Le choix d’un gilet de sauvetage peut varier selon les envies et les besoins de chacun. Qu'il s'agisse de plaisance ou de navigation professionnelle, cet équipement est capital pour votre sécurité et sur n’importe quelle embarcation ! Autrefois, lors de l’invention du premier gilet de sauvetage, un modèle unique était disponible et était dédié à l’activité militaire. Heureusement pour vous, les temps ont changé ! De nos jours, l’offre de gilet de sauvetage est extrêmement variée et vous permet de vous procurer du matériel ultra personnalisable et adapté à votre pratique, que vous soyez débutants ou professionnels.
Comprendre comment fonctionne votre gilet de sauvetage vous permet de le manipuler avec aisance, et de vous protéger, ainsi que votre enfant, pendant la navigation. Choisir l’équipement adapté à votre pratique est tout aussi primordial. Alors, choisir votre gilet de sauvetage et les accessoires pour gilet qui vont avec, comme un harnais de sécurité ou une sangle sous-cutale, n’est pas une mince affaire. Il vous faudra donc une connaissance suffisante en la matière pour vous procurer le matériel qui assure votre sécurité.
Les principes fondamentaux de la flottabilité et la réglementation
Comment fonctionne un gilet de sauvetage ? La fonctionnement d'un gilet de sauvetage est simple : exercer une poussée verticale pour maintenir les voies respiratoires du porteur hors de l'eau. Avant de vous guider dans le choix du gilet de sauvetage, rappelons quelques notions sur la réglementation des équipements individuels de flottabilité (EIF). En mai 2019, la Division 240 a mis à jour la liste des équipements obligatoires, ces éléments varient en fonction de la zone de navigation. La div-240 précise que le port du gilet de sauvetage doit être ajusté à votre morphologie dont le poids et l’indice de flottabilité exprimé en Newton se déterminent en fonction de la zone de navigation. La norme européenne ISO 12402 permet de mesurer l’efficacité d’un gilet en Europe. Pensez bien à prendre en compte que les normes appliquées en Europe ne sont pas les mêmes que dans d’autres continents.
Comment savoir si mon gilet répond bien aux normes ? Le gilet de sauvetage doit répondre aux normes et à certains critères de flottabilité et de sécurité. Pour cela, il faut qu’il soit impérativement :
- Homologué c’est-à-dire, il doit être marqué CE ou un logo « barre à roue » sur l’étiquette
- Muni d’une étiquette de conformité pour répondre à la norme.
La contrainte technique dont vous devrez vous préoccuper en priorité sera la capacité de flottabilité de votre gilet, mesurée en Newton (N). Retenez simplement que plus cette unité est faible, moins il sera efficace selon votre éloignement des côtes. De manière générale, pour bien distinguer les différentes appellations en dessous de 100 Newton, on parle d’aide à la flottabilité, et au-dessus ou égal à 100 Newton on parle de gilet de sauvetage. Vous devez également savoir que plus l’indice de flottabilité est élevé, plus il est performant.
Lire aussi: Normes des gilets de wakeboard
La flottabilité d'un vêtement de flottaison individuel s’élève à 50 newtons. Cela est amplement suffisant pour pratiquer des activités telles que de la navigation côtière, du cabotage, voir même de la natation. Côté sports aquatiques, ces gilets paddle & kayak conviendront aussi à la pratique de la planche à voile, du dériveur léger, du ski nautique, du jet ski et du kitesurf. Leur polyvalence permet ainsi de s'adapter à de nombreux sports d'eau.
Un gilet de sauvetage de 150N suffira à maintenir la tête d'un adulte hors de l'eau. Son usage est destiné à la navigation hauturière de plaisance et sportive, il est préconisé pour la conduite de bateaux à voile et à moteur, ou pour de la régate en catamaran à voile ou à moteur.
Pour les modèles de 275 N, leur emploi est destiné à la navigation hauturière sportive et à l’usage professionnel, il est préconisé pour la conduite de navires à voile et à moteur, de vaisseaux industriels et de vaisseaux professionnels.
Les grandes catégories de gilets de sauvetage
Les gilets de sauvetage se divisent en différentes catégories selon un usage bien précis. On oppose traditionnellement les modèles en mousse rigide aux modèles gonflables plus sophistiqués.
Les gilets et brassières en mousse
Il existe une large gamme de gilets dériveur et gilets mousse présente sur le site nautisport.com, qui vous propose une sécurité basique grâce à un système manuel de sangle de serrage pour un meilleur ajustement. Ils offrent un niveau de sécurité standard jusqu'à 2 milles des côtes, ou en plan d'eau fermé, pour tout individu sachant nager. Le gilet en mousse se décline en deux catégories, c’est-à-dire en brassière pour les sorties occasionnelles en habitable et/ou bateau moteur (vedette à moteur, coque open, semi-rigide) ou en gilet de sauvetage pour les activités nautiques sportives. Il est à privilégier pour une navigation en eaux abritées.
Lire aussi: Tout savoir sur les gilets Aqualung
Le gilet de sauvetage en mousse s’adapte parfaitement pour les pratiques sportives, il est très confortable pour les pratiquants en kayak, dériveur, jet ski ou catamaran. Sa conception vous protégera des chocs et vous permet de rester libre dans vos mouvements. De nombreux rangements sont à disposition pour ranger vos outils (couteau, montre), ou vos collations lors des régates (barre de céréale, bouteille d’eau..). Si vous pratiquez de la régate en week-end près des côtes, une aide à la flottabilité sera suffisante.
Le défaut des gilets mousse est qu’ils n’assurent pas systématiquement le retournement de la personne lorsqu’elle est dans une situation à risque dans l’eau. Pour les enfants ne sachant pas nager, nous recommandons fortement le port du gilet en mousse plutôt que le gilet de sauvetage gonflable. La brassière, quant à elle, est recommandée pour des activités nautiques occasionnelles. On la reconnaît très souvent par sa couleur orange pour être vu. Facile à enfiler, mais un peu encombrante, elle est particulièrement appréciée pour son prix de vente raisonnable. Elle nécessite très peu d’entretien et peut être stocké dans les coffres du cockpit ou dans les cabines du bateau.
Les gilets gonflables
Les gilets gonflables sont conçus pour vous offrir une flottabilité optimale et une grande sécurité. Les gilets de sauvetages automatiques ou auto-gonflants sont à mettre en opposition des gilets dits « mousse » c’est à dire avec un volume constant. Les gilets automatiques sont des poches dégonflées et lors de l’immersion ou du contact de l’eau avec le déclencheur, une capsule de gaz est insufflée dans la poche créant ainsi la flottabilité. La flottabilité de ce type de gilet de sauvetage sera la plupart du temps supérieure à celle d’un gilet de sauvetage mousse.
Par défaut, un gilet de sauvetage gonflable se porte dégonflé, et son porteur n'a pas besoin de fournir d'efforts pour son déclenchement s'il possède un système d'activation automatique. Ils ont l’avantage d’être peu encombrants à bord de votre bateau. Par-dessus, votre veste de quart ou votre vareuse, ils s’adaptent parfaitement à votre morphologie. Ces gilets sont souples et près du corps pour accompagner tous les mouvements lors de vos manœuvres en bateau. Le système de déclenchement pour les gilets gonflables est assuré par une cartouche de bouteille de gaz de C02 qui expulse du gaz dans le réservoir dans le but d’assurer la flottabilité.
Les gilets gonflables se différencient par deux types de déclenchement :
Lire aussi: Tout savoir sur les gilets de kitesurf
- Le gilet manuel : Le gilet manuel est équipé d’un cordon pour le percuter. Il est destiné plutôt pour des pratiques en voile légère afin d’éviter des gonflages intempestifs. Il est également parfaitement adapté pour la pêche en plan d’eau intérieur. Le gonflable est instantané. Attention toutefois, ce gilet ne vous protège pas en cas de chute précédé d’une perte de connaissance.
- Le gilet automatique : Conçu pour la navigation côtière, semi-hauturière, hauturière et en régate pour assurer un maximum de sécurité. Il dispose de différents mécanismes de déclenchement basés sur des principes physiques distincts.
Les différents mécanismes de déclenchement automatique
Les gilets de sauvetage automatiques, également appelés gilets autogonflants, offrent une protection maximale sur l'eau. Le gilet est composé d'une enveloppe extérieure robuste qui entoure une vessie de flottaison. L'élément central est le système de déclenchement. Quel que soit le niveau de flottabilité de votre gilet de sauvetage automatique, le modèle sera en règle générale toujours disponible en système déclenchement hydrostatique Hammar ou en automatique UML.
Le déclenchement automatique par contact avec l'eau (système UML)
Le gilet de sauvetage automatique fonctionne grâce au contact de l’eau. Il suffit que le porteur du gilet tombe à l’eau pour qu’il se gonfle automatiquement. Le système de déclenchement du gilet contient en fait une pastille sensible à l’eau. Lorsque celle-ci entre en contact avec l’eau, cette pastille fond jusqu’à lâcher une aiguille directement sur la cartouche de gaz du gilet.
Le système UML classique (comme le mécanisme UML5 / MK5) à cellulose utilise une pastille sensible uniquement sous immersion totale. Ce dispositif fond au contact de l’eau et percute la cartouche pour un gonflage immédiat. Ce mécanisme ne se déclenche pas sous les embruns ou la pluie, sauf si l’eau rentre directement dans le mécanisme. La bouteille de gaz contient lui aussi un ressort équipé d’une aiguille, mais celui-ci est maintenu par une pastille en papier, qui libère le ressort et l’aiguille au simple contact de l’eau.
Il existe également le système de déclenchement à pastille de cellulose Pro-Sensor (UML-MK2-MK3). Identique au gilet automatique à pastille en terme de déclenchement, il dispose en plus d’un témoin pouvant vérifier l’état opérationnel du système de déclenchement, parfait pour les utilisateurs moins aguerris. La cartouche comporte un ressort comprimé maintenu par un élément papier de type buvard. Lorsqu’il rentre en contact avec l’eau, il libère le ressort qui pousse une aiguille dans l’extrémité de la cartouche. Le gaz remplit instantanément le gilet et la flottabilité est atteinte en quelques secondes. Une nouvelle version de ce système de déclenchement appelée Pro Sensor Elite est arrivée en 2019.
L’avantage du système automatique UML est qu’il vous garantit un déclenchement très rapide et très fiable. Le gonflage du gilet est quasi instantané au moment où vous tombez à l’eau. De plus, ce type de gilet de sauvetage est très pratique car ils sont légers et peu encombrants. L’intérêt du gilet de sauvetage UML, qu'on oppose au modèle Hammar, demeure en son extrême rapidité de gonflage, qui fait de lui un produit très efficace en cas d’urgence. Son prix reste aussi un avantage, puisque des modèles deux fois moins chers que les gilets hydrostatiques Hammar peuvent se trouver facilement dans le commerce. Cependant, en optant pour ce système, vous ne serez pas à l’abri de déclenchements intempestifs à cause de l’humidité dans le bateau ou de projections d’embruns. Ce type de gilet de sauvetage est toutefois déconseillé pour la navigation hauturière ou pour la navigation en conditions extrêmes à cause de ce risque de déclenchement inopportun.
Le déclenchement hydrostatique (système Hammar)
La principale utilité du gilet de sauvetage Hammar est son fonctionnement. Il vise principalement à vous donner davantage de libertés sur le navire car vous ne risquerez pas son déclenchement inopiné à cause d’embruns ou paquets de mer. La pression de l’eau sous une membrane libère le percuteur pour un gonflable immédiat. Grâce à cela, le gilet peut être stocké dans des zones humides et aucun risque de gonflage intempestif dû aux embruns ou à la pluie.
L'activation hydrostatique signifie que le gilet se gonfle lorsqu'il est immergé dans l’eau grâce à un système sensible à la pression. Le gilet automatique hydrostatique Hammar A1 est l’ancienne version du système Hammar MA1. Les gilets qui possèdent un système de déclenchement sous la pression d’eau (Hammar) sont fortement recommandés pour une pratique en régate pour éviter des gonflages intempestifs. Les gilets avec le système de déclenchement Hammar sont plus chers lors de l’achat mais la date de péremption est de 5 ans contrairement aux gilets automatiques et Pro sensor qui sont de 1 an.
Le gonflage manuel de secours
Notez d’abord que tous les gilets gonflables automatiques contiennent un système de déclenchement manuel pour offrir une sécurité supplémentaire au navigateur. De plus, la majorité des gilets fonctionne aussi grâce à un dispositif de gonflage buccal, nécessaire en cas de dysfonctionnement. Ce tube buccal permet d’effectuer un gonflable d’appoint si la cartouche de gaz venait à faillir ou pour ajuster la pression de la vessie de flottaison.
Critères de choix et équipements complémentaires
Il y a 3 critères indispensables pour bien choisir son gilet :
- Le gilet se choisit en fonction de votre morphologie et de votre poids.
- Le choix du gilet varie en fonction de votre pratique et de l’usage (dans le cas d’une pratique intensive nous recommandons de porter son propre gilet de sauvetage gonflable).
- Les normes légales en vigueur dans le pays.
Pour vous aider dans votre choix, voici une grille de correspondance associant l'indice de flottabilité minimal requis selon la distance d'un abri, le poids de la personne et la nature de l'activité nautique :
- 50 N (Aide à la flottabilité) : Moins de 2 milles d'un abri. Poids minimal de l'adulte : 40 kg (pour 40 N de poussée effective), 50 kg (pour 40 N), 60 kg (pour 45 N), plus de 70 kg (pour 50 N). Adapté pour la voile légère, le dériveur, le catamaran, la planche à voile, le stand up paddle, le kayak et les sports tractés.
- 100 N (Gilet de sécurité) : Entre 2 et 6 milles d'un abri. Poids minimal de l'adulte : 40 kg (pour 60 N de poussée effective), 50 kg (pour 70 N), 60 kg (pour 85 N), plus de 70 kg (pour 100 N). Adapté pour la navigation côtière. Pour les non-nageurs, privilégier un gilet de 150 Newton qui assure le retournement d'une personne inconsciente.
- 150 N (Gilet de sauvetage) : Au-delà de 6 milles d'un abri. Poids minimal de l'adulte : 40 kg (pour 90 N de poussée effective), 50 kg (pour 110 N), 60 kg (pour 130 N), plus de 70 kg (pour 150 N). Obligatoire en semi-hauturier et hauturier. À compléter avec un harnais pour y fixer une longe.
- 275 N (Gilet de sauvetage de haute mer) : Au-delà de 6 milles d'un abri. Poids minimal de l'adulte : 40 kg (pour 170 N de poussée effective), 50 kg (pour 200 N), 60 kg (pour 230 N), plus de 70 kg (pour 275 N). Conçu pour l'usage professionnel, la navigation off-shore, les conditions climatiques houleuses, l'utilisation intensive ou pour ceux qui portent des vêtements lourds. À compléter avec un harnais pour y fixer une longe. Par exemple, une personne de 65 kg qui porte un gilet de 130 N a une équivalence de flottabilité de 150 N.
Il existe une multitude de versions de gilets gonflables avec ou sans harnais, avec sangle sous-cutale, en bleu, noir, orange et de coupes différentes. Les gilets munis d’un harnais (boucle en métal ou en textile) vous permettent d’y fixer une longe. La longe est indispensable pour la sécurité de l’équipage en navigation. Elle est fortement recommandée en navigation solitaire, par mer formée, et de nuit. Une sangle sous-cutale vient entre les jambes afin que le gilet ne remonte pas et vous gagnez en aisance dans vos mouvements.
Chaque gilet de sauvetage doit être muni d’un dispositif lumineux étanche et d’une autonomie d’au moins 6 heures dans tout type de navigation. Il doit aussi avoir un sifflet accroché au gilet de sauvetage pour être entendu.
Les spécificités de la navigation en solo
La navigation en solo est une expérience enrichissante, mais elle comporte également des risques spécifiques. Dans cette situation, la sécurité doit être votre priorité absolue. Parmi les équipements essentiels, le gilet de sauvetage automatique se distingue comme un choix particulièrement judicieux. Grâce à ses mécanismes innovants et son confort, ce type de gilet garantit une protection optimale en cas d'accident ou de chute à l’eau, même lorsque vous êtes seul à bord.
Naviguer en solo implique que personne ne peut intervenir immédiatement pour vous aider en cas de problème. De nombreux gilets automatiques disposent de poches ou d’attaches pour intégrer des balises de détresse (PLB) ou des systèmes AIS. Remonter à bord d’un bateau s’avère très compliqué lors d’une chute à l’eau surtout quand on est seul. Imaginez-vous sans gilet de sauvetage, vous diminuez considérablement votre espérance de vie ! Un gilet de 150N est adapté pour les navigations côtières en solitaire.