Le gilet de sauvetage constitue un élément de sécurité essentiel et obligatoire en mer, permettant, en cas d’incident, d’améliorer la protection individuelle, d’être repéré et d’être secouru. Son rôle fondamental est d'exercer une poussée verticale suffisante pour maintenir les voies respiratoires du porteur hors de l'eau, assurant ainsi sa survie. Une compréhension approfondie de son fonctionnement, de ses divers types et des exigences en matière d’entretien est primordiale pour garantir une sécurité optimale à tous les usagers de la mer, qu'ils soient plaisanciers occasionnels ou professionnels.
Décrypter les Types de Gilets de Sauvetage : Mousse vs. Gonflable
L'offre de gilets de sauvetage est aujourd'hui extrêmement variée, permettant de se procurer un matériel ultra personnalisable et adapté à chaque pratique, qu'il s'agisse de débutants ou de professionnels. Historiquement, lors de l’invention du premier gilet de sauvetage, un modèle unique était disponible et dédié à l’activité militaire. Heureusement, les temps ont changé, et deux grandes catégories se distinguent désormais : les gilets à flottabilité permanente (mousse) et les gilets gonflables.
Les Gilets à Mousse : Simplicité et Limites
Le gilet traditionnel, souvent appelé gilet à mousse, garantit une flottabilité intrinsèque qui ne dépend d’aucun système de gonflage, ce qui en fait un équipement d'une grande simplicité d'entretien. Ce type de gilet est moins complexe à entretenir précisément parce que son efficacité ne repose pas sur des mécanismes complexes. Il existe une large gamme de gilets dériveur et gilets mousse présente sur le site nautisport.com, qui propose une sécurité basique grâce à un système manuel de sangle de serrage pour un meilleur ajustement. Ces gilets offrent un niveau de sécurité standard jusqu'à 2 milles des côtes, ou en plan d'eau fermé, pour tout individu sachant nager. Cependant, le défaut majeur des gilets mousse est qu’ils n’assurent pas systématiquement le retournement de la personne lorsqu’elle est dans une situation à risque dans l’eau, ce qui peut compromettre la sécurité d'une personne inconsciente. Leur principale contrainte est également leur encombrement.
La Révolution des Gilets Gonflables : Confort et Efficacité
Le gilet de sauvetage gonflable a aujourd’hui largement remplacé le gilet en mousse, principalement en raison de son confort et de sa praticité. Porté dégonflé par défaut, il offre une plus grande liberté de mouvement sur le navire. Il peut également intégrer un harnais de sécurité, un accessoire fortement recommandé pour une sécurité accrue. Les gilets gonflables sont conçus pour offrir une flottabilité optimale et une grande sécurité, tout en étant moins contraignants à porter au quotidien.
Les Mécanismes de Gonflage des Gilets Automatiques et Manuels
Au cœur de l'efficacité d'un gilet gonflable se trouve son système de gonflage au gaz (CO₂), lequel se compose d’une cartouche de gaz et d’un mécanisme de déclenchement, qui peut être manuel ou automatique. Comprendre comment fonctionne votre gilet de sauvetage vous permet de le manipuler avec aisance, et de vous protéger, ainsi que les autres personnes à bord.
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Le Gonflage Manuel : Maîtrise et Prévention des Déclenchements Intempestifs
Dans le cas du gilet gonflable manuel, c’est le plaisancier qui déclenche le gonflage en actionnant une tirette. Cette caractéristique permet d’éviter les déclenchements intempestifs qui pourraient survenir à cause de grosses vagues, d'embruns ou même d'un stockage dans une zone trop humide, particulièrement pour les déclencheurs à pastille. Ce système offre une pleine maîtrise de la situation au porteur, qui décide du moment opportun pour l'activation.
Le Gonflage Automatique : Sécurité Active en Toute Circonstance
Le gilet gonflable automatique présente l’avantage considérable d’être opérationnel même pour un naufragé inconscient. Le second système, le système UML, se déclenche par exemple au contact de l’eau. La bouteille de gaz contient elle aussi un ressort équipé d’une aiguille, mais celui-ci est maintenu par une pastille en papier, qui libère le ressort et l’aiguille au simple contact de l’eau, perçant ainsi la cartouche de CO2. La majorité des gilets fonctionne aussi grâce à un dispositif de gonflage buccal, nécessaire en cas de dysfonctionnement ou pour compléter la flottabilité.
Systèmes UML : Rapidité et Accessibilité
L’intérêt du gilet de sauvetage UML, qu'on oppose au modèle Hammar, réside en son extrême rapidité de gonflage, ce qui en fait un produit très efficace en cas d’urgence. Son prix reste aussi un avantage, puisque des modèles deux fois moins chers que les gilets hydrostatiques Hammar peuvent se trouver facilement dans le commerce. Cependant, en optant pour ce système, il faut être conscient que l'on n'est pas à l’abri de déclenchements intempestifs à cause de l’humidité dans le bateau ou de projections d’embruns.
Systèmes Hammar : Fiabilité Hydrostatique et Spécificités
La principale utilité du gilet de sauvetage Hammar est son fonctionnement spécifique. Il vise principalement à donner davantage de libertés sur le navire car vous ne risquerez pas son déclenchement inopiné à cause d’embruns ou de paquets de mer, grâce à son mécanisme hydrostatique qui ne se déclenche qu'à une certaine profondeur. Le système Hammar possède également un voyant (vert si tout est OK, rouge si le mécanisme est à changer) et une date de péremption du mécanisme (par exemple, à changer avant 2021), éléments cruciaux pour la vérification. La marque Spinlock propose de l’excellent matériel dans sa gamme Deckvest, comme le Gilet Deckvest 6D 170N qui s’accompagne si possible du kit de recharge UML Elite Spinlock.
Choisir la Bonne Flottabilité : Une Question de Newton et de Pratique
La contrainte technique dont vous devrez vous préoccuper en priorité sera la capacité de flottabilité de votre gilet, mesurée en Newton (N). Retenez simplement que plus cette unité est faible, moins il sera efficace selon votre éloignement des côtes ou la nature de l'activité. Un gilet de sauvetage de 150N suffira à maintenir la tête d'un adulte hors de l'eau, assurant ainsi sa capacité à respirer. Il est important de bien prendre en compte que les normes appliquées en Europe ne sont pas les mêmes que dans d’autres continents. Les gilets de sauvetage se divisent en différentes catégories selon un usage bien précis :
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- 50 Newtons (N) : La flottabilité d'un vêtement de flottaison individuel s’élève à 50 newtons. Cela est amplement suffisant pour pratiquer des activités telles que de la navigation côtière, du cabotage, voire même de la natation. Côté sports aquatiques, ces gilets paddle & kayak conviendront aussi à la pratique de la planche à voile, du dériveur léger, du ski nautique, du jet ski et du kitesurf. Leur polyvalence permet ainsi de s'adapter à de nombreux sports d'eau, mais ils sont destinés aux personnes sachant nager, en eaux calmes et à proximité du rivage.
- 150 Newtons (N) : Son usage est destiné à la navigation hauturière de plaisance et sportive. Il est préconisé pour la conduite de bateaux à voile et à moteur, ou pour de la régate en catamaran à voile ou à moteur. Un gilet de cette catégorie garantit le retournement et le maintien des voies respiratoires hors de l'eau, même pour une personne inconsciente et portant des vêtements lourds.
- 275 Newtons (N) : Son emploi est destiné à la navigation hauturière sportive et à l’usage professionnel. Il est préconisé pour la conduite de navires à voile et à moteur, de vaisseaux industriels et de vaisseaux professionnels. Cette flottabilité maximale est conçue pour supporter des charges importantes et des conditions maritimes extrêmes.
L'Entretien Régulier : Clé de la Fiabilité de Votre Gilet de Sauvetage
Adopter les bons réflexes pour entretenir votre gilet de sauvetage est une dernière bonne raison de s'intéresser à son fonctionnement. Grâce à cela, vous comprendrez les raisons d’un potentiel dysfonctionnement et les méthodes pour y remédier. Quel que soit le type de gilet, il est essentiel d’en assurer sa fiabilité grâce à un entretien courant de qualité. Cela permettra d’augmenter sa longévité et d’atteindre la prochaine échéance de révision en toute sécurité. Les gilets de sauvetage sont exposés à un environnement marin agressif (eau, sel, rayons UV, frottements), ce qui rend leur maintenance d'autant plus critique.
Gestes Simples pour un Entretien Courant
Pour l'entretien courant, il est recommandé de rincer votre gilet à l’eau douce pour enlever le sel après chaque utilisation. Il est souvent préférable de faire ce rinçage à l’éponge humide, en particulier si le déclencheur est à pastille (sinon, il est conseillé de démonter le déclencheur avant le rinçage). C’est aussi l’occasion de faire un nettoyage plus assidu, à l’eau courante.
La Vérification Périodique : Une Responsabilité Partagée
Bien que les particuliers n’aient aucune obligation légale de vérifier régulièrement leur gilet de sauvetage, il est vivement conseillé d'effectuer ces vérifications pour garantir le bon fonctionnement de votre gilet. En revanche, pour les navires professionnels, un gilet de sauvetage gonflable, en qualité d’équipement de protection individuelle (EPI), doit faire l’objet d’une révision annuelle. Il n’y a pas d’obligation réglementaire explicite concernant l’entretien et l’inspection des gilets de sauvetage pour les plaisanciers. Néanmoins, les fabricants recommandent généralement une révision préventive tous les 2 ou 3 ans, ou systématique après un déclenchement, et bien sûr en cas de péremption des différents composants.
Vérifications Essentielles du Gilet Gonflable : Le Guide Pratique
Pour ne pas avoir de surprise et assurer votre sécurité, il est important de vérifier votre matériel régulièrement. Les constructeurs recommandent de changer complètement votre système de réarmement tous les 3 ans afin de limiter les risques, et la durée de vie d’un gilet de sauvetage est limitée à 10 ans, avec la plupart des fabricants recommandant le remplacement complet du gilet au bout de 10 ou 12 ans.
Le Contrôle Visuel du Déclencheur et de la Vessie
Commencez par un contrôle visuel du déclencheur. Ce contrôle garantit que le mécanisme de déclenchement fonctionnera correctement en cas de besoin. Il faut également vérifier qu'il n'y a pas de trou sur la vessie, qui est la chambre d'air gonflable. Ensuite, il est crucial de vérifier les dates de péremption de votre pastille de cellulose. Le capuchon présent doit être vert ; s'il est rouge, il est impératif de le changer.
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La Vérification des Cartouches de CO2 et des Pastilles
Les cylindres de gaz n’ont pas de date de péremption. Cependant, dans le cas d’un stockage prolongé de votre gilet de sauvetage gonflable, il est conseillé de peser le cylindre. Par exemple, si la cartouche fait 135 gr, il faut s'assurer que le poids corresponde à ce qui est écrit dessus, au gramme près. Vérifiez également si la cartouche ne présente pas de traces de corrosion, et assurez-vous qu'elle est bien vissée. L'équipe Orange-Marine a concocté un Tuto vidéo pour accompagner les utilisateurs dans la vérification de leur gilet de sauvetage gonflable.
Spécificités des Systèmes de Déclenchement (Hammar, UML)
Pour les gilets équipés d'un système Hammar, le voyant doit être vert (rouge si le mécanisme est à changer). Il faut également noter la date de péremption du mécanisme. En cas de vérification ou de remplacement, à l'aide de la clé fournie, on fait pivoter la partie noire sous la tête dans le sens inverse des aiguilles d'une montre sur environ un huitième de tour. Le mécanisme est alors en position "ouverte", la partie jaune n'étant pas alignée avec la noire. Sur le système Hammar, la cartouche de CO2 se trouve dans la chambre. Il faut la sortir en prenant particulièrement soin du joint d'étanchéité. Une fois extraite, on peut dévisser la cartouche pour la remplacer au besoin. Attention, sur le modèle Hammar de dernière génération MA1 EC (et même sur certains A1), la cartouche est collée à son support noir et ne peut pas être dévissée. Pour remettre en place, introduire la cartouche CO2 dans le gilet en prenant soin du joint. Si lors du check, un problème est constaté, ou que la cartouche est endommagée, il faut prendre les mesures nécessaires.
Quand et Comment Remplacer les Composants et Reconditionner un Gilet
En cas de déclenchement de votre gilet de sauvetage, il est possible de le reconditionner pour le remettre en service. Les kits de remplacement des systèmes de déclenchement, disponibles chez les shipchandlers, doivent servir à remplacer, au cours d’une navigation, un système "percuté" (donc utilisé). Un pliage précis de la vessie est nécessaire pour le reconditionnement.
Obligations Réglementaires et Recommandations des Fabricants
La maintenance personnelle de votre gilet de sauvetage est un réflexe à adopter, mais il ne remplace pas l’avis d’un professionnel. Se rendre chez un spécialiste de la révision du matériel de sauvetage sera aussi bénéfique pour la durabilité de votre équipement.
Usage Privé : Recommandations Avant Tout
Lorsqu’il s’agit d’une utilisation dans le cadre privé (bateau, pêche, canoë…), il n’existe pas d’obligation réglementaire de procéder à la vérification des gilets de sauvetage. Néanmoins, les fabricants préconisent d’effectuer une vérification périodique de l’état de conservation du gilet. Il est recommandé de réviser son gilet de sauvetage chaque année. La durée de vie est indiquée sur les instructions présentes sur le gilet, cette date étant valable à compter de la production du gilet, également inscrite sur celui-ci.
Usage Professionnel (EPI) : Une Réglementation Stricte
Dans le cadre d’une situation de travail, la logique est différente. Un gilet de sauvetage gonflable peut être utilisé pour protéger les travailleurs du risque de noyade, et dans ce cas, il s’agit d’un EPI de 3ème catégorie soumis à vérification périodique. En effet, l’Article R4534-136 impose l’utilisation d’un gilet de sauvetage pour tous les travaux exposant à un risque de noyade (travaux en station d’épuration, intervention dans certains ouvrages hydrauliques, intervention en bord de lac et rivières…). Comme tout équipement de travail, les EPI doivent être maintenus en bon état. Par ailleurs, l’arrêté du 19 mars 1993 fixe une liste d’équipements de protection individuelle qui doivent faire l’objet des vérifications générales périodiques. Les gilets de sauvetage gonflables sont concernés par cette obligation. L’arrêté du 19 mars 1993 impose d’effectuer une vérification annuelle des gilets des sauvetages gonflables. L’ensemble des gilets de sauvetage de votre parc devra être contrôlé. Cette obligation concerne le matériel en service ou en stock.
Le Rôle des Professionnels Agréés et le Système de Marquage
La révision des gilets de sauvetage gonflables doit être effectuée par le fabricant ou des professionnels (stations de révisions, shipchandlers…), agréés par les marques, ayant reçu une formation spécifique des fabricants et dotés de l’équipement nécessaire à la révision. Les centres homologués sont ouverts à tout public de pratiquants et se chargeront de la révision de votre gilet de sauvetage. Certaines marques imposent que leurs gilets de sauvetage soient vérifiés et entretenus dans des stations de contrôle agréées. Comme indiqué précédemment, la vérification doit être réalisée conformément aux instructions du fabricant. À l’issue du contrôle, le gilet est reconditionné, et en cas de défaut constaté, un remplacement des pièces défectueuses est proposé. À l’issue de la vérification et de la maintenance du gilet, un rapport est remis et le contrôle doit également être enregistré dans le registre de sécurité.À cet effet, les fabricants se sont mis d’accord sur un système de marquage volontaire des gilets de sauvetage dans le but d’indiquer la date de leur révision. Le 1er juin 2013 constitue le délai retenu pour sa mise en œuvre. Dans la pratique, à partir de la première révision du gilet, l’apposition sera systématique. L’objet du marquage est de rappeler au plaisancier la date recommandée pour la prochaine révision. Le type de marquage (pastille rivetée, bague…) est laissé au choix du fabricant (forme, taille, couleur…) mais doit respecter des caractéristiques précises. Le marquage du gilet est effectué à l’aide d’une pastille, d’une bague, ou de tout autre support répondant à ces caractéristiques.