Guide Complet du Réglage du Spi Symétrique sur Dériveur Équipé

Naviguer, c'est aussi savoir maîtriser les voiles qui équipent le bateau pour en tirer le meilleur parti. Parmi les différents types de voiles, le spi, abréviation de spinnaker, est une voile d’avant qui ressemble à une sorte de parachute. On l’utilise principalement sur des allures portantes, améliorant considérablement la vitesse et le plaisir de la navigation. Que ce soit pour une croisière tranquille ou une régate, choisir la bonne voile et maîtriser ses manœuvres est essentiel. En effet, parmi les voiles de portant, le spi et le gennaker peuvent transformer votre expérience de navigation en augmentant vitesse et plaisir. Ce guide se concentre spécifiquement sur le spi symétrique, en détaillant ses composants, les techniques de gréement, de réglage et de manœuvre, ainsi que des conseils pratiques pour optimiser ses performances et assurer la sécurité à bord.

Le spi, ou spinnaker, est une voile utilisée principalement en navigation de plaisance ou en régate pour profiter des vents arrière. Cette voile est souvent asymétrique ou symétrique, en fonction des besoins du voilier et du type de navigation. Le spi asymétrique est conçu pour des angles de vent larges, tandis que le spi symétrique est idéal pour naviguer directement sous le vent, offrant une surface de voile permettant de maximiser la poussée du vent. Pour la régate, le spi symétrique est privilégié pour ses performances accrues sur les parcours au vent arrière. Les conditions idéales pour utiliser un spi sont des vents modérés et constants. En croisière, le spi améliore considérablement la vitesse et le confort de navigation, bien que sa manipulation requière une bonne coordination de l'équipage et un équipement adéquat, comme un tangon et des écoutes en bon état.

Comprendre l'Équipement Essentiel du Spi Symétrique

Pour exploiter pleinement le potentiel d'un spi symétrique, il est crucial de bien connaître et de maîtriser les différents éléments de son accastillage. Ces composants travaillent en synergie pour permettre l'envoi, le réglage et l'affalage efficaces de la voile.

Le Tangon : Pivot Central du Spi Symétrique

Le tangon est une barre en métal qu'on va installer pour utiliser le spi symétrique. Il est l'élément distinctif de cette configuration, car il maintient le point d'amure du spi écarté du mât et du bateau, permettant à la voile de prendre sa forme caractéristique de parachute. Sa longueur et son positionnement sont essentiels pour la forme et la puissance du spi. Le tangon joue un rôle central en maintenant la voile en position stable. Pour le gréement, il est fixé sur le mât et orienté vers l'extérieur pour maintenir la voile en position. Le gréement du tangon est une étape cruciale pour stabiliser la voile et éviter les enroulements. Son équivalent pour l’arrière du bateau est le hale bas de bôme, bien qu'il remplisse une fonction différente en maintenant la bôme vers le bas.

Les Écoutes : Contrôle de la Voile

Deux écoutes sont indispensables pour le spi symétrique, l'une à bâbord et l'autre à tribord. Elles sont souvent de couleurs différentes, comme rouge et vert, pour faciliter leur identification et éviter les confusions lors des manœuvres, notamment dans l'urgence. Ces écoutes permettent de contrôler la forme de la chute du spi et d'ajuster la voile en fonction de la direction du vent. Une fois le spi envoyé, les écoutes permettent de contrôler la forme de la chute et d’ajuster la voile en fonction de la direction du vent. Pour une manœuvre efficace, il est important que les bouts soient clairs et puissent filer sans bloquer à cause des torsions, évitant ainsi les sacs de nœuds.

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Les Barbers Haulers : Ajustement Précis de la Chute

Les barbers haulers sont un autre élément fondamental pour le réglage du spi. Il y en a deux, souvent de couleur violette, un pour chaque écoute. Ils vont permettre de régler la hauteur des écoutes, agissant directement sur la fermeture ou l'ouverture de la chute du spi. Faciles à reconnaître, ils passent dans une poulie sur le bateau et il y a une poulie au bout. Le côté avec la poulie au bout se met vers l’avant du bateau. Leur réglage est un paramètre très important, influençant la puissance et l'équilibre de la voile.

La Drisse : Hisse et Tension

La drisse est le cordage utilisé pour hisser le spi en tête de mât. Sa tension est un réglage primordial qui influence directement le vrillage de la voile et la position de son creux. Une drisse bien réglée permet à la voile de présenter un profil optimal au vent, ni trop plat, ni trop creux, et assure que la chute de la voile offre une ouverture appropriée.

Préparation et Gréement du Spi Symétrique

Avant même d'envisager d'envoyer le spi, une préparation minutieuse est la clé du succès et de la sécurité des manœuvres. Il faut prendre son temps pour vérifier que tous les points soient bien connectés : drisse, amure et écoute, avec à chaque fois des manœuvres claires.

Installation des Barbers Haulers et des Écoutes

La première étape consiste à installer les deux barbers haulers. Le côté avec la poulie au bout se met vers l’avant du bateau, afin de permettre le réglage de la hauteur des écoutes. Ensuite, les deux écoutes sont préparées et positionnées. Les écoutes doivent passer autour du bateau en étant bien à l'extérieur de l'étai et des haubans pour éviter tout frottement ou blocage lors de l'envoi et de l'affalage. Accrocher la drisse et les deux écoutes prêtes sur le balcon est une bonne pratique pour qu'elles soient à portée de main.

Préparation du Tangon

Le spi symétrique nécessite l’utilisation d’un tangon. Avant d'envoyer le spi symétrique, il est essentiel de préparer le tangon, ce qui inclut de l'adapter en longueur et de le fixer correctement. Le gréement du tangon est une étape cruciale pour stabiliser la voile et éviter les enroulements.

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Positionnement du Spi

Avant de l'envoyer avec la drisse, on vient approcher l'amure du bout du tangon. L'amure du spi est attachée au tangon, qui sera ensuite positionné. On borde aussi l'écoute, environ jusqu'au milieu du bateau, pour pré-border la voile. Pour l'envoi du spi, il est conseillé de venir à environ 150 degrés du vent réel. Par petit temps, on peut se positionner à 140 degrés pour que le spi se gonfle plus vite. Dans la brise, il est préférable de viser 160 degrés pour éviter que le spi ne se gonfle trop rapidement avec le risque associé de départ au lof.

Envoi du Spi et Réglages Initiaux

Une fois la préparation achevée, le moment est venu d'hisser la voile et de procéder aux premiers réglages.

Hissage et Gonflement

Commencez par border à fond les deux barbers haulers. Hisser la chaussette, avec le spi dedans, si vous en utilisez une. Il faut vérifier que tout est bien clair avant de se précipiter pour envoyer le spi. Assurez-vous qu'il n'y a pas de tour et que le spi, l'écoute et le bras ne sont pas emmêlés avec la drosse. Ensuite, hissez le spi. Une fois la voile hissée et que l'on a vérifié que tout est clair, il ne reste plus qu'à remonter la chaussette pour que le spi se déploie.

Réglage du Tangon pour la Forme de la Voile

Le réglage du bras, qui est l'écoute sous le vent fixée au tangon, est la première étape cruciale. Il faut border le bras pour que l’œillet de la voile arrive jusqu’en butée du tangon. Ensuite, réglez le bras afin que le tangon soit perpendiculaire au vent apparent. Cette position est fondamentale pour assurer une répartition équilibrée de la pression sur la voile et optimiser la portance. En effet, il est important que le tangon soit perpendiculaire au vent apparent pour un rendement maximal.

Réglage de l'Écoute Sous le Vent

Une fois le tangon ajusté, réglez l’écoute (en rouge, généralement l'écoute au vent) pour que le spi soit bien gonflé. L'objectif est de trouver la limite du fasseyement. Si une larme apparaît en haut du spi, il faut border, il faut être à la limite de cette larme. En fait, on ne peut pas voir si on est surbordé (la voile est pleine, c’est tout) ; le seul moyen de savoir qu’on est bien est de choquer un poil. Alors, si l’épaule tombe, c’est qu’on était bien, et il convient de reprendre les 5 cm choqués pour retrouver le réglage optimal. Ce réglage est essentiel pour que le spi "porte" toujours bien et produise une traction constante.

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Optimisation des Réglages pour la Performance

Les réglages initiaux permettent d'envoyer le spi et de le faire porter. Cependant, pour maximiser la vitesse et la stabilité du bateau, des ajustements plus fins et dynamiques sont nécessaires en fonction des conditions de vent et de l'allure.

Réglage du Vrillage et de la Puissance : Tension de Drisse et Hauteur du Tangon

La puissance du spi dépend en grande partie du réglage de sa drisse et de la hauteur du tangon. La tension de drisse a une influence importante sur le profil de la voile. Par petit temps, une tension de drisse modérée est souvent préférable, avec le point de tire reculé, à environ 50% de la largeur du bateau. Ce réglage permet au spi d'être plus creux, plus puissant, et ainsi de naviguer plus près du vent dans le petit temps. Une tension trop importante peut aplatir la voile et réduire sa capacité à générer de la puissance dans les airs faibles.

En revanche, lorsque le vent se renforce, il est souvent nécessaire de choquer du bras pour que le vent pris dans la voile puisse ressortir aussi facilement. L'augmentation du vent apparent renforce également le vrillage de la voile. Dans ce cas, une plus grande tension de drisse peut être appliquée pour aplatir la voile, réduire le creux, et permettre à la chute de s'ouvrir, évacuant l'excès de puissance et évitant que la voile ne devienne incontrôlable.

La hauteur du tangon est un autre levier d'action crucial. Le tangon est perpendiculaire au mât en configuration standard. Toutefois, par petits airs, on baisse le tangon pour créer plus de creux dans la voile et augmenter la surface projetée. Par vent soutenu, on le monte pour que le creux de la voile reste stabilisé, ce qui diminue la surface projetée et aide à dévriller la chute. Sur des allures du petit largue au largue, on baisse le tangon. Au vent arrière, on le monte. Le point d'écoute est ajusté en montant ou descendant le tangon.

Réglage des Barbers Haulers : Fermeture de la Chute et Contrôle

Le barber hauler sous le vent (du côté de l'écoute de spi) est un réglage très important car il joue sur la fermeture de la chute de la voile. Son rôle est de maintenir l'écoute vers le bas et vers le centre du bateau.Par vent de travers, on le choque en grand pour ouvrir la chute, ce qui permet au vent de s'échapper plus facilement et de réduire la gîte. Par vent arrière, on le reprend à fond pour refermer la chute, maximisant ainsi la surface projetée et la puissance de la voile. Il existe deux logiques par vent soutenu : certains préfèrent choquer le barber pour mieux laisser échapper le vent et diminuer la surface projetée. D'autres le reprennent à fond et de faire vriller la chute pour tenter de stabiliser la voile. Le barber doit être réglé en permanence, afin que le spi « porte » toujours bien, en gardant une petite marge de manœuvre avant que le spi ne s'écroule.

Comprendre le Vent Apparent et le VMG

Pour optimiser le réglage du spi, il est essentiel de comprendre le concept de vent apparent. Le vent apparent est la somme vectorielle du vent réel et du vent relatif créé par la vitesse du bateau. Plus le bateau avance vite, plus le vent apparent se renforce et se décale vers l'avant. Pour un bateau rapide, il faudra davantage border les voiles qu'avec un bateau plus lent, car le vent apparent vient davantage de l'avant.

Le but ultime n'est pas seulement d'aller vite sur l'eau, mais d'optimiser la vitesse vers la destination, c'est ce qu'on appelle la "VMG : Velocity made good". La VMG est la vitesse utile vers le but, et non la vitesse sur l'eau. Pour le spi, l'objectif est souvent de maximiser la VMG au portant. Le réglage des voiles doit donc être constamment adapté pour trouver le meilleur compromis entre vitesse et angle par rapport au vent. L'activation de la fonction VMG du GPS peut aider à trouver ce réglage optimal, bien que la présence de concurrents reste souvent le meilleur indicateur de performance.

Manœuvres sous Spi Symétrique : Empannage et Affalage

Les manœuvres de spi, en particulier l'empannage et l'affalage, demandent de la coordination et de la précision. Le spi symétrique étant plus complexe à manœuvrer que son homologue asymétrique, une bonne préparation et une exécution méthodique sont primordiales.

L'Empannage : Bascule du Tangon

Pour manœuvrer un spi symétrique, le tangon joue un rôle central en maintenant la voile en position stable. Les techniques d’empannage, où le tangon doit être basculé d’un côté à l’autre du mât, sont fréquentes et demandent une bonne coordination de l’équipage. La manœuvre d’empannage est simple même en équipage réduit à condition de bien la décomposer. Le plus important est la synchronisation entre le choqué et le bordé. On commence par choquer doucement le spi pour amener le point d'écoute jusqu'au niveau de l'étai. On vient alors le choquer en grand en reprenant la contre-écoute rapidement. On passe ensuite la grand-voile sur l'autre bord. La rapidité d'exécution est essentielle. En effet, un empannage doit être effectué en quelques secondes. Un empannage raté peut entraîner un départ à l'abattée ou un risque que le tangon touche l'eau et se casse.

L'Affalage : Sécurité et Rapidité

Pour affaler un spi symétrique, il est recommandé de venir tout près du vent arrière, à 160 ou 170 degrés du vent. On débrasse jusqu'à amener le tangon pas loin de l'étai, puis on largue l'écoute. Utiliser une chaussette de spi peut grandement faciliter cette manœuvre, permettant de rassembler la voile sans l’endommager. Sans chaussette, la difficulté réside dans la rapidité pour ramasser le tissu avant qu’il n’aille se perdre dans l’eau, derrière l’étai, ou dans tout autre endroit inapproprié. Avec un spi de moins de 80 ou 100 mètres carrés - selon les capacités physiques de l’équipage - ce n’est pas trop difficile. En venant tout près du vent arrière, grand-voile choquée à fond, on peut faire la manœuvre depuis le cockpit, en mettant directement la voile dans son sac, ce qui évite d’avoir à la plier ensuite. Seule condition : avoir éliminé ou enrobé, sur le pont, toutes les vilaines goupilles et autres objets saillants susceptibles de déchirer le tissu.

La Chaussette de Spi : Un Alliée Précieux

La chaussette de spi est un accessoire qui a révolutionné les manœuvres de spi, les rendant plus sûres et plus simples, particulièrement pour les équipages réduits. Popularisée par Éric Tabarly lors de la Transat anglaise de 1976, la chaussette fait toujours merveille pour étouffer rapidement un spi.

Avantages et Inconvénients

Avec la chaussette à spi, on ne redoute plus le moment où il faut se décider à affaler le spi quand le vent monte. On redoute moins les envois scabreux qui se terminent par un « cocotier ». Les avantages sont clairs : elle facilite l'envoi et l'affalage en évitant que la voile ne se déploie ou ne traîne de manière incontrôlée. Cependant, la chaussette représente une dépense supplémentaire et prend de la place, davantage qu’un sac à spi, surtout avec la base rigide (même s’il existe des bases gonflables). Elle pèse aussi un certain poids. Sur un petit bateau, installer la chaussette sur la plage avant est parfois délicat et peut être moins sécurisant par mer agitée. Un professionnel de la voilerie notait qu'il ne recommande pas la chaussette pour des spis de moins de 80 mètres carrés, car l'équipage se retrouve souvent sur la plage avant alors que tout pourrait être géré du cockpit.

Choisir la Bonne Chaussette

Le premier critère de choix est incontournable : il faut absolument un gousset externe indépendant pour la drosse de commande, laquelle est montée en continu. Si celle-ci circule à l’intérieur de la chaussette, avec la voile, ça finira par coincer. Ensuite, il faut que la largeur de la chaussette et les dimensions de la base soient adaptées à la quantité de tissu. Si la base et la chaussette elle-même sont trop étroites, ça ne glissera pas bien, ni vers le bas ni vers le haut, ce qui pose un gros problème dans les deux cas. Une bonne poulie à billes au niveau de la base est essentielle pour la fluidité de la drosse. Il est bon d’avoir deux petits guides de drosse juste au-dessous de cette poulie, en haut du gousset, pour bien maintenir le tout en place et éviter que la poulie ne tourne sur elle-même. Le tissu de la chaussette doit si possible être de type filet (« mesh ») pour éviter de faire une poche d’air à la descente, et pour que la voile éventuellement humide puisse mieux respirer et peut-être même sécher. Une base de forme plus ou moins ovale est préférable à une base ronde, ce qui est généralement la norme aujourd’hui. Pour limiter le poids et l’encombrement, il existe des modèles dotés d’une base gonflable. Il faut que la base soit gonflée à fond, à haute pression, selon les préconisations d’usage, sans quoi, au moment où l’on veut affaler, elle risque de se plier en deux par intermittence. Certains ne croient pas aux bases gonflables, les jugeant pas assez fiables, en particulier sur des grands yachts. Des bases moussées avec une armature aluminium peuvent être une alternative robuste.

Installation et Utilisation de la Chaussette

Avant la première utilisation, il va falloir installer le spi dans sa chaussette. Il s’agit d’étaler la chaussette proprement, à plat, en utilisant l’indispensable bande de couleur comme repère pour ne pas faire de tour. On retrousse ensuite la chaussette sur elle-même. On peut aller chercher la têtière du spi et la frapper en haut de la chaussette, par l’intérieur. Et avant de déployer la chaussette, on prend soin aussi d’étaler le spi proprement. La drisse va se frapper sur un anneau textile connecté à la têtière du spi.

Quand on hisse la chaussette, il faut prendre garde à ne pas faire de tour et se fier à la bande de couleur. Une fois la chaussette hissée, il ne faut pas se précipiter pour envoyer le spi. Il faut absolument vérifier que tout est bien clair, qu'il n’y a pas de tour, et que le spi, l’écoute et le bras ne sont pas emmêlés avec la drosse. Il faut aussi vérifier tout le circuit du bras ou de l’amure, des écoutes et de la drosse, s'assurant que tout passe du bon côté des filières, des écoutes de génois, etc.

Pour affaler avec la chaussette, on commence par venir tout près du vent arrière, à 160 ou 170 degrés du vent. On débrasse jusqu'à amener le tangon pas loin de l'étai, puis on largue l'écoute. Il est tout à fait possible de ramener la drosse de la chaussette à l’arrière, au piano, ou encore au pied de mât. Cela se fait sur de nombreux bateaux de course. Si l’on veut manœuvrer la chaussette depuis le cockpit, il y a tout de même un inconvénient : on ne voit pas forcément très bien ce que l’on fait. Un bon compromis peut alors consister à s’avancer au niveau du pied de mât, en se calant dans le passavant ou carrément au pied de mât, selon la configuration du bateau. Il est même possible d'utiliser une poulie-winch ouvrante pour faciliter la manœuvre.

Le Gennaker : Une Alternative Asymétrique

Bien que cet article se concentre sur le spi symétrique, il est utile de le comparer brièvement au gennaker, une voile hybride entre le spi et le génois, souvent utilisée en croisière pour sa facilité de manœuvre et son efficacité dans les allures portantes. Le gennaker est moins encombrant qu'un spi, ne nécessite pas de tangon, et s'enroule facilement autour d'un enrouleur dédié. Le gennaker a une forme asymétrique et se positionne entre le génois et le spi en termes de surface et de performance. Il est plus simple à manipuler, ce qui le rend idéal pour les marins moins expérimentés ou pour une navigation en croisière où la rapidité de manœuvre est importante.

Le spi asymétrique offre une surface de voile plus large sur la bordure, ce qui augmente la portance. Ces voiles sont particulièrement utiles sur des bateaux comme les Oceanis, où les équipements disponibles facilitent l'envoi et la gestion du spi. L'avantage du spi asymétrique est qu'il simplifie les manœuvres. Contrairement à son homologue symétrique, il ne faut pas installer un tangon avec balancine et hale-bas. C'est pourquoi il ne faut pas s'en priver et ne pas réserver son usage uniquement qu'en régate. Même en équipage réduit (ou en solo) vous pouvez facilement vous faire plaisir avec un bord sous spi asymétrique. J Composites avec ses voiliers J Boats a été le premier chantier à proposer en série un quillard avec un spi asymétrique monté sur un bout-dehors, comme le célèbre J/105.

Cependant, tenter de gréer un spi symétrique en asymétrique, bien que tentant pour réduire les coûts, est rarement optimal car la voile n'est pas taillée pour être montée de la sorte, et le rendement risque d'être mauvais.

Physique de la Voile et Réglages Avancés

La compréhension des principes aérodynamiques permet d'affiner les réglages au-delà des bases. Le vent est dévié par la voile, créant une différence de pression qui génère de la portance et propulse le bateau.

Le Vrillage de la Voile

Le vrillage est l'angle de torsion de la voile entre sa base et son sommet. Il est un réglage très important. Une voile trop vrillée signifie que les hauts des voiles sont vrillés et que le vent décroche plus facilement du haut de la voile. Une chute largement débordée (ouverte) favorise un meilleur écoulement du vent. Le vrillage est contrôlé par la tension de drisse, la hauteur du tangon et le réglage des barbers haulers. Il est essentiel que le vent ressorte des faces de la voile pour tirer le bateau en avant !

Le Creux et le Point de Tire

Le creux de la voile est sa profondeur. Un spi doit être bordé à la limite du fasseyement pour être le plus puissant possible. Par vent faible, une voile plus creuse est souhaitable pour maximiser la surface offerte au vent. Le bas de la voile devient très creux. À l'inverse, par vent fort, il faut aplatir la voile en diminuant le creux pour éviter la surpuissance et maintenir le contrôle. Le point de tire est très avancé.

Le bas de la voile est très creux lorsque le vent vient plus de l'arrière. L'écoulement laminaire est essentiel pour une voile puissante qui crée de la portance par "aspiration". Une voile trop bordée, en revanche, peut créer un barrage au vent, l'empêchant de s'écouler librement et diminuant ainsi la propulsion.

L'Équilibre à la Barre

Un bateau bien réglé est un bateau équilibré. L'objectif est d'avoir une barre neutre ou une très légère tendance à lofer. Si le bateau a tendance à lofer de manière excessive sous spi, c'est un signe de surpuissance, et des ajustements sur la tension de drisse, la hauteur du tangon ou les barbers haulers sont nécessaires pour ouvrir la chute et réduire la puissance. Le réglage du spi doit essentiellement permettre d'équilibrer la barre.

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