Les impératifs médicaux et contre-indications en plongée sous-marine

La plongée sous-marine est une discipline extraordinaire. Elle nous permet d’accéder à un monde totalement inexploré en respirant sous l’eau ! La plongée sous-marine offre une expérience sensorielle absolument inégalable. Que vous souhaitiez observer la biodiversité de la Méditerranée ou découvrir les sensations uniques de l’immersion, cette aventure est à portée de palmes. Toutefois, elle comporte certains risques qui peuvent entraîner des contre-indications. La plongée sous-marine, c’est un pur bonheur… mais pas un sport à prendre à la légère. Avant de s’immerger, il est indispensable de s’assurer que l’on est apte physiquement et médicalement. La plongée sous-marine est une activité qui peut être réalisée sans risques à condition d’être en bonne santé et d’y être bien préparé. En effet, c’est une pratique qui nécessite parfois des efforts importants. La plongée sous-marine est un sport à la fois doux et exigeant, qui implique des changements physiologiques importants. En effet, l’eau exerce une pression sur le corps au fur et à mesure de la descente. Certaines affections médicales peuvent rendre ces adaptations dangereuses, voire impossibles.

Évaluation de l’aptitude et certificat médical

En plongée, le certificat médical n’est pas qu’une formalité administrative. Le certificat médical est obligatoire pour la délivrance de la première licence à la FFESSM et fortement conseillé avant un baptême pour prévenir les effets des contraintes cardiovasculaires et ventilatoires liées à l’immersion et les risques barotraumatiques présents dès les premiers mètres. Il n’est généralement pas exigé pour effectuer un simple baptême de plongée. Vous rêvez de faire de la plongée ? Il vous faudra peut-être, dans certains cas, obtenir un certificat médical d’absence de contre-indication à la pratique de la plongée sous-marine, de moins d’un an. Celui-ci sera indispensable si vous souhaitez vous initier ou passer vos brevets. Pour une initiation ou un brevet de niveau 1, vous obtiendrez votre certificat auprès de votre médecin traitant généraliste.

Lors de la consultation médicale, des critères physiques et mentaux seront pris en compte par votre médecin traitant ou spécialiste. En juin 2014, le comité directeur national de la FFESSM a modifié ses directives en matière de certificat médical en autorisant tout médecin inscrit à l’Ordre des médecins à délivrer un certificat pour les formations niveau 1 (y compris chez l’enfant de plus de 12 ans), niveau 2, niveau 3 et l’ensemble des qualifications. Les passages du niveau 4 et des monitorats fédéraux et la pratique du recycleur ou du trimix requièrent un examen par un médecin fédéral, c’est-à-dire un médecin titulaire d’une licence fédérale, présenté par un président de club et participant à des actions de formations, d’enseignements et de surveillance médicale de compétition. Les médecins diplômés en médecine du sport, en médecine de plongée ou en médecine hyperbare sont également habilités. La reprise de la plongée après un accident ne peut se faire qu’après avis d’un médecin fédéral, d’un médecin de plongée ou d’un médecin hyperbare, tout comme le certificat pour l’enfant de 8 à 14 ans.

À l’étranger (ex. : PADI, SSI) : un formulaire de santé international (type “Medical Statement”) est souvent utilisé. Le questionnaire médical est mis à disposition par SSI. Il détermine si vous devez demander une évaluation par un médecin. Si des données sur votre santé ne sont pas reprises sur ce formulaire, consultez votre médecin. Ce formulaire est principalement conçu comme une évaluation médicale initiale pour les nouveaux plongeurs, mais convient également aux plongeurs qui suivent une formation continue. Au moindre doute, le médecin examinateur peut faire appel à un médecin fédéral ou à un médecin expert exerçant dans l’un des centres hyperbares français.

Principes généraux des contre-indications

Il existe peu de contre-indications absolues à la pratique de l’activité physique et sportive. Cependant toute pathologie chronique non stabilisée représente une contre-indication absolue mais temporaire jusqu’à stabilisation. Les pathologies aiguës sont des contre-indications temporaires jusqu’à guérison, soit de manière absolue, soit de manière relative. Pour certaines pathologies, des contre-indications relatives peuvent exister et doivent être évaluées au cas par cas et en fonction du sport. Les problèmes doivent être abordés au cas par cas, éventuellement avec un bilan auprès d'un spécialiste, la décision tenant compte du niveau technique et de pratique (débutant, confirmé ou encadrant).

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Tout d’abord, les contre-indications définitives à la plongée touchent une déficience permanente chez l’individu. Ainsi, les médecins déconseillent ce sport aux insuffisants cardiaques, à cause de la pression de l’eau et de l’air respiré qui soumet le cœur à une activité certaine. De même, les insuffisants respiratoires ne peuvent malheureusement pas découvrir la plongée, pour la même raison mais avec un impact sur la respiration cette fois-ci. Par ailleurs, certains dérèglements neuronaux sont des contre-indications à la plongée, tels que l’épilepsie, les pertes de connaissance répétitives ou l’incapacité motrice cérébrale. En effet, en cas de perte de contrôle, le risque de noyade est évidemment élevé sous l’eau.

Santé ORL et pulmonaire

Les poumons sont au centre de la plongée. Une variation brutale du volume gazeux dans l’oreille moyenne peut provoquer une atteinte grave de l’oreille interne. L’otoscopie avec manœuvre d’équilibration active de la caisse du tympan est un élément essentiel dans le dépistage de la dysperméabilité tubaire. Le futur plongeur doit, dans tous les cas, être sensibilisé sur l’importance de signaler dans les plus brefs délais à son médecin de plongée tout épisode médical intercurrent pouvant modifier la fonction tubaire, afin de mettre en place des mesures préventives pour éviter un barotraumatisme de l’oreille.

Concernant l’appareil respiratoire, toute pathologie pouvant être à l’origine d’une fragilisation du parenchyme ou d’une gêne à l’expiration doit être dépistée. L’auscultation vérifie l’absence de bruits anormaux ou atténudevs compatibles avec un asthme, une bronchite chronique ou une maladie bulleuse. La réalisation d’une boucle débit volume avec un test de réversibilité aux bêta-2-mimétiques peut permettre au médecin fédéral d’autoriser un asthmatique léger à la pratique de la plongée, selon les recommandations de la FFESSM. Une contre-indication doit être prononcée en cas d’asthme d’effort, d’asthme au froid, d’antécédent de crise d’asthme grave, d’asthme non stabilisé avec un traitement de fond, d’insuffisance respiratoire, de pneumopathie fibrosante, de vascularite pulmonaire, de chirurgie pulmonaire ou de pneumothorax spontané.

Risques cardiovasculaires et métaboliques

Un cœur qui fonctionne mal à sec… fonctionnera encore plus mal sous pression. Les modifications neurovégétatives et l’augmentation des régimes de pressions intracardiaques inhérentes aux contraintes d’immersion doivent écarter tout sujet à risque de syncope, d’ischémie myocardique, d’insuffisance cardiaque ou de rupture vasculaire. L’insuffisance cardiaque symptomatique, la cardiomyopathie obstructive, la tachycardie paroxystique, le bloc auriculoventriculaire (BAV) II ou complet non appareillé, la maladie de Rendu-Osler sont des contre-indications.

La présence d’une coronaropathie, d’une prise de bêtabloquants, d’une valvulopathie, d’un trouble du rythme, d’un trouble de la conduction ou d’un pacemaker impose une évaluation par un médecin fédéral. Au-delà de 40 ans chez l’homme et de 50 ans chez la femme, l’épreuve d’effort est fortement recommandée. L’hypertension artérielle doit être dépistée minutieusement. En cas de confirmation, un bilan cardiaque est indispensable avec a minima une exploration cardiaque anatomique et fonctionnelle, au repos et à l’effort.

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Concernant les troubles métaboliques, les formes légères de diabète n’entraînent pas une interdiction formelle à la plongée. Elles nécessitent néanmoins l’avis d’un médecin. C’est ainsi le cas du diabète traité par insuline ou par biguanides. Les personnes ayant subi un bypass gastrique ou une sleeve gastrectomie doivent faire l’objet d’une évaluation médicale très rigoureuse avant de plonger.

Pathologies temporaires et vigilance au quotidien

Certaines situations ou affections ne vous interdisent pas la plongée à vie, mais doivent vous inciter à reporter ou annuler temporairement une sortie. Ça paraît anodin… mais c’est l’ennemi n°1 du plongeur ! En cas de nez bouché, d’inflammation des sinus ou des oreilles, l’équilibrage des pressions devient difficile, voire impossible. Plonger avec de la fièvre ou un virus, c’est comme faire un marathon en combinaison néoprène : dangereux, contre-productif, et épuisant. Mieux vaut reporter.

Deuxièmement, certains états sont des contre-indications temporaires à la plongée. Ainsi, la grossesse en est le premier exemple. La plongée est contre-indiquée pendant toute la durée de la grossesse, même si celle-ci se passe bien. Les sorties de ces mêmes maladies sont également à surveiller, en raison du risque de séquelles sur l’organisme. Le Covid étant une maladie récente, lorsque vous avez été positif au coronavirus avec une forme asymptomatique, il est conseillé d’attendre un mois avant de plonger. En revanche, si vous avez rencontré des symptômes, attendez deux mois après rétablissement puis consultez un médecin spécialiste de la plongée.

La déshydratation augmente le risque d’accident de décompression. Évitez les repas lourds, gras ou trop riches en fibres. Un coup de fatigue, une mauvaise nuit, un stress inhabituel ? Même sans symptôme précis, il vaut mieux reporter la plongée. Aucune honte à dire que vous avez une gêne, un doute ou un traitement en cours. Au-delà des contre-indications médicales officielles, la sécurité en plongée passe aussi par le bon sens, l’écoute de son corps et une bonne préparation.

Synthèse des contre-indications par domaine

Les tableaux ci-dessous présentent des listes de contre-indications qui ne sauraient être exhaustives afin d’attirer l’attention du médecin examinateur.

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Sphère sensibleContre-indicationCommentaire
Pathologies intercurrentesToute pathologie aiguë ou chronique décompenséeÀ évaluer au cas par cas
CardiologieAngor, insuffisance cardiaque, troubles du rythme importantsContre-indication temporaire ou définitive selon gravité
Troubles pulmonairesAsthme actif, BPCO, mucoviscidose, antécédents de pneumothoraxRisque majeur de barotraumatisme
Troubles neurologiquesTroubles convulsifs, syncope récidivanteRisque de perte de connaissance fatale
Troubles ORLRhinite allergique non traitée, perforation tympaniqueDifficulté d'équilibrage
GrossesseÉtat de grossesseRisque d'anomalies fœtales

Liste de contre-indications non exhaustive.

La liste ne s’arrêtant pas là, n’hésitez pas à la consulter dans son intégralité auprès de la Fédération Française d’études et de Sports Sous-Marins (FFESSM). L’examinateur effectue un interrogatoire à la recherche d’éventuels antécédents personnels ou familiaux (épilepsie, asthme, pneumothorax, cardiopathie, mort subite inexpliquée…), vérifie le statut vaccinal et pratique un examen clinique approfondi, appareil par appareil. Toute pathologie chronique ou prise d’un traitement chronique doit faire l’objet d’une évaluation particulière par un médecin ayant les compétences pour. Les troubles psychiatriques sont généralement incompatibles avec la plongée tout comme les addictions ou la prise de psychotropes qui peuvent majorer la narcose à l’azote, modifier le seuil épileptogène et altérer l’adaptation cardiovasculaire à l’effort.

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