Le monde du nautisme, bien que parfois perçu comme traditionnel, est en constante évolution, avec l'émergence d'innovations qui transforment la pratique de la voile légère. Parmi ces avancées, le dériveur gonflable se distingue comme une véritable révolution, offrant une nouvelle approche de la navigation. Ce segment de marché, autrefois considéré comme de niche, a su séduire un public varié grâce à des produits combinant praticité, performance et une surprenante facilité d'utilisation. L'idée de proposer un dériveur transportable, capable de se glisser dans un coffre de voiture, a permis de créer un nouveau marché et de revitaliser un secteur en quête de dynamisme. Loin des contraintes de stockage et de transport des embarcations rigides, le dériveur gonflable ouvre la voie à des aventures nautiques spontanées et accessibles.
La Genèse d'une Révolution : L'Histoire du Tiwal
L'histoire du dériveur gonflable est incarnée avec force par le Tiwal, dont la genèse est aussi inspirante qu'innovante. L'idée de créer un tel bateau a germé d'un échange familial il y a quelques années, lorsque le père lança à sa fille : « Hors de question que tu prennes le bateau toute seule ! ». La réponse fut pleine de panache : « Très bien, je vais donc en construire un ! », a répondu Marion Excoffon, la jeune créatrice du Tiwal. Diplômée de l’ENSCI (École Nationale Supérieure de Création Industrielle), Marion n’avait pas encore 30 ans lorsqu’elle se lança dans cet ambitieux projet. Si l’idée germa d’un coup de tête, il fallait cependant pouvoir l’assumer. Ce défi fut relevé en août 2012 lorsque la société Tiwal a vu le jour, bénéficiant du soutien d’Emmanuel Bertrand, son compagnon, qui est responsable de la section business et marketing. Ce dernier apporte à l'entreprise plus de 10 années d’expérience dans la production et le développement de produit à l’international.
Dès lors, la petite start-up a su grimper les échelons et peaufiner l’idée maîtresse de proposer un dériveur qui tient dans seulement deux sacs pour à peine 50 kg. Cette vision a permis de contourner les réticences initiales du secteur du nautisme, qui était à l'époque en crise et en manque de dynamisme, et qui n’a pas effrayé les fondateurs. L’idée, bien que séduisante, n’était pas suffisante pour convaincre les grosses entreprises du nautisme de l'époque. Face à ce constat, Emmanuel et Marion ont pris une décision stratégique audacieuse : plutôt que d’entrer en concurrence avec le marché existant, ils ont choisi de créer un nouveau marché. C'est ainsi que le dériveur gonflable, tel que nous le connaissons aujourd'hui, est né. Cette innovation, plusieurs fois primée par des concours internationaux, n’en finit plus de séduire un public mondial, témoignant de sa pertinence et de son succès.
Conception et Ingénierie : Les Secrets de la Performance Gonflable
La réussite d'un dériveur gonflable repose sur une ingénierie et un design rigoureux, permettant de concilier la souplesse du gonflable avec la rigidité nécessaire à la navigation. Le Tiwal, par exemple, a su maîtriser cet équilibre. Sa conception est le fruit de rigoureux travaux d’ingénierie et de design, aboutissant à une combinaison innovante d’une coque gonflable à une structure aluminium, laquelle confère au Tiwal une rigidité exceptionnelle. Cette approche assure que, malgré son caractère gonflable, la coque reste rigide en navigation, un élément crucial pour la performance et le plaisir sur l'eau.
Le dériveur gonflable Tiwal est conçu pour être facilement transportable, tenant dans seulement deux sacs, pour un total monté de 52 kg pour le modèle Tiwal 3. Cette caractéristique permet de ranger le bateau dans votre coffre de voiture, vous accompagnant ainsi dans un océan d’aventures nautiques. L'assemblage est d'une simplicité enfantine et ne requiert pas de fioritures. En seulement 20 minutes, le dériveur Tiwal se monte (et se range) seul, sans outil ni connaissances particulières, à l’aide de simples clips et sangles agrippantes. La pompe électrique fournie est un atout appréciable, permettant d’économiser l'énergie du navigateur pour mieux l’utiliser sur les eaux du Golfe du Morbihan, par exemple. Même pour un premier montage, rien n’est compliqué, et tout s’imbrique à la perfection. Le résultat est un bateau, sans les contraintes, permettant de prendre la barre d’un véritable dériveur.
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Des éléments de design spécifiques contribuent à la performance du Tiwal. Les arceaux métalliques, servant à accentuer le couple de rappel, donnent une forme très dynamique au dériveur. De même, le profil de la voile de 7 mètres carrés est conçu pour offrir la puissance nécessaire pour s’amuser et passer les courants avec aisance. L'ergonomie du Tiwal 3 apporte une nouvelle dimension aux dériveurs avec sa coque gonflable, son pont dégagé, des commandes simplifiées et enfin une voile sans bôme, offrant un maximum de plaisir en jouant avec le vent et l’eau. Il est même possible d'ajouter en option des protections d’ailes en mousse pour encore plus de confort au rappel. Cette conception innovante et une fabrication premium, utilisant des matériaux de pointe et un gréement réduit à l’essentiel avec une bonne dose d’audace, ont fait du Tiwal 3 une véritable révolution dans le monde de la voile légère.
La production du Tiwal, avec plus de 40 fournisseurs, ressemble à celle d’un petit Airbus, témoignant de la complexité et de la rigueur de sa fabrication. Toutes les pièces sont sous-traitées, et organiser le circuit de production s’est avéré digne d’un casse-tête chinois. L’assemblage final s’effectue près de Vannes dans une pépinière d’entreprises, tandis que les pièces débarquent en provenance de la France entière pour 50 % d’entre elles, d’Europe pour 25 %, et du reste du monde pour les 25 % restants. Le soudeur, dont le rôle est clé car chaque pièce doit s’imbriquer à la perfection, est basé à Arzal, un choix délibéré pour garder ce pôle de compétence à proximité et garantir la qualité.
Le Tiwal en Action : Sensations et Performances sur l'Eau
L'expérience de navigation avec un dériveur gonflable comme le Tiwal est souvent surprenante pour les non-initiés, combinant facilité de prise en main et performances dynamiques. Le Tiwal se prend en main très facilement, et les navigateurs sont souvent très agréablement surpris par sa vitesse et sa glisse. Même les vagues des bateaux transporteurs ne freinent pas l’avancée du petit dériveur gonflable, qui attire la curiosité des navigateurs habitués à davantage de conformisme. Dans des conditions de vent soutenu, il est même possible de faire planer les 50 kg d’innovation au large, calé dans les sangles de rappel, les fesses sur les arceaux, lorsqu’Éole souffle à plus de 20 nœuds.
Une expérience récente avec le Tiwal 3R, le dernier-né de la gamme Tiwal, a mis en lumière l'évolution de ces embarcations. Malgré un scepticisme initial, le journaliste d'essai, qui connaissait bien sûr la marque mais sans jamais avoir navigué dessus, est revenu sur ses jugements de non-initié après une heure d’essai, quelques bords, dessalages et surfs. L'équipe de Tiwal a expliqué les nouveautés et changements par rapport à la version précédente. Tout en gardant le principe du gonflable, transportable dans trois sacs et un montage/démontage en 20-30 minutes, les concepteurs ont fait évoluer le bateau vers plus de réglages dynamiques et de performance.
La mise à l’eau peut se faire soit avec le chariot (qui se range dans le sac une fois démonté), soit en portant le bateau par les poignées, bien que dans ce dernier cas, il faille prévoir une paire de bras supplémentaire. Une fois en eau, les premières sensations sont immédiates. De l’eau jusqu’aux genoux, on tient le Tiwal et on joue un peu avec l’écoute en bordant et choquant pour tester le comportement de la coque et la puissance de la voile. Il gîte vite, mais revient aussi vite en choquant. Le safran, bloqué en position haute, se libère grâce à un bout et par un système simple d’encoche.
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Lors des premiers bords, le bateau avance facilement, gîte, mais répond bien à l’écoute. Cependant, une barre très douce et trop souple peut surprendre, comme lors d'un premier virement où le bateau peut se retrouver à l’envers. Heureusement, l’équipe de Tiwal avait expliqué comment ressaler, une manœuvre simple : il suffit de se mettre debout sur l’échelle immergée, tirer un peu sur la dérive et remonter par l’avant de la structure tubulaire. Le Tiwal 3R n’a pas à rougir de son comportement sur l’eau et dans les manœuvres par rapport à ses cousins éloignés comme le Laser ou le RS. Il se montre assez remontant au vent.
En abattée, la voile puissante demande à être bien choquée, ainsi que le hale-bas, faute de quoi le bateau aura tendance à aller tout droit. Dérive relevée, bordure un peu choquée, le navigateur peut se reculer sur les extensions d’échelle, qui se révèlent être un élément de confort très appréciable. Le bateau accélère alors et part en surf régulier sur les vagues, retrouvant par moments les sensations de glisse d’une planche à voile. La carène plate y contribue beaucoup. Une particularité à noter est que si le bateau accélère vite, il décélère tout aussi vite, car l’absence de poids et d’inertie l’arrête tout de suite, nécessitant de relancer très souvent pour garder une moyenne élevée. Il est possible de se prendre au jeu et de surfer les vagues, en pompant à la grand-voile pour atteindre une vitesse de 13,8 nœuds, oubliant même que l'on est sur un bateau gonflable. Dans des conditions de vent fort, le bateau peut cependant ne pas supporter le poids à l'avant, enfourner et s'arrêter net, la voile poussant fort, ce qui peut mener à un nouveau dessalage lors d'un empannage mal maîtrisé. La qualité de construction est bien présente, la raideur du PVC gonflable est étonnante, les équipements North Sails et Harken font bonne figure et les systèmes de montage sont bien pensés. Sans nul doute, le Tiwal reste un bateau amusant et vivant à naviguer.
Évolution de la Gamme Tiwal et Positionnement sur le Marché
Le dériveur gonflable Tiwal a connu une évolution constante de ses modèles pour répondre aux besoins et aux attentes d'une clientèle diversifiée. On connaissait le Tiwal 2, le Tiwal 3, et désormais place au Tiwal 3 R ! Cette lettre accolée à son nom n’est pas là que pour la déco ; elle apporte un plus significatif à la banane jaune bien connue, qui s’offre ainsi une augmentation de cylindrée. Le dériveur gonflable se décline en plusieurs modèles selon la grandeur de voile choisie, offrant des options de 7 m², 5,2 m² et 4 m². La voile de 7 m² est une voile puissante, adaptée pour un ou deux adultes évoluant dans une brise légère à modérée. La voile de 5.20 m² est polyvalente, fonctionnant pour les adultes jusque dans une bonne brise, et pour les enfants dans des conditions de vent plus raisonnables. Enfin, la voile arisable 7/5.20 m² est une voile tout temps, dont la surface est adaptable à la force du vent, permettant, si le temps change, de faire un stop sur une plage pour obtenir une surface de voile optimale.
Le Tiwal 3, par exemple, est un dériveur idéal pour l’escapade. Il peut supporter une charge maximale à bord de 200 kg, soit 2 adultes, ou 1 adulte et 2 enfants, ce qui en fait un voilier facile à prendre en main et taillé pour le plaisir, des petits comme des grands. Proposé entre 5490 et 5930 €, le Tiwal reste dans un budget raisonnable pour un équipement de cette qualité et de cette polyvalence.
L'évolution se poursuit avec le Tiwal 3R Max, qui se dote d’une voile d’avant pour booster ses performances. Avec cette version Max, Tiwal fait évoluer son dériveur sportif vers un programme plus engagé, poussant un peu plus loin son concept de dériveur transportable. Long de 3,20 mètres pour 1,60 mètre de large, le Tiwal 3R Max conserve l’architecture propre à la marque : une coque gonflable haute pression associée à une structure en aluminium. Ce compromis vise à maintenir une bonne rigidité tout en restant démontable et transportable. Le Tiwal 3R Max est équipé d’un mât carbone et d’un bout-dehors. La principale évolution vient du plan de voilure, où à la grand-voile de 6,2 à 7,2 m² s’ajoutent désormais un foc et un gennaker sur enrouleur. Le premier améliore le cap et la stabilité au près, tandis que le second permet d’exploiter pleinement les allures portantes, avec des départs au planning plus rapides et des accélérations plus franches. Pour encaisser cette puissance supplémentaire, le gréement repose sur un mât carbone sans haubans, tandis que la structure centrale intègre un bout-dehors.
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Reconnaissance Internationale et Expansion Globale
Le succès du Tiwal ne se limite pas à ses performances et à son ingénierie ; il est également marqué par une reconnaissance internationale et une présence mondiale notable. La société Tiwal a été primée dans sa catégorie et récompensée lors des mêmes cérémonies que de grands noms de l'industrie technologique, comme à Essen en Allemagne, où le prix du « Best of the best » lui a été remis lors des RedDot awards, une distinction prestigieuse où Sony, Lenovo et BMW étaient également récompensés. Marion Excoffon, la « Steve Job » de la voile comme l’ont surnommée les médias américains, peut aussi se targuer d’avoir remporté le titre de la « meilleure innovation 2014 », décerné par le magazine Sailing World. Marion et Bertrand ont également été élus « entrepreneurs de l’année » par la BFM TV académie.
Avec déjà plus de 2 600 bateaux vendus, le Tiwal 3 est un bateau éprouvé, fabriqué en France selon des standards industriels. Cette fierté de la qualité de leurs bateaux se traduit par une attention particulière aux standards de construction, où chaque étape de fabrication est contrôlée avec soin en interne dans leur atelier et chez leurs fournisseurs. Plus de 200 Tiwal ont été vendus dans le monde, dont 80 % à l’étranger dans des pays aussi inattendus que dépaysants. On navigue sur Tiwal principalement en Chine, Russie, États-Unis et Suisse, mais on peut aussi en trouver en Égypte, au Pérou, en Tasmanie, en Nouvelle-Calédonie, en Azerbaïdjan ou encore en Guinée Équatoriale. En plus d’avoir en ligne de mire les marchés des clubs nautiques et des centres de vacances, les deux entrepreneurs bretons convoitent également celui du yachting de luxe, étendant ainsi la portée de leur innovation.
Le Tribord 5S : Une Alternative Gonflable pour le Grand Public
Dans le paysage des dériveurs gonflables, le Tribord 5S, proposé par Decathlon, représente une autre approche, axée sur l'accessibilité et la simplicité, marquant une initiative forte fin 2019 avec la sortie de ce petit voilier gonflable ultra-léger. Le bureau d’études Tribord, situé à Hendaye, en bord de mer, a sacrément bien travaillé pour concevoir un produit attrayant.
La carène gonflable du Tribord 5S semble relativement plate avec un nez légèrement relevé. Elle est équipée de deux dérives qui, à terre, servent de support à un ingénieux essieu et ses deux roulettes, facilitant ainsi la mise à l'eau et le transport sur la plage. Cette carène est rehaussée d’un boudin gonflable en U. On remarque aussi un pied de mât haubané et une pelle de safran très courte, tendant à prouver que l’on navigue plus à plat qu’à la gîte. Les spécifications du Tribord 5S sont les suivantes : longueur de 3,08 m, largeur de 1,40 m, poids de 39 kg et une surface de voile de 5,70 m².
Le Golfe du Morbihan est décrit comme un terrain de jeu idéal pour le Tribord 5S, avec un meilleur point de départ à la plage des bateaux de Moustérian, qui dispose d’une cale de mise à l’eau pour voile légère. Ce plan d’eau est particulièrement calme, avec une profondeur généralement inférieure à 1m50, ce qui limite la présence de bateaux à moteur ou de grands voiliers. Il est même possible de naviguer jusqu’à Ilur, où une plage magnifique attend les navigateurs sur la côte ouest, tout en prévoyant 2 heures pour le retour en cas de vent moyen afin de ne pas se faire prendre par la nuit.
Défis et Astuces d'Utilisation du Tribord 5S
Malgré ses atouts, le Tribord 5S présente quelques particularités et défis pratiques que les utilisateurs ont identifiés. Ce bateau n’est pas fait pour affronter des courants forts ; il peut se retourner très facilement du fait de sa légèreté, il faut donc éviter les vagues de plus de 30 cm. La conception des haubans a également été une source de préoccupation. Le Tribord 5S dispose de 3 mini-haubans qui tiennent le mât sur sa partie inférieure. Cependant, ces haubans sont retenus à la coque par une pièce en plastique qui peut casser comme du verre. Une astuce consiste à remplacer, avant le gonflage, toutes les pièces en plastique par des bouts, en prévoyant une paire de tenailles pour casser les pièces défectueuses.
Un autre point à considérer concerne les roues intégrées : elles ne tiennent pas du tout ! En effet, les petits clips en métal sont mal fichus, si bien que l'utilisateur risque de perdre très facilement ses roues. Il est conseillé de retirer les roues de la barre en métal pendant la navigation et de les coincer à l’avant (en faisant un tour au niveau de l’accroche de roue), ou encore de les accrocher avec un petit bout au clip en métal pour éviter toute perte.
Le Tribord 5S est fourni par défaut avec un palan très simple sans taquet bloqueur, ce qui peut demander une adaptation pour les manœuvres. Quant au gonflage, le Tribord 5S met une bonne demi-heure à être gonflé au niveau recommandé. Cependant, il a été constaté qu’il n’y avait aucun problème pour naviguer avec un gonflage plus faible. Un test de durabilité a même montré qu'après environ 4 mois sans utilisation, le bateau étant resté gonflé dehors sur une remorque, il était prêt à repartir sans aucun problème, attestant de sa capacité à conserver son gonflage sur une période prolongée.
Le transport du Tribord 5S, bien que présenté comme une facilité, n'est pas sans inconvénients une fois le bateau déballé. Le sac de voyage fourni prend tout un coffre et il faut même affaisser la banquette arrière sur des berlines, ce qui le rend peu pratique. Une fois le produit déballé, il est quasiment impossible de le remettre entièrement dedans. À l'ouverture du « sac de voyage » pour la première fois, il est souvent découvert que la voile est stockée dans un deuxième sac, sans doute pour la transporter comme un deuxième sac « de voyage », car il est impossible de tout remettre dans le sac principal, sauf en s’y employant pendant une heure entière. Ces aspects pratiques, bien que mineurs, méritent d'être pris en compte par les futurs acquéreurs.