Cet article est une synthèse et une interprétation de la réglementation en vigueur au moment de sa mise à jour, s'efforçant d'être mis à jour lors de changements réglementaires avec la plus grande réactivité possible. Il n’est en aucun cas un texte officiel et ne pourrait faire office de justificatif. Ces dernières années, la pratique de la pêche en kayak s’est considérablement développée et la législation encadrant cette pratique a suivi cette évolution. Cependant, la réglementation sur la pêche en kayak a été plusieurs fois changée, ce qui fait qu’il est parfois difficile de trouver des informations à jour. Il n’y a aujourd’hui pas à proprement parler de législation pour la pêche en kayak. Cette pratique dépend des réglementations concernant la pêche en mer et de la navigation en kayak. Nous avons rassemblé ici l’essentiel à savoir concernant vos droits, vos devoirs, les équipements obligatoires ainsi que des recommandations qui vont dans le sens du confort et de la sécurité. Parce qu’il ne faut pas oublier que la mer sera toujours plus forte !
Cadre Réglementaire Général de la Pêche en Kayak
Nature des Réglementations ApplicablesDans la pratique de la pêche en kayak, il y a une partie réglementation à connaître. Pour pouvoir pratiquer la pêche en kayak, il est bon de connaître ce que dit la loi. La réglementation kayak découle de la Division 240 et du référentiel technique 245. Pour de plus amples informations, il est essentiel de se référer aux divisions 240 et 245 concernant la navigation.
Les Divisions 240 et 245 : Piliers de la SécuritéLa division 240 traite des règles de sécurité applicable à la navigation de plaisance tandis que la division 245 traite des exigences techniques et de construction des navires non soumis au marquage CE. Ces divisions sont les fondements des règles qui encadrent la sécurité et les équipements pour les pratiquants de kayak, y compris pour la pêche.
Classification des Kayaks et Leurs Implications Navigatoires
Engins de Plage vs. Embarcations : Une Distinction CrucialeLa réglementation considère deux types de kayaks en fonction de leur taille et de leur homologation : les engins de plage et les embarcations. Tout kayak de moins de 3.5m est considéré comme un engin de plage. À l’inverse, un kayak de plus de 3.5m et conforme à la division 245 est considéré comme une embarcation ou un engin propulsé principalement par l’énergie humaine. Cette distinction va conditionner la distance d’éloignement autorisée en mer ainsi que le matériel de sécurité nécessaire à bord. Il est important de noter qu'immatriculer un engin de plage ne le fera pas changer de catégorie.
L'Homologation et l'Immatriculation pour la Pêche au-Delà de 300 MètresPour pouvoir pratiquer la pêche en kayak au-delà de la bande des 300 m, votre flotteur doit être homologué mer. Cette homologation va vous permettre d'enregistrer votre kayak auprès des affaires maritimes. Lors de l'achat du kayak, votre vendeur va vous fournir un certificat de conformité sur lequel vous allez retrouver votre numéro de coque. Les démarches d'obtention de la carte de circulation sont maintenant dématérialisées. La fiche plaisance doit être remplie (cette fiche s'obtient en ligne également). Pour enregistrer un kayak d'occasion, il faut en plus fournir un certificat de vente. Avec ce sésame, vous pouvez pêcher en toute tranquillité ou poser un casier par exemple, car c'est la même réglementation que pour un bateau. Cet enregistrement va vous donner un numéro d'immatriculation de votre flotteur. Vous n'êtes pas obligé d'apposer ce numéro sur la coque si vous restez à l'intérieur de 2 milles, par contre, il faut l'apposer à l'intérieur de la coque, visible du poste de pilotage.
Zones de Navigation et Matériel de Sécurité Associé
Définition d'un Abri et Distances AutoriséesPour la pêche en kayak, trois zones de navigation sont identifiées : jusqu’à 300m d’un abri, de 300m à 2 milles d’un abri, et de 2 à 6 milles d’un abri. Un mille marin équivaut à 1,852 km et un abri est défini comme un endroit qui permet soit de mouiller, soit d’accoster (quai, plage, etc.).
Navigation Diurne Exclusive et Conditions SpécifiquesDans tous les cas, seule la navigation diurne est autorisée en kayak, y compris pour la pêche. Naviguer loin du bord requiert préparation, équipements et une météo favorable.
Équipements Obligatoires Selon la Zone d'ÉloignementLes informations suivantes sont extraites de l’article 240-2.10 de l’arrêté du 23 novembre 1987 relatif à la sécurité des navires. Jusqu’à 300 m d’un abri, les engins de plages sont autorisées à naviguer dans cette zone. Au-delà, la classification des équipements évolue : on parle d'équipement "Basique" jusqu'à 2 milles d'un abri, et "Côtier" jusqu'à 6 milles d'un abri. La navigation au-delà des 2 milles nécessite du matériel supplémentaire dit "côtier", ainsi que l'obligation de sortir à 2 minimums, d'avoir une VHF, un gilet de 150 Newtons, etc. Il est à noter que depuis le 1er janvier, les kayaks propulsés par un moteur électrique doivent avoir un coupe-circuit installé et en place. En matière de communication d'urgence, emportez un téléphone étanche ou/et une VHF pour prévenir les secours en cas de besoin. La VHF reste en veille une fois sur l'eau, et si elle n'est pas obligatoire, elle est fortement recommandée.
Règles de Priorité en Mer et en Eaux Intérieures
Priorité en Milieu MarinEn mer, ce sont les navires qui ont la capacité de manœuvre la plus restreinte qui sont prioritaires. En canoë-kayak, vous ne serez donc prioritaire que sur des bateaux à moteur qui n’ont pas de restriction de capacité de manœuvre. Vous devez également vous éloigner des voiliers, qui ont moins de capacité de manœuvre que vous.
Priorité sur les Rivières et Plans d'EauEn rivière et sur plan d’eau, le canoë-kayak est considéré comme une menue embarcation : il doit donc s’écarter de la route de toutes les embarcations de plus 15 m (péniche, bateau de croisière). Là encore, vous devrez laisser la priorité aux voiliers, mais une embarcation à moteur de moins de 15 m devra manœuvrer afin de vous laisser tranquille.
Interactions entre KayaksEntre deux kayaks, la règle est claire : priorité à celui qui vient de la droite ! Et si vous vous retrouvez face à face, vous devrez passer sur la droite de l’autre utilisateur… comme en voiture !
Le Gilet de Sauvetage : Entre Obligation Légale, Recommandation et Bon Sens
Obligations Spécifiques et InterprétationsLe gilet de sauvetage est un point central de la sécurité en kayak. La FFCK (Fédération Française de Canoë-Kayak) a interprété la Division 240 en rendant obligatoire le port du gilet dans les sorties organisées par un club affilié à la fédération. Cela signifie que pour une sortie individuelle, vous faites ce que vous voulez, mais dans un cadre associatif, le port du gilet est obligatoire. L'article 240-3.08 concerne l'armement de sécurité côtier et précise notamment des conditions pour ne pas avoir à bord un dispositif de repérage et d'assistance pour personne tombée à l'eau, et notamment de porter les gilets (accessoirement, il faut aussi être dans un pneumatique et un semi-rigide de moins de 5 adultes). Pour une navigation en eaux intérieures au-delà de 3700 m de la rive, une flottabilité de 100 newtons est obligatoire, et le matériel de sécurité doit être à bord.
Le Gilet dans le Contexte des Réglementations Nationales et FédéralesLe fait que le port du gilet ne soit pas toujours obligatoire légalement fait parfois perdre un argument aux défenseurs du port systématique, mais dans d'autres activités nautiques, il se généralise et est largement encouragé. C'est ce que l'on observe en voile pour la compétition ou la croisière et quelques fois dans les ports pour les enfants sur les pontons. Certains estiment regrettable que ce soit un texte et non pas les contextes des situations qui soient à l'origine de certains revirements. Dans le contexte d'un parcours en eau douce où le port du gilet n'est pas obligatoire, c'est seulement du bon sens. Il a été parfois remarqué que cette position est dangereuse et que dans ce cas il n'aurait pas été stupide de garder son gilet, même si celui-ci pouvait gêner à la manœuvre, ce qui est sans doute vrai. Finalement, les porteurs de gilets et ceux qui préfèrent le laisser à portée de main sur le pont en mer quand les conditions le permettent coexistent, les deux clans étant dans la légalité.
Au-Delà de la Règle : Sécurité, Expérience et Réalités du Milieu AquatiquePréconiser le port du gilet dans des activités de kayak, n'importe où et dans toutes les circonstances est tout à fait défendable et honorable, et le faire remarquer à ceux qui prétendent le contraire n'est pas les injurier ni les déshonorer. Ce n'est pas de la psychorigidité, c'est une réflexion après l'analyse de différents accidents. Le danger est inhérent à toute discipline sportive ou pratique de l’aventure comme mode de vie. Pour en diminuer les risques, outre l’apprentissage, nous avons comme atouts à notre disposition, la préparation physique, technique et mentale. En effet, le risque zéro n'existe pas. Il est hautement préférable de savoir nager et d’être à l’aise dans le milieu aquatique. Un kayakiste averti sera équipé en fonction de sa pratique et de son activité du jour et donc capable de faire face à bon nombre d’imprévus ou changements subits de conditions météo, même bien au-delà des 6 milles de jour ou de nuit, ce qui est pour rappel interdit par la DIV240. Si dans une situation de danger, ce même kayakiste doit impérativement faire appel au secours, cela ne pose aucun problème, et il est peu probable que l'équipe de secours reproche l'intervention. Tout comme le militaire s’entraîne à faire la guerre, le sapeur-pompier à éteindre le feu, le secouriste s’entraîne et aime secourir et tous (en tout cas ceux que l'on connaît) préfèrent l’action et servir que la veille en caserne.
Les Dangers Sous-Estimés de l'Eau, Même TempéréePour ceux qui hésitent à mettre leur gilet même dans l'eau chaude à 20°, on peut mourir d'hypothermie, même si cela prend un peu plus de temps. Il est malheureusement pas rare de voir des personnes sans gilet. Il est constaté que les gilets ne sont pas très visibles, ce qui n'est pas idéal pour le bronzage. Deux cents mètres de nage en mer, ce n'est pas rien quand même ! Certains se demandent si les pratiquants ont la notion du danger ou s'ils ont conscience qu'en mer l'erreur se paye cher. Parfois même ils se font interpeller par les sauveteurs en Zodiac, reviennent sur la plage, et repartent aussitôt avec l'argument "je fais ce que je veux, on est libre ou quoi". Il est important de bien apprécier ce que l'on fait sur l'eau et de ne pas sous-évaluer les dangers potentiels en adaptant sa tenue à sa navigation. Le risque vaut-il d'être pris ? Au mépris des lois et règlements, c'est bien sûr à chacun de trouver la réponse. Mais il ne faut jamais oublier qu'au-delà de la prise de risque personnelle, il y a celui que prendra peut-être un sauveteur anonyme qui peut périr noyé d'avoir tenté de sauver "un orgueilleux qui se croyait plus fort que les éléments". Il convient de ne pas confondre la navigation en eaux froides inférieures à 10° et les pratiques nationales.
Importance de la Préparation et de l'Équipement Personnel : Récits et RéflexionsUne expérience personnelle relate une chute à l'eau inattendue : pêchant le brochet du haut d'un haut bord, un pêcheur a dû retirer ses bottes et s'est laissé descendre, tombant à l'eau. Heureusement, il y avait un petit rebord à 1,50 m de profondeur qui lui a permis d'attendre que des pêcheurs en barque viennent le sauver de justesse. Un test est proposé : jetez-vous à l'eau tout habillé avec un jean et une veste de treillis et essayez de nager vingt mètres. Un cas tragique est celui d'une noyade à Amboise, où un père de famille se noyait en canoë sur la Loire. Un témoin direct de la noyade a assuré que la victime portait bien un gilet de sauvetage, mais que celui-ci n’était sans doute pas bien attaché. « Je vois encore le gilet remonter le long de ses bras et s’échapper ensuite », expliquait-il. La victime, Éric Richard, 55 ans, était une figure de la course à pied sur le département. Cette anecdote rappelle que même un gilet n'est efficace que s'il est correctement porté. Il est également évoqué l'anecdote navrante d'un chasseur en barque qui laisse tomber son fusil à l'eau et se précipite pour le rattraper, un incident qui a pu être fatal à l'un d'eux. Dans le cas des eaux intérieures tumultueuses et du rase-cailloux salés mouvementés, le casque est également une évidence. Une autre histoire témoigne d'un miracle : un plaisancier expérimenté de 46 ans, tombé d'un voilier dans une mer démontée avec des creux de cinq à huit mètres à 60 kilomètres au large de Cannes sans gilet de sauvetage, a été retrouvé sain et sauf trois heures après sa disparition. Ce cas, bien que rare, souligne que tout est possible, mais ne devrait en aucun cas être une justification pour ignorer les règles de prudence. Le drame réside dans le fait que trop souvent les statistiques induisent des règlements généralistes, alors que si l’on pouvait extraire des statistiques en faisant la distinction entre vacanciers et autres et pratiquants de sports d’eaux, il est fort probable que lesdites statistiques ne montreraient pas une augmentation des incidents à nombre de pratiquants égal.
Conseils Pratiques et Mesures de Sécurité Supplémentaires
Vérifications Essentielles Avant Chaque SortieAvant de prendre la mer ou de naviguer en eaux intérieures, renseignez-vous sur les courants dans votre zone de navigation et sur les risques qu’ils entraînent. Veillez à ce que tout votre matériel de sécurité soit en bon état et adapté à votre activité nautique. Vérifiez la date de validité des cartouches de gaz des gilets de sauvetage autogonflants. Vérifiez si la baignade est autorisée dans la zone fréquentée et prenez connaissance des consignes des clubs sportifs ou associations locales.
Communication et Moyens d'AlerteAvoir des moyens de communication fiables est crucial. Emportez un téléphone étanche ou/et une VHF pour prévenir les secours en cas de besoin. La VHF reste en veille une fois sur l'eau, et même si elle n'est pas obligatoire, elle est fortement recommandée pour une sécurité accrue.
Spécificités de la Navigation en Eaux Intérieures (Rivières, Lacs, Canaux)Les rivières, lacs et canaux sont des espaces naturels que nous partageons : protégez-les en respectant l’environnement. Consultez un topo-guide récent de la rivière, mémorisez les points de repère et les passages difficiles. Aux abords de l’écluse : si les portes sont fermées, tenez-vous à une distance suffisante pour éviter les remous, laissez sortir les bateaux puis attendez que les portes soient totalement ouvertes pour avancer. Dans l’écluse : fixez les amarres sur un bollard et réglez-les à la demande à la descente ou à la montée depuis le bateau. Ne vous amarrez pas à une péniche et n’utilisez pas votre moteur. Dans le cas d’une écluse jumelée avec un barrage : ne vous approchez jamais du barrage et maintenez-vous sur la rive du côté de l’écluse. Un guide présente les règles à connaître pour pratiquer son activité en eau douce, en toute sécurité et dans le respect des autres usagers. Une expérience a montré qu'il est impossible de remonter la Loire avec un moteur électrique et l'aide des rames en raison du courant, nécessitant de descendre et de pousser, soulignant l'importance de la connaissance locale des conditions.
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