Guirec Soudée, le navigateur breton dont l'esprit d'aventure semble insatiable, est une figure emblématique des défis maritimes contemporains. Son parcours est indissociable de celui de sa fidèle compagne, Monique, une poule rousse qui a partagé avec lui des expériences qui ont fasciné le monde entier. Après cinq années passées sur les mers du monde, Guirec Soudée et sa petite poule ont posé les pieds et les pattes en décembre dernier dans une chaleureuse longère, située sur un petit caillou au large de Plougrescant. C'est ici, aux côtés de Bosco, son ami chien, que Monique vaque tranquillement à ses occupations, se laissant volontiers caresser lorsque Guirec nous accueille. Pour le marin, retrouver le confort, les amis, et la famille, et avoir un point fixe est essentiel après tant d'années de nomadisme océanique.
L'Appel du Large : Les Débuts d'un Navigateur Précoces
L'histoire de Guirec Soudée est celle d'un jeune homme dont l'appel de l'aventure a devancé les bancs de l'école. Dès l'âge de 18 ans, il prend une décision radicale : tout arrêter, car il voulait découvrir le monde. L'école, ce n'était pas son fort. À peine majeur, il s'envole pour l'Australie, avec la modeste somme de 200 € en poche. Son objectif est clair et son envie chevillée au corps : rassembler l'argent nécessaire à l'acquisition d'un bateau et partir naviguer. Deux ans et plusieurs petits boulots plus tard, il rentre en France, riche d'une première expérience et d'une détermination inébranlable. Il acquiert alors un voilier abîmé de dix mètres en acier, qu'il surnomme Yvinec, du nom de la petite île où il vit, un clin d'œil à ses racines bretonnes. Après quelques mois de réparation intensives et méticuleuses, il largue les amarres un certain jour de novembre 2013, marquant le début de sa grande épopée. Les premières escales s’enchaînent naturellement, le menant vers l'Espagne, le Portugal, Madère, puis les Canaries, des étapes classiques pour tout grand départ transatlantique.
Monique : L'Équipière Improbable et Courageuse
C'est aux Canaries que l'aventurier croise la route de la désormais célèbre poule rousse, Monique. Guirec raconte avoir eu un véritable coup de foudre lorsqu'on la lui a proposée. Il désirait un animal avant d'embarquer, et trouvait qu'une poule, c'était une idée sympa. Cependant, on l'avait averti : une poule stressée ne pond pas d'œufs et ne survivrait probablement pas à une telle aventure. Mais c'était sans compter sur la personnalité singulière de Monique, qui est tout sauf une poule mouillée. C'est ainsi que la plus aventurière des poulettes embarque sur le voilier Yvinec, devenant instantanément un membre à part entière de l'équipage.
Ensemble, ils réalisent l'incroyable : ils traversent l’Atlantique en solitaire, sans aucun moyen de communication moderne, en totale autonomie, avec pour destination les Antilles. Adoptée aux Canaries, la poule Monique assure à merveille ses fonctions de pondeuse, offrant à Guirec une source précieuse de protéines fraîches en haute mer. Mais au-delà de son rôle pratique, elle devient une confidente précieuse, un lien vivant dans l'immensité de l'océan. Leur histoire, si atypique, crée rapidement le buzz, fédérant sur leur page de nombreux fans, atteignant 140 000 admirateurs qui suivent leurs récits avec passion.
L'Hivernage Arctique et le Passage du Nord-Ouest : Une Épreuve de Résilience
Un an après leur traversée de l'Atlantique, cap est mis sur le Groenland, une destination autrement plus hostile, en passant par les Bermudes, le Canada, et Saint-Pierre-et-Miquelon. L'arrivée dans ces latitudes glaciales est un moment d'intense émotion pour Guirec. Il hurle sa joie, décrivant ce moment comme le plus beau jour de sa vie. Mais ce bonheur est très vite terni par une nouvelle dévastatrice : l'annonce du décès de son père, apprise par un pêcheur inuit. Ce fut un véritable cauchemar pour Guirec. Malgré l'immense peine, il n'a pas eu le choix, il lui a fallu transformer cette douleur en force. Il sait que son père était fier de lui et aurait rêvé d'être là pour partager ces instants.
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L'hivernage au Groenland est une épreuve d'une rare intensité. Dehors, il fait nuit en permanence, et le ressenti de la température est régulièrement de -60 degrés. À cela s'ajoutent les pannes de chauffage, qui font chuter le thermomètre à -4° dans l'habitacle du bateau. Le bateau, Yvinec, volontairement emprisonné dans les glaces du Groenland, tient finalement le choc, résistant aux glaces qui viennent se fracasser contre la coque. Plusieurs fois, le Breton confie avoir cru tout perdre. Mais Guirec et Monique s'en sortent, portés par une résilience mutuelle. La copine à plumes, Monique, joue à merveille son rôle d'équipier, offrant non seulement 106 œufs pondus tout au long de cette période, mais aussi un soutien moral indéfectible, tenant volontiers le rôle de confidente. Guirec partage l'importance de sa présence durant les 130 jours d'hivernage en autarcie au Groenland, dont une bonne partie de nuit polaire. Il se demande ce qu'il serait devenu sans elle, lui qui n'avait pris que du riz pour se nourrir et qui n'arrivait même pas à pêcher à travers la banquise. Monique a continué de pondre chaque jour, comme si elle savait que leur vie en dépendait.
En avril 2016, la fonte de la banquise les délivre de cette étreinte glaciale. Guirec décrit cette expérience comme la plus dure, mais aussi la plus magique. L’été qui suit cette période éprouvante, Guirec accomplit un nouvel exploit : il devient le plus jeune marin à traverser le fameux passage du Nord-Ouest en solitaire. Cet exploit majeur consolide sa réputation d'explorateur audacieux et persévérant.
Le Tour du Monde par les Pôles et le Mythique Cap Horn
Après la traversée du passage du Nord-Ouest, l'aventure de Guirec et Monique prend une dimension encore plus globale. 32 jours plus tard, ils atteignent l'Alaska, puis le Canada et la Californie. De là, ils entreprennent la traversée du Pacifique jusqu’en Antarctique, une navigation épique de 80 jours en mer, en passant par le mythique Cap Horn. Ce tronçon du voyage est jalonné de tempêtes et de creux vertigineux, des conditions redoutables qui mettent à l'épreuve le bateau et son équipage. Malgré les difficultés, Guirec garde en mémoire la magie de l'océan : « Mais il y a toujours une telle magie quand on aperçoit les côtes… Et puis nous avons été accueillis par les albatros et les manchots qui dansaient sur les icebergs », se souvient l'aventurier. Des moments de pur émerveillement partagés au bout du monde.
Monique, quant à elle, a toujours été une source de joie et de rires. Guirec se rappelle les bagarres pour attraper les poissons volants sur le pont, ou quand elle glissait à chaque coup de gîte du bateau, essayant de nager pour le rejoindre. Elle lui a fait des frayeurs, il a cru la perdre plusieurs fois. Mais elle a aussi été un atout formidable pour les rencontres humaines : à chaque escale, grâce à elle, il était beaucoup plus facile de sympathiser avec les gens. À Saqqaq, personne n’avait jamais vu de poule vivante ! Pour Monique, Guirec a également consenti à des sacrifices, comme faire de la prison au Canada pour elle et renoncer à Tahiti car personne ne voulait d'elle à cause de la grippe aviaire. Elle n'était pas malade, mais c'était la raison invoquée.
Après ces longs mois et années d'exploration des confins du globe, la suite de l'aventure les ramène vers des latitudes plus clémentes, avec la remontée de l'Atlantique jusqu'aux Caraïbes en juin 2018. Finalement, en décembre, l'équipage Guirec et Monique regagne la Bretagne, leur terre natale. L'arrivée au port de Paimpol est digne des plus grands héros, accueillis par une foule d'admirateurs, dont la plupart avait suivi leurs aventures sur les réseaux sociaux. Pour l'heure, notre marin dans l'âme savoure la vie sur la terre ferme, finalisant ses projets de livre et de film, et projetant d'offrir à Monique des copines poules. Il fourmille déjà de projets de voyages, animé par une philosophie simple et puissante : « Quand on a des rêves, on peut tout faire. Il ne faut jamais baisser les bras car il y toujours une solution. Il faut y aller ! »
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Les Traversées de l'Atlantique à la Rame : Un Nouveau Chapitre Solitaire
Loin de se reposer sur ses lauriers, Guirec Soudée, décidément un homme de défis, se lance dans de nouvelles aventures. Après avoir réalisé un tour du monde en solitaire avec sa poule Monique et navigué à travers le Grand Sud, il se lance, ce mardi 15 décembre, dans une traversée de l'Atlantique à la rame et sans assistance. Le natif de Plougrescant s'élance de l'île d'El Hierro, dans les Canaries. Il se donne alors deux mois pour rejoindre Saint-Barthélemy, située à 5 000 kilomètres dans les Antilles. Le Breton envisage de ramer 10 heures par jour.
Pour cette traversée de l'océan, Guirec Soudée est à bord d'une monotype aviron de huit mètres de long et de 1,60 mètre de large. Ce bateau insubmersible a été dessiné spécialement pour cette aventure. Il est équipé d'un désalinisateur d'eau de mer et de panneaux solaires, des technologies essentielles pour assurer son autonomie en haute mer. Le navigateur a emporté avec lui la nourriture nécessaire pour survivre 60 jours. Le jeune Breton a prévu de faire vivre son voyage aux internautes, avec un suivi en quasi temps réel sur Internet. Il est d'ailleurs possible de suivre sa position chaque jour sur une carte interactive.
Ce périple n'est pas sans embûches. À 27 ans, le Breton Guirec Soudée traverse l'Atlantique en solitaire sur son aviron. Un incroyable périple de 5 000 kilomètres entre les Canaries et Saint-Barthélemy. La mauvaise surprise survient la nuit de Noël, où il chavire. Fort heureusement, il peut repartir sans souci après de gros coups de vents. Après 15 jours sans donner de nouvelles, les proches de Guirec Soudée sont soulagés lorsque le Breton parti en kayak pour une traversée de l'Atlantique donne enfin signe de vie ce jeudi 12 août.
Encore en route, il décide de s’engager dans la traversée retour, par le terrible Atlantique Nord. Commence ici une toute autre histoire, encore plus exigeante. Les premiers coups de rame à contre-courant sont pénibles, l'effort colossal. Oser se reposer, c’est accepter de voir son bateau reculer. Mais pour Guirec, ce n’est que le début de la galère, car une tempête se lève, et les fichiers météo sont unanimes : elle va être sévère. Ces défis illustrent la détermination de Guirec à toujours repousser ses propres limites.
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