Le gilet de sauvetage est, faut-il le rappeler, un accessoire obligatoire pour la navigation sur les eaux libres de notre pays. Tous les ans des dramatiques accidents à la pêche auraient pu être évités si leurs victimes s’étaient équipées de gilets de sauvetages. En navigation, avec la vitesse, le moindre choc peut vous éjecter du bateau et vous faire perdre connaissance. Le gilet de sauvetage est un élément de sécurité que tout usager à bord d’une embarcation se doit de posséder. Cependant il n’est pas obligé de le porter s’il se trouve proche d’un abri ou de la côte. Néanmoins sur l’eau nous ne sommes rien et un accident est vite arrivé. C’est pourquoi il est fortement conseillé de porter son gilet de sauvetage à bord de son navire de plaisance.
Perspective historique : du liège à la haute technologie
Très peu d'efforts de conception de combinaisons d'immersion ont été faits jusque vers le milieu du XIXe siècle. La première ébauche de cet accessoire qui voit le jour en Europe est conçue au XVIIIe siècle en France. Cette invention n’est cependant pas retenue par les navigateurs anglais de l’époque pour la simple raison que la sécurité des marins n’est pas une priorité : la Marine royale a couramment recours au recrutement forcé de ses matelots. La Royal Navy capture les marins ennemis en pleine mer pour ensuite les enrôler dans ses rangs ! Procurer des vêtements de flottaison individuel, ou VFI, à ces prisonniers augmente le risque d'évasion des navires.
Puis en 1851, le capitaine John Ross Ward, un explorateur des régions arctiques britanniques, a mis au point le premier gilet de sauvetage, fait de liège, pour la National Lifeboat Institution. En 1869, le capitaine Stoner a inventé un vêtement de sauvetage qu'il a breveté et qui était très révolutionnaire pour l'époque. Il répondait à toutes les exigences fondamentales des temps modernes pour un vêtement de survie. Son kit se compose d’un gilet en liège, d’un casque de protection, d’un dispositif de signalisation et de pagaies. L’objet se démocratise rapidement, à tel point que le Congrès américain le rend obligatoire dès 1852 pour chaque passager voyageant à bord d’un bateau à vapeur.
C'est à partir de 1915 que la France commence à s’imposer sur le marché du matériel maritime avec la commercialisation d'un gilet d’une toute autre qualité. L’entreprise parisienne de textile Barclay Tailor se lance alors dans la production de la brassière Perrin, une brassière gonflable à déclenchement automatique au contact de l’eau, qui s’apparente au fonctionnement des gilets automatiques actuels. Le produit contient du kapok, une fibre très légère et imperméable contrairement au liège qui se montre obsolète. Aujourd’hui, l’innovation continue : en 2019, Pascal Lemaur, jeune professeur originaire de Blois, lance avec ses élèves la conception d’un équipement connecté doté d’un système lumineux, d’un système sonore, et d’une balise GPS.
Comprendre les indices de flottabilité et les normes
Les gilets sont classés par flottabilité qui s’exprime en Newton (50N, 75N, 100N, 150N, 165N, 200N, 225N, 250N et 275N). Plus le nombre est grand, plus le gilet va vous faire flotter et sera conseillé pour des conditions extrêmes, de grosses embarcations ou un fort éloignement de la côte. L’indice de flottabilité exprime une valeur de référence moyenne : 50 newtons pour une personne consciente en eau tranquille, 100 newtons pour une personne sans vêtements encombrants en eau protégée. Au-delà, on parle de gilets de sauvetage : 150 newtons pour une navigation loin des côtes et des habits encombrants, 275 newtons pour une navigation en conditions extrêmes et des vêtements très lourds. Ces deux dernières valeurs assurent en outre un retournement sur le dos en cinq secondes maxi pour les personnes inconscientes.
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Il faut bien différencier les gilets de sauvetage et les gilets d’aide à la flottabilité. Les gilets d'aide à la flottaison (50N) sont à utiliser uniquement quand l’eau est chaude, que vous êtes en tenue légère et pas trop fatigué. Si l’on veut parler sécurité, c’est gilet de sauvetage 150N, et pas moins.
Analyse des systèmes de déclenchement : manuel vs automatique
Il existe trois types de gilet : les brassières, les gilets gonflables à déclenchement manuel et ceux à déclenchement automatique. Le plus simple des gilets est bien celui en mousse, aussi appelé gilet de flottaison. Contrairement au gilet à cartouche de CO2 où il faudra compter minimum 100 euros pour vous en équiper, le gilet en mousse est le moins cher, entre 20 et 50 euros.
Pour les gilets gonflables, deux systèmes de déclenchement sont disponibles. Le système à pastille (sel ou cellulose) se dissout au contact de l’eau et libère un percuteur. Le second système, dit Hammar ou hydrostatique, se déclenche à la pression de l’eau lorsque le gilet est immergé de quelques centimètres. Ce dernier est plus cher mais moins soumis aux déclenchements intempestifs que le premier. Il convient de remplacer les systèmes de déclenchements tous les 3 ans ou selon la date préconisée.
En pêche, bien qu’il ne soit pas très encombrant et donne une bonne liberté de mouvement, beaucoup de pêcheurs hésitent à le porter. Pourtant, si on s’assomme en tombant à l’eau ou que l’on fait une hydrocution, on ne peut pas déclencher le système manuel. C’est là que le côté manuel de ce type de gilet trouve ses limites. Pour une sécurité maximale en cas de malaise, les systèmes automatiques ou hydrostatiques sont préconisés. Il existe désormais des modèles combinant déclenchement manuel et automatique, offrant un compromis idéal pour ceux qui pratiquent la pêche en waders ou depuis des pontons.
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