L'hippopotame : Comportement, nage et habitat

L'hippopotame commun (Hippopotamus amphibius Linnaeus) est un grand mammifère semi-aquatique originaire d'Afrique subsaharienne. Bien que son nom vienne du grec et signifie « cheval de rivière », il ne sait pas nager, respirer sous l'eau ou même flotter. Sa nature agressive lui vaut d'être connu comme l'un des animaux les plus dangereux d'Afrique. L'hippopotame amphibie fait partie des plus gros mammifères terrestres, derrière les éléphants et les rhinocéros. Son nom met en avant son mode de vie semi-aquatique. En effet, il passe ses journées dans l'eau ou dans la boue et sort sur la terre ferme au crépuscule pour paître l'herbe pendant 4 à 5 heures avant de retourner dans l'eau. L'hippopotame commun (Hippopotamus amphibius), aussi appelé hippopotame amphibie ou même hippopotame, est un grand mammifère semi-aquatique que l'on trouve dans certains lacs et rivières en Afrique. Les hippopotames vivent en groupes sur un territoire - une portion de lac ou de rivière - qui varie en fonction du plan d'eau et de la saison. Sur une berge de rivière, un espace plus réduit suffit à un plus grand nombre d'animaux que sur une berge de lac. L'hippopotame est un animal social qui vit en harem, ils forment des groupes de 20 à 100 individus composés d'un seul mâle pour plusieurs femelles et leurs petits.

Caractéristiques physiques de l'hippopotame commun

Les hippopotames sont les troisièmes plus grands mammifères terrestres après les éléphants et les rhinocéros blancs. Les mâles peuvent atteindre une longueur de 5 mètres, et peser jusqu'à 1 800 kilogrammes, contre 1 500 kilogrammes pour les femelles.

Ces animaux musclés ont un torse rond, un corps brun rosé, une peau imperméable de 5 cm d'épaisseur et des pattes courtes et robustes. Leur corps lourd n'a peut-être pas l'air aérodynamique, mais les hippopotames peuvent atteindre une vitesse de 35 kilomètres par heure sur terre sur de courtes distances.

Les hippopotames sont dotés de dents impressionnantes. Leurs molaires leur permettent de mâcher, tandis que leurs canines longues et pointues - qui peuvent atteindre 30 cm de long - sont de puissantes armes de défense. Leurs mâchoires remarquablement solides peuvent s'ouvrir à 180 degrés et leur morsure est presque trois fois plus puissante que celle d'un lion. Une seule morsure d'hippopotame peut couper un corps humain en deux.

L’hippopotame arbore une grosse tête au sommet de laquelle se trouvent ses yeux et ses oreilles. Si le mammifère semble avoir la peau nue, quelques poils fins recouvrent une grande partie de son corps et quelques poils plus épais revêtent son museau, ses oreilles et le bout de sa queue. L’ongulé est de couleur gris-brun avec des zones rosâtres autour des oreilles et sous le menton. Sa silhouette trapue et ses membres courts ne l’empêchent pas de courir à 30 km/h sur de courtes distances. Malgré l’épaisseur de sa peau (3 à 4 cm), l’hippopotame possède un épiderme dont la couche superficielle se révèle très fine et sensible. Pour se protéger des coups de soleil et des infections bactériennes, des glandes sudoripares produisent un mucus de couleur rougeâtre et d’aspect visqueux qui, en séchant, se transforme en une couche protectrice à la surface.

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Performances physiques de l'hippopotame commun

Malgré son allure pataude, l’hippopotame peut courir sur terre jusqu’à 30 voire 40 km/h sur de courtes distances.

L’hippopotame est très à l’aise dans l’eau.

Habitat et répartition géographique

Les hippopotames vivent dans des cours d'eau, des rivières, des lacs et des mangroves. Leur peau, bien qu'épaisse, est extrêmement sensible et peut facilement brûler ou se dessécher. Ils passent donc la majeure partie de leur journée dans l'eau ou la boue pour se rafraîchir et protéger leur peau délicate. L'hippopotame vit principalement dans les savanes et prairies tropicales et les forêts tropicales dans les lacs et les rivières, ainsi que dans les mangroves. Les deux conditions nécessaires à leur installation sont la présence d’un point d’eau assez profond pour pouvoir s’immerger totalement et des prairies à proximité. Ces animaux évitent les courants rapides, ils préfèrent les eaux calmes et lentes.

Autrefois, les hippopotames étaient largement répandus dans toute l’Afrique subsaharienne. Aujourd’hui l’espèce ne subsiste plus que dans 38 pays avec des populations fragmentées et en déclin. Les populations les plus importantes se trouvent en Afrique de l’est : Tanzanie, Zambie et Mozambique.

Comportement et habitudes

Lorsqu'ils se prélassent sur le rivage, ils sécrètent une substance huileuse rouge semblable à de la sueur qui humidifie leur peau, repousse l'eau et les protège du soleil et des microbes. Ce liquide rougeâtre est à l'origine du mythe selon lequel les hippopotames transpirent du sang. Ils se déplacent plutôt sur le fond de l'eau. Ce sont des animaux qui passent la grande majorité de leur journée à dormir dans la fraicheur de l'eau. Les femelles occupent le centre du groupe, tandis-que les mâles restent à la périphérie.

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Les hippopotames marchent ou courent sur le fond du lit de la rivière. Comme leurs yeux et leurs narines sont situés sur le dessus de leur tête, ils peuvent toujours voir et respirer lorsqu'ils sont immergés. S'ils doivent être complètement sous l'eau, leurs oreilles et narines se ferment hermétiquement pour empêcher l'eau d'entrer. Les hippopotames sont capables de retenir leur souffle pendant cinq minutes. Avant ses immersions - qui peuvent durer près de 18 heures par jour - l’animal prend une profonde inspiration puis referme ses narines comme des clapets. À ce moment-là, seule la partie supérieure de la tête émerge, laissant apparaître les naseaux, les oreilles et les yeux. La masse importante de l’hippopotame ne lui permettant pas de flotter, il garde toujours un point d’appui dans le fond. Si quelques solitaires se rencontrent ici ou là, ces animaux grégaires préfèrent vivre en groupes réunissant jusqu'à quarante individus.

Les hippopotames font souvent la sieste dans l'eau pendant la journée. Un réflexe subconscient leur permet de se pousser vers la surface pour respirer sans se réveiller, afin de pouvoir dormir sans se noyer. Au coucher du soleil, ils quittent l'eau pour brouter, mangeant jusqu'à 50 kg d'herbe par nuit. À la tombée de la nuit, ils quittent leur zone de repos pour aller se nourrir dans les terres. Pendant quatre à cinq heures d’affilée, ils peuvent parcourir de trois à cinq kilomètres autour de leur zone de repos. En une nuit, ils sont capables d’ingérer près de 40 kilos de végétaux ! Pendant ces heures passées à se nourrir, les hippopotames sont solitaires. Chacun part de son côté et demeure silencieux. Ils restent en contact par des sons (grognements) émis de temps en temps. Le son portant jusqu’à un kilomètre le long de la rivière, une chaîne d’échos de proche en proche, et de groupe en groupe, retentit tout au long du fleuve. En fin d'après-midi, les signaux acoustiques deviennent plus nombreux, la fréquence des bâillements augmente, annonçant l'approche des déplacements alimentaires.

Structure sociale

Ces animaux sociaux vivent en groupes appelés troupeaux, qui comprennent généralement une quarantaine d'individus, les troupeaux les plus importants pouvant compter jusqu'à 200 individus. Ils sont très territoriaux et utilisent leurs excréments pour marquer leur territoire et communiquer avec les autres hippopotames. Les mâles utilisent leur queue pour projeter leurs excréments dans toutes les directions en signe de domination. Dans leur société très hiérarchisée, les affrontements sont fréquents entre rivaux, allant de la simple intimidation par des bâillements menaçants jusqu’à de violents combats en utilisant leur tête comme un bélier.

Très grégaire, l’hippopotame accepte le contact des autres seulement dans l’eau, lorsqu’il se repose. Quand il se nourrit, il devient une unité indépendante qui repousse tout individu (excepté pour les femelles accompagnées de leur jeune). Des rassemblements de plus de 200 individus peuvent être observés dans la nature, notamment en saison sèche. Cependant la taille moyenne d’un groupe est de 10 à 20 individus. Il est constitué généralement d’un mâle dominant (âgé de plus de 20 ans), de quelques mâles subordonnés, des femelles et de leurs petits. Le mâle dominant est le seul à se reproduire avec les femelles du clan et, en période de reproduction, il défend ardemment son harem puis ses petits. Il tolère les célibataires à condition que ceux-ci s’abstiennent de toute activité reproductrice. Le mâle dominant contrôle une portion de rivière ou de lac et leurs berges. Il est le seul à se reproduire avec les femelles du groupe. Il défend donc son territoire pour conserver ce droit sur les femelles. Il tolère des mâles célibataires sur son territoire à condition que ces derniers fassent preuve de soumission et s’abstiennent de toute activité reproductrice.

La taille du territoire varie selon qu’il est situé le long d’une rivière (50 à 100 m de long) ou au bord d’un lac (250 à 500m de long). Les combats pour la possession d’un territoire peuvent être sévères et les hippopotames peuvent s’infliger des blessures considérables avec leurs grandes canines. Mais la plupart du temps, les conflits sont mineurs et se règlent en utilisant des postures et des mimiques de menace ou d’intimidation. Les animaux effectuent ainsi un «bâillement» qui permet de révéler à l’adversaire ses dents impressionnantes. De manière générale, un mâle peut maintenir sa dominance sur un territoire près de 8 ans au bord d’un lac et jusqu’à 4 ans le long d’une rivière.

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Le marquage du territoire se fait par l’urine et le crottin que le mâle éparpille à plusieurs mètres de distance en remuant sa queue. Les mâles dominants sortent également de l’eau pour déposer leur crottin aux places les plus visibles : rocher, arbres, buissons. Lorsqu’ils quittent l’eau pour aller se nourrir, les hippopotames empruntent des chemins balisés par ces amas de crottes qui leur fournissent de nombreux renseignements sur les individus présents dans la zone.

Le crottin, tout comme l’urine, renferme en effet plusieurs informations sur celui qui l’a déposé : identité, âge, statut reproducteur, statut hiérarchique… Par ailleurs, les hippopotames communiquent entre eux par divers cris et grognements et utilisent même les infrasons. Ces cris peuvent être poussés soit à terre soit dans l’eau et peuvent être transmis simultanément à travers l’air et l’eau!

Alimentation

Malgré une dentition impressionnante, les hippopotames sont principalement herbivores. Ils se nourrissent de graminées, de roseaux ou de jeunes pousses qu’ils arrachent délicatement grâce à leurs lèvres particulièrement musclées. L'animal herbivore consomme environ 40 kg de nourriture quotidiennement, ce qui représente seulement 1 à 1,5 % de son poids. Ils se nourrissent de graminées, de roseaux ou de jeunes pousses qu’ils arrachent délicatement grâce à leurs lèvres particulièrement musclées. Malgré sa redoutable dentition, l’hippopotame commun est un mammifère herbivore. Ses lèvres musclées mesurant jusqu’à 50 cm de large lui permettent de brouter rapidement de grandes quantités d’herbes basses. Il consomme également du feuillage, des fruits tombés au sol et plus rarement des charognes (notamment en saison sèche lorsque la qualité des végétaux est moins bonne et qu’il doit compléter son régime alimentaire).

Reproduction et cycle de vie

Chez l’hippopotame, la maturité sexuelle n’est atteinte qu’après l’âge de 6 à 13 ans pour les mâles et 7 à 15 ans pour les femelles. La reproduction se déroule pendant la saison sèche, lorsque la population se rassemble en nombre, facilitant ainsi la recherche d’un partenaire. Les hippopotames se reproduisent pendant la saison sèche entre février et août. Le mâle dominant peut s’accoupler avec plusieurs femelles du groupe. Les femelles gestantes deviennent particulièrement agressives avec quiconque les approche. L’espèce est polygyne, c’est-à-dire qu’un même mâle s’accouple avec plusieurs femelles. Les mâles se constituent chacun un harem qu’ils défendent farouchement contre d’éventuels rivaux, mais évitent en général de s’attaquer en se défiant avec des bâillements menaçants. Un mâle cherchant à s’accoupler se rend auprès des femelles et teste leur réceptivité. Si ces dernières se montrent agressives, il adopte une posture de soumission en se couchant.

L’accouplement se tient dans l’eau afin que la femelle n’ait pas à supporter tout le poids du mâle. Après une gestation de près de 8 mois, la future mère quitte son groupe et s’isole pour mettre bas en eaux peu profondes. Après une gestation de 8 mois, cette dernière met au monde un unique petit, pesant environ 50 kg, dans l’eau et le forcera à téter pour lui inculquer l’apnée. Elle lui apprend également à nager et le porte sur son dos lorsqu’il est fatigué. Très protectrice, la mère prend grand soin de sa progéniture car les prédateurs rôdent : près de 45 % des nouveaux-nés meurent dans leur première année. Après avoir été allaité dans l’eau, le bébé hippopotame se nourrit d’herbe vers l’âge de 6 semaines puis tous deux rejoignent le clan. Une fois regroupés, les juvéniles restent toujours sous la surveillance des femelles qui montent la garde par alternance pendant que d’autres partent se nourrir. Le jeune hippopotame sera sevré vers l’âge d’un an et restera aux côtés de sa mère durant plusieurs années. L'adulte n'a pas de prédateur mais les petits sont la proie des lions, des hyènes ou des crocodiles.

Statut de conservation

L'Union internationale pour la conservation de la nature classe les hippopotames comme vulnérables à l'extinction. Bien que l'hippopotame n'ait pas beaucoup de prédateurs, il est menacé par le braconnage pour sa viande, sa graisse et ses dents en ivoire. La perte de son habitat et les conflits entre l'Homme et l'hippopotame pèsent également sur l'espèce. L’hippopotame commun est une espèce classée vulnérable sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le déclin de sa population est dû à la chasse, au braconnage ainsi qu’à la dégradation de son habitat (raréfaction des zones disposant d’eau). Avec l’expansion des activités humaines (agriculture, pêche, industrie minière, tourisme…), les rencontres entre humains et hippopotames sont de plus en plus courantes et le nombre d’accidents augmente.

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