Il y a quelque chose de fascinant à voir un trimaran glisser sur l’eau, ses deux coques au design effilé autour d’une coque centrale fendillant les vagues comme si elles n’offraient aucune résistance. Le multicoque a pris une place majeure dans l’expérience nautique, s'imposant comme une référence absolue de performance. Si le marché propose des solutions variées pour la croisière, des petits modèles transportables aux trimarans de croisière familiale, le sommet de cet art réside dans la classe Ultim, ces machines volantes capables de redéfinir les limites de la navigation océanique. Au sein de cette élite, l’engagement de la Banque Populaire, armateur historique, incarne une aventure humaine, technologique et sportive unique, marquée par la construction de géants des mers successifs.
L’Ultim : La conquête du vol au-dessus des flots
La technologie des foils a radicalement transformé la discipline. Un bon trimaran de haute performance se reconnaît par sa capacité à « voler » et à se maintenir dans cet état grâce à ses appendices. Le Maxi Banque Populaire XI illustre parfaitement cette mutation technologique. Conçu entièrement en carbone, ce bateau présente une finesse de formes marquante avec un poste de pilotage extrêmement innovant. Ses foils, environ deux fois plus grands que ceux des précédentes générations, sont conçus pour être montés et descendus en fonction des conditions, offrant cinq étapes de réglage, de l’accélération nécessaire au décollage jusqu’au maintien de la plateforme en stabilité au-dessus de l’eau.
Une des forces majeures de cette génération est sa capacité à s’envoler tôt et longtemps, volant très haut au-dessus de l’eau pour éviter le contact avec les vagues. Cette recherche de performance est doublée d’une optimisation aérodynamique poussée, s’inspirant des bateaux de la Coupe de l’America pour réduire au maximum la traînée. La structure du bras avant a été renforcée et dotée d’une double structure, équipée de fibre optique. Ce système permet d’alerter l’équipage en temps réel en cas de dommages potentiels, garantissant une réactivité accrue en haute mer.
Méthodologie et performance : La science au service du skipper
Au large, l’objectif n’est pas d’atteindre des pointes de vitesse isolées, mais d’avoir la vitesse moyenne la plus élevée sur la durée. Pour y parvenir, le Team Banque Populaire s’appuie sur une collecte massive de données. L’utilisation d’un simulateur - composé d’un écran et d’un volant - permet de recréer toutes les situations de navigation et les diverses conditions climatiques rencontrées au large. On y teste la configuration des voiles et des appendices pour gagner un temps précieux sur les réglages. Ce travail est complété par des sensations physiques : le bruit des foils et des dérives dans l’eau, bien que bruyant, devient un repère rassurant pour le skipper, à l’image d’un pilote de Formule 1 avec le moteur de sa monoplace.
La trajectoire d’un armateur historique : Banque Populaire 15
Après 37 ans d’engagement, battant 18 records et remportant plus de 20 victoires, la banque réaffirme son ambition avec l’annonce du futur Maxi Banque Populaire 15. Prévue pour une mise à l’eau au premier semestre 2029, cette construction mobilise un bureau d’études composé d’Antoine Koch (AKO), Gsea Design et Finot-Conq, tandis que le chantier lorientais CDK Technologies assurera la réalisation. Ce projet, le neuvième bateau construit par l’écurie, témoigne d’une volonté constante d’innover.
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Le design team, intégrant pour la première fois le cabinet d’Antoine Koch sur un Ultim, se concentre sur des objectifs précis : optimiser le décollage rapide et améliorer la performance au portant dans une mer formée. Cette quête de performance s’inscrit dans la continuité du travail mené sur les précédents modèles, tout en cherchant à repousser les curseurs de la fiabilité. Près de 150 entreprises, majoritairement basées dans la Sailing Valley bretonne, seront mobilisées pour ce chantier de 40 mois, illustrant la capacité du secteur à rayonner par son excellence technique.
Une vision transversale de la navigation
La compréhension du trimaran ne se limite pas à sa version géante de 32 mètres. L’attrait pour ces engins a débuté dès les années 70. Qu’il s’agisse d’un Corsair transportable ou d’un Neel pour la croisière, la logique du multicoque repose sur des principes fondamentaux : la stabilité, un cockpit ergonomique et la facilité de manœuvre. Le choix d’un voilier, qu’il s’agisse d’un petit habitable ou d’une machine de course équipée d’un grand mât et d’un spi coloré, dépend avant tout de l’usage.
Dans cette perspective, les solutions de financement telles que la LOA (Location avec Option d’Achat) permettent à de nombreux passionnés d’accéder à ce mode de vie, en intégrant des services d’assurance et d’entretien. Investir dans un trimaran, c’est avant tout choisir une autre façon de vivre la mer, une philosophie que partagent aussi bien les amateurs lors d’une sortie estivale que les marins du Team Banque Populaire lors des grandes échéances comme la Route du Rhum ou le Trophée Jules Verne.
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