Le surf, souvent décrit comme bien plus qu'un simple sport, est une activité qui fascine par sa connexion intime avec la nature. Pour beaucoup, il incarne un véritable style de vie, alimenté par la liberté et l'énergie de l'océan. Cette passion, qui était autrefois l'apanage d'individus considérés comme des hippies à la recherche d'une quête généralement incomprise, a bien changé. Le « surf lifestyle » a été repris et amené aux goûts du jour, donnant naissance à un business qui s’est développé autour de la pratique, rendant cette passion compréhensible et accessible pour le plus grand nombre. Mais au-delà de son aspect spectaculaire, le surf a un impact profond sur la santé physique, mentale et émotionnelle de ses pratiquants, influençant de manière significative la perception et l'image corporelle, notamment chez les hommes.
La Métamorphose du Corps Masculin par le Surf
Il va sans dire que les surfeurs ont des physiques beaucoup plus diversifiés que certains canons de beauté stéréotypés. Néanmoins, force est de constater que plus on pratique le surf, plus le corps se métamorphose, et ceci est vrai pour tout le monde. Tout un chacun peut sensiblement améliorer son physique en pratiquant le surf assidûment. En surfant et en nageant, les hommes obtiennent cette musculature caractéristique des nageurs avec de beaux muscles arrondis qui les font davantage ressembler à des statues grecques qu'à des champions de bodybuilding. Cette transformation physique va au-delà de l'esthétique, offrant des bienfaits considérables pour la santé masculine.
Le surf permet aux hommes de lutter contre l’excès d’adiposité au niveau abdominal, communément appelé la bedaine ou « la bouée », qui est caractéristique de l’obésité androïde. Cette graisse abdominale a des répercussions esthétiques, mais surtout des conséquences métaboliques néfastes en prédisposant au diabète de type 2, à l’hypertension artérielle ou encore à une dyslipidémie. L'excès d'adiposité peut être objectivé par le tour de taille, un indicateur indépendant du risque cardio-vasculaire. Il est d'ailleurs utile de rappeler que le tour de taille se mesure avec un mètre de couturière au niveau du plus petit périmètre entre le nombril et les dernières côtes. Ainsi, la pratique régulière du surf contribue activement à la prévention de ces troubles en favorisant une meilleure composition corporelle.
Le surf est clairement une pratique sportive complète qui active de nombreux muscles, tant du haut du corps pour la rame et le take-off, que du bas du corps une fois debout sur la planche. Il s’agit globalement d’efforts longs mais d’intensité modérée, ce qui rend le surfeur un sportif accompli physiquement. Le surf engage en effet l'intégralité du corps, faisant travailler divers groupes musculaires, notamment les bras, les épaules, les abdominaux et les jambes. Pédaler pour attraper les vagues équivaut à un entraînement cardio intense, ce qui améliore la condition physique et l'endurance. À long terme, le surf régulier peut aider à maintenir un poids sain, à renforcer le système immunitaire et à améliorer la posture.
Techniques de Pratique et Développement Musculaire Harmonieux
Pour développer une musculature de façon homogène, il existe quelques subtilités à connaître. Quand vous ramez sur une planche de surf, il est conseillé d'alterner la rame couchée avec la rame à genoux et la rame debout. La pratique exclusive du surf allongé est déconseillée car elle contraint la colonne vertébrale dans une position non physiologique en hyperextension et surdéveloppe le haut du corps, notamment les épaules, par la rame prolongée. Le surfeur exclusif a souvent un torse surdimensionné et des membres inférieurs tout grêles, eu égard au peu de temps passé debout sur sa planche par rapport au temps passé à ramer allongé. Cette disproportion peut nuire à l'équilibre et à l'harmonie du physique.
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Pour développer harmonieusement le haut et le bas du corps, rien ne vaut le stand-up paddle (ou SUP). Le SUP vous permettra de renforcer votre gainage en faisant travailler vos muscles abdominaux et dorsaux qui sont la clé de voûte de la statique en surf. Un bon gainage offre un meilleur équilibre sur la planche de surf et prévient le mal de dos. De plus, le SUP permet de développer la musculature des membres inférieurs étant donné que vous passerez le plus clair de votre temps debout à maintenir votre équilibre sur l’eau. Ces activités dérivées du surf se suffisent à elles-mêmes pour l'obtention d'un physique équilibré et musclé ; il n’est pas utile d’y ajouter des séances de gymnastique ou de musculation pour obtenir le corps dont on rêve. Il est également important de noter que le bronzage ne devrait pas être inclus dans les critères de beauté.
Les Bienfaits Psychologiques et Émotionnels du Surf
Au-delà de la seule anatomie masculine, le surf offre des bienfaits psychologiques et émotionnels indéniables. Le surf est une activité de plein air, qui plus est, se déroule dans un environnement aquatique en constante évolution. Cette connexion avec la nature offre de nombreux avantages psychologiques. Des études montrent que passer du temps dans des environnements naturels, en particulier près de l'eau, réduit le stress, diminue l'anxiété et améliore l'humeur. Une fois dans l'eau, même un citadin rongé par le stress de son quotidien peut découvrir les bienfaits et vertus d’une seule session, tant sur le corps que sur l’esprit.
Le surf, par sa nature immersive et imprévisible, exige une attention totale au moment présent. Lorsqu'on attend la bonne vague ou que l'on glisse sur sa crête, il n'y a pas de place pour les distractions mentales ou les soucis quotidiens. Qui plus est, la poussée d'adrénaline associée au frisson de chevaucher une vague renforce les effets de la dopamine, l'hormone du plaisir. Pendant ou après une session de surf, les endorphines libérées procurent une sensation de bien-être quasi immédiat. Après sa première vague, l'apprenti surfeur aura le sourire jusqu’aux lèvres. Le surf accentue la détente du corps et favorise le lâcher-prise sur certaines décisions, permettant d'évacuer le stress accumulé. Sorti de sa zone de confort, dans un environnement aquatique inconnu, le lâcher-prise est essentiel.
Chaque vague est un défi et une opportunité d'améliorer ses compétences. Le surf encourage également à accepter l'échec, car il est rare de maîtriser une vague du premier coup. Apprendre à tomber, à se relever et à réessayer favorise la résilience, une qualité essentielle pour cultiver le bonheur. Le surf permet d'affronter des peurs pour certains, et de les faire progresser dans leur vie personnelle. Grâce à sa persévérance, chaque pratiquant a su progresser en dépassant ses limites. Le surf, c’est accepter l’échec, recommencer pour réussir puis se perfectionner pour progresser. Dans cet environnement marin, la concentration est extrême, surtout dans des conditions où les vagues peuvent paraître impressionnantes. Il faut alors apprendre à garder son calme, sa lucidité et sa concentration pour sa sécurité et celle des autres. Cette célèbre citation, "un corps sain dans un esprit sain," reflète finalement les vertus du surf, où ces deux composantes sont indissociables pour la pratique.
Les Idéaux Corporels dans la Culture du Surf et ses Stéréotypes
La culture du surf, bien que promouvant des bienfaits holistiques, n'est pas exempte de stéréotypes qui peuvent influencer l'image corporelle. L'image du surfeur baroudeur est très en vogue aujourd'hui, peut-être parce que l’on s’est rendu compte que cette pratique avait « bouleversé » certains comportements néfastes pour l’homme et la planète. Cependant, en marge des stéréotypes socioculturels liés à la mise en tourisme du surf, qui constituent le paysage idyllique véhiculé sur les cartes postales et dans la plupart des médias nationaux, il convient d'analyser les limites de ce développement touristique articulé autour de la promotion d’une activité sportive.
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Les recherches en sciences sociales sur le surf se sont multipliées, mettant en lumière la complexité de cette culture. Le surf est une pratique sportive exigeante. Elle requiert une excellente condition physique, de la patience, de l’abnégation, et une connaissance fine du milieu océanique. Pour parvenir à ses fins, c’est-à-dire accomplir un ride sur la vague, le surfeur doit entrer en syntonisation avec la vague, s’immerger dans le mouvement provoqué par la houle, être placé au bon endroit et au bon moment. Le surf est une rencontre, une « opportunité opportune » avec la vague. Cette esthétisation de la performance sportive suscite la fascination et le désir mimétique chez une grande partie des néo-pratiquants.
Plus problématique encore, la mise en tourisme et la médiatisation du surf véhiculent des stéréotypes de genre. En effet, la mise en scène de l’excellence sportive est essentiellement réservée à la gent masculine. Dans ce contexte, le surfeur se doit d’être performant, de répondre aux diktats de la réussite sportive. Il endosse ainsi les attributs de l’héroïsme sportif. L’Ulysse de la glisse doit se montrer courageux, fort, être musclé et développer une aptitude à affronter les éléments naturels. Il s’agit pour ce surfeur de fracasser, de déchirer la vague. Comme dans la plupart des univers sportifs, le monde du surf se fait ainsi l’écho de l’apologie d’une domination masculine où les faibles, les mélancoliques, les romantiques n’ont pas leur place. Dans ce contexte, les pratiques de surf peuvent se radicaliser. Les figures réalisées sur la vague se doivent d’illustrer l’animalité masculine alors qu’originellement, le surf est une cosmogonie, c’est-à-dire une consécration de la vague accomplie dans une perspective ontologique. À ce rythme, les affrontements et les accidents se multiplient sur les spots. Ces images idéalisées créent une pression implicite sur les hommes pour qu'ils se conforment à un idéal de corps musclé et puissant, souvent irréaliste pour le pratiquant moyen.
Image Corporelle et Sport de Haut Niveau : Les Risques Masculins
La dysmorphophobie, qui touche autant les hommes que les femmes, est une illustration des pressions exercées sur l'image corporelle. Si le mouvement body positivism est de plus en plus puissant, le culte - et la recherche - du corps parfait sont toujours bien présents dans la société. Une récente étude a d'ailleurs montré que pour 48% des hommes britanniques, la mauvaise image qu'ils ont de leur corps a affecté leur santé mentale. Sur 2 000 hommes interrogés, âgés de 16 à 40 ans, 21% avouent même ne pas se sentir à l'aise d'en parler à qui que ce soit. La crise sanitaire du Covid-19, qui a touché le monde entier, n'a pas arrangé la situation, beaucoup ayant vu leur corps évoluer d'une manière non souhaitée, et se sentant coupables face aux images idéalisées véhiculées sur les réseaux sociaux. C'est pour contrer ce phénomène que des initiatives comme CALM Body Talks ont été lancées, afin de promouvoir une image corporelle positive chez les hommes, soulignant que les problèmes d'image corporelle sont massivement répandus chez les femmes et les filles, mais que les mêmes pressions s'appliquent aux hommes, sans que la discussion ne soit menée de la même manière.
Il est reconnu depuis plusieurs années que la prévalence des troubles de l’alimentation est plus élevée chez la population athlétique que dans la population générale. Considérant le fait que l’insatisfaction par rapport à l’image corporelle est intimement reliée aux troubles de l’alimentation, il serait attendu que la prévalence de ce problème soit également plus élevée auprès des athlètes. Toutefois, les résultats de recherche sur l’image corporelle n’arrivent pas à un consensus à cet égard. Jusqu’au XXIe siècle, la pratique d’un sport était considérée comme un facteur de protection qui pouvait atténuer les effets de l’insatisfaction de l’image corporelle. Cependant, lorsqu’on se réfère aux études effectuées dans ce domaine de recherche, on observe que les évidences scientifiques semblent contradictoires.
Plusieurs facteurs peuvent toutefois expliquer la divergence des résultats obtenus. Premièrement, la définition de ce qu’est un athlète varie largement d’une étude à l’autre, allant des étudiants participant à un sport à l’école aux athlètes faisant partie de l’élite. Deuxièmement, certaines études rassemblent les athlètes en un seul groupe hétérogène, alors que d’autres les classent dans des catégories, en distinguant par exemple les sports mettant l’accent sur l’apparence et/ou le poids de ceux qui n’y accordent pas d’importance.
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Malgré ces limites, plusieurs éléments intéressants ressortent de ces études. Tout d’abord, comme on l’observe dans la société en général, les athlètes féminines expriment davantage d’insatisfaction quant à leur corps que les athlètes masculins. Parallèlement à ceci, plusieurs études soulignent le fait que les athlètes pratiquant des sports mettant l’accent sur la minceur présentent davantage d’insatisfaction concernant leur image corporelle que les athlètes exerçant des sports qui n’y accordent pas d’importance. Cette distinction serait particulièrement importante chez les athlètes masculins. Enfin, les études montrent que les athlètes faisant partie de l’élite seraient plus à risque d’insatisfaction quant à leur image corporelle que ceux pratiquant leur sport à un niveau compétitif moindre.
Influences Externes et Vulnérabilité des Athlètes
Les athlètes sont entourés de personnes s’efforçant de les aider à atteindre leurs objectifs de performance, notamment leurs entraîneurs, leurs parents et différents intervenants sportifs. Les commentaires que formulent ces personnes quant à l’apparence physique, la morphologie ou le poids peuvent augmenter le risque pour un athlète de développer une insatisfaction à propos de son corps. Par exemple, ce qui contribue, entre autres, au succès d’un athlète est sans contredit sa capacité à savoir écouter les directives de son entraîneur ainsi qu’à suivre ses recommandations. Lorsqu’un athlète n’est pas en mesure de répondre aux demandes de son entraîneur parce que ce dernier lui demande de modifier son corps, que ce soit son poids ou son apparence, ce qu’il ne peut pas toujours faire, cela pourra résulter non seulement en une faible image corporelle pour l’athlète, mais aussi en un sentiment d’échec en tant qu’athlète.
Lors de certaines périodes dans la carrière d’un athlète, il est totalement normal que le corps change, par exemple à la puberté, et l’athlète peut vivre une insatisfaction relativement aux changements corporels qui ont alors lieu. Certains athlètes débutent dans leur sport à un très jeune âge, ne sachant évidemment pas à quoi leur corps d’adulte ressemblera.
Un athlète peut sentir de différentes façons que son corps est exposé au regard des autres, et cela pourra contribuer ou non à l’augmentation de son insatisfaction corporelle. Tout d’abord, dans certains sports, les athlètes se doivent de porter des tenues très révélatrices. Il peut s’agir d’exigences secondaires à la nature du sport, comme la natation artistique ou le plongeon, mais cette habitude peut aussi provenir de raisons d’ordre esthétique, comme le patinage artistique, et parfois même de sexualisation du sport, comme dans le cas du volleyball de plage.
Dans un autre ordre d’idées, une pratique donnant également l’impression à l’athlète de s’exposer au regard des autres et créant un sentiment de vulnérabilité est celle de la pesée. Plusieurs entraîneurs effectuent encore des pesées individuelles ou même d’équipe sur une base régulière, ce qui engendre sans contredit de nombreuses répercussions négatives. L’insatisfaction corporelle semble être un problème réel chez les athlètes, et ce, spécialement chez les athlètes féminines, chez les personnes participant à un sport mettant l’accent sur l’apparence et le poids, et chez les athlètes s’entraînant à un niveau compétitif élevé. Les athlètes seraient plus à risque lors des périodes où leur corps change, lorsque les gens de leur entourage émettent des commentaires sur leur apparence ou lorsque leur corps est exposé au regard des autres de diverses façons.