie, les Louisiades…).

Quelques dates clés de la voile de plaisance

  • 1811 aux États-Unis : Les frères Swain déposent un brevet sur l’utilisation d’une dérive pivotante légère. C’est la naissance du dériveur "moderne".
  • 1847 à Washington, Matthew Fontaine Maury publie l’ouvrage Wind and Current Chart of the North Atlantic, première approche statistique des conditions météorologiques et précurseur des pilot charts.
  • 1860 en Grande Bretagne, John MacGregor réalisent plusieurs expéditions à bord de kayaks à voile de sa conception.
  • 1865 sur l'île de Wight : C'est la date présumée de la confection du premier spinnaker par le maître voilier anglais William Gordon. Le nom viendrait de la contraction des mots spin et maker (littéralement : "qui fait partir en vrille") employés pour définir les effets de cette grande voile ballon sur le comportement du bateau…
  • 1869 à Sydney : Naissance du Shark, l’un des premiers multicoques "occidentaux", imaginé par l’Anglais Lawrence Hargrave, s’inspirant des embarcations traditionnelles austronésiennes.
  • 1870, James Inwards fait un périple autour des côtes anglaises avec le canoë à voile Ringleader.
  • 1876 au large de Long Island, victoire en régate d’Amaryllis, catamaran conçu par Nathanael Herreshoff, qui devance dix-huit sandbaggers.
  • 1876, Alfred Johnson réalise la première traversée de l’Atlantique à la voile sur un petit bateau. Un doris de 6 mètres baptisé Centennial. Cinquante et un jours de navigation entre la Nouvelle-Écosse et le pays de Galles.
  • 1877, Joanna et Thomas Crapo traversent l'Atlantique à bord d’une chaloupe de moins de 6 mètres. Ils mettent quarante-neuf jours pour rejoindre l’Angleterre.
  • 1876 - 1877 : la famille Brassey réalise un tour du monde à bord de Sunbeam, goélette de 48 mètres à trois mâts.
  • 1880 aux Etats-Unis, Paul Butler invente le sliding seat, ou planche de rappel.
  • 1887, aux Etats-Unis et en Irlande : Naissance des deux premières classes de voiliers monotypes : le North Haven Dinghy dans le Maine et le Water Wag près de Dublin.
  • 1891 à Bristol, Nathanael Herreshoff construit Dilemna, premier voilier équipé d’une quille à bulbe.
  • 1895 - 1898 : Premier tour du monde à la voile en solitaire, par Joshua Slocum, au départ de Boston, à bord de Spray (via le détroit de Magellan et le cap de Bonne-Espérance).
  • 1898 aux Etats-Unis : Lancement de la commercialisation en construction amateur du Lark, premier dériveur largement diffusé.
  • 1910 à Long Island, les architectes William Gardner et Francis Sweisguth dessinent le Star, quillard de 6,90 mètres qui sera à dix huit reprises de série olympique.

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