Le gilet de sauvetage est l'équipement de sécurité le plus crucial à bord de tout navire. Bien plus qu'une simple obligation légale, il représente la frontière ultime entre un incident mineur et une tragédie en mer. La compréhension de son fonctionnement, des normes en vigueur et des spécificités techniques est indispensable pour tout plaisancier, qu'il soit débutant ou marin aguerri.
Cadre réglementaire et obligations de sécurité
La question du port du gilet de sauvetage est souvent source de confusion. Il est important de clarifier la distinction entre l'obligation d'emport et l'obligation de port. Vous ne serez pas verbalisé si vous ne portez pas sur vous un gilet de sauvetage à bord de votre embarcation en mer. Il n’y a pas d’obligation légale de « porter » un gilet à bord d’un bateau, conformément à la division 240, article 240-2.12 des conditions d’utilisation des véhicules nautiques à moteur.
Cependant, l’emport de gilets de sauvetage est bien obligatoire sur toute embarcation. Il en faut au moins 1 par personne à son bord. Vous trouverez plus d’information sur la fiche d’information « L’Équipement de sécurité des navires de plaisance en mer » éditée par le ministère chargé de la Mer et de la Pêche en collaboration avec la SNSM. Pour les voiliers, la division 240 rend l'Équipement Individuel de Flottabilité (EIF) obligatoire pour tout type de navigation de plaisance. Ces chiffres sont des minimums légaux.
Pourquoi et quand utiliser un gilet de sauvetage ?
Les accidents n’arrivent, en effet, pas qu’au large. On constate, chaque année, de nombreuses chutes depuis une annexe sur le bref trajet du rivage au mouillage. Même proche des côtes, vous pouvez tomber à l’eau inconscient, à la suite d’un malaise ou si vous vous faites accidentellement projeter par la bôme de votre voilier.
Dès que vous posez le pied sur un bateau et où que vous soyez par rapport au rivage, les Sauveteurs en Mer recommandent son utilisation en permanence pour naviguer ou pour exercer des activités nautiques, que vous sachiez nager ou non. Les freins au port du gilet, identifiés lors du Forum Mer en Sécurité, sont principalement l’inconfort (48 %), l’habitude (42 %) et l'idée fausse que cela nuit à la performance. Pourtant, les fabricants ont fait de réels efforts d’ergonomie, de compacité et de poids.
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Critères techniques : Flottabilité et types de gilets
La flottabilité, exprimée en newtons (N), renseigne sur la capacité à faire flotter un corps. Plus le chiffre est élevé, plus le gilet vous aidera à flotter.
- 50 Newtons : Ce sont des aides à la flottabilité. Elles sont destinées à une personne consciente et sachant nager, pour une navigation à moins de 2 milles nautiques d’un abri. Elles ne garantissent pas le retournement.
- 100 Newtons : Conçus pour tout type de navigation côtière dans des eaux abritées. Ils n’assurent pas toujours le retournement sur le dos d’une personne inconsciente équipée de vêtements lourds.
- 150 Newtons : Adaptés à la navigation côtière et semi-hauturière. Ils assurent le retournement en 5 à 10 secondes, même pour une personne inconsciente.
- 275 Newtons : Destinés à un usage professionnel ou hauturier, pour des conditions extrêmes. Ils permettent de maintenir la tête hors de l’eau même avec des vêtements de mer lourds (cirés, bottes).
Gilets en mousse vs Gilets gonflables
Le choix entre la mousse et le gonflable dépend de votre activité.
Les gilets en mousse
Ils présentent l’avantage d’une flottabilité permanente dès l’instant où l’on tombe dans l’eau. Ils sont adaptés à la voile légère, aux catamarans de sport ou au kayak. Ils offrent une protection contre les chocs et sont faciles à entretenir. Toutefois, ils sont encombrants et limitent la liberté de mouvement.
Les gilets gonflables
Ils offrent un confort supérieur et un encombrement réduit. Ils se déclenchent soit manuellement (tirer sur une poignée), soit automatiquement (au contact de l’eau). Le système de déclenchement automatique peut être à pastille de sel (cellule hydrosoluble) ou hydrostatique (système Hammar, qui se déclenche sous la pression de l'eau). Le système hydrostatique est particulièrement recommandé pour les zones humides, car il évite les déclenchements intempestifs dus aux embruns.
Équipements complémentaires et connectivité
Un gilet de sauvetage n'est pas un accessoire : c'est l'équipement qui fait la différence. Pour optimiser la survie, plusieurs éléments sont essentiels :
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- Le feu flash individuel : Une lampe LED étanche (norme SOLAS) avec une autonomie minimale de 6 heures.
- Le sifflet : Indispensable pour être localisé par l'équipage ou les secours.
- La sous-cutale : Une sangle passant entre les jambes pour éviter que le gilet ne remonte au moment de l'immersion.
- La balise PLB : Permet de transformer votre gilet en équipement connecté pour une localisation précise par satellite.
- Le harnais : Pour les navigations hauturières, le gilet doit inclure une boucle (textile ou inox) permettant d'y frapper une longe.
Maintenance et durée de vie
Les gilets de sauvetage ont une durée de vie limitée, accentuée par les agressions (UV, sel, abrasion). Un nettoyage à l’eau douce après chaque utilisation est préconisé, ainsi qu'un stockage dans un endroit sec et aéré. Pour les modèles gonflables, il est impératif de réaliser une révision annuelle : état de la vessie, de la cartouche de CO2 et de la pastille de déclenchement. La date de péremption des cartouches et des pastilles doit être strictement respectée.
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