Le Gour de la Sompe est l’un de ces lieux qui rappellent pourquoi l’Ardèche méridionale fascine autant. Pas de gigantisme, pas de foule, pas de billetterie : juste la pierre, l’eau, le vert tendre des chênes et le silence. Situé sur la commune de Lagorce, au cœur de la vallée de l’Ibie, ce site spectaculaire se cache loin des circuits touristiques classiques, se révélant comme une pépite bien gardée que les habitués demandent à chaque séjour.
Comprendre la formation géologique du "Trou du Diable"
La Sompe est un cours d’eau prenant sa source à Lagorce, située non loin de Vallon-Pont-d’Arc. Affluent de la rivière de la Salastre qui elle-même se jette dans l’Ibie, la Sompe est un ruisseau partiellement souterrain. Une partie des eaux de la Sompe circule en sous-sol avant de ressurgir à l’air libre. Au fil des millénaires, le ruisseau, bien que puissant lors de ses épisodes de crue, a creusé deux cirques dans la roche calcaire, formant ce que l'on appelle aujourd'hui le Gour de la Sompe.
L'originalité du site tient à cette formation géologique exceptionnelle : la rivière, après avoir cheminé dans le karst calcaire ardéchois, forme deux cascades successives d’environ 12 mètres de haut. La formation de ces cirques, comme en témoigne le porche au fond du deuxième cirque, est probablement due à l’effondrement de la voûte d’une ancienne grotte. Cette dernière serait l’issue, au cœur de la falaise, de la rivière souterraine. Le site est également appelé le « Trou du Diable » par les habitants de Lagorce, en référence à la profondeur impressionnante de la seconde vasque et au vertige qu’elle peut provoquer lorsqu’on s’en approche par le haut.
Les défis de l'accessibilité et la pratique du kayak
Le Gour de la Sompe demeure un lieu de mystère, y compris pour ceux qui souhaitent y évoluer avec des embarcations. Concernant le franchissement en kayak, c'est magnifique et le commentaire dit qu'elle avait déjà été franchie dans les années 70. Pour la petite histoire, les kayakistes téméraires qui l'ont franchie en 1984 étaient trois. L'un d'eux, Thierry Heyraud, s'est cassé les chevilles en réception de la première chute sur une dalle qui traîne. À l'époque, la giclée n'existait pas encore.
Aujourd'hui, l'approche du site pour les promeneurs est beaucoup plus simple. Une centaine de mètres avant d'arriver, descendez sur votre droite directement dans le lit du ruisseau, quasiment toujours à sec. Après environ 300 mètres sans difficulté, vous découvrirez une première chute d’une vingtaine de mètres et son gour. Un petit chemin assez raide mais praticable par temps sec permet d’accéder à ce gour où l’on peut voir évoluer de superbes libellules.
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La gestion des flux et les conseils de visite
Le Gour de la Sompe est un site saisonnier au sens fort : la cascade n’est en eau qu’une partie de l’année. Le printemps est de loin la meilleure saison pour découvrir le site. Après les pluies hivernales, l’Ibie et la Sompe sont gorgées d’eau et les deux cascades coulent à plein débit. L’été, la Sompe est presque toujours à sec. Les vasques restent visibles mais sans le spectacle des chutes. Sauf après un gros orage estival, inutile d’y aller en juillet-août.
En ce qui concerne l'aspect logistique, comptez une dizaine de places de stationnement seulement. En haute saison ou par beau temps de printemps, arriver avant 10h pour être certain de se garer reste préférable. Pour ceux qui prévoient une expédition, sachez que le balisage n’est pas toujours évident dans cette vallée. Téléchargez la trace GPS sur Visorando ou IGNrando’ avant de partir, et conservez la carte IGN 2939OT en mode hors ligne.
Randonnées et découvertes aux alentours
Le site appartient à un ensemble plus large de curiosités géologiques de la vallée de l’Ibie : le Pertus de Fabria, passage étroit entre les rochers avec vue plongeante sur la vallée, le Ranc de l’Arc, formation rocheuse en arche, ainsi que la Chapelle Notre-Dame d’Ajude qui domine le secteur. Les randonneurs aguerris peuvent enchaîner le Gour, le Pertus de Fabria et la Chapelle sur une boucle de 8 à 9 km.
Le parcours court, un aller-retour direct de 2 km, est accessible aux familles avec enfants à partir de 6-7 ans. Le sentier reste rocailleux mais sans difficulté technique majeure. Attention en revanche aux abords du haut de la cascade : tenir les enfants par la main, ne pas s’approcher du bord. Le surnom « Trou du Diable » n’est pas une plaisanterie : la chute est verticale sur 12 mètres et les pierres sont glissantes même par temps sec.
Précautions de sécurité et respect de l'environnement
Officiellement, la baignade au Gour de la Sompe est déconseillée par les autorités locales pour plusieurs raisons : l’eau souterraine est très froide, entre 14 et 16°C toute l’année, les fonds sont irréguliers et l’accès est parfois dangereux. Plusieurs sites touristiques la mentionnent comme possible, mais la prudence est de mise. L’eau provient d’une résurgence souterraine, ce qui explique sa température constante et basse.
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Quand l’évaporation n’a pas été trop forte, on trouve encore dans le lit du ruisseau quelques flaques d’eau où la vie reste précaire mais visible. De nombreux insectes aériens et aquatiques et des batraciens viennent y trouver l’eau dont ils ont besoin pour survivre. Il est donc primordial de ne pas perturber cet équilibre fragile. Si vous êtes accompagnés, les chiens sont les bienvenus, mais tenez-les en laisse dans la première partie de la randonnée, à proximité des habitations.
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