L'art de la chasse sous-marine : Maîtrise technique et tradition ancestrale

La chasse sous-marine, une pratique qui aurait débuté dans l’Antiquité, est une activité de subsistance qui permettait aux populations de se nourrir. Les pêcheurs pratiquaient déjà l’apnée et prélevaient des crustacés, des éponges de mer et des coquillages. Il y a 5 000 ans, en Égypte, les monuments étaient déjà ornés de coquilles d’huîtres. De nos jours, la vaste gamme d’arbalètes de chasse sous-marine et de fusils pneumatiques, le tout combiné avec différentes options, peut relever du vrai casse-tête. La chasse sous-marine en apnée séduit de plus en plus d’adeptes, attirés par la beauté des fonds marins et le plaisir d’une pêche sélective et respectueuse de l’environnement.

Le choix de l'arbalète : Entre technologie et besoin spécifique

L’arbalète de chasse sous-marine est un fusil spécialement conçu pour la pêche en plongée. C’est l’outil principal du chasseur, celui qui conditionne la réussite de chaque approche. Pour un fusil à sandow : en mesurant la longueur du fût, il faut en moyenne multiplier par 3 pour connaître la distance de tir idéal. Par exemple, pour une arbalète de 90 cm, on tire à 2,70 mètres. On peut, bien sûr, avoir une portée un peu plus longue, mais on prend le risque de ne pas atteindre sa cible et de voir la flèche piquer du nez. Beuchat a d’ailleurs développé une flèche spécifique pour éviter cela.

Pour un format polyvalent, les modèles de 90 à 110 cm sont idéaux. Avant de choisir la matière du fût de votre arbalète, il faut commencer par connaître la forme idéale :

  • Les arbalètes carbone : la fibre de carbone étant un matériau très léger, vous gagnerez en maniabilité et légèreté.
  • Les arbalètes bois : les arbalètes bois ont pour avantage d’avoir une excellente flottabilité ainsi qu’une maniabilité optimale.

En fonction du type de fût choisi, vous aurez plus ou moins de rigidité limitant ainsi le phénomène « banane », vous permettant de gagner en précision. Le Challenger Pro de Imersion est muni d’un tube en aluminium de 28mm de diamètre et assure ainsi une rigidité parfaite. Le fusil harpon Mundial Compétition de Beuchat est idéal pour débuter. L’arbalète Gladius de la marque C4 Carbon est précise, légère, rapide, à faibles frottements et équipée d'une grande rigidité du fût pour une excellente stabilité de tir.

Les spécificités du fusil pneumatique

Un fusil pneumatique de chasse sous-marine est autorisé en France car il est mis en pression par la force humaine (la mise en pression est en moyenne de 20/30 bars). Pour effectuer cette mise en pression, l’arbalète pneumatique est vendue avec une pompe, mais il est bon de savoir que pour gonfler un fusil pneumatique à 30 bars, vous y passez la soirée. Une fois le fusil chargé à 30 bars, vous n’aurez plus besoin de le recharger durant toute votre saison de chasse sous-marine. Si l’idée de passer la soirée à gonfler votre fusil vous déprime, vous pouvez également vous rendre dans votre magasin L’Argonaute Subchandlers.

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Un fusil pneumatique de chasse subaquatique possède généralement un régulateur de puissance qui vous permet de jauger la puissance de votre tir. Malgré cela, les chasseurs ne se sont pas encore parfaitement familiarisés avec ces modèles pour deux raisons : l’entretien n’est pas le même que pour une arbalète à sandow, car ils sont équipés de joints toriques à entretenir chez un spécialiste, et la visée est différente, la flèche étant dans le fût, il faut bien penser que lorsque l’on tire, la flèche se trouve quelques millimètres plus bas. Cependant, les fusils pneumatiques restent plus puissants qu’une arbalète à sandow et beaucoup plus maniables.

La chasse à la foëne : Une méthode ancestrale

La chasse sous-marine avec une foëne (pole spear) est en train de prendre sa place petit à petit. C’est une technique de chasse particulière et ancestrale. Le pole spear est équipé d’un fût qui varie entre 1 et 3 mètres, d’un sandow et d’un trident ou autre harpon tahitien. Pour pouvoir attraper votre proie, la méthode la plus simple est de mettre le sandow dans la paume de votre main tout en agrippant le fût, le but étant d’étirer le sandow tout en maintenant la tension. Une foëne de chasse sous-marine est très précise quand elle est correctement utilisée et son achat est moins coûteux.

Techniques de chasse sous-marine : De l'indienne à l'agachon

La technique de la chasse « à l'indienne » consiste à fouiller les roches, trous et autres petits recoins sous-marins. Ce type de chasse ne nécessite pas nécessairement de descendre en profondeur, mais de connaître la zone. C’est la technique la plus instinctive pour les débutants : que vous soyez à la surface, en remontant ou en descendant, dès que vous voyez une proie, il vous suffit de la suivre et de la tirer.

Pour effectuer une bonne chasse à la coulée, il vous faut commencer par repérer le poisson de la surface, faire un joli canard, et se laisser couler comme un mort. Une fois le poisson à bonne portée, il ne reste plus qu’à viser et tirer. La chasse à l’agachon nécessite, quant à elle, plus de connaissance en matière de chasse sous-marine et de sa propre capacité en apnée. Le but est de rester posé, immobile dans les fonds marins le plus invisible possible, en mode « sniper ». Le poisson étant curieux, il viendra tout seul, et plus on patiente, plus il sera gros.

La maîtrise du harpon traditionnel : L'exemple d'Uminchu Saburô

Aux îles Yaeyama, au Japon, des pêcheurs appelés uminchu perpétuent des méthodes traditionnelles. Shimoji Seiei, surnommé « Uminchu Saburô », est un maître dans l'art du harpon. Il est l’un des derniers sachant manier le naga-igun, un long harpon faisant plus de cinq mètres. La technique peut sembler simple : le pêcheur plonge, s’approche de ses proies et les tue une par une. Il doit nager pendant environ six heures, souvent sans pause.

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Le harpon étant une arme sans ardillon, il est important de bien transpercer la proie. Le pêcheur doit tenir compte du prix escompté à la criée pour que sa pêche soit efficace. Il faut regarder le poisson dans les yeux et s’approcher sans faire de mouvements inutiles. Si par bonheur vous arrivez à portée de tir, votre seule cible possible est la tête, car si le corps est endommagé, le prix de vente est réduit de moitié voire plus. Affronter de gros poissons faisant plusieurs dizaines de kilos, comme une bonite de 45 kilos, demande une maîtrise totale de ses muscles, souples et tendus comme un ressort.

Accessoires essentiels et entretien du matériel

Le moulinet reste avant tout une sécurité pour le chasseur sous-marin. Le shock absorber est également un accessoire peu coûteux et indispensable ; ce petit élastique se fixe en bout de course du fil à l’arbalète. Il permet, lorsque la flèche arrive en bout de course, d’absorber l’impact que celle-ci va provoquer au niveau de la crosse. Il est également pratique entre le fil du moulinet et le fil relié à la flèche.

Votre arbalète de chasse sous-marine est une arme et doit être manipulée avec précaution. Lorsque vous ne vous en servez pas, libérez les sandows et tenez-la par le fût pour éviter tout tir involontaire. Rincez-la soigneusement après usage, faites-la sécher à l’ombre, puis stockez-la à l’abri de la lumière. Chaque rinçage est l’occasion de vérifier l’état des sandows en les étirant ; jetez-les si vous constatez des déchirures ou des craquelures.

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