L'Histoire Fascinante des Bas Voile Vintage

L'histoire des bas voile vintage est un récit captivant, mêlant innovation technique, évolution de la mode et contexte socio-économique. Bien que ce sujet n'ait été qu'effleuré sur certains blogs, notamment lors de discussions sur les bas nylon, il mérite une exploration approfondie. Cet article se propose de retracer l'épopée de ces accessoires emblématiques de la féminité.

Des Origines Artisanales à l'Ère Industrielle

Les bas, avant l'avènement du nylon, étaient confectionnés à partir de matières naturelles comme le lin, particulièrement prisé, ou la soie, un trésor venu d'Asie. La soie, avec ses qualités exceptionnelles de finesse et de douceur, devint rapidement un matériau de choix pour les bas de luxe. L'approvisionnement en soie était cependant sujet aux aléas géopolitiques, comme le blocus qui précéda la Seconde Guerre mondiale et qui affecta l'accès des États-Unis à ce précieux matériau.

L'Invention Révolutionnaire du Nylon

C'est dans ce contexte qu'entre en scène le nylon, une invention de la société DuPont de Nemours. Face aux difficultés d'approvisionnement en soie, DuPont se lance dans la recherche de fibres chimiques stables et filables. Wallace H. Carothers est l'inventeur attitré de cette fibre révolutionnaire, utilisée initialement pour fabriquer des brosses à dents. Les premiers fils de nylon apparaissent en 1939, mais Carothers décède peu après, sans imaginer l'ampleur que prendrait son invention.

Le 24 octobre 1939, connu sous le nom de "Nylon Day", marque un tournant décisif. Les magasins de Wilmington, siège de DuPont, sont pris d'assaut lors des premières ventes massives de bas nylon, avec 4000 paires écoulées en seulement trois heures. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le nylon est principalement utilisé pour la fabrication de toiles de parachutes. Il faut attendre la fin des années 1940 pour voir apparaître les premiers tisseurs français de bas nylon, et plus encore les années 1950 pour une production plus généralisée.

L'Âge d'Or des Bas Nylon à Couture

Après la guerre, la fabrication des bas nylon reprend avec une demande croissante. Le bas nylon devient un accessoire indispensable, sublimant la jambe des pin-up et des stars de cinéma. Le bas à couture diminué règne en maître. Les bas nylon de cette époque se distinguent par plusieurs caractéristiques spécifiques :

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  • La couture réelle : élément distinctif des bas vintage, la couture est réalisée après le tricotage à plat du bas.
  • Les picots de diminution : visibles au niveau du mollet et de la cuisse, ils témoignent de la technique de tricotage utilisée.
  • Le talon contrastant et renforcé : il monte assez haut sur le tendon d’Achille, contribuant à élancer le mollet et à souligner sa forme. Le talon se présente sous différentes formes : pyramidal (ou "french heel"), Havana (plus épais) ou Manhattan (avec une pointe "diamant"). La fin de la Seconde Guerre mondiale a donné lieu à une grande créativité en matière de talons, avec des modèles colorés, contrastants, surlignés ou décorés.
  • L'oeillet : petit trou discret situé en haut du bas.
  • Le revers : large, il marque clairement la délimitation entre le bas et la cuisse et contribue à l'esthétique générale. Le haut du bas est constitué de deux plis de voile Nylon, créant un aspect moiré et brillant. Le "keyhole" ou "trou de serrure" est une particularité technique liée à la couture du revers.

Le Renouveau du Bas Vintage

Après une période de déclin, le bas connaît un regain d'intérêt grâce à des créatrices de lingerie comme Chantal Thomass ou Sabbia Rosa, qui réhabilitent le porte-jarretelles et la guêpière. Le bas réapparaît ainsi dans les garde-robes et sur les podiums.

Quelques passionnés remettent en fonction d'anciens métiers à tricoter à plat, permettant de relancer la production de bas "fully fashioned" 100% nylon. En 1998, Sodibas relance la production de bas nylon à couture authentiques, s'appuyant sur la maison Gerbe. Ces métiers, dont il ne reste que quelques exemplaires dans le monde, permettent de tisser des bas à plat, cousus individuellement et manuellement. La machine travaille uniquement le nylon pur, appelé « cristal » dans les années 50.

En 2013, SodibasParis donne à la marque un nouvel élan sur le web et les réseaux sociaux, avant que la société ne cesse son activité en 2017.

Aujourd'hui, certaines marques, comme Secrets in Lace, perpétuent la tradition des bas couture "façon vintage", en nylon et "fully fashioned". Les grandes marques proposent également des imitations, mais qui restent des bas modernes, circulaires, sur lesquels la couture n'est qu'un zigzag rajouté.

Choisir et Porter des Bas Voile Vintage

Pour les passionnées de mode vintage, il est possible de trouver des merveilles encore emballées chez les chineurs professionnels. Il est également conseillé de demander à votre bonneterie du coin des bas de « mémé », souvent en « mousse » de couleur chair.

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Pour porter des bas voile vintage, il est essentiel de choisir un bon serre-taille ou porte-jarretelles, qui épouse parfaitement les hanches sans comprimer ni vriller. La jarretelle doit être élastique mais ferme, avec une boucle qui pince le revers sans l'écraser.

Pour positionner correctement la couture, il faut enfiler le pied en mettant le renfort orteil bien droit et dérouler complètement le bas sur la jambe. L'idéal est d'avoir le sous-revers à mi-cuisse et le revers aux trois quarts.

L'Arsoie et la Marque Cervin : Un Savoir-Faire d'Exception

La société L’Arsoie, basée à Sumène (Gard), est le fabricant exclusif de la marque Cervin. Depuis trois générations, elle perpétue un savoir-faire unique dans la fabrication de bas de soie couture "fully fashioned", en nylon cristal, en 100% soie et en cachemire.

Pour s'installer sur le toit du monde du bas de soie, L'Arsoie a réveillé des techniques du temps jadis, en remettant en marche d'anciennes machines Reading. Dans le centre du village, on entend désormais le cliquetis de ces machines impressionnantes qui façonnent les jambes en soie ou en nylon.

L'Arsoie privilégie le "slow made", en prenant le temps de faire les choses comme il faut. Il faut une heure pour tricoter un bas, et la couture est faite à la main pour qu'elle soit bien droite. L'entreprise travaille avec des matériaux de qualité exceptionnelle, origine France à 100 %. Le fil de soie vient de Chine, mais il est mouliné à Lyon par les textiles Lacroix. Les dentelles utilisées proviennent de Desseilles Fabrics, une maison historique de Calais.

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Les clients de Cervin sont répartis dans le monde entier, représentant aujourd'hui 40 % du chiffre d'affaires. La marque est imbattable sur la qualité et la conception, et est la seule à faire des bas en forme de cône avec un talon pour respecter la forme de la jambe de la femme.

L'Arsoie est une Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), créée en 1918. Elle emploie vingt-huit personnes, formées en interne aux tâches de bonneterie et de tissage.

Parmi les références phares de Cervin, on trouve :

  • Charleston : Un bas de soie unique au monde, 15 deniers, tricotage à 3 fils, avec un talon pyramidal.
  • Tentation : La grande référence en Nylon 15 deniers, un bas couture en voile avec un talon pyramidal.

Cervin propose également des bas en nylon, des bas de soie, des bas voile lycra, des bas soie lycra, des bas jarretelles ou bas autofixants.

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